‹ Histoire de Napoléon (volume 3)Chapitre 20 sur 31 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

(ISOA.)

J»UK LAVKMKHKIfT A LKMPIRC.

ONTESQuiEu a dît : (c La tyrannie d'un prince (c ne met pas un État plus près de sa ruine , que l'indifférence pour le bien commun n'y met une république. L'avantage d'un État libre est que les revenus y sont mieux administrés; mais lorsqu'ils le sont plus mal, l'avantage d'un État; libre est qu'il n'y a point de favoris; mais quand cela li^est pas y let qu'an lieu des amis et des parens du prince, il iaMt faire la fortuné des amis et des parens de tous ceux qui ont part au gpouvemement^ tout est perdu : les lois sont éludées plus ckngereusemêat quelles ne sont violées» par un prince f qui pétant

aSo uistpuis

« toujours le plus grand dtoyen de i'Stat, a le plus « d'intérêt à sa conservation. »' , *

•Telle était y «veo répuisement total du trésor pt^ blic, la position de la Franœ directoriale en Fan vnf; die devisât produire une oécesaité plus forte que son malheur. -. *. ^

Bonaparte arriva d'É^pte an moment àù une lutte allait s'ouvrir entre Sieyes et Barras , tandis que la société du Manège j armée de la traditÎDn conventionnelle; attendait cette crise pour fendre sur les deui^ adversaires^ et peut-être placer dans les mains de Bernadotte le sceptre àa protectorat républicain. Il y avait péril en la demeure pour la nation, dans toute la rigueur de l'expression , lorsque les ^.cris de jpie des matelots de Fré}us annoncèrent à la France un libérateur; Bonaparte se vit. en quelque sorte porter jusqu'à Paris sur les bras delà population, et le i8 brumaire eut lieu. Je peue, avec beaucwp de gens, qu'il existait un autre moyen desauver la France; mais j'atteste, sans crainte d'être contredit, qu'il n'«o existait pas d'autre pour Bonaparte. Le conquétàot deTÉgyptene pètivait oonapirer comme Sieyes. SeÊ élémena naturels étaient le^ soldai; aussi ce (ut flFirec eux c^'il brisa ce que t^ législafeKre sevle avait le dnnt de dissoudre.

£t quand niinie, obsédé chaque jour à Paiis , par les plus imposaples sollicitations', d'opérer im changeikieat potetique, il aurait eu. la voloaté d'attçndre une révalutiûfi légale , <pti hiit si elle eût élé faite pour lui ? M die n'eut pas été fmta contre lui ? Bemar dotte, Augereau, épiait l'oocasion. Le temps pressait^ t&nt son ratout spontané avaût subitement

mûn i^cmxitèBi 1^ es^^oces et FagiteiiQDi pubb^ que ! La sagesse de Sîeyes^» après, une lûfigue tempo- «îaitioB, avait fini par ne pas tsou^r de délai aii- Aelà du j^S brumaire ^ piMdr se aerrir du bras de Bonâparte. JLa liberté du cboîx iiiaiM}nait déjà'^à Fidole du peuple .et da Vanhée^ entre rempbeer un poe^ voir avili, que chacvn ren^geail à détruire,^ et dont trois directeurs sur cinq lui offraient le portage , oa disparaîtra obscurément, comme le général Hoehe, tous le verdict silencieux d'une vengeance ou d'une intrigue. Bonaparte pré£éra sauip&r la Frai»oe et luimême : le Conseil des Anciens , les habttans de Paris, la Franœ et Vanaée, furent lee complices de la royauté qu'il proclama sous le voile delà commission consulaire} mais dès le premier moment, il accepfca sa magistrature oommeune conquête et non comme ime électiop.

La monarcbie bonapartienne, commencée le 20 brufnaire an yin( 1 1 novembre 1799)^ eut*des phases rapides: élective et temporaire le i5 décembre 179^,' déclaiée à vie te » août r6oa^ eHe devint héréditaire sous le nomd^ewpive^ le iS'mai iai54* ^^ modifia cations n'ërnsBèrent pas de la seule volonté de fioparte; elles dépeuAtreat aussi de la marche des cho^ ses, qui poussait à f hérédité. Consul à temps, un coup d'État, uu simple coup de main pouvait chasser Bonaparte'» comme il avait chassé le Directoire, comme Je Directoire s'était décimé lui^oseme au 18^ fruetidor et au 3o prairial. Consul à irié, il sufiSsait d'on assasëa; et Georges attendait encore sihjs lea verroux le.cbatiment d'vn attentat reconnu par hiiméine. Bai)dparte prit l'hérédité comme un bouclier,

rï5ii > flisfoiRÈ *

afin que, s'il toiribait victime d'une nouvelté^Odûspi* rafion, l'État ne pérît pas ^vec lui; car, xlepuis quatre ans et demi que durait le Consulat, on |k>u^' vait regarder la France comme placée en viager sur une tête sans cess« menacée. L'hérédité ^ttdt skns doute la pensée de Kapoiéon devenu empereur; elle était aussi une loi de la nécessité.

Tout atteste , malgré les récriminatiaiis élevées par ce qui peut rester encore des 'membres 4^ la Coiivention et du Directoire , que U France à ceitte époque se trouvait^ans l'impossibilité desuf^rter davantage une magistrature élective. Notre situation politique renfermait tant d'élémens de dissohitîon, que ie Directoire lui-même s'était vtf réduit , diiis la vue de sa conservation y à se constituer éù tyrannie, et à créer, dès le i^^ janvier 1796, la funeste institution d'un ministère de W police gé/iéi'^e, qui rendait le gouvernement odieux par l'igfaofole terreur dAnt il fatiguait la liberté.

* La royauté impériale comment le 18 Élai 1804. Cependant celui qui, en 1799 ^ s'était présenté pour béhCier de la révolution, et qui avait disposé à sa volonté de cet orageux patrimoine, ne veut pas se' porter héritier de l'ancienne monarèhjie. Il se Ëdt empereur, titre coniiu dans l'histoire àés princes et: des conquérans , mais qui devient entre ses mains une chose toute nouvelle; ^^^ il Consulte, en la ^c^éant , au moins autant' les besoins du f èmpe que les penchant de sa nature, et les proportions de ses facultés -personnelles. Il met bien sur sa tête la couronne d'un monarque; mais il se gardé de lui rendre ce que la révolution a rayé à jamais du cor^*

0E iTAvoi^loic. ^ a 53

tége 4e tonie royauté en. F>ance> c^esNànlire tos droits féodaux , uneKioblesse exclusive et pnvilégiée., le droit' d'aînesse, un clergé ordre diins TÉtat^ lia vénalité des office», la confusion dia trésor pubUc dao^ celui du prince y Finégalité ou l'exemption des impôt», #tc., etc. H' proclame une monarchie* impé«> périale constituticmnèUe, où lui seul est absolu , etoù la révolution étdblit la liberté des perscMines, des propriétés, des cultes, Tégalité civile et politique ^ radmissioh à tous les emplois, dés distinctions sans piiviléges, la séparation des deniers de FÉtat d'avec le trésor du souverain , 4a reddition des comptes de chaque ministre, etc.... T^ fut constamment, pandant son règne ^ Fesprit ^es constitutions dofit il dota les royaumes de Naples , de Hollande , de West-, phalie , d'Italie, le grand-duché de Varsovie et FEstpagne. Ces constitutions doivent être regardées comme de grands maiûfestes de la nouvelle civilisation qu'il avait phophétisée au Directoire, quand il lui dît au

retour de Badstadt : « ..; De la paix que vous

venez de conclure:, date ^ère des gouvernemens re^ présentatifs. »

. J'ai avancé qu'il n'y avait d'absolu dans le gouvernement impérial que Napoléon; j'affirme qu'aprèls lui, sons. son fils, sous un prince dont l'éducation politique n'eût pas été le despotisme d'un général en chef toujours victorieux, ni les droits de ceux du conquérant de sa république, cette monarchie impérial^ retombait par s^ propre nature au niveau des besoins, des volontés , des principes de la. société française, en un mot, au régime d'une véritable monarchie constitutionnelle , qiie Napoléon tint

a54 sisfOUiE

jttBqu'à scm deroier joar cachée à Pdadire de $e6 dnypeaux. 6om tm tel socoeveor^ le Conseil d'État descendait du iwig des pouvoirs légisUtHb k celui de oMiité coiisidlatif dm tponarciue et de ses BÛnis* tnes; ia législature recouvrait la parole; te miutsière de la police, puiisanœ odiei:^, violente , arl^traire, rentrait dans ies attributions légales du ministère de la justioe; la presse reprenait ses franchises en même temps que k nation.

Hapoléon établit en France toute la liberté et tout le de^otisme qu'il crut qu'elle pouvait supporter. Quand il eut réuni à notre territoire une moitié de. l'Europe, et que le voyageur nlarchait sur les ternes de l'Empire depuis Terracine^'usqu'à Lubeck, il s'attrista de cette grandeur colossale : « Quij « apjiès moi, .di$ait*>il, pourra porter un tel far- « deau ? »

C'est cette prodigieuse, destinée , inséparable du sentiment profond dont die aflkctait Napoléon luimême, que je propose à la méditation du lecteur, maintenant que les cendres de ce grand homme sont le jouet des vents de l'Atlantique; qu'Alexandre, l'ami, le rival, Tennemi et l'héritier du maître de tant de peuples, dort comme lui dans la tombe, et qu'il n'y a plus de bras pour tenir le sceptre européen.

DE B«pouk>ir. i5S

*i v *f> ' **mmfwim%^* m '

JU

'***0*^*»**^^«»*<*»*»»»^%^^»*<*i*»*^^%<%<^<*»^%i *<li^fc*i^Xiw»»»^ %)%^

CHAPITflE IL

AVBlVniBIIT.A L'KMPiBB. PBOTBSrATIOV DB LOUIS XVIII. JUOBMKHT DE

I,A COHSPIftATIOH DB PICHBORV. MISISTERB DB^A.POLfCB GivéBALK.

rVACGOBATIQH DB LA f.iciOir - D*BOinrEVB. CAMP DB BATTLOCNB. — SAGBB

VB l'bMPBMIIR BT DB L*«pénATmiCB. DédiABATlOV DB OOtRBB DB

Page 1