‹ Histoire de Napoléon (volume 3)Chapitre 23 sur 31 · II · texte numérisé non relu

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et Napolé^B que la guerre d'invasion et le oanon d'Aufiterlilz!

Le I*'' janvier 1806, le pont du Jardin des Ptaoles, niMsamé pont d'Au6teriitz , fut ouvert au public. Voila le premier moBument q.ui consacra le »ouyemr dHime victoire de Napoléon , mais il ne resta pa& le seul destina à perpétuer celle d'Austerlitz. £Ue donna bientôt ce nom à un village , que Ton bâtit auprès de la Salpétrîève, sur le boulevart du Jardin des Fbntesv Bientôt le bronze russe et autrichie» forma la colonne de la place Vendôme, le plus beau trophée qui ait jamais, même dans les tenips anciens, été dédié à la gk>iFe d'un grand capitaine au sein de la capitale d'une grande nation. La bataille à^kuster^ litz est le premier fait d'arme^ de l'histoire depuis la bataille d'Actium, dont elle pouvait aussi renou^ve- 1er la fortune , si , par un p^ickant ineiLplieable et' devenu depuis bien fetal, Napoléon n'eàt montré pour l'Autriche une faiblesse qui ne s'est jamais dé- ■lenlifi»

Après avoir séglé à Scfaœnbrunn les intérêts d'tuie haute importance qui Vy avaieojfc retenu quelque^ joius , Napoléon partie pour Munich, où il arriva le 3.1 décembre. La nouvelle année fiit inaugurée dans cette ville par la proclamation du prince MaxîmiUei»- Ips^h» à soa avènement au trône. Munich vit auasi céléhrep Le mariage du prince Eugène et do ta princesse royale^ avec ktphia brillante solennité-, en psésiSDeede Nappkéon. L^ maréchal fierthier, dei&emi prince souiievain de Heuchâlei , épousa une nièce du roi. L'Empereur écrivit au Sénat pour lui faire

part du traité àt Pre&bou!^, dotit 11 ordohkia la pabttcation comme loi de Tempife. Il instrulMt égale* Ment le Sénat du mariage du vice-roi d'it^ie, et des faveurs éclatantes qu'il venait d'accumtllt^ sut ce prince. De Munich Napoléon se rendît à Stuttgard , où il reçut les mêmes hommages du toi de Wurtemberg 9 et de là à Carlsmhe, à la cotir dé Bade, qo'un nouveau lien allait bientôt attacher à la France. Le 26 janvier, l'Empereur et Tlmpératricé étaient de retour à Paris.

Le a^ , le Sénat a décrété un monument à Napd* iéon*)e-Gnttid.

Le 3 février, k Porte^ttotnane, malgré son sA* haoce avec h Russie, malgré Tînfluefice dti cabinet britannique, reconnut Napoléon emperetrr ècÈ Français.

Ijb i5, un décret ordonne une exposition ^s produit» de rindustrie française pour le orS mai, époque des fêtes qui auront lieu en l'honneur àeê triomphes de la grande armée. Llieureuse idée âts»socier ces deux gloires de la France à une même sù* leBffiité , afin d'y intéresser davantage la nation, était doBnnanle chez Napoléon. Cette idée s'était mofttréé complète dans Tinstitutioti de la Légion-d'Honneur, destinée à récompenser toutes les supériorités et tous les service»; la même pensée avait éclaté aussi dan^ la fondation des prix décennaux. Quatre dispositions inspirées par cet esprit d'union des ilfustratioms mi- Mtaîres et civiles , furent également publiées dans lé mois de février. Le 19, un décret prescrivit la célébration de la fête de saint Napohéon , et de celle du rétaMissement du ealte catholique, pouih fe 1 5 aoât

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de chaque année , jour de TÂssomption et époc[ue de la conclusion du Concordat. Par le titre a y Tan* niversaire du couronnement et celui de la bataille d'Âusterlitz seraient célébrés le premier dimanche de décembre. Le 20 février parut un autre décret, qui, en consacrant Téglise Saint-Denis à la sépulture des empereurs y ordonnait d'élever dans cette église trois chapelles aux cendres royales des trois races. Le même décret rendait au culte catholique la basilique de Sainte - Geneviève , lui conservait la destination que l'Assemblée constituante avait £sdt graver sur son frontispice ; ^ux grarids hommes la pairie reconnaissante} les caveaux de ce temple devaient recevoir aussi les cendres des divers dignitaires de l'empire.

Ce qui fiait que Napoléon exerça jusqu'en f 81 a un empire absolu sur les volontés et sur les sentimens des Français , c'est qu'il ne négligeait aucune occasion de revêtir sa gloire personnelle des hommages dus à la patrie; mais quand les malheurs furent portés à l'excès, le découragement prit subitement toute la place que l'admiration occupait. lia France, voyant que son héros n'était point invulnérable, se crut blessée à mort. Comme il ne pouvait plus la défendre au dehors, elle n'essaya point de résister chez elle aux peuples qu'elle avait vaincus avec lui. La confiance d'une nation est plus tyraniiique que la loi de celui dont elle a embrassé la fortune; car elle veut que cette fortune dure toujours.

Le a4 février , l'Empereur apprit au spectacle l'entrée de son armée dans le royaume de Naples.

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Talma reçut ordre d'annoncer cette nouvelle après le premier acte àiAihalie. Le Moniteur publia cette circonstance en l'appliquant à la fameuse reine Caroline d'Autriche y et l'accompagna de considérations que le temps actuel a rendues la leçon des rois de l'Europe. « Le sceptre de plomb de cette mo- « derne Athalie vient d'être brisé sans retour. Le « plus beau pays de la terre aura désormais un gou- « vernement ferme , mais libéral. L'Empereur rétame blira le royaume de Naples pour un prince fran- « çais ; mais il le rétablira fondé sur les lois et l'intérêt « des peuples , et sur le grand principe que l'exis- « tence du trône , l'éclat et la puissance dont sont «environnés les souverains, la perpétuité du pou- « voir et l'hérédité, sont des institutions faites pour «t le service et l'organisation des peuples... » I^c i5 , le prince Joseph était à Naples. Gaéte , où commandait le prince de Hesse , avait refusé la capitulation offerte par le général Reynier. Cette forte place ne se rendit que le 18 juillet au maréchal Masséna.

Napoléon ouvrit , le 2 mars , avec la plus grande solennité, la session législative. Son discours renfermait ces traits remarquables...

« Depuis votre dernière session , la plus grande « partie de l'Europe s'est coalisée avec l'Angleterre. « Mes armées n'ont cessé de vaincre , que lorsque je « leur ai ordonné de ne plus combattre... La maison « de Naples a perdu la couronne sans retour. La a presqu'île de l'Italie tout entière fait partie du grand « empire. Tai garanti , comme chef suprême , les n souverains et les constitutions qui en gouvernent les « différentes parties, La Russie ne doit le retour des

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<c débris de %on armée qu'au bienfait de la capitula^- « tioi;! que je lui ai accordée. Maître de renverser le <( trojiie impérial d'Autriche , je l'ai rafïeru)^. La con- « duUe du cabineù de Fienne sera teUe qus la postéiktité ne me reprochera pas d^ai^oir manqué de ^ pneévoyrance. J'ai ajouté une entière confiance aux «protestatiioQs çpi m'ont été fsiites par son souire* flc raûi. D'ailleurs les hautes destinées de ma couronne a ne dépendenêpas des senlUnens et des dispositions « deA cours étrangères. Je désire la paix avec l'An- <i gletenre : de mon côté , je n'en retarderai jamais le a moment. Je serai toujours prêt à la conclure en # prenant poui; hases les stipulations du traité d'Ace miena.. »

Cependant , malgré la paix dePresbourg , le comnâssaife impérial Gbialieri et le général autrichien Bradi livraient ^ le 4 mars , aux Russes les Bouches 4» Catloro. Le général fut désavoué par son souve^ saîa;» mais il résulta de cette étrange conduite la continiiiaiiOB des hostilités entre la France et la Russie, dans le midi de l'Europe. Les Français garderait U ville de Braunau jusqu'à ce que l'Autriche obtint de la Russie la remise aux troupes françaises des Bouches du Cattaro.

Le 8 mars , M. de Baugwitz signa à Paris le traité ^ui, en vertu de la convention provisoire de Vienne, #n date du 1 5 décembre, dernier, donnait à la Prusse les États de Hanovre. Ce traité sans bonne foi comme tous ceux de ce gouvernement, à qui les doubles négocia.tions ne sont pas plus étrangères quà l'Autriche f ce traité attira d'abord sur les ports de la Prusse l'embargo britannique; et, la même année,

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il aboutit k une guerre qui tcrât k coxip sorpf it la France et renverfia la Prusse en un moment. Cette paîa8à»Ge>VMl cependant vu de biëh pré» la victoire d'Austerlitz.

I^es promotions souveraines se continuaient au palais des Tuileries. L'Empereur avait écrit le 4 mars au Sénat , qu'il adoptait la princesse Stéphanie , nièce de l'Impératrice , et qu'elle était fiancée ati grand-duc de Bade. Le mariage se c^ébra le 8 , dans la chapelle du palais impérial.

Le 1 5 , un décret prononçait en faveur du prince Murât la ceMion en toute souveraineté des duchés de Clèves et de Berg.

Le 3o^ un nouveau décret réunissait au royaume dltalie les États de Venise ^ et érigeait en duchés leK provinces de Dalmatie, Istrie, Frioiil, Cadore, Bellune , Conegliano, Trévise, Feltre, Bassano , Vicence , Padotie et Rovigo. Un autre décret conférait définitivement au prince Joseph le royaume de Naples. A cette épo(}ue encore , l'Empereur ck>niiaic le duché de Guastalla à la princesse Pauline Borghèse, la principauté de Neuchàtel au maréchal BeYthier ; eilclavait le pays de Massa-Carrara dans la principauté de Lacques , faisant un duché de Massa-Carrara j et en créait trois autres dans les duchés de Parme et de Plaisance : tous ces duchés portaient la qualification de grands fiefs de l'empire; le décret de leur institution affectait le quinzième de lem* revenu aux tîtulairies que TEmpereur devait désigner.

Le a7 avril , le roi de Suède , malheureux chevalier de la coalition , déclare \a guerre am roi éê Pru(toe pou^ s'élte eiftparé de Fëlectoh^arde HaAfervr« j

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quî lui a été cédé parle traitédePresboiii^. CepriDce marche inseusiblement à sa perte entre les deux puissans alliés dont à chaque occasion il embrasse aventureusement la querelle. Cependant , par leur intervention, des négociations se continuent entre les deux rois; mais cette déclaration de guerre sert de voile à une autre intrigue dont le dénouement devra peser dans la balance de l'Europe, bien plus encore que le traité de Presbourg.

Le mois de mai vit promulguer l'ensemble du Code de procédure civile et le décret de fondation de l'Université impériale. Le général Lauriston prit possession de la ville de Raguse. L'électeur archi-chancelier d'Allemagne nomma, avec lagiéinent du Saint- Siège, le cardinal Fesch pour son coadjuteur et •successeur. Au milieu^ de ces circonstances^ un traité ^qui déférera la couronne de Hollande au prince Louis -a été- signé , le a4 mai , entre la . France et* la Hollande. 1:1e 9. juin ce traité donna lien à une ambassade exfraordinaiK des États^ elle vint demander à r£mpereur, au nom.du peuple hollandais, le prince Louis pour roi. Un message impérial , présenté au Sénat par l'archichancelier de l'empire, suivit immédiatement cette démarche , et le prince Louis prit ' le titre de roi de Hollande. I^ même jour Napoléon ra- .tifia la disposition de Farchichancelier d'Allemagne, qui adjoignait à l'électorat le cardinal Fesch.

Le 5 juin le maréchal Bernadotte et M. de Talleyraiid, grand-chambellan et ministre des relations extérieures , avaient reçu la souveraineté , l'un de la principauté de Ponte-Corvo , l'autre de celle de Bépévent, dont il portait le titre depuis plusieurs

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