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s^agrandissent de tout ce qui entoure sa position # Au milieu des fêtes, des triomphes, les beauxarts, qui en font le plus bel ornement, ne sont pas oubliés du vainqueur : il regarde comme ses plus brillans trophées les chefs-d'œuvre de la peinture italienne , précieux monumens du retour de la civilisation en Europe , et ceux de la sculpture grecque , antiques témoignages de la victoire romaine» Les besoins de la patrie , ceux des armées du Rhin , la coopération de ces ai*mées poiu* son invasion en Allemagne ; la répartition qu'il désigne pour les contributions qu'il envoie , la disposition de ses forces , l'emploi de tous ses moyens , sont présentés par lui au Directoire comme des nécessités dont il le rend responsable. Aussi , d'après l'attitude que prend Bonaparte, le gouvernement semble transiger plutôt qu'ordonner ; et pendant toute cette mémorable campagne d'Italie, excepté la paix qui la termina presque subitement et malgré ses ordres, le Directoire consacra par une approbation continuelle toutes les opérations politiques et militaires de son général en chef. L'histoire présente peu de rapports pareils entre un gouvernement et un chef d'armée. Peu d'hommes , il est vrai , ont saisi , aussi jeune et aussi promptement que Napoléon Bonaparte , l'ascendant d'une supériorité personnelle sur toutes les supériorités
sociales. Il ne commande Farmée d'Italie que de-^ puis deux mois , et il règne à Milan. Dès le jour de son entrée dans cette capitale , qui occupe un si haut rang dans l'histoire , il semble que le général Bonaparte se regarde comme le descendant ou l'héritier des rois lombards. Ce jour vit commen-* cer parmi ses troupes , dans son état-major, dans les habitudes de son quartier général , et jusque dans les relations de ses amitiés militaires , ce respect , yéritable attribut de la royauté et du génie , qui s'attacha à sa personne jusqu'aux derniers momens de son existence!
La citadelle de Milan doit tomber. Mantoue seule , l'imprenable Mantoue , restait à l'Autriche , en Italie. Après la conquête du Piémont, l'idée audacieuse d'aller surprendre Mantoue domina un instant la pensée du général Bonaparte. Le carac* tère confiant et peu prévoyant des Autrichiens lui donnait l'intime conviction que cette place n'avait ni garnison ni moyens de résistance ; il ne s'était point trompé. Les Autrichiens , qui , réunis aux Piémontais , formaient une masse de soixante -dix mille combattans protégés par les Alpes, avaient été loin de deviner que Bonaparte , h la tête de notre misérable armée de Nice , pourrait soumettre le Piémont en quinze jours , et porter, des remparts de Tortone et d'Alexandrie, la guerre au
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cœur de la Lombardie. Le chef d'état-major Ber* thier et le commissaire civil Salicetti s'opposerait a Fentreprise sur Mantoue. On apprit bientôt après que cette ville n'avait alors pour défenseurs que quelques invalides. Les Autrichiens ne songèrent à l'occuper et à lui rendre sa force qu'à l'époque de la capitulation du Piémont. Dès lors le général Bonaparte , qui disait avec raison que la guerre était une affaire de tact, déclara que désormais il n'obéirait qu'à l'Impulsion de sa seule volonté.
Les huit jours de repos que Bonaparte donne à l'armée , à Milan et dans la Lombardie , sont pour lui des jours de travail et pleins d'avenir. Il poursuit l'exécution du traité avec le Piémont, prépare ceux qu'il doit imposer au pape et au roi de Naples , termine l'arrangement avec le duc de Parme , conclut l'armistice de Modène , organise dans la Lombardie et dans sa capitale les gardes nationales , et introduit les principes républicains par l'ouverture des sociétés populaires.
Bonaparte sait qu'en Italie deux ennemis domestiques bien redoutables sont à craindre pour lui : les nobles et les prêtres : il obtient preuve de cette vérité. Arrivé, le 24, à L reprendre contre Beaulieu ses opérations i il est subitement, le même jour, rappelé à< la noMvelle d'une conspiration tramée à
que soutenait la garnison de la citadelle de Milan. Il part avec trois cents chevaux , un bataillon de grenadiers et six pièces de canon; mais à son arrivée le calme était rétabli. La sortie tentée par la garnison de la citadelle pour appuyer le soulèvement, avait été repoussée avec vigueur. Toutefois l'insurrection avait été habilement organisée : on avait répandu le bruit de la reprise de Nice par les Anglais ; on disait que Beaulieu , k la tête de soixante mille hommes, marchait sur Milan. Les ramifications de ce complot , dont les agitateurs autrichiens étaient les auteurs , s'étendaient à Milan , à Lodi , à Vorèse et à Pavie. Le général Bonaparte se porta rapidement sur cette dernière ville , véritable foyer de la conspiration. Le tocsin sonnait dans les campagnes. Les prêtres et les nobles excitaient au massacre des Français : un grand nombre avaient trouvé la mort chez leurs hôtes et sur les grandes routes. Le petit corps de trois cents hommes , formé du dépôt de la division Augereau, qui occupait le château de Pavie , avait été livré par son commandant , assez faible ou assez incapable pour obéir aux ordres du général divisionnaire Haquin , que les insurgés avaient forcé, le pistolet sur la gorge, de prescrire à des soldats français de mettre bas les armes. Afin de combiner l'insurrection de Pavie
avec la sortie de la garnison de la citadelle de Milan , les révoltés avaient porté une avant-garde de huit cents hommes au village de Binasco. Le chef de brigade Lannes, k la tête de ses trois cents chevaux , les attaqua , les détruisit , et mit le feu au village , qui fut entièrement consumé. Bonaparte espérait que cette exécution militaire imposerait à la ville de Pavie , qui , du haut de ses remparts , pouvait voir l'incendie de Binasco. Mais dix mille paysans s'étaient rendus maîtres de cette ville , qui comptait trente mille habitans. Le parti de Bonaparte fut bientôt pris : il résolut de brus*quer l'attaque avec ses quinze cents hommes et ses six pièces dé canon ^ quoique Pavie eût des murailles et une enceinte bastionnée. Dans la nuit, il envoie placarder aux portes de la ville la proclamation pubUée dans Milan : « Une multitude a égarée , sans moyens réels de résistance , se porte a aux derniers excès dans plusieurs communes , ifi méconnaît la république et brave l'armée trioiti- € phante des rois. Ce délire inconcevable est digne « de pitié. L'on égare ce pauvre peuple pour le a conduire à sa perte. Le général en chef, fidèle a aux principes qu'a adoptés sa nation de ne pas c faire la guerre aux peuples, veut bien laisser 9 une porte ouverte au repentû*. Mais ceux qui , « sous vingt-quatre heures , n'auront pas posé les
« armes , seront traités comme rebelles ; lem*s yil- « lages seront brûlés. Que Fexemple terrible de « Binasco leur fasse ouvrir les yeux. Son sort sera « celui de toutes les communes qui s'obstineront « à la révolte. »
Le 26, le général Bonaparte sort de Binasco avec sa petite colonne , et arrive , à quatre heures du soir, devant Pavie, dont il trouve les portes fermées. Il compte sur la coopération de la garnison de la citadelle , mais il apprend qu'elle s'est rendue , et que les insurgés sont décidés à défendre Pavie. Le moment est critique : s'il rétrograde, la rébellion triomphe. Les Autrichiens ont pour auxiliaire la population. Il ne balance point : avec ses six pièces d'artillerie il fait battre les portes , mais inutilement : les remparts seuls sont balayés par la mitraille et les obus , et , à la faveur de ce feu soutenu, les grenadiers parviennent à briser les portes a coups de hache. Ils entrent dans la ville, se logent dans les premières maisons. Lan-t nés , avec sa cavalerie , se précipite sur le pont du Tésin , et culbute les insurgés , qu'il poursuit hors des murs« Pavie est soumise : les magistrats , le clergé j demandent grâce. Mais il y a une justice à faire, et c'est sur les Français qu'elle tombe. Les trois cents soldats prisonniers dans la citadelle ont profité du tumulte pour se réunir aux vain-
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«|uairs : « Lâches ! leur dit le général en chef, je « TOUS avais confié un poste essentiel au salut de « Tannée ; vous Tayez abandonné à de misérables « paysans , sans opposer la moindre résistance ! »
II voulait les faire décimer; mais le capitaine qui, sur Tordre du général Haquin , avait rendu la citadelle , devint seul responsable de la conduite de ses soldats. Il fut traduit au conseil de guerre, condamné à mort et fusillé. La ville fut livrée pendant quelques heures à Texécution militaire ; mais le général en clief révoqua Tordre d'incendier Pavie , qui résultait de sa proclamation. On dés-; arma les campagnes. Des otages, choisis dans toute la Lombardie parmi les principales familles , partirent pour la France. Ainsi finit la révolte de Pavie.
Pendant ce temps s'était opéré le mouvement général de Tarmée , sous la conduite de Berthier ; le quartier général occupait Soncino, où Ton attendait Bonaparte. Masséna vêtait sur la route qui mène de Brescia à Soncino , et Âugereau sur celle qui mène à Bergame ; Serrurier sur la droite de Masséna, et Kilmaine à Brescia, une des plus grandes villes de TÉtat vàûtien. Ses habitans , au nombre de cinquante mille , souffraient impatiemment la domination de Toligarchie et de la noblesse; mais la république française était en
paix avec celle de Venise, et Bonaparte fit afficher dans Brescia cette proclamation :
« C'est pour délivrer la plus belle contrée de a l'Europe du joug; de fer de l'orgueilleuse maison a d'Autriche , que l'armée française a bravé les « obstacles les plus difficiles à surmonter. La vie* « toire 9 d'accord avec la justice , a couronné ses a efforts. Les débris de l'armée ennemie se sont a retirés au delà du Mincio. L'armée française « passe , pour les poursuivre , sur le territoire de « la république de Venise; mais elle n'oubliera a pas qu'une longue amitié unit les deux républi- V ques. La religion, le gouvernement, les proprié- « tés , les usages, seront respectés. Que les peuples « soient sans inquiétude : la plus sévère discipline « sera maintienne. Tout ce qui sera fourni à l'ar- « mée sera exactement payé en argent. Le général « en chef engage les officiers de la république « de Venise , les magistrats et les prêtres ^ à faire « connaître ses sentimens aux peuples, afin que « la confiance cimente l'amitié qui depuis si longea temps unit les deux nations. Fidèle dans le che- « min de l'honneur comme dans celui de la vic- « toire , le soldat français n'est terrible que pour « les oinemis de sa liberté et de son gouverne- « ment. »
Le sénat envoya au général en chef une dépu>
talion qui protesta de sa neutralité. Malheureusement pour la république de Venise , cette neutralité fut violée par les Autrichiens, qui s'établirent à Peschiera. Dans sa dépêche du 7 juin au Directoii*e , Bonaparte disait , en parlant des Yénia tiens : La vérité de Taflaire de Peschiera est que « Beaulieu les a lâchement trompés. 11 leur a de- « mandé le passage pour cinquante hommes, et « il s'est emparé de la ville. » Mais l'occupation d'une place forte comme Peschiera en pays neutre exigeait militairement une compensation , quoique le gouvernement de Venise ne dût pas répondre de la perfidie du général autrichien. La guerre est une science exacte , dont aucune considération morale ne peut, en pareille circonstance, déranger les combinaisons. Par cette loi inexorable de la guerre, le général Bonaparte était obligé de faire aux Vénitiens la même injure qu'ils avaient reçue ou tolérée des Autrichiens.
Beaulieu avait obtenu des renforts , et transféré son quartier général' derrière le Mincio , qu'il était résolu à défendre pour empêcher Tinvestissement de Mantoue. Cette place recevait chaque jour de nouveaux approvisionnemens , et de nouvelles fortifications la mettaient sur un pied de défense respectable. Beaulieu appuya sa droite sur Peschiera, son centre à Velaggio et Borghetto , sa gauche à
Pozzuolo et Goito. Mantoue donnait une garnison au Seraglio , et une réserve de quinze mille hom* mes avait pris position à Yilla-Franea. C'était donc le Mincio que devait traverser l'année française. Sa gauche était, le 29 mai, à Dezenzano, son centre à Monte-Chiaro , et sa droite à CasUglione ; les quatre divisions qui la composaient formaient environ trente mille hommes.
Le général Bonaparte manœuvra , le 30 , dans l'intention de tromper l'ennemi sur le Mincio , comme il l'avait fait sur le Pô et sur l' Adda ; et au lieu de tenter le passage du premier de ces fleuves à Peschiera, déjà gardé par la réserve des Autrichiens , il déboucha brusquement sur Borghetto , où quatre mille hommes étaient retranchés et couverts pai* trois mille hommes de cavalerie établis dans la plaine. Le général Murât attaqua la cavalerie, prit neuf pièces de canon, deux étendards et deux mille hommes. Aussitôt le colonel Gardane , avec les grenadiers , entre au pas de charge dans Borghetto , dont l'ennemi binile le pont. Les batteries des hauteurs de Yelaggio empêchaient d'en construire un autre : Gardane se jette dans la rivière avec cinquante grenadiers, arrive audacieusement sur Yelaggio, et l'emporte. Deux heures après , le pont est recon- 3truit, et Tarmée franchit le Mincio. Augereau
marche sur Peschiera, Serrurier sur Villa^-Franca. Le général en chef établit son quartier général à Velaggio , d'où la brillante intrépidité de Gardane a chassé Peimemi. La division Masséna , destinée à protéger cette place, n'avait pas encore passé le pont. Cependant le général autrichien Sebottendorf , avec une partie de la gauche de Beaulieu, accourait de Pozzuolo au bruit du canon , par la rive gauche , et , ne rencontrant personne , pénétra dans Velaggio- Le général en chef était enlevé, si son escorte n'avait pas fermé tout à coup la porte de sa maison : il n'eut que le temps de sauter sur un cheval, et de se sauver par les jardins. La division Masséna , avertie , traversa le pont et culbuta les hussards de Sebottendorf. Ainsi la destinée de Bonaparte , qui se reposait sur sa victoire , était arrêtée par des coureurs autrichiens si la sentinelle de son quartier général avait été endormie : une patrouille de hussards eût ravi à la république l'Italie à moitié conquise , brisé le traité du Piémont , et le triomphateur de Milan serait resté long - temps le prisonnier de la cour de Vienne !
Cet incident militaire fit mstituer ce fameux corps des guides de Bonaparte , qui , composé de cavaliers d'élite de dix années de service, devait accompagner partout le général en chef. Ce corps
DE NAPOLEON. Il S
reçut dès lors l'uniforme adopté depuis pour 1^ chasseurs de la garde impériale , uniforme qui fut aussi le dernier habit que Napoléon porta à Sainte- Hélène , au moment de sa mort. Le chef d'escadron Bessières , chargé d'organiser les guides , eut la garde du quartier général , et répondit à l'armée de la sûreté de son héros.
La victoire de Borghetto donnait à Bonaparte le grand avantage de couvrir le siège de Mantoue, et de nous placer sur la ligne de l'Adige; mais il fallait s'emparer de Vérone, ville forte véni-tienne qui a trois ponts sur ce fleuve. La politique:* de la guerre fit de l'occupation de cette place im-\ portante , dont le provéditeur Foscarini ouvrit les portes à Masséna le 1^ juin , la représaille de la possession momentanée de Peschiera et de Crema par les Autrichiens. Porto-Legnago , Vérone et le Bas*Adige furent occupés. L'armée était maîtresse des défilés du Tyrol; et le siège de Mantoue, au secours de laquelle accourait une nouvelle armée autrichienne que la plus urgente nécessité nous ordonnait de prévenir, paraissait le terme prochain des opérations et des succès de la campagne. Tant que Mantoue reste en la puissance des Autrichiens , ritahe n'est pas conquise ; elle le sera seulement le jour où Mantoue nous appartiendra. Ce grand boule vart de l'Italie, protégé par trois lacs
qu^abreuve le Mincio , communique par quatre digues à la terre ferme. Les noms de La Favorite, de Roverbella , de Samt - Georges, de Piétola , de Cérèse , de Pradella , qui défendent ces chaussées, vont recevoir une grande illustration. De hauts faits d'armes surpasseront ceux qui ont abaissé les Alpes sous le drapeau français , et qui en trois mois l'ont porté du col de Tende aux rives de l'Adige.
Le 4 juin, les dehors de Mantoue fiirent enlevés^ Le général en chef s'empara de Saint -Georges; Augereau, de la porte de Cérèse; Piétola fut évacuée par l'ennemi , et Serrurier, maître de Roverbella et de Pradella, ordonna l'investissement. Ainsi les têtes de quatre chaussées étaient au pouvoir de l'armée française. Serrurier, avec huit mille hommes , gardait toutes ces positions , obser* vait la forte citadelle de La Favorite , et arrêtait dans Mantoue quatorze mille Autrichiens ; Augereau observait le Bas-Adige; Masséna tenait les défilés du Tyrol.
Cependant Bonaparte se trouvait réduit à un blocus d'observation devant Mantoue , faute d'artillerie de siège. La citadelle de Milan n'était pas encore rendue , et occupait toute la grosse artillerie conquise du Piémont. Il (allait donc que le château de Milan tombât avant de pouvoir assié-
ger Mantoue , et dans l'intervalle Wurmser précipitait sa marche. Ce général était parti d'Allemagne pour venir défendre cette ville et rempla cer Beaulieu tombé dans la disgrâce. En attendant son arrivée, Mêlas avait le commandement. De tous côtés j la politique autrichienne , soutenue par les oligarchies génoise, vénitienne et de la cour de Rome , soulevait les esprits , et déjà la rivière de Gênes devenait le théâtre des plus graves hostilités. Les fiefs impériaux étaient en pleine insurrection, et les routes couvertes de partisans armés qui gueiToyaient avec les détachemens français. L'armée piémontaise murmurait contre la paix de Turin. Le pape attendait de la Corse six mille Anglais qui pouvaient faire une diversion inquiétante s'ils avaient le temps d'arriver à Livourne; il fallait donc les retenir en Corse. L'attitude de Naples, qui comptait trente mille hommes sous les drapeaux , n'était rien moins que rassurante, malgré sa négociation. Enfin, la nouvelle armée de Wurmser, forte de vingt mille hommes d'élite , devait arriver au mois de juillet , et portait à soixante -dix mille hommes les forces de la maison d'Autriche en Italie, y compris la garnison de Mantoue. Le général Bonaparte dut pourvoir a tous ces embarras avec quarante mille hommes : il y pourvut.
Au miliai des preparatib de Bmiaparte, oecapé à la fols d'entrer à Lirounie, pour s'emparer dans ce port des bàtimois et des propriétés britanniques et ennemies de la France, de créer en Corse une insurrection contre les Anglais , d'anéantir par de rigoureuses exécutions miUtaires la révolte des fiefs impâîaux ^ et extùn d'emporter la citaddle de Milan , qui était la clef du siège de Mantoue, le roi de Xaples , que i'enTahissement de l'Italie supérieure rendait inquiet pour ses Etats , pressé par le cabinet de Madrid , entraîné peut-être aussi par l'exemple du roi de Sardaigne , et par la défaite que ses troupes venaient de partager sous Beaulieu avec l'armée autrichienne , avait envoyé le prince Belmonte-Pignatciii au général Bonaparte, pour demander un armistice. Ce iut un grand coup de fortune pour l'armée française ; mais le Directoire , étranger k toute politique raisonnable, ne cédait qu'à un penchant aveugle , celui de révolutionner en même temps la Toscane , l'État romain et le royaume de Naples ; il ne caculait ni la disposition des habitans , ni l'état physique de leur pays , ni les besoins ni la position de sa propre armée. Il comprenait encore moins la dignité morale que tout gouvernement doit revêtir pour prendre une place honorable et par conséquent utile dans l'opinion (!(! HVM iitnis et de ses ennemis. Aventurier dans
ses principes de guen^e, il envisageait la conquête comme une proie , sans s'embarrasser des suites d'une déprédation ordonnée contre les peuples : politique d'autant plus étrange qu'il voulait les attacher a la liberté et à la république française. Aussi le général en chef redressait les idéeà du Directoire dans sa dépêche du 7 juin , datée de Milan ; après avoir établi l'avantage de l'armistice qu'il venait de conclure avec le roi de Naples , il disait : a Ceci me porte a traiter la question mili- « taire : pouvons-nous et devons-nous aller à Na- « pies? Le siège du château de Milan , la garde du a Milanais et les garnisons des places conquises « demandent quinze mille hommes ; la garde de « l'Adige et les positions du Tyrol, vingt mille « hommes. Il ne reste , compris les secours qui ar- « rivent de l'armée des Alpes , que six mille hom- « mes. Mais eussions-nous vingt mille hommes , il « ne nous conviendrait pas de faire vingt-cinq jours « de marche.... Pendant ce temps-la Beaulieu re- « pose, recrute, renforce son armée dans le Tyrol, « et nous reprendra , l'automne , ce que nous lui « avons pris dans le printemps ; moyennant cet ar- « mistice avec Naples , nous sommes* k même de « dicter à Rome toutes les conditions qu'il nous « plaira ; déjà , dans ce moment-ci , la cour de Rome « est occupée k faire une bulle contre ceux qui