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lut pa9 lui laisser le temps d'atteadre b jonctiondes levées hongroises et bohémiennes , alors en mouvement 9 et avec lesquelles ce prince pouvait nous coiitraindre à accepter une bataille désespérée sous 1^ murs de Vienne. £n conséquence, Bichepanse reçut ordre de poursuivre et de se porter à ILrem&* munster 9 par où Fennemi se retirait pour passer l'Ens à Steyer- A cette époque il y avait émulation entre les généraux . L'infatigable Lecourbe, après avmr &anchl les montagnes en quittant SaUzbourg , avait ^tt^int $1 Kremsmunster Tarrière^garde autrichienne; il occupait la ville basse quand Richepanse y entra.
Le ao décembre 9 l'armée franç^ùse ét^t en ligne au->delà de la Traùn. Le a i , le comte de Meerfeldt , le négociateur de l^éoben , arriva en parlementaire k K^rernsmuuster > au moment où Richepanse allait marcher sur Steyer, Il demanda une suspension d^^rmes; mais Moreau , à qui il avait été prescrit de refuser toute armistice , à moins que l'Autriche ne 1^ décidât à rompre avec la Grande-Bretagne ^ ne trouvant pas suffisans les pouvoirs du comte c|a Meerfeldt, qui n'était point autorisé à traiter siur cette hase, n'accorda l'armistice que pour quarante *- huit heures, c'est-à-dire pour le tempâ matérieUement nécessaire à la demande et à la réception de nouveaux pouvojirs. Moreau lui déclara que , pa$$é ce terma si r^iipproché , où l'Empereur devait s'engager à traiter isolément et à évacuer le Tyrol , il continuerait sa marche victorieuse vers la capitale.
D'après Ijqs plans de l'archiduc Charles, les générau:i^ Klenau et Simschon avaient concerté leurs opéra- Uws contre l'armée gallo-batave, et, le .18 décembre.
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Augereau vît se$ deux ailes engagées $épar^mt avec les Autriçhieas , dans les environs de Nuremberg, qui donna son nom à la bataille. Auger^au , à la tête de douze mille hommes contre trente mille 9 avait eu l'babileté de tenir la campagne, de garder la Rednitz , Wur tzbourg , Nuremberg , et enfin de garantir l'armée de Moreau de la diversion dont l'archiduc la menaçait par l'action combinée des gén4* raux Klenau, Simbscbon et du général bavarois prince de Birkenfeld. Le général Sainte-Suzanne avait auscîi fait des progrès sur l'extrême droite de Moreau , et il était maître de l^atisbonne. Ce succès enlevait aux généraux ennemis la marche offensive reprise par eux , et les rappelait à leurs premières po^ition^ Moreau fit continuellement preuve du plus h^i^gét nie militaire ; mais il dut beaucoup à racc(vd unar nime de$ généraux les plus éloignés de lui pour 1^ seconder de tous leurs moyens, comme s'ils eu^^ut agi sous l'influence journalière et directe de son commandement. L'hpnneur national était digmeipient représenté par les armées.
Les quarante-huit heures de trêve s'étant éocHilée» sans nouvelles de Vienne , Moreau , dont les avant*' postes n'étaient plus qu'à deux journées de cette oa-r pitale, s'avançait sur Steyer , quand le général Grunne se présenta muni de pleins pouvoirs. Le 23 décembre , la convention fut signée à Steyer, pour Tarchiduc , par le général Griinne ; et pour Moreau, par le général Lahorie, qui trouva depuis une fin si déplorable. Par cet armistice le Tyrol était évacué et placé sous la discipline française ; l'aile droite de rarn^ée d' Allemagne pouvait opérer sa véunion avec
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Tarmée dltalie » à laquelle Tarmistice de Steyer n'était point applicable. L'armée française avait à sa disposition toutes les ressources de la Haute-Autriche, de la Bavière et de la Souabe , et en trois marches elle arrivait sous les murs de Vienne. En vingt-cinq jours j Morcau a conquis quatre-vingt-dix lieues , coupées et défendues par les quatre lignes formidables de rinn , de la Saltza, de la Traûn et de TEns , et le grand objet politique de la France , l'exclusion de l'Angleterre pour l'œuvre de la paix , a été rempli.
Cependant les victoires qui désarmaient la maison d'Autriche aux portes de Vienne , loin de comprinaer dans Paris les ennemis du premier Consul , armaient contre lui de nouveaux assassins. Le 24 décembre (3 nivôse) avait été choisi, par des hommes de la bande de Georges Cadoudal, pour atteindre, par l'explosion d'une machine infernale, Bonaparte sur la route de l'Opéra , où la représentation du fameux oratorio de Haydn, la Création du Monde ^ devait réunir le premier Consul, sa famille, toute la cour, et l'élite de la société de la capitale. Les auteurs de ce plan exécrable se nommaient Saint-Régent, ancien officier de marine , Carbon , Limoëlan, Joyaut , dit d'Assas, et Lahaie Saint-Hilaire. Ces monstres avaient, dit-on, délibéré si la machine ne serait pas placée sous la salle de l'Opéra, Vers les sept heures du soir une charrette chargée d'un baril de poudre et de balles fut traînée et portée dans une des rues alors les plus populeuses de Paris, dans la rue Saint- - Nicaise ; Saint-Régent et Carbon , dit le petit François, étaient chargés de l'exécution. Bonaparte reçut
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quelques avis : à l'exemple de César , il les méprisa , et il ne dut la vie qu'à son cocher, qui, s'étant enivré, partit à toutes brides, et trompa de deux secondes seulement l'espérance des conspirateurs. Ils avaient froidement calculé le moment de l'explosion , sur le train ordinaire de la voiture du premier Consul ; le nombre des victimes n'était pas entré dans leurs combinaisons. Cinquante-six personnes furent blessées et vingt-deux tuées. La foule immense qui remplissait l'Opéra était si tumultueusement occupée de l'arrivée du premier Consul, que le bruit de cette efifroyable détonation n'y avait point pénétré. Tout à coup quelques groupes se formèrent dans les corridors, et quelques loges devinrent silencieuses : déjà la nouvelle de l'événement circulait. Bonaparte parut, et au même instant la salle retentit des plus vifs applaudissemens; mais quand le péril qu'il venait de courir fut connu dans le parterre et dans toutes lei^ loges, l'exaltation publique monta à son comble. Une sorte d'ivresse enleva l'assemblée. Tous les regards , tous les gestes , toutes les voix , se portèrent simultanément sur la loge du premier Consul. Ce jour vit éclater sans doute son plus beau triomphe ; il sut quel prix l'élite de la capitale attachait à sa conservation. Son salut, disait-on, avait quelque chose de merveilleux. Il était bien l'homme des miracles. Aussi l'attentat du 3 nivôse affermit son pouvoir plus qu'aucune de ses victoires , parce que son existence fiit proclamée soudainement un bienfait public. Échappé à ce danger presque inévitable , Bonaparte redevint, pour beaucoup d'esprits religieux, II. 7
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l'élu de la Providence , et h wperstitiop légitima $9^ fortune.
Mais le premier Consul ^ qui avait montré la plus grande sécurité au moment du péril et pendant toute la représentation de l'Opéra, regarda ensuite l'événement avec des yeux sévères. Fouché, ministre de la police , voulut se justifier à ses yeux de l'igno-' rance où il était de ce forfait , qui ne pouvait être que le résultat d'une conspiration et non un crime isolé. Il se souvint à propos de son ancien métier de prescripteur : en conséquence , pour satisfaire à la passion du moment ^ qui faisait rejeter sur les républicains toutes les entreprises contre Bonaparte , ^t afin de ne pas donner lieu au moindre soupçon de fidélité envers ses anciens amis y il dressa une liste de cent trente patriotes, que les consuls firent déporter par un sénatus- consulte rédigé nuit^imment Fouché , qui devait renouveler en 1 8 1 S 9 sous un roi de France , ce moyen révolutionnaire , Fouché ne se borna point à faire exécuter l'arrêt prononcé contre dès citoyens innocens du complot qu'on leur imputait : sur son rapport, les prisons s'ouvrirent pour d'autres victimes, car il institua aussi les lettres de cachet consulaires ; enfin Bonaparte , si bien ^^rfi par les hommes de la révolution qui composaient ses conseils , osa entièrement franchir les timit^ de H législation , et demander une loi qui non^s^uUnt^iii: établit des tribunaux criminels spéciaux partout où çel^ serait jugé nécessaire, mais au^si qui donnât ^ux consuls la faculté d'éloigner les personnes ^us*pectes : cette proposition fut portée au Tribunat ; 0€
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oprpft m^itj» noblement sa disgrâce prochain^ pgr i^nedi^cu^ipn orageuse à laquelle le sénatug-cpn^ultç 4'Q^ce^ qui frappait ceut trente individus san^ ju^ gemeul:, fournit encore des armes terribles. Jamais bataille législative ne fut plus long-tempB indécise. A catta époque, le respect des citoyens , ainai que le pa^otisn^e des orateurs , était resté attaché à la tr{^ b|ine; elle retentissait toujours d'accens répubUqaiui^; hs débats n'avaient pan subi d'entraves ; les lois n'étaient emportées ni d'assaut ni de séduction- Alors Paqpou , Çhé^ier , Benjamin Constant , s'iUustnère»!: 6Q défendant les libertés publiques et en rejetant J^s innovatîpns présentées par ie Conseil d'État. Im lutl^ p eotre le pouvoir et le Tribunat dura sept séances ; ,|( la résistance ^ des tribuns rappela les beaux sou^e*u uirs de la législature française , et la faible majorité ^ de huit voix, qui fit adopter la loi, rendit chère aux FraQçai^ la minoi ité qui l'avait repoussiée. Cette mi* qorité prouva à la nation que ses droits pouvaient cpmptar encore de dignes soutiens. On s*Qeoupa de proQonciçr sur toutes les conspirations qui avaient menacé al direetement les jours du premier Consul $ celle d'Aréna fut seule jugée par le tribunal cvimîui^l et par le jury ; les autres coupables parurent devant des commî«aiou^ militaires et furent passée par 1?$ armes. L,'iuspiration de la loi qui créai* des tribu» naux d'exception veuait d^s camp^ d'Italie et surtout d^ ceux d'Egypte. Cependaut la gloire allait enclore fmhffr les faisceaux du pouvoir i^ous de nouveaux lauriera.
Lea armées bellig^érantes u'ouvrirent la campagne en Italie que le 1 5 décembre. Leur poudition était
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la même pour commencer les opérations. Le général de Bellegarde , à la tête de soixante-dix mille hommes , devait , pour franchir le Mincio et enti'er dans le Milanais, attendre la coopération de l'armée du Tyrol et de celle deNaples. Le général Brune ne pouvait également prendre FofFeneive sur la forte ligne du Mincio j sans que son flanc gauche fut assuré par la marche de l'armée des Grisons. Le 17 décembre, Bellegarde s'étant mis en mouvement, Brune se porta en avant. L'aile droite française obéit au général Dupont , l'aile gauche à Moncej , le centre à Suchet, et l'avant-garde à Delmas. Le général Rochambeau , détaché de l'aile gauche , est destiné à communiquer avec l'armée de Macdonald. Marmont commande Tartillerie. Le point désigné pour passer le Mincio est le village de Monzambano. Le !:& i , une action générale s'engage : les Autrichiens, chassés de tous leurs postes , sont refoulés sur Peschiera par notre avant-garde. Moncey s'empare de Monzambano; Suchet occupe la position de la Volta; Dupont repousse l'ennemi de l'autre côté du Mincio , et s'établit devant Goïto; mais il reçoit l'ordre de jeter un pont à Molino délia Volta, vis-à-vis le village de Pozzuolo, et de se diriger lui-même avec son corps à la YoUa ; on le chargeait de faire une fausse attaque, le 20, pendant le grand passage qui devait s'effectuer le même jour à Monzambano ; cette fausse attaque, habilement combinée et vigoureusement exécutée , porta bientôt ses troupes sur la rive droite, malgré le feu de l'ennemi; et elle devenait une affaire décisive qui terminait la campagne à son début, si le général en chef n'avait eu les plus puissantes
raisons de persister dans sa première résolution , malgré les messages de Dupont pour l'informer qu'il était aux prises avec le centre et la droite de l'armée !
autrichienne. Vainement Suchet vint confirmer que j
Borghetto était aussi vivement assailli par le général Loison que Pozzuolo par le général Dupont : Brune demeura inflexible. Enfin, le général Dupont dépêche son chef d'état-major , le général Ricard , pour annoncer et représenter qu'au lieu de se borner à la diversion ordonnée , il se trouvait engagé dans un grand combat , dont le passage du fleuve, opéré avec tant de succès , garantissait le résultat si les trois autres corps d'armée se réunissaient au sien. Rien ne put vaincre l'opiniâtreté du général en chef, qui connaissait les forces de l'ennemi à Villa-Franca et prévoyait les dangers d'un engagement partiel et poussé trop loin par nos colonnes devant un ennemi supérieur en nombre ; néanmoins il fit investir Borghetto par Boudet, et le chargea d'y relever les troupes de Suchet , qu'il envoyait au secours du général Dupont. Cependant la bataille de Pozzuolo , à laquelle nous forçaient les vigoureuses attaques de l'armée ennemie, dura toute la journée; le village , dont la possession était de la plus haute importance, fut pris et repris. Le général Suchet avait appuyé avec trois brigades le corps du général Dupont. Pozzuolo resta aux troupes françaises; l'ennemi perdit six mille hommes, dont deux mille prisonniers. Cette victoire, disputée des deux côtés avec un acharnement extrême , n'avait rien dû changer au plan du général en chef. Dupont eut ordre de soutenir la défensive sur la rive gauche jusqu'à dix heures du
matin, et de chercher à se rapproche^ de Yekggiô} Sùchet dut àbândoùtier ^es positiotis , et tenir pren^ dre son rang dans l'opération du passage à Monzatnbano , qui eut lieu le 24 nialgré la plus foHe i*é9istèlnce. Les combats de Velâggiô et de Sàlionzo enleTèreUt encore Alt mille hodunes à Tenneitli, qui se reploya sli^ l'Adige. Le général Bellegai^ conct'Utra sdh àriïiéë dii i atnp de Salnt-Mârtln , en avanl de Vérone. Il fut poursuivi par le général Brune ^ qui répéta les habiles manœutres du Minclo sur l'Adige. Au «hotnëut dû Delmas ^ à la tête de l'aTant^gàr de , franchissait ce fleuve, un parlementaire du cointë de fifeUegarde vint annoncer Tannistice de Steyer^ et offrit de traiter pour une convention semblable. Mais il mêlnquâit aux propositions de ce général la solution d'une difficulté sans laquelle le général fran- ^is ne pouvait pas négocier. Le premier Consul avait 9 dans une lettre , prescrit les conditions d^une dCfcupâtlon politique et militaire de lltalie àutfichietthe :
a Je vous prie de faire connaître au général Brune « qu'il ne doit pas conclure d'armistice ^ à tnoins « qu'il nelui soit accordé Mantoue^Peschiera, Ferrarfe^ « Ancône , et au moins Id partie de Legnago qui se « trouve sur la rive droite de T Adige ; dans le cas où ff l'ënrîemi ne voudrait pas accéder à ces conditions ^ â qu'il doit se porter sur la Piave. Vous ferez con- » naître au général Macdonald qil'il doit se poi'ter sur R Trente y et seconder ^ par des mouvemens dans les k gorges de Bassand, le passage de la Brenta. »
Tels étaient les ordres du premier Consiil j ceux dé la cout^ de Vienne commasdaient ^ au contraire ^
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âU général de Bellegârde de ne rien épargner pour la conservation de Mantoue.
Le lendemain , a janvier, toute l'armée française était sur la rive droite de l'Adige, Bellegarde avait levé son camp de Saint-Martin et fait évacuer Vérone; il attendait impatiemment la coopération des généraux du Tyrol, à qui il avait ordonné de se réunir à lui dans Vicence par la vallée de la Brenta. Mais avec ses neuf mille hommes, Macdonald retardait leur retraite, en même temps qu'il s^ef forçait de répondre aux intentions de Brune, qui, lui apprenant que nous avions franchi le Mincio, lui prescrivait dé la manière la plus pressante de prévenir à Trente la marche des troupes qu*il avait en tête. Pour favoriser l'exécution de cet ordre, Brune avait mis à la disposition du chef de l'armée des Grisons les trois mille hommes de la division îlochambeau. Alors Macdonald, continuant avec la même Siudace le siège des glaciers et des pics qui hérissaient sa route , était parvenu le 6 janvier à Storo, à viugtcinq lieues de Trente. Si la nouvelle du passage du Mincio avait redoublé l'ardeur de l'armée des Grisons, la nouvelle du passage de l'Adige avait augmenté aussi celle des généraux du Tyrol italien pour etnpêcher la jonction de Macdonald et de Moncey , qui étaient en communication depuis le 4; mais ce dôrnîer était arrivé le 9 à Roveredo, après avoir battu les Autrichiens à la Chiusa, à la Corona, à Serra- Valle. Le général Laudon avait concentré ses forces entre Roveredo et Trente, quand Macdonald entra dans cette ville , le 7 , après avoir fait quarante milles dans un jour; Laudon échappa à Moncey
en trompant sa loyauté par la fausse allégation d'un armistice semblable à celui de Steyer, et conclu en^re Brune et Bellegarde. Moncey n'hésita pas à signer la convention , et ne connut la fourberie de Laudon qu'auprès de Trente, où il rencontrera les reconnaissances de Macdonald.
L'armée française suivait vigoureusement l'armée autrichienne : après une affaire très-chaude, elle parvint le 8 janvier à Vicence; le 12 elle passa la Brenta. Deux jours après, le général de Bellegarde avait la Piave entre son armée et l'armée victorieuse: Murât , à la tête de douze mille hommes d'élite , s'avançait à toute course sur le Pô ; le colonel Sébastiani pénétrait à Trévise, lorsque les plénipotentiaires autrichiens chargés de pouvoirs se firent annoncer. Le général Brune se rendit à Trévise , où l'armistice fut conclu le 16.
Toutes les 'places désignées dans la lettre du premier Consul au ministre de la guerre étaient remises aux Français , excepté Mantoue , qui devait rester bloquée à huit cents toises. Mais , ce qui était facile à prévoir, le premier Consul, loin de ratifier l'armistice de Trévise , menaça de dénoncer celui de Steyer, si Mantoue n'était pas livrée. Un nouvel armistice , dont il dicta les conditions, fut signé à Lunéville le a6 janvier par le comte de Cobentzel, et Mantoue ouvrit ses portes à l'armée d'Italie. Comme on vient de le voir , l'armée française , sous la conduite du général Brune , s'était portée , en moins d'un mois et demi, des rives de la Chiusa aux bords de la Piave; maîtresse de quatre grands fleuves , elle occupait le Tyrol Italien , ainsi qu'une partie du continent vé-
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nitien ; et si l'on ne pouvait comparer ses succès aux immortelles campagnes de la première armée d'Italie, cependant quinze mille prisonniers, dix mille morts ou blessés, des magasins considérables tombés entre nos mains , la prise du château de Vérone , la Toscane délivrée de la présence des Napolitains et des insurgés, enfin le chemin de Vienne ouvert devant nous par l'habileté des chefs et la valeur des soldats, n'étaient pas de médiocres sujets de triomphe pour la république.
A la reprise des hostilités, la coopération de Naples en faveur de l'armée autrichienne avait été absolument nulle ; mais elle eût pu devenir dangereuse , car le général Miollis, à qui trois mille Français et Cisalpins avaient suffi pour contenir la Toscane et réprimer l'insurrection d'Arezzo , se vit dans la nécessité de faire tête , à l'aide de cette faible troupe , à huit mille Napolitains, parvenus jusqu'à Sienne de concert avec le corps autrichien du général Sommariva ; heureusement l'armistice de Trévise arrêta la marche des Autrichiens, et, le i4 janvier, les Napolitains furent mis, à San-Donato, en déroute complète. Le premier Consul avait prévu cette diversion , qui lui semblait un vrai péril dans le cas d'un revers éprouvé par l'armée d'Italie; ce fut donc pour opposer tout à coup aux Napolitains une force respectable, qu'il avait dirigé vers les Alpes la seconde réserve de douze mille hommes formée à Amiens, et qui, partie de Milan le la janvier, sous les ordres de Murât, se porta à la fois sur les frontières de Toscane et sur Ancône , après l'important succès du général^ Miollis. Cette marche couvrait
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éncote un mystère; car elle était tout eu faveur du Saint-Père, dont Murat devait libéret- les États envahis par les Napolitains. Alors le premier Consul fit entrer pour la première fois le Saint-Siège dans les calculs de la politique française, en prenant sous sa protection le patrimoine de TËglise, et en décidant le souverain pontife à fermer ses ports aux Anglais. Quant aux Napolitains, il ne voulut jamais voit- en eux les confédérés de l'Autriche , quoiqu'ils eussent été pris en flagrant délit, tnais bléti ceux de l'Augleterre, qui occupait leurs ports. I^améme considératioti qui l'aVait déterminé à exclure l'Angleterre de sa nouvelle négociation de Lunéville avec l'Autriche , l'avait également décidé à défendre au génét*âl Brune de compretidre l'armée napolitaine dafis l'armisticfe de Trévise.
A cette ttouvelle, la reine Caroline, déjà frappée d'époUvànle par le passage dû Mindo , se voyant isolée au fond de l'Italie et exposée à la vengeance du vainqueur , dont son exclusion du traité de Steyer lui faisait connaître toute l'anitnosité, ne lîonsulta que l'imminence de son danget*, et partit pour tétek^bourg, où elle implora avec succès l'intervention de l'etliperfeUr Paul auprès du premier Consul. Dans quelle position se trouvait alors la république françàîfe^ ! L'empereu^ Paul lui envoyait un des principaul officiers de sa couronne poui* solliciter le salut du royaume de Naples ! Le grand-veneur de Russie n'eut pas de peine à faire agréer au premier Consul la médiation de son souverain. Bonaparte avait un trop ^rahd intéï'ét à apprendre à toute l'Europe ^udlé ûtiiOtt existait entro lui et Paul î«% dans le
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moment dù^ à deux journées de Vienne, ton âi'tiléci forçait la maison d'Autriche à demander là paiic. Cette tinion venait d'étte signalée, delà pàrtderempereùr de Russie, ^ar une mesure à laquelle le preitiier Gonatd était toUt-à-fait étrafagef. Louk XVIll dut quitter Mittau , où il s'était réfugié depuis que TAutriche l'avait éloigné des boi^ds du Rhin , et se retirer à Varsovie. L'ambassadeur extraordinaire de Russie obtint à Paris une réception royale; il Ait ensuite défrayé sur toute sa route jusqu'à Naples , oà) coilforiiiémerît à l'ordre de sa èour, après avoir terminé sa négociation de Paris ^ il se rendit pour réiôUdre la reliie Caroline k accepter les conditions de là France. L'armée d'Italie lui fit de grdrids honneurs sur soh passage, A sotl arrivée à Floreface^ il sfe vit accompagné et reçu par Murat ; il trouva k ville illuminée ^ et quand il parut le soir au théâtre aVec ce général , on lui présenta un drapeâU russe qu'il joignit à Un drapeau tricolore i eU disant : « Dêiix grandes nations dowent être amies pour ta pmic du moride tet le bien général. »
Le malheureuic Paul devait payer de sa vie les gages de son adhésion à ce principe généreux ; l'interveution de ce prince arrêta dÉinslesmdlns de Bonapdrre la fotidre prête à frapper le trône de Tfàples ; elle décida âUssl la reiUe Caroline à souscrire à UtI armistice de trente joui*s qui fermait ses ports à TAtt- , gletèrre ^ sa pitïteclrice naturelle , et livrait ses pius importantes forteresses et là magnifique rade de ïarente à l'occupation d'une armée française; Cet armistice fut signé à Foligno , le 1 8 février 1 80 1 . Dans cette circonstance^ Paul I" appuyait d'une garantie
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éclatante ce système continental, dont la renonciation 9 stipulée douze ans après dans soa propre palais , devait appeler à Moskou son allié Napoléon , et à Paris son successeur Alexandre. La reine Caroline se détermina avec d autant plus de promptitude à accueillir les dures conditions imposées, que Murat , renforcé d'une partie de l'armée qui venait de détruire celle de l'Empereur son frère, marchait sur Naples à la tête de trente mille hommes. Ainsi , cette princesse perdait encore l'espoir d'être comprise dans le traité que l'Autriche négociait à Lunéville , par la même raison qui avait porté Bonaparte à l'exclure de l'armistice deTrévise. Les douze mille Français qui , sous le commandement du général Soult, gardèrent les places fortes napolitaines, et notamment la ville maritime de Tarente, furent désignés dans la convention d'armistice sous le nom alarmée d'occupation^ et le trésor de Naples devait, chaque mois , payer 5oo, ooo fr. à cette armée pour sa solde. Le traité qui termina la guerre entre la France et Naples n'était qu'une ampliation détaillée de cette convention ; il fut signé à Florence le 28 mars.
Le soir de la bataille de Hohenlinden, Moreau avait dit à ses généraux : « Cest la paix que nous venons de conquérir, » En effet, le comte de Cobentzel , qui était resté à Lunéville malgré la reprise des hostilités, avait changé subitement d'attitude après la victoire de Moreau; dans une note du 3i décembre 1800, il avait déclaré qu'il était autorisé par son souverain à donner à ses pouvoirs l'interprétation que leur avait donnée le plénipotentiaire
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français, et à traiter sans le secours des Anglais. Cette grande concession, dont la conquête venait de causer en Allemagne et devait encore causer en Italie tant de désastres et tant de pertes à la maison d'Autriche, était la paix du continent. La démarche du comte de Cobentzel en formait la déclaration sup-^ pléante. L'occupation de Fltalie et la prise de Mantoue, la partialité du pape, l'accession si directe, si redoutable, de l'empereur de Russie, et l'abais sèment de la cour de Naples , qui allait se rendre à discrétion au premier Consul par l'ordre de ce monarque , amenèrent , le 1 9 février , la signature du traité de Luné ville. Cette fameuse convention , en rappelant toutes les clauses du traité de Campo-Formio , renouvelait à la France la cession de la Belgique, lui conférait toutes les souverainetés de la rive gauche du Rhin, enlevait à l'empereur d'Autriche le protectorat du Corps Germanique , en brisait le lien fédéral, en abandonnait la dotation aux intérêts de Bonaparte; préparait aussi le grand œuvre de la confédération du Rhin; fixait à l'Adige les limites des possessions autrichiennes en Italie; forçaitlacour de Vienne à reconnaître l'indépendance des républiques cisalpine, ligurienne , batave et helvétique ; dépouillait de la Toscane le frère de François II , et sous la vaine dénomination du royaume dÉtrurie , érigé en échange du duché de Parme, faisait du grand-duché une récompense temporaire de la fidélité de la maison de Bourbon d'Espagne à sa haine contre l'Angleterre.
Au moment de la publication de ce traité, les esprits s'émerveillèrent avec effroi de l'apparition du
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fiouvel or^ipe pçilitiqiie qui sortait iQut k cofip 4^9 ch9^lp^ da bataille de rAliemagne et de Tltaliei ^t dM spectacle inconnu que Ia fqrce et la fortune dpp* noient à ruqi\Tr6. Des hommes clairyoyans jqg^rent que Taiitonté despotique des caipps, source de U première royauté, allait se présenter à la Fr^mce soui^ une autre forme , et que n'^y^pt plus rien k attendre de l'amour ou da 1^ reconnaissance du peuple, pi rien k craindre de son ingratitude ou 4^ son inimitié , Bonaparte , él^yé trois foi^ déjà sur 1^ pavois triomphal par Ici défaite de la maison d'Autriche , ne se contenterait plus dëtrc le premier magistrat de sa patrie pandantla paix , ou «on dictateur dan^ ges périls. I^es hommes de 89, qui Rvalept donné tout leur appui, tous leurs vqeuif, toutes leurs espéranœs à la révolution du 18 hrumaire^ rentrèrent encore une fois dans Tasile de leurs sou-? venirs : ils n avaient prévu ni tant de gloire ^ ni tant de puissance après la gloire. Le traité de [^inévillô offrait un examen également redoutable pour tous les partis de la France et pour tous les intérêts eitté^ rieurs; on n'osait toutefois soulever le voile de 1% venii* : on attendait en silence.
Ca fut le 12 février que la nouvelle de la paii da Lunéville vint surprendre la ville de Paris, livrée tout entière aux divertissemens du carnaval. La fête populaire devint tout à coup une fête héroïque; la population se porta d'enthousiasme aux Tuileries , au cri mille fois répété de vwe Bonaparte l elle forma des danses sous ses fenêtres et improvisa las jeux liu triomphe et de la paix; la musique oiilitaire de la garde ^eonsulaire servit d'areheetre au hal pa^^
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mm} k caPQP ju^qp'à la puit accQippagaa les plaisirs de se^ belliqueuses détonations ; les théâtre^ retentirept de chants 4e victoire soudainement enfantés par les poètes de la république; les babitans illuiniqèrent spontanément; les Parisiens exercèrent k J'envi leur joyeuse royauté , qu'ils avaient à peine abdiquée , luéme sous la terreur, l^a haussa d^s fonds, depuis si infidèle aux intérêts de la France , signala dès ce jour la njarphe pu plutôt l'en traînèrent de Topinion ; on spécula sur le traité de Luné ville ^ comme on avait spéculé sur le 1 8 brumaire , et cet agiotage, créé par la gloire qui couvrait la France , parut un gage donné à la fortune publique. La fête la plus brillante fut celle de M. de Talleyrand , ministre des relations extérieures : le premier Consul y reçut l'hommage de tout ce que Paris renfermait d'hommes distingués dans toutes les classes , soit nationaux, soit étrangers; l^s illustrations de la monarchie et de la révolution , vieux seigneurs et vieux républicains, nouveaux riches, guerriers, savans, poètes, magistrats, législateurs, artistes, tout s'y trouva réupi pour bonorer dans la perçonue du premier Consul la passé, le présent et l'avenip. Paris se livrait san« prévoyance à tout le délire de la prospérité nationale; Bonaparte recueillait alors les votes de cet autre i8 brumaire qu'il méditait. Jamais la liberté d'un grand peuple , tel que les Français l'étaient alors , ne succomba à un plus beau péril.
le souvenir de cet enthousiasme, d^ cette $éduction , e3(: sîans doute perdu ; mais le tribut payé à l'industrie par l'hopicae des champs de bataille devait revivre à jamais dana l'institution du 4 mars
1801 : à dater de ce jour, l'exposition des produits manufacturiers et industriels de la France fut décrétée pour la clôture de l'année républicaine, du 17 au aa septembre. Cette création, qui révéla encore une autre supériorité de cette époque si digne de mémoire, éleva la gloire des arts utiles à la hauteur de celle des armes, à laquelle elle a survécu tout entière, et la science , modeste , laborieuse , féconde, eut aussi ses conquêtes et ses trophées. Le génie de la guerre , en repos , vota cet hommage à la paix et le légua à la patrie.