‹ Histoire de Napoléon (volume 3)Chapitre 14 sur 31 · I^O HISTOIRE · texte numérisé non relu

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voquer, auprès du premier Ck>nsuly le rétablissement de l'ordre de choses détruit par le Directoire. Il reçut un accueil peu £aiTora][>le. Bonaparte se retrancha dans Fesprit du traité de LunéviUe, et se oon-> tenta de montrer le désir de voir remplacer dans la commission executive six membres de l'ancien régime par un nombre ^al de leurs adversaires. Il résulta de leur admission un plan de constitution ifui occupa trois mois le sénat* Mais, dirigés par le ministre de France 9 les six commissaires élus en dernier lieu s'fissemblèrent le 17 avril idoa, renversèrent cette constitution y et en rédigèrent une autre ^ bientôt ao cepjtée par les cantons aristocratiques, et rejetée par les démocratiques; l'acceptation de cette constitution fut encouragée de plus par la promesse du déport de l'armée française. Bonaparte profita de cette révolution pour faire proclamer l'indépendance du Valais. Le ao juillet, ses troupes évacuèrent le territoire helvétique. Cependant, le ^3, les cantons démocratiques Schwitz, Uri et Underwald, annoncèrent qu'ils se détachaient de l'union. Le nouveau gouvernement déclara illégales leurs assemblées et leurs résplutions. Soudain l'insurrection éclata, et s'accrut des cantons de Zug, Glaiis, Âppenzell, Saint -Gall, du Rheintal ; toute la Suisse se trouva en armes. J^es insurgés battirent en deux rencontres les forces hdvétiques; toutefois, elles marchèrent sur Zurich, qui refusa d'ouvrir ses portes, et la bombardèrent le 7 et le 1 3 septembre, mais inutilement. Enfin, le y 8, les insurgés s'emparèrent de Berne, par une capitulation que Reding adressa à toutes les puissances de l'Europe. La contre-révolution était complète.

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Une trêve avait été conclue , elle expira le latG septembre; alors une année, créée sous^ le nom ^ armée de la ligue, est confiée au commandement du gênérai Bachmann. Cette armée se mit en mouTement; peu de jours lui suffirentpour s'emparer deFribourg, de Mord y de Neuchâtel.

Le gouvernement helvétique touchait au moment d'évacuer Lausanne pour se réfugier en Sa- TOie, lorsque le général Rapp, aide-de-camp du premier Consul, arriva porteur de la prodamation suivante :

« Le sang des Suisses a coulé parla main des Suis- « ses. Vous vous êtes disputés trois ans sans vous « entendre : si l'on vous abandonne^plus long-cemps «c à vous-mêmes, vous vous tuerez trois ans sans « vous entendre. Votre histoire prouve d'ailleurs a que vos guerres intestines n'ont jamais pu se ter- « miner que |)ar l'entremise de la France. U est vrai « que j'avais pris le parti de ne me mêler en rien de « vos aff;sâres : j'avais vu constamment voà différens « gouvememens me demander des conseils et ne pas « les suivre, et quelquefois abuser de mon nom, se- « Ion leurs intérêts et leurs passions; mais je ne puis « ni ne dois rester insensible au malheur auquel « vous êtes en proie. Je reviens sur ma résolution; je c serai le médiateur de vos dififiérends ; mais ma méc diation sera efEcace, tdle qu'elle convient aux « grands peuples au nom desquels je parle. » Cette proclamation expliquait toute la pensée de Bonaparte. Rapp était chargé d'indiquer les moyens d'exécution. Cinq jours après cette notification , le aénat devait retourner à Berne ; toutes les autorités

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nouvelles devaient cesser leurs fonctioBs, les troupes des confédérés être licenciées après avoir déposé leurs armes. Les troupes helvétiques seules serai^it conservées, et les deux demi-brigades suisses venues de France formeraient la garnison de Berne. Des députés se rendraient à Jferis pour concourir sous les yeuz du premier Ck>nsul à la confection d'une constitution fédérative. Rapp fit sans peine consentir les vaincus à une proposition qui ramenait le pouvoir de leur coté;- mais à Berne les c}K>ses se passaient autrement qu'à Lausanne : on déclara que l'on omsulterait la diète de Schwitz; elle, avait envoyé à Vienne et voulait gagner du temps^ Alors Rapp ^ «en sa qualité de représentant du médiateur 9 accorda cinq jours pour la réponse de k diète; faute de.qinoi, l'armée du général Ney reviendrait occuper le territoire. La diète se soumit en protestant contre^sa soumission. Ney arrêta son mouvement. Parmi les puissances qui voulurent intervaiir^ l'Angleterre parla le. plus hautement. Cependant, le 9 octobre , la diète adressa aux. autorités françaises une déclaration; dans laquelle » en rappelant l'indépendance assurée à la Suisse par le traité de Lunéville j elle disait ne pouvoir considérer le gouyemement heUd* tique y hai pour les motifi les plus justes^ que comme, imposé par la force à la /la/io/i. Aussitôt le^néral Ney se mit en marche avec son ,armée$ investi du commandement y il devait en outre déployer le caractère de ministre plénipotentiaire à la place de l'ambassadeur Veminac. Le gouvernement détrôné était retiré à.Lucerne, et le gouvernement vaincu par lui avait reparu dans Berne ^ où Rapp l'installa

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solen&dkment. Pendant que Ney avançait sur FAr^ govie y Murât ^ général en chef de Tarmée dltaBe ^ poussa une colonne sur le territoire de^ Grisons j ainsi ^ la Suisse se voyait bloquée et envahie. Enfin ^ par le sénatus-consulte du a3 octobre, qui prescris ▼ait aux dix-'huit cantons le mode d'élection , la réunions des députés à Paris fut fixée au 1 5 no<« vembre, .

Mais rien n'avait pu ébranler la résolution de la dièt^ de SchwitE, et, loin de se dissoudre, Bachmtfnn, son général, avait rassemblé, depuis le licenciement, des milices avec lesqudles il gardait militairement la ligne de la Reuss, Le général Ney, déjà maître de Zurich, envoya à Luceme sommer le gouvernement provisoire de se s^arer , et la diète de dire si elle adhérait à la proclamation du premier Consul. La dièle obéit enfin , mais elle continua de protester publiquement contre la violence qui lui était faite , et de déclarer qiielle ne cédait qu'à la force , sans préjudicier aux droits de la Suisse pour Pauenir. Aloys Reding fui; bientôt arrêté à Schwitz ainsi que qudques autres , par ordre du gouvernement helvétique, et enfermé au château de Ghillon sur le lac de Genève. Le 10 décembre, cinquante-six députés suisses se réunirent à Paris. lie premier Consul traça le plan de la constitution nouvelle dans une déclaration. Les sénateurs Barthélémy, Fouché, Rœderer, assistèrent aux séances pour discuter cette constitution et l'acte de médiation. Enfin, la séance générale du a4 janvier j8o3 n'ayant pas amené un résultat positif, Bonaparte appela auprès de lui dix membres de la députation, dont cinq unitaires et cinq

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fédéralistes 9 et l'acte de médiation, après avoir été débattu en sa présence, fîit définitivement 'arrêté , et donnés aux Suisses le 19 février. Le 10 mats, la dissolution du gouvernement central eutlieu à Berne. L'acte de médiation désignait le général Louis d'Afiry, landamnuin de la Suisse pour i8o3; la première diète s'assembla à Fribourg le 4 juillet; Âloys Reding y siégea en qualité de député 4e Schwitz. La présence du chef des fédéralistes à la nouvelle diète prouva que si la réconciliation n'était pas complètef du moins Fopposition à la France ne pouvait plus exister. Voilà [n^cisément ce que voulait le premier Consul. Il voulait aussi le bonheur de la Suisse. Il n'y eut jamais de pays plus heureqx, plus tranquille que l'Helvétie depuis la médiation de Bonaparte. Le parti aristocratique s'y vit constamment comprimé; aussi, treize ans après, l'oligarchie seule, et non la nation, ouvrit les portes de la France à l'invasion étrangère.

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