‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 92 sur 124 · L'EUROPE APRÈS BAYLEN · texte numérisé non relu

L'EUROPE APRÈS BAYLEN

trer à l’Europe avec des forces de nature à lui ôter l’envie de troubler nos opérations dans la Péninsule. L’alliance d’Alexandre était toujours le plus sûr moyen de contenir les puissances européennes. Malheureusement les mécomptes que le Gzar avait éprouvés à la suite du traité de Tilsit n’avaient pas contribué à lui donner confiance en Napoléon. On avait réussi . pendant quelque temps à occuper l’imagination d’Alexandre avec des plans fantastiques de partage de la Turquie et d’expédition dans l’Inde; mais de toutes les possessions qu’on lui avait promises on ne lui avait livré que la Finlande. Cette acquisition prise à main armée sur les États d’un parent, d’un allié qui s’était épuisé pour la cause commune, avait été mal vue en Russie où depuis longtemps on ne craignait plus rien du voisinage de la Suède. L’intimité du Gzar avec Napoléon avait toujours été impopulaire auprès de ses sujets; elle leur était devenue odieuse depuis les déceptions de Tilsit, et l’on parlait tout haut à Pétersbourg d’un recours possible au grand remède asiatique, remède souverain appliqué déjà à Paul Ier et à plusieurs de ses prédécesseurs1.

Les rapports, un moment très-tendus, de Napoléon avec la cour de Russie devinrent beaucoup plus bienveillants à mesure que les affaires d’Espagne se compliquèrent. Après la capitulation de Baylen ils devinrent tout à fait affectueux. Le Gzar avait trop de perspicacité pour ne pas saisir le sens de cette gradation. Il avait bien vite compris que plus Napoléon se créerait de difficultés en Espagne, plus il serait forcé de faire

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