‹ Histoire de Napoléon (volume 4)Chapitre 13 sur 30 · II. lO · texte numérisé non relu

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qu'occupaient ies Anglais. 1^ Fraoce recounAi&sait la république des Sept^Iles. C'était, sauf Tile de la Trinité, ce que Tambassadeur Otto avait proposé par sa note du 97 juillet 1801. Le 18 ayril, laproclamation du Concordat donna lieu à une grande solennité religieuse. Cette fête, ordonnée et présidée par le premier Consul, célébra à Notre*Daine le rétablissement du culte catholique et la paix d'Amiens, dont les ratifications furent échangées le jour même. [1 y avait déjà loin de cette cérémonie à celle que le consulat naissant consacra dans le temple de Mans à la cendre de Washington et aux trophées d'Aboukir. La population de Paris ne l'accueillit que commç un acte de pouvoir, et toute popularité y resta étrangère. Pour la première fois l'indifférence fmppa la curiosité publique k une solennité ordonnée par le premier Can3ul. Elle fut traitée avec plus de sévérité dans les réunions domestiques , dans les casernes et sous les voûtes du palais consulaire. La proclamation du Concordat, on doit le dire, ne se confondit pour personne avec la proclamalioci de 1^ paix, qui était )e bienfait du monde. A Londres, w l'on ne mélq point le bienfait à un intérêt qui li|i éUdt ^u moins étranger, l'ivresse fut générale • et le peuple traîna la voiture de l'aiderde-camp du premier Consul qui y porta la ratification du tmiié.

Le 1 1 niai , la r^épubliqu^ ligurienne, h Ym^wpif de la république italienne t ^adopta sous bs af^içes de la Frao0^ se nouvdle oonstitutia^. Mh termijpa la révolution consulaire en Italie ; car, le aS décenibi^ précédent , la république de Lucques avait ^alenient accepté sa réforme politique. Le 2 5 juin^ 1^ paix&t

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çoï\chske entre ^a frapç/e et 1^ portée Ottomaiie. Llle çl'£ljt)e ^ 4ppt Ifi défense avait: l^onoré peii4ant si^ moh 1^ Y^eur anglaise , fît partie intégrante de la république, e» vertu du traité de Napl^s. J^e ai juillet, le Valais ^ constitua eq répu):)lique indépe^ctante 4e la Suiss? f sous la protection de la Cisalpine et de la Franpe ; bieutpt çatte républiqueprociaipa le prenaier Cpu^ul son libérateur. Enfin l'heureux Bonaparte recueillait , le 1 1 septembre ^ 1^ fruit de sa première Yicfjpire , ^n incorporant le Piémont à la France. Les triQiupbes 4|i vainqueur de Monl^otte çt de Mille» siipo Teviurent ^n méipoire quand ou publia la réu^ i^ion à la république de^ sii^ département du Pp j de If^ Dpire, de la Sesia» de la Sti^ra, du Tai^ro et 4@ Blarapgo. Voilà las fastes politiques extérieurs d^ iftpa.

Qpant au3^ faites politique^ iu^érieurs , ils portèrent visiblemei^t l'empreinte de ce pouvoir subite* meut colossal qui^ debput sur les traité^ et les dépouille^ de l'Europe, négociait déjà , à la manière dea ^pnquéran^, ay^p les libertés et les institutions de son pays. Mais l^ gépie dp Bonaparte, qui l'appelait invinciblement a la puissance absolue , lui inspirait ap^si la grande idée d'élever la Frauce au faite dea pl^p^péril;^» industrielles at des connaissances qui <;araçtérïsent la plus haute civilisation. Il était déjà le ^xmtpe du premier pQuplç du mondie par sa gloire milit^ir.e; il voulut que ce peuple devint aussi h premier par sa glpire civile. Ainsi, le 4 mars, un arrêté f(|0|»^laii^e çbai^ea l'Institu}: national de tracer un tabli^u général des prc^èB et; d^ l'état des sçienpe^, des lettres et des art», depuis \ 739 i4»$qu>«i

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1 80 1 . Ce tableau devait en outre indiquer les découvertes d'une application utile à Vadministration publique , spécifier les secours et les encouragemens nécessaires aux sciences , aux lettres et aux arts , et désigner les perfectionnemens dont seraient susceptibles les méthodes employées dans les différentes branches de renseignement. T/instruction publique, confiée au célèbre Fonrcroy , reçut aussi une nouvelle organisation : on donna des écoles primaires et secondaires aux communes ; on établit des lycées et des écoles spéciales aux frais de TÉtat ; la loi qui autorisait toutes ces créations parut le i^r mai. Le 1 5 juin , une somme de 60,000 fr. fut affectée aux progrès que les savans français ou autres pourraient faire faire au galvanisme et à l'électricité : le 4 octobre , la société galvanique se forma à Paris ; le 1 6 , des lycées étaient déjà ouverts dans plusieurs grandes cités 9 à Mayence, à Bruxelles, à Lyon: le 18 , un sénatus-consulte , que ne désavouerait pas le gouvernement le plus libéral , accorda les droits de citoyen français, après une année de domicile, à tout étranger qui, dans l'espace des cinq années suivantes, aurait bien mérité de la république par d'importans services, soit l'importation d'une découverte ou d'une industrie utile, soit la création d'un grand établissement. Enfin, le 11^ décembre, le Consul ordonna la formation de chambres de commerce dans les principales villes de la république , et celle d'un conseil général de commerce à Paris.

Ces institutions, ces décrets, rendaient un hommage éclatant aux triomphes civils de la liberté. Mais cette liberté, la seulebaseconstitutionnelledu pouvoir

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en 1789, n'en était déjà plus que Tinstrument en i Bo^ ; elie avait cessé de régner comme loi suprême. Les innovations politiques et législatives de 1802 prouvèrent suffisamment à quelle distance le premier Consul avait laissé loin de lui les principes de la révolution. Le 26 avril parut un sénatus-con suite relatif aux émigrés^ que la France en paix et au comble de la gloire venait d'amnistier. Dès ce jour, grâce aux dispositions favorables de cet acte politique, qui allait jusqu'à rendre aux anciens proscrits leurs biens encore invendus, l'émigration se réconcilia, non avec la révolution , qui s'éteignait , mais avec Bonaparte, qui s'élevait. Le 7 juin suivant, un autre sénatus-consulte prorogea de dix années la magistrature consulaire dans la personne de Bonaparte. « £a ^Fortune a souri à la république ^ répondit-il au a message du Sénat, ma^f la Fortune est inconstante; < ehl combien d*hommes qu'elle avait comblés de sa ^faveur ont vécu trop de quelques années! V intérêt « de ma gloire et celui de mon bonheur semble^ « raient avoir marqué le terme de ma -vie publique « on moment où la paix du monde est proclamée.... « Mais vous jugez que je dois au peuple un nouveau « sacrifice : je le ferai si le bien du peuple me com- « mande ce que votre suffrage autorise. »

Deux lois absolument nouvelles dans le code de nos libertés sortirent tout à coup de cette modification à ia Constitution. La première, publiée le 19 mai, instituait la Légion-d'Honneur : la discussion de cette loi excita des débats plus vifs dans le Tribunat que le projet sur le Concordat , qui obtint une majorité de 78 voix sur 85. Les dénominations de

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rvjtuué consulaire et tordre de cheçcderie retentirent fréquemment dans les discours. Là pfais folle opposition eut lieu de la part de MM. GhaureHn et Savoye-Rollin j au Corps-Législatif la loi tte passa qu'à Une itoajorité de 56 Vdllc : il y eut i lo boules noires sut' Î176 votansi La république était morte, mai^ tous les répubfeains ne 1 étaient pàÉ encore. S! Tégà- Kté put être déclarée en datigei* au Tribunstt à l'octasiofi de Tordre de la Légion - dTBonneur , le lendemain la liberté naturelle fût eh vérttaWte? péril ; car le ^o mai parut une seconde loi qui nfiaifiteiiait l'esclavage dans les colonises rendues à la Frâricie partie traité d'AiHiehs. En effet, le 14 septeiôbre^ TocùUpation des troupes républicaines débarquées à k Martinique y i^établit railciênne discipline, comme l'expédition du 7 mai dernier l'avait fait à là Guadeloupe. Mais, par une bizarrerie ^ ou plutôt par une prévisioU singulière , celte loi si êtrailge décidera le îsoulètetaienf de la cototiie à laquelle elle n'était pmnt applicable sûivatu le traité d'Amiens : Sàitit-Dottiin- ^tië prendra }>ottr lui l'arrêt porté tontre h Guadeloupe et la Martinique. Ses iK)irs, ne se trou^^rant pâs d'une autre couleur que ceu* de ces deux colo^ nies , ne ponrront croire qu'ils auraient une condition différente.

Eiifin une question est tout à coup soumise au peuple : Napoléon Bonaparte sera^t4l consul à vie ? Et te 3 août le sénâtu^-cdUsulte proclame le vtieti du peuple. Le message du Sénat fut présente au prettiier Consul par le comte Barthélémy, son président. Il y était établi que 5,557,885 citoyens avaient voté librement, d^t 3,36d,a59 pour l'affirmative : c'est

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sans contredit une des élections les plus remarquar blés de ITiistoire. « La vie d'un citoyen est à la pa- « trie , répondit le premier Consul au président du « Sénat ; le peuple français veut que la mienne tout a entière lui soit consacrée, j'obéis à sa volonté. La • liberté , 1 égalité , la prospérité de la France seront « assurées.... Le meilleur des peuples sera le plus « heureux.... Content alors d'avoir été appelé, par « l'ordre de celui de qui tout émane , à ramener sur « la terre l'ordre et l'égalité, j'entendrai sonner la « dernière heure sans regret... » La monarchie élective vetidit d'etire prodatnée.

DteUx jours après, oti publia te changement de la Constitution. Les trois conduis dont à vie; divers degrés d'élettions sont institués. Le principe sacré , le principe annuel du droit électoral , se trouve détrait pat h. division du Corps-Législatif en cinq séries renouvelées successivement; lés électeurs atissi ont des fondions à vie. Avec des sénatus-consultes organiques , le Sénat a le droit de bouleverser tes institutions et de dissoudre même le Corps-Législatif et le Tribunât. Le premier est réduit à deux cent cinquante-huit menibres ; lé sêcoiid , qui a déjà éprouvé l'ostracisme de l'élimination individuelle , hè cottiptera plus que cent tlietnbres. La monak^chié élective devient déjà absolue.

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