CHAPITRE PREMIER
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L noblesse historique de l'île de Corse l^remonte aux temps fabuleux, c'est-àdire aux premiers âges de la civilisation. Cadmus , fils d'Agéoor, dit Hérodote^ cherchant Europe par
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Goths, les Sarrasins, les Lombards, les Génois, et enfin les Français.
L'âat politique de la Corse ayant la perte de son indépendLice mérite quelque attention ; a était déterminé par la nature dle^màne. L'île n'est qu'une yaste agrégation de m<mtagnes sillonnées par des yallées plus ou moins prof<Hides qui possèdent seules la terre yégâale, source de toute population , et dÎTisent la contrée par cantons nommés piéyes. Chaque canton renfermait des faunilles influaites, toujours riyales, souyent en guerre, et d(»mait assez exactemait l'idée des clans de l'Ecosse. A la menace d'un danger public, elles suspendaient leurs querelles , et se réunissaient pour la défense commune. C'était sur la yaleur des propriétés que se mesurait l'importance des familles et de leur clientelle. Un pareil ordre de choses diyisait la Corse en aristocraties patrimoniales , toutefois combinées ayec l'indépendance des habitans; car dans la guerre étrangère ou dans la guerre dyile , chacun d'eux s'armait à ses irais , et yenait de lui-même combattre sous la bannière de l'une des familles les plus considérables de sa pièye. La confédération des pièyes formait la patrie corse.
Les yilles maritimes deyaient à leur position, comme k la nature de leur population , une destinée particulière et toute difTérente. En effet , con-
stamment occupées depuis plusieurs siècles par des garnisons génoises, et habitées par des familles italiennes déportées par leurs propres gouvememens ou chassées par des factions victorieuses, elles se trouvaient en quelque sorte hors de Passociation nationale. Leurs habitans ne pouvaient y entrer et exercer de l'influence dans l'intérieur du pays que par des établissemens et des acquisitions dans les pièves.
En 1767, l'illustre Pascal Paoli avait levé l'étendard de l'indépendance contre les Génois ; ceux-ci , qui, désespérant depuis le xn« siècle d'assujettir les Corses à leur république, n'en avaient pas moins poursuivi cette vaine entreprise , implorèrent l'appui de la France contre leurs ennemis. Le duc de Ghoiseul saisit avec empressement l'occasion de donner une possession aussi importante au royaume, et envoya dans la Méditerranée des troupes commandées par le marquis de Chauvelin et le comte de Marbeuf , qui remportèrent différens avantages sur les troupes de Paoli. Enfin, le 9 avril 1769, arriva le comte de Vaux, chargé d'achever la soumission de l'île avec quarantedeux bataillons , deux légions de troupes légères et une bonne artillerie. Le 5 mai , il s'empara du camp de Saint-Nicolas , et , le 7 , des hauteurs de Centa, où il repoussa le lendemain l'attaque des