INVASION DU PIÉMONT. COMBAT DE DEGO. JOURNEE DU 9 THERMIDOR
BONAPARTE EST DÉNONGÉ A LA CONTENTION. IL REFUSE LE COM- MANDEMENT d'une brigade d'infanterie , ET RENTRE DANS LA VIE PRIvés.
Bonaparte reçut son brevet de général au milieu de la tournée qu'il fit en janvier et en février 1794, pour déterminer l'armement des côtes de la Méditerranée. Le travail auquel donna lieu cette mission ne laissait rien à désirer sous le rapport de son arme , dont il calcula savamment les moyens , en raison de la position des batteries , et de la nature de défense à laquelle elles seraient destinées. Il reconnut neuf bons mouillages pour les vaisseaux de haut-bord : 1^ le port du Rhône, qu'il qualifie de chantier de construction de la Méditerranée , comme il qualifie Toulon et la Spezzia
de ports d^anneinent ; 2^ l'Estisset , au fond de la baie de Marseille ; 3® Toulon ; 4** Pile de Poteros , Tune des îles d'Hyères; 5® Fréjus; 6° le golfe Juan ; 7^ Villefranche ; B^ Gênes ; 9^ la Spezzia. Au mois de mars , le général Bonaparte arriva à Nice , où il prit le commandement en chef de Partillerie de Tarmée dltalie ; le colonel Gassendi était directeur du parc ; le général Y ial commandait le génie ; les divisions avaient pour chefs les généraux Masséna, Macquart, d^Âllemagne et Yial. Le général Bonaparte avait pour aides de camp Muiron et Duroc.
Parmi les événemens contemporains, il en est peu sans doute d'aussi importans que Pinsurrection des Polonais sous Kozciusko; elle commença le 24 mars a Cracovie, où fut signé l'acte d'union contre la Prusse et la Russie ; et peu de jours après , c'est-à-dire le 4 avril , Kozciusko , à la tête de quatre mille hommes et de son artillerie , triomphait de douze mille Russes à Wracbawice. Dès ce moment , la fortune de la Pologne devint insé* parable de celle de Bonaparte : une alliance mystérieuse les unissait aux extrémités de l'Europe , pour défendre la même cause. Elles devaient éprouver les mêmes phases , s'élever , toujours combattre , et tomber ensemble.
Bonaparte employa une partie du mois de mars
à visiter toutes les positions de rarmée : un plan d'opérations , conçu par lui , et renvoyé à un conseil composé des représentans du peuple Bicord et Robespierre jeune , et des généraux Dumerbion, Masséna, Rusca, etc., (ut adopté. Le succès du siège de Toulon attachait déjà un crédit populaire à ses conseils. L'exécution de ce plan commença le 6 avril, le lendemain du jour où Danton et sa faction tombaient sous la hache de Ro-* bespierre. Le camp de Fougasse fut pris par le général Bizannet. Le 8 , Masséna enleva les hauteurs qui dominent la ville d'Oneille , et s'empara de cette place importante , dont le port était occupé par les Anglais : il fallut traverser une partie du territoire de Gênes malgré le refus de cette république, dont il était indispensable alors d'enchaîner plutôt que de respecter la neutralité. Le 1 7 , après le combat de Ponte-dî-Nave , donné la veille , Masséna se rendit maître d'Orméa et de Garessio. Le 24 , l'armée des Alpes , sous les ordres du général Dumas , rivalisait d'ardeur avec l'armée d'Italie. Le général Bagdelone prenait d'assaut les postes retranchés du Petit-Saint-Bemard ; du mont Valaisan et de la Thuile. Il avait franchi les neiges étemelles de cette chaîne des Alpes , et c'était entre des abîmes sans fond et des rochers à pic qu'il avait escaladé , à la baïonnette , les redoutes inex-