J ^ HISTOIRE
agitations y et de leur imposer dés instilutiràs eoaformes au vaste système d'unité républicaine qu'il avait adopté. En conséquence ^ un ordre émané de Paris alla frapper en même temps les Mpitaks de La Haye, de Milan » de Gènes et de Berne, en avertissant les patriotes de ces quatre répubUques que le règne de la liberté directoriale, qui avait cessé pour la France consulaire, devait cesser aussi pour ses alliés.
La, révoliMion de la république batave se fit à do* micile, ainsi que celle de Gènes : elle fut prompte comme la volonté de Bonaparte et paisible comme le caractère hollandais. L'ambassadeur Schimmelpenninck, travesti subitement en plénipot^itiaire du premier Consul , arriva de Paris à La Haye avec les élémens de la nouvelle constitution; les troupes françaises, partie nécessaire dans les changemens, aidèrent par leur seule présence l'action du pouvoir exécutif, car le directoire batave lui-même se chargea de son propre ostracisme ; il envoya la constitution au Corps-Législatif, en lui annonçant qu'il n'y avait point à délibérer, parce qu'elle était déjà soumise au vœu du peuple. En réponse à ce message impérieux, les chambres se firent l'honneur de décréter la suppression des mesures extralégales que le Directoire avait osé prendre. Alors le coup d'Etat eut lieu : une proclamation ordonna la dissolution des deux chambres, et fit fermer le palais du Corps* Législatif. Au mois de novembre 1801, la nouvelle constitution batave Ait acceptée et publiée presque à Tinsu du peuple; de même que cdle de France, elle gardait toutes les, formes de la liberté, en dé-
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troisanl: Tempreinte révolutiomiaire : elle prononçait la levée des séquestres , Fabolition des confiscations , la révision des lois, et assurait la garantie de» propriété; aussi l'élite de la nation reçut«*elle comme un bienfait une loi fondamentale si étrange* ment imposée par des hommes sans mission ^ et par une volonté alors irrésistible.
La révolution de la Cisalpine n'offirit également qu'un seul changement de constitution; mais c^ changement s'effectua avec plus d'éclat. Le iii novembre 1801 , la confia de la république cisalpine arrêta qu'il serait formé une consulta extraordinaire qui s'assemblerait à Lyon pour fixer les bases des lois oi^aniques de la république. Le premier Consul; ajoutait le décret , est invité à suspendre les immenses travaux de sa magistrature ^ pour partager avec les députés de la consulta extraordinaire le poids de leurs délibératwns. Il ne fallait pas yn grand effort d'intelligence pour deviner de qui émanait une sem* blable invitation; toutefois c'était une singulière nouveauté d'appeler un gouvernement étranger à venir discute^ ses intérêts dans une ville d'un Etat voisin. La France et l'Europe fiirent pareillement frappées de ce système d'autocratie législatrice ^ qui jaittiflsait tout à coup du traité de LunéviUe. Quatre cent cinquantCKleux notables italiens partirent pour Lyon, où ils se réunirent le 3i décembre. Le général en dief de l'armée d'Italie , Min^al^ et le ministre de France y Pétiet, ancien président du Corps-Législatif de la république cisalpine, se rendirent de Milan à Lyon; les ministres des relations extérieures et de l'intérieur, Talleyrand et Chiqptal, y arrivwent de
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Paris^ chaînés d'exercer la plus bnllante hospitalité envers les députés de Tltalie; Lyon se réserva d'embellir la solennité que le premier Consul aHait honorer de sa présence. Le ri janvier i8oa, il fit à Lyon une entrée triomphale, comme pacificateur. et législateur; cachés sons les palmes civiles, ses lauriers ne reparurent que dans la magnifique décoration dont l'industrie lyonnaise enrichit la salle de l'assemblée générale. La consulta avait commencé ses séances le 4 janvier, sous la présidence du comte Marescalchi, et nommé dans son sein une commission de trente membres, qui devaient proposer au premier Consul les choix pour les principales magistratures de l'Etat, et notamment pour la première. Le 25 janvier eut lieu la dernière séaiice de cette haute commission , dont le rapport concluait à ce que/é général Bonaparte voulût honorer la république cisalpine j en continuant de la gouverner. Le lendemain le premier Consul vint en grande pompe à la salle des délibérations de la . consulta , et finit ainsi le discours qu'il prononça en langue italienne; « Les choix que f ai faits pour remplir dos premières «( magistratures Vont été indépendamment de 4oute «c idée de partie de tout esprit de localité. Quant à « celle de président ^ je n'ai trouvé personne pai:mi «( vous qui eut encore assez de droits sur l'opinion « publique , qui fiit assez indépendant de l'esprit de « locaUté, et qui eût rendu d'assez grands services à « son pays, pour la lui confier... J'adhère à votre vœu; « je conserverai encore... la grande pensée de vos « affaires... » Tous les assistans se levèrent, la salle retentit d'applaudissemens unanimes; et, pour con-
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sacrer cet imporrant changement, les députés demandèrent et obtinrent que le nom de république italienne fut substitué à celui de république cïsal^ pine. Lé premier Consul lïomma vice-président M. de Melzy, depuis duc de Lodi, et Fembrassa. Ainsi se termina cette séance politique , où fut proclamée la nouTdle constitution italienne, sortie du cabinet du premier Consul.
La révolution prit une autre marche dans l'Helvétie, où, en raison des souvenirs et du caractère de la nation, et des résistances partielles, elle ne pouvait être implantée aussi facilement qu'en Hollande , à Gènes et en Lombardie. Le premier Consul avait déjà fait faire les approches de cette campagne politique avant la signature des préliminaires du traité d'Amiens, peu de temps après celui de Luhéville; il se proposait aussi de détacher le Valais de l\inion helvétique, et de le rendre indépendant sous sa protection spéciale, afin de s'assurer une route militaire vers le Milanais, et de garantir ainsi sa base d'opérations sur l'AUemagne et sur l'Italie. Telles étaient alors les conceptions de Bonaparte; elles présentaient le cachet, non-seulement d'une haute spéculation de son esprit , mais celui d'un projet airêté, dont l'exé- Gutton devenait inquiétante. Les partis furent bientôt en présence dans l'Helvétie, et la guerre déclarée aux unitaires par les fédéralistes : l'ancien régime attaqua haulemeut la révolution. Une diète générale, assem<^ blée à Berne le 7 septembre 1801, établit un nouveau sénat , et une commission executive présidée par Aloys Beding, chef ardent de l'opposition fédè- Fate. Iledingse rendit de lui-même à Paris ^ pour pro*