TROISIEME BLOCUS DE }HANTCKJE
L\rbie£ française était de quarante mille hommes, dont trente-trois mille, presens sous les armes, allaient faire la guerre active contre un nombre presque double de combattans réuni^sous les drapeaux du feld-maréchal Wurmser. De faibles garnisons gardaient Ferrare, Livourne, Coni, Tortone, Alexandrie , Milan , Pizzighettone; et sept à huit mille hommes campaient devant Mantoue avec le général Serrurier. Le quartier général français était à Castel-Novo ; Farmée tenait le haut et bas Adige , la Chièse , et s^étendait à Salo , depuis les défilés du Tyrol jusqu'à Porto-Legnago , occupant
la Corona, Monte-Baldo , Rivoli et Vérone. La division Masséna , placée dans les deux dernières villes , formait le centre , et se composait de quinze mille hommes; celle d^ Augereau, de huit mille hommes , formait la droite ; celle de Sauret , de quatre mille , la gauche ; entre la droite et le centre était la réserve, forte de six mille hommes. Wurmser avait son quartier général à Trente : ses forces se trouvaient divisées en trois corps , deux de vingt mille hommes, commandés par les généraux Davidowich et Quasdanowich , et lautre de trente mille hommes , sous ses ordres. Le feld-maréchal conduisait le centre, Davidowich la gauche, Quasdanowich la droite. Le 29 juillet, les Autrichiens commencèrent leur mouvement général , et débouchèrent du Tyrol italien sur plusieurs positions de l'armée française. Joubert défendit la Corona toute la journée , et se replia enfin sur le plateau de Rivoli , que Masséna avait dû évacuer. L'ennemi s'était également emparé de Brescia ; il tenait aussi Salo, évacué par le général Sauret, après une brillante résistance. Les colonnes autrichiennes couvraient les hauteurs de Vérone , la rive gauche de l'Adige , stationnaient à Gavardo, menaçaient Ponte-San-Marco et Lonato , et, par la direction des différens corps ^ étaient à la fois sur Milan , sur Crémone et sur Mantoue. Ces deux jours de progrès de la grande
armée de Wurmser, une fois plus forte que l'armée française , découvrirent au général Bonaparte le plan des ennemis. L'infériorité numérique de ses troupes ne lui permettait pas de livrer bataille k l'armée autrichienne réunie : il ne devait chercher qu'à la battre en détail , comme il l'avait fait depuis l'ouverture de la campagne. Il devait, avant tout , empêcher Wurmser de se réunir à Quasdanowitch sur le Mincio. Son génie lui inspira alors subitement la résolution d'abandonner devant Mantoue la tranchée , les ouvrages , les cent quarante pièces de canon de siège; en un mot, de lever le blocus , et d'aller conquérir encore par de nouveaux triomphes le pouvoir de le reprendre. Le général Serrurier brûla ses affûts , noya ses poudres , encloua les canons , enterra les projectiles , et, dans la nuit du 31 juillet, rejoignit l'armée activé. Après un conseil de guerre, où Augereau' vota pour l'attaque , le général en chef mit l'armée en mouvement contre Quasdanowitch sur Brescia.
Ici commence cette suite de victoires que nos soldats nommèrent la campagne des cinq jours. Bonaparte s'attacha à la division Quasdanowitch , plus engagée que les autres. Les combats de Lonato, de Salo, la reprise de Brescia, d'où l'ennemi n'eut pas le temps d'emmener ses prison-
niers, fofcèrent Qaasdanowich Jt la retraite, et l'isolèrent entièrement de Wurmser, qui était en marche sur Mantoue , où il entra avec deux divi<sions. Le 3 août, les quinze mille hommes de Mas-* séna furent assaillis k Lonato par les vingt-cinq mille Autrichiens de Quasdanowitch. Masséna se vit forcé dans ses positions ; Lonato fut pris ; mais le général en chef se mit à la tête des troupes , enfonça le centre de l'ennemi , et l'on reprit Lonato au pas de charge. Augereau attaqua Pavantgarde de Wurmser, qui couvrait Castiglione j et s'en empara.
La bataille de Lonato annonçait les journées de CastiglionCé Wurmser n'avait plus trouvé Serrurier devant Mantoue, et revenait trop tard sur Castiglione, où Bonaparte s'était fortifié. Quasdanowitch errait avec les débris de sa division pour, se réunir à Wurmser. Après avoir reconnu l'armée ennemie devant Castiglione , et décidé la position de la bataille pour le lendemain 5 , le général français se rendit k Lonato , afin de presser le mouvement de toutes ses troupes sur Castiglione. L'ennemi, battu dans les journées du U' et du 3 août , était poursuivi avec acharnement , et perdait des bataillons entiers qui déposaient les armés.. Une de ses colonnes, avertie qu'il n'y avait à Lonato qu'un millier de Français , s'y porta tan-