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Télu de la P) ovideuce , et la superstition légitima s» fortune.
Mais le premier Consul y qui avait montré la plus grande sécurité au moment du péril et pendant toute la représentation de l'Opéra, regarda ensuite révènement avec des yeux sévères. Fouché, ministre de la police , voulut se justifier à ses yeux de l'ignorance où il était de ce forfait , qui ne pouvait être que le résultat d'une conspiration et non un crime isolé. Il se souvint à propos de son ancien métier de proscripteur : en oonséquence, pour satis£adre k la passion du moment, qui faisait rejeter sur les républicains toutes les entreprises contre Bonaparte, et afin de ne pas donner lieu au moindre soupçon de fidélité envers ses anciens amis, il dressa une liste de cent trente patriotes, que les consuls firent déporter par un sén^tus-consulte rédigé nuitamment. Fouché, qui devait renouveler en i8f 5, sous un roi de France, ce moyen révolutionnaire, Fouché ne se borna point à faire exécuter l'arrêt prononcé contre des citoyens innocens du complot qu'on leur imputait: sur son rapport, les prisons s'ouvrirent pour d'autres victimes, car il institua aussi les lettres de cachet consulaires; enfin Bonaparte, si biep servi par les hommes de la révolution qui composaient ses conseils, osa entièrement franchir les limites de la législation , et demander une loi qui, non-seulement établît des tribunaux crinûnels spéciaux partout où cela serait jugé nécessaire, mais att$si qui donnât aux consuls la faculté d'éloigner les personnes suspectes: cette proposition fut portée au Tribunat; ce
corps mérita noblement sa disgrâce prochaine par liBe discussion orageuse à laquelle le sénatiis-con^ suite d'office, qui frappait cent trente individus ^né jugeasient, fournit encore des armes ferribïes: Jamais bataille légîslatiTe né fut plus long-temps indééise^ A cette époque, le respect des citoyens <, ainsi que le patriotisBie: des orateurs « était resté aAtacbé à la tribune ; ellê.retientissait toujours d'accens républicains; les débats n'avaient pas subi d'entrarres; les lois n'étaîenl amportées ni d'assaut ni de séduction. Alors Daunou, Chénier , Benjamin Constant, s'illustrèrent en délÎBâdant les tibertés publiques et en rqetant les inàcrrations prés^tées par lé Conseil d'État. La lutte entre le pcSûvoir et le Tribunal dura sept séances ; la résistance des tribmM rappela les beaux sourenirs de la législature française, et la faible majorité de huit voix ^ qui fit adopter la loi , rendit chèf-e aux Français la minorité qui favait repoussée. Celte minorité prou^ à la nation que ses droits pouvaient compter encore de dignes soutiens. On s'occupa de prononcer sût toutes les conspirations qui avaient menacé si directemaat les jours du premier Consul ; ceUe d'Aréna fut seule jugée par le tribunal criminel et par le jury; les autres coupables parurwit devant des commissions militaires et forent passée par les armes. Uinspication de la loi qui créait de$ tribunaux d'exception «menait des camps d'Italie et surtout de ceux d'Egypte: Cependant la gloire allait encore cacher les faisoeaax du pouvoir sous de nouveaux lauriers.
Les armées belligérantes n'ouvrirent la campagne en Italie que le 1 5 décembre. Leur condition était
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la même pour commencer les opérations. Le général de Bellegarde , k là tété de soixaute^lix mille hommes , devait , pour franchir le Mincio et entrer dans le Milanais ^ attendre la coopération de Tannée du Tjrrol et de celle de Naples. Le général Brune ne pouvait égaleoient prendre l'offensive sur la forte ligne du Mincio 9 sans que son flanc gauche fut assuré par la marche de l'armée des Grisons. Le 17 décembre 9 Bellegarde s'étant mis en mouvement , Brune se porta en avant. L'aile droite française obéit au général Dupont , l'aile gauche à Moncey, le centre à Suchet, et l'avant-garde à Delmas. Le général Ro* chambeau, détaché de l'aile gauche, est destiné à communiquer avec l'armée de Macdonald. Marmont commande l'artillerie. Le point désigné pour passer le Mincio est le village de Monzambano. Le ai , une action générale s'engage : les Autrichiens 9 chassés de tous leurs postes 9 sont refoulés sur Peschiera par notre avant-garde. Moncey s'empare de Monzambano;Suchet occupe la position de la Volta; Dupont repousse l'ennemi de l'autre côté du Mincio , et s'établit devant Goîto; mais il reçoit l'ordrç de jeter un pont à Molino délia Volta , vis-à-vis le village de Pozzuolo , et de se diriger lui-même avec son corps à la Volta ; on le chargeait de faire une fsiusse attaque, le ao I pendant le grand passage qui devait s'effectuer le même jour à Monzand)ano ; cette fauisse attaque 9 habilement combinée et vigoureusement exécutée 9 porta bientôt ses troupes sur la rive droite, malgré le feu de l'ennemi ; et elle devenait une affaire décisive qui terminait la campagne à son début, si le général en chef n'avait eu les plus puissantes
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raisons de persister dan» sa première résolution, malgré les messages de Dupont pour l'informer qu'il était aux prises avec le centre et la droite de l'armée autrichienne. Vainement Suchet vint confirmer que Borghetto était aussi vivement assailli par le général Loison que Pozzuolo par le général Dupont : Brune demeura inflexible. Enfin, le général Dupont dépêche son chef d'état*major, le général Ricard , pour annoncer et représenter qu'au lieu de se borner à la diversion ordonnée, il se trouvait engagé dans un grand combat, dont le passage du fleuve, opéré avec tant de succès , garantissait le résultat si les trois autres corps d'armée se réunissaient au sien. Rien ne put vaincre l'opiniâtreté du général en chef, qui connaissait les forces de l'ennemi à Villa-Franca et prévoyait les dangers <^un engagement partiel et poussé trop loin par nos colonnes devant un ennemi supérieur en nombre ; néanmoins il fit investir Borghetto par Boudet , et le chargea d'y relever les troupes de Suchet, qu'il envoyait au secours du général Dupont. Cependant la bataille de Pozzuolo , à laquelle nous forçaient les vigoureuses attaques de l'armée ennemie , dura toute la journée; le village, dont la possession était de la plus haute importance, fut pris et repris. Le général Suchet avait appuyé avec trois brigades le corps du général Dupont. Pozzuolo resta aux troupes françaises ; l'ennemi perdit six mille hommes, dont deux mille prisonniers. Cette victoire , disputée des deux côtés avec un acharnement extrême , n'avait rien dû changer au plan du général en chef. Dupont eut ordre de soutenir la défensive sur la rive gauche jusqu'à dix heures du
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matin, et de chercher à se rapprocher de Veiaggîo.' Suchet dut abandonner ses positkms, et Tenir pren* dre son rang dans l'opération du passage à Monzambano, qui eut heu le !i4 malgré la phifr forte résistance. Les combats de Velaggio et de SaKonzo enlevèrent encore six mille hommes à Tennemi) qui se reploya sur TÂdige. Le général BeAegaipde con-* centra son armée au camp de Saint-Martin ^en avant de Vérone. Ilfîit poursuivi par le général Brane^ qui répéta les habiles manœuvres du Mincio sur TAdige. Au moinent où Deltnas, à la tête de l'avant^garde, franchissait ce fleuve, un parlementaire du comte de Bellegarde vint annoncer Tarmistice de Steyer , et offrit de traiter pour une convention bembiable^ Mais il manquait aux propositions de ce général la solution d'une difficulté sans laquelle le général français ne pouvait pas négocier. Le premier Consul avait, dans une lettre, prescrit les conditions d'une occupation politique et militaire de l'Italie autri* chienne :
c< Je vous prie de faire connaître au général Brune i( qu'il ne doit pas conclure d'armistice, à moins qu'il « ne lui soit accordé Mantoue, Peschiera, Ferrare, « Ancone, et au moins la partie de Legnago qui se « trouve sur la rive droite de l'Adige ; dans le cas où « l'ennemi ne voudrait pas accéder à ces conditions , « qu'il doit se porter sur laPiave. Vous ferez connaître « au général Macdonald qu'il doit se porter sur Trente^ a et seconder, par des mouvemens dans les gorges de (c Bassano , le passage de la Brenta. »
Tels étaient les ordres du premier Consul ; ceux de la cour de Vienne commandaient , au contraire ,
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au ^néral de Bellegarde de ne rien épargner pour la conservation de Mantoue.
Le lendemain y a janvier , toute Tarmée française était sur la rive droite de l'Adige. Bellegarde avait levé son camp de Saint-Martin et feit évacuer Vérone; il attendait impatiemment la coopération des généraux du Tyrol, à qui il avait ordonné de se réunir à lui dans Vicence par la vallée de la Brenta. Mais avec ses neuf mille hommes , l^lacdonald retardait leur retraite, en même temps qu'il s'efforçait de répondre aux intentions de Brune, qui, lui apprenant que nous avions franchi le Mincio, lui prescrivait de la manière la plus pressante de prévenir à Trente la marche des troupes qu'il avait en tête. Pour fevoriser l'exécution de cet ordre. Brune avait mis à la disposition du chef de l'armée des Grisons les trois mille hommes de la division Rochambeau. Alors Macdonald , continuant avec la même audace le siège des glaciers et despics qui hérissaient sa route, était parvenu le 6 janvier à Storo, à vingtcinq ^lieues de Trente. Si la nouvelle du passage du Mincio avait redoublé l'ardeur de l'armée des Grisons, la nouvelle du passage de TAdige avait augmenté aussi celle des généraux du Tyrol italien pour empêcher la jonction de Macdonald et de Moncey ,: qui étaient en communication depuis lé 4; D^^i^ ce dernier était arrivé le 9 à Roveredo, après avoir battu les Autrichiens. à la Chiusa, à la Corona, à Serra-Yalk. Le général Laudon avait concentré ses forces entre Roveredo et Trente, quand Macdonald entra dans cette ville, le 7 , après avoir lait quarante milles dans un jour; Laudon échappa à Moncey en
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trompant sa loyauté par la fausse allégation d'un armistice semblable à celui de Steyer, et conclu ^itre Brune et Bellegarde. Moncey n'hésita pas à signer la convention , et ne connut la fourberie de Laudon qu'auprès de Trente j ou il rencontra les reconnaissances de Macdonald.
L'armée française suivait vigoureusement Farmée autrichienne: après une afïaire *trèsK:haude, elle parvint le 8 janvier à Yicence ; le i a elle passa la Brenta. Deux jours après , le général de Bellegarde avait la Piave entre son armée et l'armée victorieuse: Murât j à la tête de doua&e mille hommes d'élite , s'avançait à toute course sur le Pô ; le COIOO0I Sébastiani pénétrait à Trévise, lorsque les plénipotentiaires autrichiens chargés de pouvoirs se firent annoncer. Le général Brune se rendit k Trévise, où l'armistice fut conclu le 16.
Toutes les places désignées dans la lettre du premier Consul au ministre de la guerre étaient remises aux Français , excepté Mantoue , qui devait rester bloquée à huit cents toises. Mais, ce qui était facile à prévoir y le premier Consul ^ loin de ratifier l'armistice de Trévise, menaça de dénoncer celui de Steyer, si Mantoue n'était pas livrée. Un nouvel armistice, dont il dicta les conditions , fut signé à Luuéville le 16 janvier par le comte de Cobentzel y et Mantoue ouvrit ses portest à l'armée d'Italie. Comme on vient de le voir 9 l'armée française, sous la conduite du général Brune, s'était portée, en moins d'un mois et demi, des rives de la Chiusa aux bords de la Piave j maîtresse de quatre grands fleuves , elle occupait le Tyrol italien^ ainsi qu'uoe partie du continent vén
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nitien ; et si l'on ne pouvait comparer ses succès aux immortelles campagnes de la première armée dltalie, cependant quinze mille prisonniers, dix mille morts ou blessés , des magasins considérables tombés entre nos mains, la prise du château de Vérone, la Toscane délivrée de la présence des Napolitains et des insurgés, enfin le chemin de Vienne ouvert devant nous par l'habileté des che& et la valeur des soldats, n'étaient pas de médiocres sujets de trion^he pour la république.
A la reprise des hostilités, la coopération deNaples en faveur de l'armée autrichienne avait été absolument nuUe: mais elle eût pu devenir dangereuse, car le général MioUis, à qui trois mille Français et Cisalpins avaient suffi pour contenir la Toscane et réprimer l'insurrection d'Arezzo , se vit dans la nécessité de faire tête, à l'aide de cette faible troupe, à huit mille Napolitains, parvenus jusqu'à Sienne de concert srvec le corps autrichien du général Sommariva ; heureusement l'armistice de Trévise arrêta la marche des Autrichiens, et, le i4 janvier, les Napolitains furent mis, à San Donato, en déroute complète. Le premier Consul avait pfévu cette diversion, qui lui semblait un vrai péril dans le cas d'un revers éprouvé par l'armée d'Italie ; ce fut donc pour opposer tout à coup aux Napolitains une force respectable, qu'il avait dirigé vers les Alpes la seconde réserve de douze mille hommes formée à Amiens, et qui, partie de Milan le ii» janvier, sous les ordres de Murât , se porta à la fois sur les frontières de Toscane et sur Ancône, après l'important &uccès du général MioUis. Cette marche couvrait
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encore un mystère; car elle était tout en faveur du Saint^Père^ dont Murât devait libérer les États envahis par les Napolitains. Alors le premier Consol fit entrer pour la première fo» le Saint-Siège dans les calculs de la politique française, en prenant sons sa protection le patrimoine de l'ÉgKse, et en décidant le souverain pontife à fermer ses ports aux Anglais. Quant aux Napolitains , il ne voulut jamais voir en eux les confédérés de l'Autriche j quoiqu'ils eussent été pris en flagrant délit, mais bien ceuï de l'Angleterre y qui occupait leurs ports. La même considération, qui l'avait déterminé à exclure l'Angleterre de sa nouvelle négociation de Lunéville avec l'Autriche , l'avait également décidé à défendre au général Brune de comprendre l'armée napolitaine dans l'armistice de Trévise.
A cette nouvelle, la reine Caroline , déjà fraf^>ée d'épouvante par te passage du Mincio, se voyant isolée au fond de l'Italie et exposée à la vengeance du vainqueur, dont son exclusion du traité deSteyer lui faisait connaître toute l'animo^té , "ne consulta . que l'imminence de son danger, et partit pour Pétersbourg, où elle implora avec succès l'intervention* de l'empereur Paul aiiprçs du premier Consul. Dans quelle position se trouvait alors la république française! L'empereur Paul lui envoyait un des priAcr^ paux ofiBciers de sa couronne pour solliciter le salut du royaume de Naples! Le grand- veneur de Russie n'eut pas de peine à faire agréer au premier Consul la médiation de son souverain. Bonaparte avait un trop grand intérêt à apprendre à toute l'Europe quelle union existait entre lui et Paul I", dans le
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moment où^m deun journées de Vienne, son année forçait la maison d'Autriche à demander la paix. Cette union venait d'être signalée, delà part de l'empereur de Russie , par une mesure à laquelle le premier Consul était tout-à^Csiit étranger. Louis XYIII dut quitter Mittau , où il s'était réfugié depuis que l'Autriche l'avait éloigné des bords du Rhin, et se retirer à Yarsovie. L'ambassadeur extraordinaire de Russie obtint à Paris une réception royale ; il fut ensuite défr^^é sur toute sa route jusqu'à Naplesv où, conformément à l'ordre de sa cour , après avoir terminé sa négociation de Paris , il se rendit pour résoudre la reine Caroline à accepter les conditions de la France. L'armée dltalie lui fit de grands honineurs sur son passage. A son arrivée à Florence , il se vit accompagné et reçu par Murât ; il trouva la ville illuminée , et quand il parut le soir au théâtre avec ce général, on lui présenta un drapeau russe qu'il joignit à un drapeau tricolore , en disant : « DêUx grandes nations dowent être cames pour la paix du monde et le bien général. »
Le malheureux Paul devait payer de sa vie les gages de son adhésion à ce principe généreux ; l'intervention dé ce prince arrêta dans les mains de Bonaparte la foudre prête à frapper le trône de Naples; elle décida aussi la reine Caroline à souscrire à un armistice de trente jours qui fermait ses ports à l'Angleterre, sa protectrice naturelle , et livrait ses plus importantes forteresses et la magnifique rade de Caraite à l'occupation d\ine armée française. Cet armistice fut signé à Foligno , le j 8 février 1 80 1 . Dans, cette circonstance 9 Paul V^ appuyait d'une garantie
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éclatante ce système continental, dont la renonciation , stipulée douze ans après dans son propre palais y devait appeler à Moskou son allié Napoléon , et à Paris son successeur Alexandre. La reine Caroline se détermina avec d'autant plus de promptitude à accueillir les dures conditions imposées, que Murat, renforcé d'une partie de l'armée qui venait de détruire celle de l'empereur son frère, marchait sur Naples à la tête de trente mille hommes. Ainsi , cette princesse perdait encore l'espoir d'être comprise dans le traité que l'Autriche négociait à Lunéville, par la même raison qui avait porté Bonaparte à l'exclure de l'armistice de Trévise. Les douze mille Français qui , sous le commandement du général Soult, gardèrent les places fortes napofitaines , et notamment la yille maritime de Tarente, furent désignés dans la convention d'armistice sous le nom Ôl armée (VoccupatUm^ et le trésor de Naples devait, chaque mois, payer 5oo,ooo fr. à cette armée pour sa solde. Le traité qui termina la guerre entre la France et Naples n'était qu'une ampliation détaillée de cette convention; il fîit signé à Florence le 2*8 mars.
Le soir de la bataille de Hohenlinden , Moreau avait dit à ses généraux : « Cesi la paix que nous venons de conquérir. » Eh effet, le comte de Cobentzel, qui était resté à Lunéville malgré la reprise des hostilités, avait changé subitement d'attitude après la victoire de Moreau; dans une note du 3i décembre 1800, il avait déclaré qu'il était autorisé par son souverain à donner à ses pouvoirs l'interprétation que leur avait donnée le plénipotentiaire
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français ) et à imiter sans le seœurs des Jlnglais. Cette grande concession , dont la conquête venait de causer en AUetnagne et devait encore causer en Italie tant de désastres et tant de pertes à la maison d'Autriche, était la paix du continent. La démarche du comte de Cobentzel en formait la déclaration suppléante. L'occupation de Tltalie et la prise de Mantoue, la partialité du pape, l'accession si directe , si redoutable y de l'empereur de Russie, et l'abaissement de la cour de Naples, qui allait se rendre à discrétion au premier Consul par l'ordre de ce monarque, amenèrent, le 19 février, la signature du traité de Liméville. Cette fameuse convention , en rappdant toutes les clauses du traité de Campo-For* mio, renouvelait à la France la cession de la Belgique ^ hii conférait toutes les souveraiinetés de la rive gauche du Rhin , enlevait à l'empereur d'Autriche le protectorat du Corps Germanique, en brisait le lien fédéral, en abandonnait la dotation aux intérêts de Bonaparte; préparait aussi le grand œuvre de la confédération du Rhin ; fixait à l'Adige les limites des possessions autrichiennes en Italie; forçait la cour de Vienne à reconnaître l'indépendance des républiques cisalpine, ligurienne, batave et helvétique; dépouillait de la Toscane le frère de François II, et sous la vaine dénomination de royaume d'Etrurie , érigé en échange du duché de Parme, Êdsait du grand-duché une récompense temporaire de la fidélité de la maison de Bourbon d'Espagne à sa haine contre l'Angleterre-
Au moment de la publication de ce traité , les esprits s'émerveillèrent avec effroi de l'apparition du
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nouvel ordre politique qui sortait tout à ooii^ des champfi de bataille de l'Allemagne et de Tltalie, et du spectacle inconnu que la force et ta fortune dc»ilïaientà l'uttivers. Des hommes clalrvoyans jugèrent que l'autorité despotique des camps, source de la première royauté, allait se présenter à la France sous une autre forme, et que n'ayant plus rien à attendre de Tamour ou de la reconns^ssance du peuple, ni rien à craindre de son ingratitude ou de son inimitié, Bonaparte, élevé trois fois déjà sur le pavois triomphal par la défaite de la maison d'Au* triche, ne éé eonteuterâit plus d'être le premier ma^^ gistrat de sa patrie pendant la paix, ou son dictateur dans ses périls. Les hommes de 89, qui avaient donné tout leur appui, tous leurs vœux, toutes leurs espérances à la révolution du 18 brumaire, • rentrèrent encore une fois dans l'asile de leurs sdu<* venirs : ils n'avaient prévu ni tant de gloire, ni tant de puissance après la gloire. Le traité de Lunéville offrait un examen également redoutable pour tou» les partis de la France et pour tous les intérêts exté-» rieurs; on n'osait toute£dis soulever le voile de Tavenir : on attendait en silence.
Ce fut le I ^ février que la nouvelle de la paix de Lunéville vint surprendre la ville de Paris, livrée tout entière aux divertissemens du carnaval. La fête populaire devint tout à coup une fête héroïque; la population se porta d'enthousiasme aux Tuileries, au cri mille fois répété de vwe Bonaparte! elle forma des danses sous ^es fenêtres et improvisa les jeux du triomphe et de la paix; la musique militaire de la garde consulaire servit d'orchestre -au bal pa-
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rbien; le canon jusqu'à la nuit accompa^a les plaisirs cfe ses belliqueuses détonations; les théâtres retentirent de chAits de victoire soudainement enfantés par les poètes de. la république; les habitans IHuminèrent spontanément; les Parisiens exercèrent k Tenvi leur joyeuse royauté , qu'ils avaient à peine abdiquée, même sous la terreur. La hausse des fonds f depuis si infidèle aux intérêts de la France , signala dès ce jour la marche ou plutôt l'entraînement de l'opinion; on spécula sur le traité de LunéviUe^ comme on avait spéculé sur le i8 brumaire, et cet agiotage, créé par la gloire qui couvrait la France, parut un gage donné à la fortune publique. La fête la plus brillante fut celle de M. de Talleyrand, ministre des relations extérieures : le premier Consul y reçut l'hommage de tout ce que Paris renfermait d'hommes distingués dans toutes les classes, soit nationaux, soit étrangers; les illustrations de la monarchie et de la révolution , vieux seigneurs et vieux républicains, nouveaux riches, guerriers, savans, poètes, magistrats, législateurs, artistes, tout s'y trouvi^ réuni pour honorer ^ans la personne du premier Ck>nsul le passé , le présent et l'avenir. Paris se livrait sans prévoyance à tout le délire de la prospérité nationale; Bonaparte recueillait alors les votes de cet autre 1 8 brumaire qu'il méditait. Jamais la liberté d'un grand peuple; tel que les Français l'étaient alors, ne succomba à un plus beau péril.
Le souvenir de cet enthousiasme, de cette séduction, est sans doute perdu; mais le tribut payé à l'industrie par l'homme des champs de bataille devait revivre à jamais dans Tinstitution du 4 mars
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1801 : à dater de ce jour, l'exposition des produits manufacturiers et industriels de la France fut décré» tée pour la clôture de Tannée républicaine, du 17 au aa septembre. Cette création, qui révéla encore une autre supériorité de cette époque si digne de mémoire, éleva la gloire des arts utiles à la hauteur de celle des artnes, à laquelle elle a survécu tout entière , et la science, modeste, laborieuse, féconde ^ eut ausçi ses conquêtes et ses trophées. Le génie de la guerre, en repos, vota cet hommage à la paix et le légua à la patrie^