CHAPITRE V
llOirTlt.I.15 ooHSTiTimoim dbs rbfubliqvu batavi , cisalpimb, LioimiBvifB BT mmssvirtqv*.
Toutes ces conquêtes de l'humanité sur le fatal génie de la guerre assuraient le repos au monde sans donner de sécurité aux Etats. Le nom de Bonaparte retentissait diversement dans toutes les capitales, aux fêtes de la paix. Le traité d'Amiens ne commençait à poindre sur riiorifcon politique que comme une planète pleine*d'éclat et d'orages; quant à celui de Lunéville , émané' des dé£adtes de l'empereur d'Autriche 7 il imposait un silence d'étiquette aux doléances germaniques, en même temps qu'il créait en France quelques grosses fortunes diplomatiques, par l'arbitrage des indemnités dévolues ,.
sur la rive droite (Iti Rhin , aux princes dépossédés de la rive gauche. Mais si ces deux traités, qui fondèrent réellement la |>uissanGe de Bonaparte y laissaient eé. paix^.pour le présent, les monarchies vaincues, celui de LunéviUe appelait aux agitations les républiques amies de la France ; ce traité portait : « Les parties contractantes se garantissent mutuelle' ment ¥ indépendance des républiques batave^ hehé^ tique ^ cisalpine et ligurienne y et la faculté aux^ peuples qui les habitent d^adopter telle forme de gomfemement q^ils jugeront convenable. »
Bonaparte r^lut d'être le législateur du nouveau droit public qui devait naître* de cet article. Il avait conçu le dessein de transformer la république française en métropole; il fallait donc que (es autres républiques, qui étaient déjà les satelKtes armés de la nôtre, en devinssent de plus les. succursales politiques. Mais, ODmme leurs constitutions s'éloignaient beaucoup de celle de la France, et conservsâent, plus ou moins, des traces de l'esprit directorial sous Tinfluelnçe duquel dles avaient été promulguées, le premier Consul se hâta de profiter de l'immense ascendant que venaient de lui acquérir les préhminaires de Londres , pour soumettre ces républiques à un même niveau, et les placer sous le sceptre répubbcain qu'il avait conquis sur la oonstitutimi friictidorienne. Il sentit bien aussi que les républiques s'empuasseraient de prendre à la lettre le traité de Lunéville, et de faire acte de l'indépendance qui leiu* était rendue. En sa. qualité de dictateur des Etats populaires, il se réservait d'intervenir politiquement et militairement dans leurs