‹ Histoire de Napoléon (volume 2)Chapitre 16 sur 54 · VA PORTER LA GUERRE EN ITALIE · texte numérisé non relu

VA PORTER LA GUERRE EN ITALIE

L'idée mère de cette campagne était de tourner les Alpes, et de pénétrer en Italie au point où elles finissent et où commencent les Apennins; son nœud stratégique était la séparation des Autricliiens et des Piémontais. L'infériorité numérique de notre armée, à peine égale en nombre à la moitié de celle des alliés , imposait ce plan à Bonaparte , à qui sa position prescrivait encore d'attaquer toujours avec des forces à peu près égales , ou même supérieures , et d'éviter tout engagement général avec la grande armée austro-sarde. La première opération fut donc de passer le Mont-

Saint-Jacques, le plus abaissé des Alpes et des Apemains , de poster Serrurier sur Garessio , pour observer les Piémontais retranchés dans le fameux camp de Ceva, et de faire menacer Gènes à Yoltri , par Laharpe , tandis que Masséna et Augereau se porteraient sur Loano , Finale et Savone. Cette opération obtint la moitié du résultat que Bonaparte avait espéré. Beaulieu, alarmé pour Gènes , se porta à Novi , et divisa son armée en trois corps : Colli à Ceva, Argenteau à Sassello, se dirigeant sur Montenotte, et lui, de sa personne , par la Bocchetta sur Yoltri. Il s'agissait donc de battre ces trois corps séparément, et d'effectuer, par une ou deux grandes affaires , la division totale de Beaulieu et de Colli.

Le 10 avril , Beaulieu, à la tête de l'aile gauche des Austro-Sardes , s'avança sur les positions que gardait Cervoni. Attaqué avec vigueur par les généraux Sebottendorf et Pittony, canonné par la croisière anglaise, investi par de nombreux ennemis , Cervoni se replia sur le général Laharpe.

Argenteau , de son côté , ayant fait le même jour un mouvement sur Montenotte-Inférieur , s'était dirigé , le 11 , à travers Montenotte-Supérieur , sur la Madone de Savone , pour écraser Laharpe. Tout avait réussi au gré du général piémontais;

deux rcidoutes étaient tombées en son pouvoir. Une troisième , située à Monte-Legino , et qui fermait la route de Montenotte, restait à emporter pour mettre entièrement à découvert Faile droite des Français. Trois fois l'infanterie ennemie attaque notre dernier rempart, trois fois elle est repoussée par les feux croisés de l'artillerie et de la mousqueterie. Cependant Argenteau , réuni avec Roccavina , ranime l'ardeur des Autrichiens ; ils s'avancent en masse et non sans effroi. Enfin ils sont au pied des retranchemens presque sans avoir éprouvé de résistance. La redoute va tomber, les républicains n'ont plus de munitions ! Le colonel Rampon , qui les commande , s'élance au milieu d'eux , leur fait jurer de mourir plutôt que d'abandonner leur poste, et la redoute est défendue par des prodiges de valeur qui durent toute la nuit. Le lendemain, Argenteau, connaissant l'affreux dénuement de Rampon , veut tenter l'escalade ; mais Laharpe , envoyé par Bonaparte sur les derrières de Monte-Legino, est survenu avec des munitions et des renforts ; et quand l'ennemi s'approche , du haut de la redoute la mitraille le pulvérise de front , tandis qu'une double embuscade , jetée sur ses flancs de droite et de gauche, lui oppose tout à coup une longue et vive Aisillade. A cette résistance inattendue , les Autrichiens

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