CHAPITRE II
ATiiruuirT a. l'bhpirb. — protkstatioit de LOUIS xvitx. — juoBMiHT ns
LA COirSPI&ATlOir DE PICHEGRU. HXNTSTiRE DE LA POLICE oilTÉBALE.
mAIFOIHLATIOSr DS LA LKGIOlT-D^llOirXEUK. CAMP DE BOULOOffB. 8ACBB
DE l'empereur et DB L'iMPiRATRIGB. •— DECLARATIOIT BB • OUBRKB' DE
Unb volooté siQguUère de Napoléon fit sortir la premier vote à l'empire de la dernière enceinte qui se réfugiât encore l'ombre de la liberté française^, Présentée Je 3q avi;il,. par le citoyen Curée, mem^ bre du tribanat , la proposition de. nommer Empereur le premier Consul,, et de fixer l'hérédité dans^ . sa famille, passait à l'unanimité, sans Toppositionr du citoyen Carnot, que nous avons vu minUtre de Napoléon dans les derniers jpurs de sa puissance. Le 2 mai, le Corps-Législatif s'unit par ses votes aa vœu du tribunal; le i8, le Sénat décréta le sénatusconsulte organique qui déférait le titre d'Empereur au premier Consul,. en établissant dans sa famille l'hérédité au trône impérial* Le Sénat se rendit à Saint-Cloud, ayant à sa tête le consul Cambacérès , son président , chargé de présenter à l'Empereur ce
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sénatus-consulte. Napoléon répondit au discours de Torateur : a Tout ce qui peut contribuer au bien de « la patrie est essentiellement lié à mon bonheur; « j'accepte le titre que vous croyez utile à la gloire u de 1h nation. Je soumets à la sanction du peuple « la loi de l'iiérédité; j'espère que la France ne se re- « pentira jamais des honneurs dont elle environnera <c ma famille. Dans tous les cas, mon esprit ne sera « plus avec ma postérité le jour où elle cesserait « de mériter Testime et la confiance de la grande « nation. »
Ainsi le sénatus-consulte consacra le vœu des trois grands pouvoirs politiques de la nation. Le même acte comprenait dans la ligne de Fliérédité les frères de TEmpereur, Joseph et Louis, nommés princes impériaux. On s'étonna que Lucien, qui avait contribué si puissamment au succès de la terrible journée de Saint-Cloud, le 19 brumaire, en sa qualité de président du conseil des Cinq-Cents, qui depuis avait été ministre, ambassadeur, ne fit pas plus que son frère Jérôme partie de la ligne d'hérédité. Suivant le bruit public, Lucien, franchement républicain, avait refusé pour lui-même ce qu'il ne consentait pas à reconnaître pour son frère. Quant à Jérôme, il était disgracié comme ayant contracté un mariage en Amérique sans le consentement du premier Consul. La proclamalion du sénatus-consulte annonça à la France une quatrième dynastie, la formation des collèges électoraux, la création d'une haute cour impériale et l'institution des grandes dignités de l'empire.
Napoléon nomma grand-électeur le prince Jo-
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seph; connétable; le prince Louis; archichancelier, M. Cambacérès; et architrésorier^ M. Lebrun.
Le même jour, Napoléon paya un noble tribut à Tarmée en conférant le grade de maréchal de l'empire à dix-huit généraux qui devaient leur illustration à la cause de la liberté : c'étaient Alexandre Berthier, Murât , Moncey, Jourdan , Masséna , Augereauy Bernadotte, Soult, Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davoust, Bessières, Kellermann, Lefebvre, Pérignon et Serrurier. Il regretta vivement, sans doute, de ne pouvoir appeler au même honneur ses deux compagnons d'Egypte , Kléber et Desaix , et le vieux Dugommier, avec lequel il avait pris Toulon.
On a vu , dans la guerre d'Italie , quels égards , quels hommages le général en chef prodigua au souverain pontife. Peu de jours avant son élévation àlempire, Bonaparte avait fait présent au pape du brick le Saint-Pierre. Aussi , à l'avènement de Napoléon, le clergé s'empressa de le saluer de tous les titres que les livres saints purent fournir à sa pédantesque adulation. Le nouvel Empereur devint le nouveau Cyrus , le nouveau Moïse rappelé des déserts de l'Egypte; le nouveau Mathias envoyé par le Seigneur , le pieux Onias, le nouveau Josaphat, etc
L'Église devait cette reconnaissance à l'auteur du Concordat de 1 80 1 . Mais les affaires avec la cour de Rome donnèrent par la suite beaucoup d'embarras à Napoléon : c'est ce qui lui fit dire au célèbre Fox : « T aurais eu moins de peine à établir en France la confession d'Augshourg. » Ces paroles prouvent que Napoléon ne comprit paS; ou ne voulut point com-
prendre son époque; car on t>eut, je crois, siffîrméi' qu'en 18049 et surtout en 1801 , il y avait indifférence complète dans )a république, en matière de religion ; et Tapathie de la nation, sous ce rapport, était telle, qu'elle ne laissait à aucun législateur la faculté de choisir pour elle entre toutes les communions chrétiennes. Il faut bien le reconnaître, cel état de choses existait pour la très-grande majorité des Français, el à tel point, que l'organisatioR da culle catholique en vertu du concordat consulaire parut au peuple une innovation plus hardie que la violation de la représentaticm nationale à ta journées du 1 8 brumaire. La religion n'était plus alors êam les mœurs , ni , j'oserais presque le dire , dttis les besoins de la nation; l'ère française ëtai0totft6{^ilosophique depuis Louis XV.
Plusieurs décrets de joyeux avènement rendirent la liberté à des individus condamné» correetionnaï* kmenu , et à des- débiteurs de VÉtat ; une am ni^^ fîit égaleraient accordée au^s soldats de terre et àé mer ,^ déserteurs à l'intérieur, qui rejoindraîettt lettW dvapeaaix.
Le 17 mai, t'Bmperettr reçut solenndtemenft k serment an Sénat. Le vœui des; cent huit d^^arte^ mensi de la Fronce arriva bîen^ôl^ an fieêi diir tvônéi» Gependanl une èèekiration, faite à Varsovie, el datée dis 6 jtnn^ déckraiiot^ à laquelle 1^ évènemenside i8p4 donnèrent dtspuis^ un« âfitorifé prophétiqisej,^élait adressée à>^us tes" gouvememens<fe
DE NAPot^oîr. iSg
Prdtesidiion de Louis Xyïll^ roi de France , corltre
r usurpation de Bonaparte,
a Eiy preiïant le titre d'Empereur , en voiilant le « rendre héréditaire dans sa famrHe , Bonaparte vient « de mettre le sceaii à son usurpation. Ce nouvel a acte d'une révolution où tout dans' Forigine a été a nul, rie peut sans doute infirmer mes droits. Mais, « ôomfptabie de ma conduite à ton« les^ souverafn^, « dont les droits ne sont pas moins léséà ^e lé^ « miens', et dont les trônes sohr totis ébranlée pUr « léi principes dahgereui que le Sénat de Paris âf ôfeé <c mettre en avant ; comptable à la France , à ma fe- <c milley à mon propre honneur, je Croii'aS^ trahir la « cause comtnxiAe^en gardant le silence éii' cette ôc- «• casioh; Je déclare donc ( après avoir au' besoin' re- « nouvelé mes protestation's contre tous les actes « iHégauic qui, depuis l'ouverture dés ÉtâtsKîéncct Faux dé Frarfce,'ônt* a'mené h crise éffVayaiyre datis c laquelle se ironVent la* ftstitt et fEuf ope ) , jô dé- « clare en présence de tous les sôtfverainsycfue loîii « de reconnaître' le titre impérial que Bonaparte * vîeïit de se faire déférei^ par lirt éorpS qui il'a pas «même d- existence légale (le Sénat;, je prôteisré « contre ce titre et contre tous: tes actes subséquent « auxquels il pourrait donner lieu. »
Napoléon fit publier* cette protestation dans lé IffôivHeur.
PétV de jotirs^^ aprèà, rEiïi^éréur ôignafl^', ^àr uW
a6o nisToiBt
grand acte de clémence , le premier moment de son règne. Vingt des co-accusés de Georges Cadoudal avaient été condamnés à mort, le lo juin, par le tribunal criminel de la Seine; et d'autres, notamment le général Moreau , à deux années de détention. Au nombre des premiers on comptait : Armand de Polignac, le marquis de Rivière, Bouvet de Lozier, le général Lajolais, Russilion, Rochelle, Gailliard et Charles d'Hozier. L'impératrice Joséphine joignit ses larmes à celles de madame de Polignac. « Je puis pardonner à votre mari y dit Na- « poléon , car c'est à ma vie quon en voulait. » La grâce d'Armand de Polignac fut prononcée. Madame Murât se chargea de celle de M. de Rivière , et l'obtint. Le général Rapp, aide-de-camp de Napoléon, alla à Saint-Cloud solliciter celle de Russilion; il réussit comme madame Murât. L'Empereur remit encore leur peine à cinq autres; ainsi huit des conjurés échappèrent à l'échafaud.
Georges, n'ayant pas voulu demander sa grâce, périt avec douze de ses complices. Napoléon commua la détention prononcée contre Moreau en un exil aux États-Unis.
Ces commencemens sont beaux. La France applaudit à ces éclatans témoignages d'une véritable générosité. Elle jugea que celui-là était digne de la gouverner, qui exerçait d'abord , en faveur de ses ennemis , la plus belle prérogative du pouvoir. Mats tandis que Napoléon , par un acte de son conseil privé , donnait la vie à des conspirateurs que la loi ^ avait frappés, il faisait justice, par un décret impérial, des sectaires de Loyola , qui, sous le nom de
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Frères de la foi, à! Adorateurs de Jésus y de Paccanaristesj venaient d élever plusieurs établissemens sur les ruines de la république et sur les fondations de l'empire. Comme Napoléon ne doit pas prendre le titre de Défenseur de la foi , laquelle ne lui semble pas en danger, il n'a pas besoin de cette milice secrète , de ce corps de mineurs religieux qui veulent se loger dans les souterrains de son gouvernement. Mais ils sauront bien y entrer un jour, sous la protection de son oncle, le cardinal Fesch, qui s'est chargé des représailles ecclésiastiques sur les conquêtes de la révolution. Sorti du sein de cette révolution, et condamné sans elle à l'obscurité, Fesch laissera après lui ce funeste héritage à cet empire des Gaules dont il fut le primat. Mémorable exemple de ce fatal esprit de l'Église romaine, qui ne connaît ni famille ni patrie !
Quand Napoléon arriva au pouvoir consulaire , le ministère de la police générale , dont Fouclié avait voulu faire le principal auxiliaire du i8 brumaire, existait déjà ; dès la première année, il supprima ce ministère et le réunit aux attributions du ministre de la justice. Cependant, depuis lors, sa vie avait été plusieurs fois en danger, et quoiqu'il eût bien reconnu que les formes de la justice, qui sont lentes, parce qu'elles ue sont que protectrices, ne pouvaient atteindre , encore moins prévenir, la rapidité et la diversité de tels attentats , soit par une sorte d'indifférence pour le péril qui lui était personnel , soit par sa répugnance secrète pour un semblable ministère, il s était, jusqu'à l'avènement à l'empire, refusé à le rétablir. Mais au moment où il entrait dans une
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nouyellc exi^t^npe , où , loin 4e pouvçir e3pérer une jouis^anc^ paisible 4e la couronne , il dev^t s'attendre, d'après Içl seule attitude des Apglai^, à être au n^pins autant le coinp^andant de se$ années que le souverain de§ français, \\ cn\^ devoir opposer aux ennemiç in|;ér^euri> une force domestique capable d'inipo^er à le^rs complots, ^t il res3u^cita le niinif • tère de U police. M^}heur|Busemeat il en rendit Iç portefeuille à cp fauif: f épublicain qui avait si chaifdément servi 1^ tey^r.eur conventipnneU^, et si bien trahj la faij^jesse directoriale ; FouçUé de Nantes, q^i'fl faut '4 jami^is appeler Foucbé de Lyon , f i^^ cbargf de surveiller la France et TEurope.
Malgré cefte prei|ve de conf^apce si p^u mérilép, p^r con§équeut si propre à exciter upe reconnaishi^pce éteraeile , Napoléon ne sefa pas toujours dans» le secret de Fouché. Toutefois l'Empereur, qui ^eul conn^tîtce qu'il veut faire, plane surse^ d^st^p^e^ futures 4 l'insii dp tout ce qui Tentoure, et il ne yoi|j d<ins son ministre de la police générale que le concierge de sa politique intérieure, quand les évène? mens, qui peiivent le menacer, le çonduiroi^t hpr^ c|e la capitale ou loifj de^ frontières que la république ^ tracéejj par ses victoires autour de spn empire.
Dès cette époque , Nappléop çut le tprt 4^^çroire assez puissant pour donner un pareil ministère k ^^ bomme qu'il était loin d estimer. Ce ne fut pas 1^ seule fois qu'il commit de semblables erreurs ; ellgç devaient lui être un jour aussi funeste:? qu'à 1^ France. Mais déjà ce caractère, que l'on s'est plu à juger indépepdapt de toute influence parcç qu'il é^aitfort, Ripntr^itdH peacbaqtàse l^ft^fir dpwinfr
DE NAPOLlIoir. a63
par rhal)itu4e, ^u poiot 46 ne pa? consentir à éloir gner ses ennemis, s'ils avaient reçu de lui d'imporr tantes faveurs. Jusqu'à la fin de son règne, Napoléon se regarda comme obligé envers eux par la hauteur des positions qu'ils tenaient de lui. Si une telle cont duite n'eut pas 4'autre but que de ne pas vouloir se désapprouver lui-même en abandonnant ses créa-^ tares y jamais faildesse moins pai*donnable , pui^r qu'elle causa tant de dommage à la chose publique ^ n'aurait été reprochée à un grand prince. Cependant^ pn doit l'avouer , il n'y a point de plus noble orgueil que celui qui ne se rappelle que ses bienfaits au mir lieu des trahisons.
ta loi du %g mai 1 803 avait créé l'ordre de 1% Légipn-d'Honneur ; Tinauguration de cette grande institution revoit une journée chère à la France det» puis treize années, celle de la Fédération du 14 juillet. Cette fête a lieu au temple de Mars , dans l'église des Invalides. La cérémonie brille de tout Téplat de la grandeur républicaine et de toute la pompe impériale. C'est dans l'édifice de Louis XIV , fondateur de l'ordre de Saint-Louis, que Napoléon donne solennellement la décoration à la gloire militaire de la liberté. Le même jour, pour mieux consacrer cette mémorable époque de la première confédération des Fr^^nçais, les croix d'honneur sont distribuées parles généraux dans toutes les garnisons de lempire, ISapoléon partagea avec la patrie les vœux de tous ses
défenseurs.
Cependant l'Empereur n'oublie pas les vastes con- (^ptiQns du premierConsql:au premier rang figure Vwivwipn qu'U a pr^arée contre l'Angleterre d^ns
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les ports de France et de la domination française. I^s ports de la Manche sont en même temps les chantiers et les arsenaux de l'expédition qui doit rappeler^ par l'immensité des troupes et des transports , celle de Xercès contre la Grèce.
Les camps établis sur les côtes ont pour chefs nos premiers généraux. Le maréchal Davoust commande les camps de Dunkerque et d'Osteude ; le maréchal Ney ceux de Calais et de Montreuil; le maréchal Soult celui de Boulogne ; le général Junot celui de Saint-Omer , où il est remplacé par le général Oudinot y qui se voit aussi mettre à la tête de ce fameux corps de grenadiers illustrés par tant de victoires. Le général M armont commande l'aile droite en Hollande; il a sous ses ordres la marine de ce pays pour l'embarquement de ses troupes. Le port de Boulogne contenait déjà neuf cents bâtimens : ceux d'Étaples , de Vimereux, de Calais, de Dunkerque, en étaient remplis. Le port d'Ambleteuse , également recreusé et reconstruit , attendait les cinq cents voiles de la flottille batav (f, sous la conduite de Tamiral Verhuell: elle formait l'aile droite et devait porter les troupes du maréchal Davoust. Le i6 mai 1 704 y après les plus habiles manœuvres et une brillante action avec le comtnodore Sidney Smith, lamiral Verhuell faisait entrer dans le port d'Ostende la première division de sa flottille; la seconde suivit de près avec le même danger et le même bonheur. Les Anglais n'obtinrent pas plus de succès devant Brest et Harfleur , oii une flottille força leurs escadres à une fuite honteuse. Les 17, a3 juillet et i*"* août suivans, nos ennemis esf^ayèrent ausj&i , mais ini|tilement| d'incendier le port
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du Havre. Les divisions françaises en sortirent, et toutes elles arrivèrent , non sans combat , à leur destination. Le contre-amiral Magon et le capitaine de vaisseau Montcabrié eurent des affaires glorieuses avec les croisières anglaises, l'un devant Calais, l'autre devant Boulogne. Acclimatées à ce nouveau genre de guerre , les troupes de terre , même celles de grosse cavalerie , qui bivaquaient par division sur les bateaux de la flottille , sollicitaient Thonneur de former les garnisons des corsaires et des navires qui appareillaient. Elles portèrent quelquefois leur audace jusqu'à l'embouchure de la Tamise, où les grenadiers capturèrent des bâtimens marchands et une corvette. Nelson était également repoussé, dans les parages de Toulon , par l'amiral Latouche-Tréville , qui commandait toutes les forces navales de la Méditerranée, comme à Boulogne l'amiral Bruix toutes celles de l'Océan et spécialement les flottilles contre l'Angleterre. Cette puissance connut peut-être mieux que la France , où l'on chansonnait la flottille , le danger de l'expédition dont la ville de Boulogne était à la fois le chantier principal , l'arsenal, le port et la citadelle.
Le 8 juillet , Napoléon part de Saint-Cloud pour aller visiter ces camps redoutables qui menacent l'Angleterre. A Boulogne , dès son arrivée , il passe la revue des troupes, des flottilles; à Vimereux, à Calais, à Dunkerque,àFurnes , àNieuport, àOstende, il fait manœuvrer les régimens ; il a été vu de tous les soldats de l'armée expéditionnaire. Si le motif ostensible de son voyage est de hâter les apprêts maritime3 contre ]s^ Grande-Bretagne, il a encore la
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but tien Jégitînw? fk w>i>trer h fiet^e ar«^^ ^ i^'fl connaît (Jepui^ loQg-^ipp$» TjElpiperew 4^3 <;Ufppi cb bataille : aussi ya-t-U» en l'^^pial^ lout^^f^^ au serment et à la récompen&e des braver , étermset le scMivanir de ce voyage. J^ 1 9 août, il est de rt'tour ^ son quartier-général du Pont de Brique à Bou* logne: l'armée y arrive de tous les cotés; l'étoile de h Légion la guide vers la tour d'Ordre j qui repread son nom de Tour de César.
£n creusant la (errç pour Iç campement 4u premier Çpnswl, on ftyaUi trpuvé une bacbe d'armes rpmiiîWi et h Ambleteuse des médailles di^ Guillaume-le-CoD* quérant. ha. même ann^e, en creusant à la tour d'Ordrp pour établir la baraque de l'Empereur ^^n d^qouvr^ les trape^ d'un camp romain, [^'époque e$t si grande , qu'une sorte de merveilleuît s'att^b? » P^fopt Qvi paraît Napolépn , aux. cbpses les plm simples. M^ »^d qu^ rieu ne manqua k l'ilMtratioQ que l'Empereur e^ l'armée doivent recevoir d^ cefti imppsantQ cérémonie 9 elle a eu lieu le lendemain, (6 gput , jour de 1^ fête dQ Napoléon.
Quafrc-yingt mille hommes d^scamps de Boulogne
et de Montreuil sont réunis sous les ordres du m^ré*
çbal Soulj:, ppui* usisi^ter k la solennité,
A I4 droite du pqrt, au-dessous delà Tour de Cçs^r, U PfttHre a tf^çé un viiste amphithéâtre ?w çeptrf duquel {^'élèv^ ua trône sur un socle triomphal Ui
çolpn«^S de Taxmée y sont dirigées com^ifcQ autaat de rayons qui6gui*6nt ceu? de l'étoile de l'honneur, n^agnitique expression de cette langue héroïque quf pgirlèrçwt l^ ^ï*U &OUP lie règnie d« Jfapolçon ! For
ti^uré 4ç 3^ ff er^ , 4^ ^f^ laM^^aux ^ d» ^^ &w^
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^A*T.W, IffWOX AND (*
DE iTAPOL^oir. a6y
ofBcierS; Napoléon prononce le serment de rOrdre : il est répété avec enthou^iasmQ par tous les récipiendaires , disposés en pelotons à la tête de chaqujî colonne. Après le serment^ les décorations sont distri-^ buées aux légionnaires. Un "vii^at gépéral de }'armé^ salue cejttc brillante jpauguration de TOrdrie du mé? rite français, et lî^ p^épie exaltation prononce le sermQnf; de fidélité à l'Empereur. Par la plus heureuse conjoncture , car la fortune alorç accompagnait , comme la gloire , les pas du héros du 3ièiclo, le capitaine f}p vaiss^a^ Papgi^r pénétrait daiDS le port 4e Boulogne ^yep un^e division du Havre , fortt de qpar^ntf-s^pt ypiles, gu bruit des apcjamatiçnjs d^ la te^re. ]\lfii$ vin instant après éclata subitement un orage épçuy^ptablp, qui séparai quelques bâtini^g de la flqltil^e. L'];mpereu<* alla en rade , et dpnna lef ordres nécessaires ; i) ^\^ quitta )e port qpe quand kf navires dispersé^ , au iipmbre de sei?:e , furent rentrés. Il revint: au caix|p, et les plaisirs de lasoiréa commencèrent. De noipbreuses distributions aiiip troupes, des dapsps, des chants guerriers , prolongèrent daps la nuit la fête militaire. Pour y faire parr ficiper la flotte et les côtes d'Angleterre, un beau fjpu d'ar^fice attira tout à coup les regards d^ la croisière jepï)^mie et de la population de Pouvres sur le plateau du camp de gauche, q\x quinze li^ill^ hommes en bataille exécutèrent iin feu de fil? aYQÇ des çartpuçhes a éfpiles ; tfihut p?yé par l'armée à rétoije de la Légioi»-4'Hpnneur qu'elle venait çlf recevoir. Rien ne manque à la magie de cette journée, pas même une tçmpête, Cet événement inattendu, qui pouvait devenir si fatal, ajputa epçorç à
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Fascendant de Napoléon : les troupes lui attribuèrent le salut de la flotte. De cet enthousiasme superstitieux , à lui attribuer le don de maîtriser les orages , il n'y avait pas loin. Les soldats, crédules et enivrés de la présence de leur chef, se persuadaient tous que la victoire obéissait à sa volonté. Il ne tenait peutêtre qu'à Napoléon de faire d'eux une armée grecque ou romaine ; mais il lui semblait plus glorieux de commander des Français qui, sous ses yeux, se croyaient invincibles.
Le même jour, on célébrait la fête de l'Empereur à Cherbourg par l'inauguration de la batterie iVopoléon , et à Anvers par celle de \ Arsenal maritime. Ce vaste port de construction comptait à peine une année d'établissement ; cependant trois vaisseaux de ligne et une frégate allaient sortir de ses chantiers. \jà 1 6 août vit lancer deux corvettes.
Avant de quitter Boulogne pour se rendre dans les quatre départemens du Rhin, l'Empereur inspecta la flottille une dernière fois ; néanmoins ce ne fut pas la dernière fois qu'il passa en revue son armée d'Angleterre. Il en reçut un noble témoignage de dévouement et de respect; elle lui vota une statue colossale en bronze , qui serait placée au milieu du camp de César. Tous les grades de l'armée offrirent une partie de leur solde pour ce monument qu'elle s'élevait à elle-même; mais le bronze man* quait. Le maréchal Soult , qui préside à cet imposant hommage au héros de la France, lui àWxmSire^ prêtez-moi du bronze; je vous le rendrai à la première bataille. » Deux mois plus tard, le maréchal acquitta sa dette dans un village de la Moravit^.
DE NAPOLliON^ 269
Pendant son séjour à Boulogne, Napoléon donna une nouvelle organisation toute militaire à TÉcole Polytechnique. Nourris dans les idées républicaines, les élèves n'avaient pas accueilli la création de l'Ëm* pire avec une grande faveur ; désormais ils eurent des uniformes , et furent assujétis à la discipline des casernes. L'École n'en resta pas moins la première de l'Europe, et garde encore son rang aujourd'hui. Napoléon data également du camp de Boulogne le mémorable décret des prix décennaux : cette haute récompense, pour laquelle doivent concourir toutes les sciences et tous les beaux-arts , consacrera l'époque d'une restauration , car elle sera décernée le 1 8 brumaire. Neuf grands prix, de 10,000 fr. chacun, sont institués : deux appartiennent à l'inventeur de la machine la plus utile aux arts et aux manufactures; un autre au fondateur de l'établissement le plus avantageux à l'agriculture et à l'industrie na-. tionale ; la première distribution est fixée au 1 8 bru* raaire de l'an xviii (novembre 1809 ). Le calendrier de l'empire est encore républicain.
Tandis que l'Empereur des Français préparait, sans le savoir, son armée d'Angleterre à une guerre d'Allemagne, François II ajoutait à ses titres celui d'empereur héréditaire d'Autriche , comme s'il prévoyait que ce fut le seul que Napoléon dût lui laisser. Cependant, de Boulogne Napoléon est parti pour Aix-la-Chapelle. On rapporte qu'à Arras le préfet lui dit: Dieu créa Bonaparte ^ et se reposa. Napoléon, qui ne se reposait point, quitta Arras après avoir passé en revue la réserve de grenadiers commandés par Junot, traversa Valeuciennes, Mons,
et ai*riva le 3 septembre àf Aiit-la-Chapelle. Dans cette antique résidence da premier Empereur des Français,' it retrouva et i) s'appliqua, comme uii ancien héritage, les souvenirs de Chàrlemagné; tnais une démarche politique , d'une haute importance pour Napoléon, signala ce séjour d'Aifx-Ià- Chapelle : dans le grand conseil où l'enïpèretrr d'Allemagne résolut, le fo août précédent,- de p^eiidrt le titre d'empereur héréAtafire d'Autriche, ce ][)rînce s'était décidé également à reconnaître l'avèneniént de Napoléon. I^ors de ïa notification de cet avènement au'x COUTS étrangères, F Autriche avait! <5oû- ^Ité la Russie sans en obtenii^ de^ répoAfâe. Plus voisiné de la France,' elle sentit avec raison qué^ ^ôn silence siîr une pareille communication équivaudrait tt une rupture ; et comme elle ne se troiïvaif pas encore encore en état de la déclarer, lé comte dé .Gobentzel, son ambassadeur, reçut ordre d'aller à Aix-la-Chapelle remettre ses nouvelles lettres dé créa!nce à Napoléon. I-.e même joui^ 5 septembre, M. de Talleyrand présentait pareillement ail' riôuvél empweti'r le comte de Lima et ]Vi. dé Souzia, Éun ambassadeur extraoï^dinïiîre , l'autre envoyé e^rabtditkaire du prince régent dé Porfugâï; le bailli de Ferrette, ministre de' ^Ordre' de ATalté, et? le marquis de Galloy ambass&dfeùr dte la couV* dé Naples.
Fondateui* d'une dynastie, comAie Pepiii, Napoléon> voulut aussî que fe soiWeraîYi poritrfe passât les monts pour hri conférer l'onction impériale. Le Saint-Siège, déjà préparé à la reconnaîîssance de rBmpire^ pur te oôïicordât corisfulairé , lie balança
DE itÂttïLÉOTf. i'ji
pûi mil ieril ^ôm^t. litdépexidàuithéiit dé ce fait, là eotidttîle d'Étiefinei 111 , qtif , en ^54 , ^tait Venu sûerer Pepin-Ie*Bref , ses» deui fîFs et letri' nïèré, suflôÉ à la cour de Rome, soit pour reconnaître, soit poui^ ^Cfer rËiWf>ereui^ âe^ F'ranÇ^ii^. lé pape 2acharte, prédëceSSetifdTÉtietoné^, rfvafit dit lef gtând tnôt de cette jK)litiqutf : Celui-là est roi^ qui en à td puissance.
Vé^èqùt dTttfôIa , quf , ïe n^ décembre* r 797 , prêcha*! à àe^ ôWatltes 1e& pfîncrpes rfe* la* rfé'mocfafie , a^ï< cehi« la tiar^e, et I0 généraf ré(>uMic2fin Bôftaparfe, qjul eofitttrandaH alors ei^ Italie, s'était érigé tin irifoe. &w priai* donc àr Rôràfe , et , pai* les ordres dli Sffitt^Fèw, datfs tôûté la cîârfrôfidtér, pouf f ÈmpêtMr Napoléon et pmif sa: feitiîllfe , comme on avaïf pï^îé pcrur le pf éttiier' Cottsuf.
Qû^awl â l'fespagiïe', elfe n^âvaif pas eu ï)esoin dé Teiiett^ple^ éte fe cbtA* piortliÔc^afe pour reconnaître »afpcfléon<. Laf tifatfitib'n pxjfitiqtte* dfes deux États et ïeur alliatt-ce femdmfed^rtt également à la république, Co»me celfe de Iferccrai* rfe Pi'CfS^e et du grànd-cfuchédfe^Toscaiie.
Ainsi tous les gouvememens catholiques saluaient NapoMoA êkt titre* impérlad : c'était ûûe immense <R)nqiléte, siîwrtïsut'les sotiVenirs, âû n\ôins sur fes pttssiotts dte ht royauté eni-opéenne. Napoléon Recueillait amplement Tes frutts du' Concordat dfe 1 801 . Le succès de lar négociation avec Pie VÏI mit Te comble à ce triomphe. On sent fonte l'importance qtie cette* grtfndfe céréthoûie du sacre , célébrée au seiti de la* capitale, dlans Ik tsasilique métropolitaînie , dlevait avoir afux: yeur de ^^apoléon ; en
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effet , elle sanctionnait son éléyation aux yeux des peuples de toute la chrétienté , et leur interdisait, ainsi qu'à leurs souverains, tout reproche d'usurpation.
D'Aix - la - Chapelle, l'Empereur partit pour Mayence , où il arriva par la route nouvelle , après avoir visité Juliers, Cologne et Coblentz. Il reçut à Mayence l'électeur de Tempire germanique, le margrave de Bade , et plusieurs princes possessionnés sur le Rhin. Pendant ce premier séjour à Mayence, déjà occupé d'un système delà confédération du Rhin avec la France, Napoléon prépara, dans ses entretiens avec ces princes , la dissolution de l'empire germanique. Il leur fit entendre qu'ils n'avaient plus rien à espérer de l'empereur d'Autriche, tandis qu'ils pouvaient tout attendre de lui; il leur promit même, aux dépens de l'Autriche, des accroissemens de territoire et de puissance , dont il saurait garantir la possession. Quelques eugagemens, dont le résultat devait être prochain, répondirent à ces confidences, auxquelles le caractère de Napoléon et les forces de l'empire français donnaient un crédit absolu.
De Mayence Napoléon alla à Luxembourg. U marqua sa présence au sein des principales villes des départemens du Rhin, par d'importantes dispositions , relatives soit au bien-être des habitans et à l'encouragement de leur industrie , soit au perfectionnement du système général de défense des frontières , dans les places fortes assises sur la barrière du Rhin. A cette époque remontent aussi le décret d'organisation de l'École des| ponts-et-chaussées, et
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DE KAPOLiON. 273
celui qui détermina rétablissement de douze écoles de droit. Après trois mois d'absence , Napoléon revoit Saint-Cloud le i a octobre , et les apprêts du sacre sont ordonnés.
Le 17 du même mois, un décret convoque le Corps-Législatif pour assister à cette cérémonie. Le 9 novembre, le Saint-Père a quitté ia capitale du monde chrétien; le i8, il arrive à Lyon; le a3*, Sa Sainteté est reçue par l'Empereur à Fontainebleau ; le a8, les deux souverains se rendent ensemble à Paris.
Le I " décembre , le Sénat présente à Napoléon le vœu du peuple en faveur de Thérédité à l'empire dans sa famille. Un sénatus-consulte a proclamé ce plébiscite. Soixante mille registres avaient été ouverts dans les cent huit départemens: sur trois millions cinq cent soixante-quatorze mille huit cent quatre-vingt-dix-huit votans, deux mille cinq cent soixante-neuf votes étaient négatifs. Cette minorité, purement républicaine , et qui s'affaiblit encore peu de temps après, prouva suffisamment que la nation, ayant tout-à-fait changé ses mœurs, adhérait avec sincérité au gouvernement de Thomroe qui avait trouvé en lui seul assez de forces pour opérer une pareille révolution. Le sénateur François de Neufchâteau, investi du privilège des harangues solennelles, le même qui prononça, au 18 brumaire, cette espèce de sentence, si hautement démentie par les faits : La constitution est placée sur F autel du dieu Terme j dit à Napoléon : a Le vaste miroir du p€issé est la leçon de Vai^enir, » On doit aussi remarquer dans cette circonstance la fin de la réponse de II. 18
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TEttipereur : <c Nos descendons conserveront longtemps ce irone. Ils ne perdront fanuUs de vue que le mépris des lois et F ébranlement de tordre social ne sont que le résultat de la faiblesse et de F incertitude du prince. »
Le lendemain ^ par le froid le plu» rtgooreux , là cérémonie eut lieu dans l'église de Notre-Dame. La bizâtrrerie de la pompe pontificale contrastait siag» lièrement dans le cortège avec l'éclat de la pompe impénale. Le pape sacra Napoléon et Joséphine ea présence des princes de la maison impériale , des Bsembres du sacré collège , des primats français y de tous les ordres de l'Etat ^ du corps diplomatique et d'une députaticm de la république ilalieiiiie. Mais à peine le pontife eut-il béni la couronne , Napoléon la saisit y la plaça sur sa téie et couronna lui-méae l'Impératrice. Cette scène est d'hier , et n'appartient déjà plus à notre âge. On craint presque de se reconnaître contemporains d'évènemens si étrangers ant temps actuels. La majesté de l'histoire doit aussi se trouver blessée de ce que la vie ordinaire des hommes soit suffisante pour voir naître ^ triompher et dtsparaitre ses plus grandes renommées et ses plus grandes révolutions. Depuis le i décembre 1804? les foudres du Vatican ont perdu leur force , et il n'y a plus dans le monde que l'excoaamunication politique. Celle-ci reste aux mains du monarque que le pape s'est em* pressé de vcttir sacrer et q^î s'est couronné luinnéme; mais les foudresdtt Vatican dorment et ne s'éteignent point.
Le second jour des fêtes du couronnement ^ une belle solennité militaire, la distribution des aigles ^
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rassembla toutes les troupes au Champ-de-Mars : «Soldats, dit alors Napoléon, voici vos drapeaux; «ces aigles vous serviront toujours depointderallîe- « meut : elles seront partout où votre Empereur les « jugera nécessaires pour la défense de son trône et « de son peuple. »
Le même jour, 3 décembre , M. Pîtt , tout récemment appelé au ministère comme le seul adversaire que Ton pût opposer au plus redoutable des ennemis de la Grande-Bretagne , signait le traité de Stockholm, et payait un subside à la Suède pour qu'elte agît hostilement contre nous. Peu de jours après , l'Angleterre essayait , à l'aide d'une machine infernale, de faire sauter le fort Rouge de Calais ; elle ne fut pas plus heureuse qu'un mois auparavant , quand l'amiral Keith , avec cinquante-deux voiles et douze brûlots, avait voulu incendier le port et la flottille de Boulogne. Mais ce gouvernement se vengeait, par la plus despotique tyrannie, de son impuissance contre la France , sur notre plus fidèle allié : le 9 octobre , sans déclaration de guerre , l'amiral More osa soumettre au droit de visite quatre frégates espagnoles qui revenaient d'Amérique à Cadix chargées des trésors dtt Mexique. Les frégates repoussèrent courageusement cet attentat, et soutinrent un combat plus qu'inégal, dans lequel trois d'entre elles furent prises et la quatrième sauta. Non contentes de ces violences , les flottes anglaises brûlaient les navires du commerce dans les ports de la Péninsule, et détruisaient les convois , pendant que l'ambassadeur espagnol, le chevalier d'Anduagna, résidait encore auprès de la cour de Londres. Une pareille violation
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du droit des gens , exercée envers uue nation en paix avec la Grande-Bretagne, a justement révolté le gouvernement espagnol qui Je t a décembre , lui déclare la guerre par un manifeste de la plus haute énergie. Ainsi donc y si l'Angleterre a su se fortifier, dans le Nord , de Talliance offensive de la Suède , peu redoutable pour la France , la France voit s'unira son pavillon les soixante-cinq vaisseaux de ligne que l'Espagne possède encore. Une armée est en marche pour aller occuper le camp de Saint-Roch et menacer Gibraltar. Napoléon apprend dans le même moment que la cour de Vienne , sous le prétexte d'augmenter le cordon sanitaire établi contre la fièvre jaune qui désole la Toscane , vient de renforcer de six régimens son armée d'Italie; cette invention autrichienne deviendra traditionnelle pour les cabinets.
L'année , la mémorable année 1 8o4 , se termina par l'ouverture du Corps-T^gislatif. On applaudit à ces mots du discours de l'Empereur : n Je ne veux pas accroître le territoire de V Empire y mais en main* tenir l'intégrité. » Dans l'exposé de la situation de l'empire, le ministre de l'intérieur déclara :^£^ la France n'accepterait pas d'autres conditions que celles du traité d'Amiens. L'Angleterre le savait bien, et elle avait brisé ce traité qui donnait la paix au monde sous l'égide de la France. L'Angleterre entendait la paix comme la liberté des mers , en exerçant un droit de visite sur les cabinets comnie sur les vaisseaux. Pour parvenir à ce but , il fallait tuer la France et Napoléon.
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