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royauté depuis la fin de i8i3,se trouvaient garantis par les alliés. « MM. de Talleyrand etdeDalberg, dit le même auteur, avalent fixé leur attention d'une manière plus positisfe. On avait poussé Vattentionjusqu à pourvoir à notre avenir^ s'il eût ttt compromis par là issue 1>ES JviiNEBiEirs. »
Cependant on sentait la nécessité de dire quelque chose à la nation dans la déclaration dont le comité venait de fournir l'improvisation à l'empereur Alexandre ; voilà pourquoi cette pièce portait aussi : « Les souverains alliés reconnaîtront et garantiront la constitution que la nation française se donnera; Us invitent y en conséquence , le Sénat à désigner un gour verfiement provisoire y qui puisse poun^ir aux besoins de V administration et préparer la constitution qui CONVIENDRA ATT PEUPLE FRANÇAIS ! » H y avait encorc une autre mission k confier au Sénat, c'était de consulter le peuple français sur la dynastie qui lui con^ venait y et d'ouvrir à cet effet des registres dans tous les chefs-lieux , suivant le mode mis en usage pour l'avènement de Napoléon au consulsit à vie et à l'empire ; cet acte de justice et de franchise eut été une noble démonstration de la sincéritc^. des principes de ta déclaration de Francfort, de celle de ChâtiUon; enfin , de la dernière déclaration de Paris , où les alliés redisaient encore qu'ils voulaient que la France fftt libre, forte, grande, heureuse! Mais l'opinion publique , qui, le jour même de l'occupation de la capitale, n'avait certainement pas eu le temps de se reconnaître, venait d'être surprise dans une embuscade française et étrangère. Prisonnière sans cartel , elle n'était même pas admise à capitulation : on kii ocvmt
DE MA9m4iQn. iSi
Muleniftnt donné d'office un interprète 9 WmM kl tribunaux donnent un défenseur k un nceu^Mni» e$^ poir, et cet interprète était le Sénat, Ce G9ro9 IIV^ÎI fait depuis vingt ans ses preuves de eomplaiaaniw et de docilité. Imperturbable instrument dei volonté! de Napoléon , et accablé de ses bienfaits 9 il n'avait pas appris , dans la longue habitude da rendre dm services et d'en recevoir le prix ^ la générosité qui re$r serre les liens de la fidélité aux sermens enver» \§ prince abandonné de la fortune. Convoqué par AL dt Talieyrand^ et sous la présidence de ce mini^tr^, td qualité de vice^grandf-électeur de l'empire 9 Je Séntt fournit d'urgence à cette convocation upe mînf^ribé choisie , laquelle , en raison d'une délLbération cMp venue 9 nomma un gouvernement provisoire # coinr pQsé de MM. de Talleyrand^ de Beurnon ville ^ de Jau^ court y de Dalberg et de l'abbé de Montesquioy t L>es constituans se trouvèrent en majorité dans H geu^ vernement provisoire , circonstance qui leur inapim le faux espoir auquel ils se laissèrent entraîner t car en doit croire^ à leur honneur^ qu'ils révèrent alors la France de 1 790. Soit poussé par de hautes instigatiiMt^ soit excité par les souvenirs amers d'une ambition déçue, M. Bellard prit sur lui^ copitne président du eoi^ seil générai du département de la Seine, de proclamer que la capitale demandait le rétablissement de la ù^ mille royale ; et en effet il pouvait bien déclanr pottt* Papis , avec le conseil général, ce que trois Fraoçaîa avaient déclaré en présence des chefs de la ooalitioDi pour toute la France. Mais tel n'était pas eacora te ^œu connu des souverains alliés ; ils n'avaienl: spi^ eifié que la déchéance de Kapoléon et Vauur^ d^WfP
i3a ■nroiRi
I constitution qui cowint à la France. Le procès de
Napoléon était perdu , celui de la Maison de Bourbon n'était pas gagné.
Dans la soirée du 3i , le duc de Vicence j d'après les espérances données la veille à Bondy, obtenait Faudience de Tempereur Alexandre et remplissait sa mission. Mais le prince de Schwartzemberg j transformé par lui-même en ministre de la contre-révolution j avait fait signifier au plénipotentiaire de Napoléon qu'il n'était toléré à Paris que comme parlementaire. On alla même jusqu'à lui demander sa parole d'honneur qu'il n'agirait en aucune manière, soit auprès des autorités , soit auprès des individus. Pour mieux trancher la question , on inséra dans le Moni" teur du a avril la note suivante. « Le duc de Vicence, « s'étant présenté auprès des souverains alliés, n'a pu a parvenir à s'en faire entendre. Ses propositions ce n'étaient pas celles que les puissances avaient le « droit d'attendre , surtout d'après la manifestation « éclatante des habitans de Paris et de toute la « France. » Le même jour, à neuf heures du soir, le Sénat, qui avait le mot d'ordre des alliés, déclara «Napoléon déchu du trône, le droit d'hérédité aboli ce dans sa famille, le peuple et l'armée déliés envers ce lui du serment de fidélité.» Le lendemain, une assez forte minorité du Corps-Législatif adhéra au Sénatus-Consulte. La Cour de cassation envoya également son adhésion ; il en fut de même de la part de la Cour des comptes et de la Cour impériale. Des milliers d'exemplaires du Séuatus-Consulte furent expédiés dans les départemens, aux armées françaises , aux armées ennemies et à tous les corps con-
DE ir APOLLON. l33
stituésy pour être simultanément publiés. Le premier secrétaire de Bonaparte, jadis son compagnon de Técole de Brienne, Bourrienne , le jour de l'entrée des alliés , avait pris la direction des postes , que le comte Lavallette , ancien aide-de-camp et l'ami de Napoléon, avait dû quitter le matin pour sa propre sûreté ; la poste était devenue ainsi un puissant agent delà trahison domestique et de l'occupation étrangère. Toutefois , il répugnait à la morale politique de cette époque de constituer un pays uniquement sur la désertion. Les souverains alliés , les princes de la Maison de Bourbon, ce gouvernement provisoire lui-même, bien qu'éphémère, ne pouvaient regarder ces apostasies , les uns comme une garantie suffisante de leur triomphe , les autres comme un gage certain d'une fidélité si subite , le dernier enfin comme une sanction de ses actes.
En effet, il est de l'essence des choses, et surtout des choses politiques, que le moindre obstacle suffise pour les arrêter dans leur marche précipitée. Prévenu par le comité de défection , qui , suivant sa tactique , occupait toutes les avenues des souverains alliés, le duc de Vicence venait, à la vérité, de se voir enlèvera l'improviste la cause personnelle de Napoléon ; mais il lui restait à soutenir celle de la régence et celle de la dynastie impériale. Alexandre l'avait entendu, l'avait même écouté favorablement; le plénipotentiaire avait obtenu au moins une promesse de protection pour les derniers intérêts qu'il était chargé de défendre. Il avait balancé pendant douze heures toute la coalition anti-napoléonienne , soit française , soit étrangère ; il avait su regagner tout le terrain conquis
t34 ànToiRE
|>ar la irâhiëon : en Un mot , il était parvenu à re«> llllettfe SU doute la question de l'andenUe dynastie i i^ûe le priACe de Bénévent et son parti croyaient avoir déddée. Mais, avant de se prononcer défîâitivd- Metit sur une affaire aussi grave et aussi compliquée dàUsses chances 9 Tempereur Alexandt^ voulut réunir le jour même ^ 3 avril ^ les principales notabilités de Parié f et présider un grand conseil de famille , où lieraient portés et discutés les intérêts de la France » tant par rapport à elle que par rapport à FEurope : ix II faut décider^ dit TEmpereur dans cette réunion^ « quel est le gouvernement qui convient à la France « pdur remplir ces deux objets. » La discussion ^ en«> tamée dans Tesprit de modération dont Alexandre Venait de donner Fexemple ^ fut suivie en toute li^ bette 9 et la balance des opinions des étrangers pen»chait évidemment pour la régence. Mais le général Dessôles 9 nomtné la veille au commandement de la garde nationale^ prit la parole, et^ plaidant avec chaleur la cause de ceux qui ^ comme lui , s'étaient aventurés dans l'œuvre de la restauration , fit re* prendre à la déclaration du 3i mars tout son empire. Ainsi le procès fut jugé de nouveau contre Napo* léon. Remonté dans ses appartemens, l'empereur Alexandre reçut le duc de Vicence, et lui déclara que Napoléon devait abdiquer. Le duc partit pour Fon*tainebleau.
Pendant que ces choses se passaient à Paris, Tlmpératrice-régente , établie à Blois avec le gouvernement, faisait publier cette proclamation, dans laquelle elle plaçait les droits de son fils et sa personne %6tt* là sauvè^nlè des Francis î
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•c Français!
tf Les éyénemens de la guerre ont mi» h capitale € au pouvoir de l'étranger. L'Empereur ^ accouru ce pour la défendre, est à la tête de ses armées si sou- « vent victorieuses : elles sont en présence de l'entf nemi , sous les murs de Paris. C'est de la résidence tf que j'ai choisie j et des ministres de l'Empereur , a qu'émanent les seuls ordres que vous puissiez re- < connaître. Toute ville au pouvoir de l'ennemi cesse « d'être libre , toute direction qui en émane est le « langage de l'étranger, ou celui qu'il convient à ses tf vues hostiles de propager. Vous serez fidèles à vos « sermens; vous écouterez la voix d'une princesse a qui fut remise à votre foi, qui (sût sa gloire d'être « associée aux destinées du souverain que vous avez a choisi. Mon fils était moins sur de vos cœus au « temps de vos prospérités; ses droits et sa personne a sont sous votre sauve-garde. »
Le lendemain de cette pnoclamation , qui resta inconnue à Paris , où elle ne fut colportée que secrètement, le comte de Scbouwaloff et le baron Saint- Aignan vinrent à Blois, l'un au nom de l'empereur de Russie , l'autre au nom du gouvernement provisoire, déclarer à l'Impératrice , dont le projet était de se rendre à Orléans et à Fontainebleau , qu'elle devait partir pour Rambouillet, avec son fils. Cette princesse écrivit à son père et à son époux pour se plaindre de la violence exercée contre elle. Arrivée le lo à Paris, M. de Mettemich s'empara de la lettre adressée à l'empereur d'Autriche ; M. de Bausset
porta l'autre à Fontainebleau : « J'abdique et ne cède rien y » lui dit Napoléon , après avoir blâmé le départ de Marie-Louise pour Blois.
On a vu que dans la soirée du 3i mars, qui avait suivi le conseil des alliés , les membres du comité de défection s'occupèrent de s'assurer d* un des généraux les plus influens. En effet, le a avril, des pourparlers avaient lieu entre Marmont et Schwartzemberg d'après la négociation entamée par le gouvernement provisoire avec ce maréchal. Ainsi on ne négligeait aucune précaution contre l'ennemi commun , et afin qu'il n'y eût rien d'intact autour de Napoléon , la trahison s'introduisait jusque dans ce qu'il appelait sa famille militaire. Le généralissime avait été s'établir au château deChevilly, voisin d'Essonne. Le lendemain, le maréchal Marmont reçut , à son quartier- général d'Essone^ une lettre par laquelle le prince de Schwartzemberg^ en lui envoyant les papiers publics, ainsi qu'une mvitation du gouvernement provisoire de se ranger sous les drapeaux de la bonne cause Jrançaise y l'engageait à écouter ses propositions. Le maréchal se hâta de répondre «que l'armée étant déliée par leSénat « de son serment de fidélité , il était prêt à quitter, « aifeç ses troupes y l'armée de l'empereur Napoléon aux « conditions suivantes : Que le prince de Schwarlr « zemberg garantirait à toutes les troupes Jrançaises « qui quitteraient les drapeaux de Napoléon Bonar « parte , de pouvoir se retirer librement en Nor- « mandie , avec armes et bagages ; et que si y par suite ic de ce mouvement y les é\>énemens de la guerre fai^ « saient tomber entre les mains des puissances alliées « la personne de Napoléon Bonaparte , sa vie et sa lir
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« berté lui seraient garanties dans un espace de ter^ « rainy et dans un pays circonscrit ^ au choix des puiS" oc sances alliées et du gouvernement Jrançais. » Le 4 avril , le prince de Schwartzemberg envoya au maréchal la garantie demandée. Ainsi l'aide-de-eamp Marmont savait que son mouvement livrait son gé-^ néral aux ennemis les plus acharnés , et il avait la générosité de mesurer la ferre où son Empereur res-^ terait captif!... Un espace de terrain!... Marmont aurait-il deviné Saint-Hélène ?
Dès le I®' avril, le lendemain de son arrivée à Fontainebleau, l'Empereur n'avait pas perdu un seul moment pour la réorganisation de l'armée, et le jour suivant il avait mis en discussion un plan de campagne. La question était, ou de manœuvrer autour de la capitale , ou de se retirer sur la Loire. Le premier avis avait prévalu , et par suite des dispositions que Napoléon prit alors, il désigna pour son quartier-général Montlignto , au lieu de Ponthierry. Le 3, après avoir passé sa garde en revue, il lui avait dit :
« Soldats!
a L'ennemi nous a dérobé trois marches et s'est a rendu maître de Paris ; il faut l'en chasser. D'in- « dignes Français, des émigrés, auxquels nous avions « pardonné , ont arboré la cocarde blanche et se sont a joints à nos ennemis. Les lâches! ils recevront le a prix de ce nouvel attentat. Jurons de vaincre ou de te mourir, et de faire respecter cette cocarde trico- « lore qui , depuis vingt ans , nous trouve dans le « chemin de la gloire et de l'honneur. »
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Ce serment avait été prononcé par la garde avec enthousiasme : toute la soirée ^ les soldats dansèrent des farandoles aux cris de vù^e l'Empereur ! allons à Paris ! Napoléon se vit même obligé de cont^air Feffervescence guerrière qui s était emparée de ses troupes. Cependant 9 dans cette même journée, remplie d'événemens , de circonstances f d'actes de toute nature, l'annonce de la déchéance proclamée parle Sénat 9 celle de l'abdication demandée par les alliés | tous les journaux y tous les pamphlets de la capitale, étaient partout colportés, grâce aux émissaires du gouvernement provisoire et aux amis des hôtes du palais de Fontainebleau. C'était par Essonne , et avec raison , que toutes ces nouvelles pénétraient dans l'intérieur de Napoléon et sous les tentes de sa fidèle armée. Mais si la déchéance était débattue dans le palais y au camp elle était hautement rejetée. Les acclamations de la garde prouvaient suffisamment l'esprit du soldat. Quant aux che^ de l'armée , aux ma* réchaux y il s'en trouvait qui paraissaient r^arder la question de l'abdication comme un asile au moins pour la patrie , et ils se disposaient à l'aborder avec l'Empereur à la première occasion.
Le duc de Viceuce arriva à Fontainebleau dans la nuit, et rendit compte à Napoléon de la décision fatale dont il était porteur. Napoléon se détermina alors à adjoindre au duc de Vicence deux plénipotentiaires qui , par leur influence personnelle , donneraient des représentans aux intérêts de la France, à ceux de l'armée , et du poids aux vœux que cette armée , encore menaçante pour les alliés , formait si hautement en sa faveur! lie lendemain matin, Napo-
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léon désigna les maréchaux Ney et Marmont. L'acte d'abdication fut discuté , rédigé et signé en ces termes :
« Les puissances alliées ayant proclamé que Tem-* a pereur Napoléon était le seul obstacle au rétablis*^ « sèment de la paix en l'Europe, l'empereur Napo* <c léon , fidèle à son serment , déclare qu'il est prêt à « descendre du trône, à quitter la France, même la « vie , pour le bien de sa patrie , inséparable des tK droits de son fils , de ceux de la régence de l'Imft pératrice et du maintien des lois de l'empire.
<( Fait à notre palais de Fontainebleau , le 4 avril « 1814. Napoléoit. »
Le duc de Bassano écrivit à M. de Metternich pour l'informer de l'abdication et de la condition que Na** poléon y avait mise. Cette dépêche fiit portée à M. de Metternich à Villeneuve-l'Archevêque, à quelques lieues de Sens. Ce ministre n'avait garde de se hâter de se rendre à Paris ; l'Autriche voulait achever son ouvrage ; c'était elle qui , de Prague , avait amené les alliés à Paris. Le système de son vieux cabinet poar l'abaissement de la France devait prévaloir sur tous les liens du sang. Depuis un an Schwartzemberg n'avait rien laissé de douteux à cet égard , par ses paroles au duc de Bassano : <ii La politique ajait le mariags ; la politique peut le dissoudre. » Le moment était venu.
Tandis qu'on expédiait les pouvoirs des négociateurs, on annonça à l'Empereur que le maréchal Mâedônald venait d'arriver à Saiftt-Diïier avec doa
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corps d'armée. Entraîné par la destinée, Napoléon se sentit encore pliis frappé de l'importance du corn* mandement d'Essonne, où était le maréchal Mar« mont. C^est /à, dit Napoléon , que s^ adresseront toutes les intrigues, toutes les trahisons de Paris. Iljautque faie à ce poste un homme comme Marmont, mon enjant, élevé dans ma tente] » Et Macdonald fut nommé plénipotentiaire. Cependant le prince de la Moskowa , les ducs de Vicence et de Tarente , reçurent l'ordre formel de dire au duc de Raguse , en passant à Essonne ^ que Napoléon l'avait aussi choisi ; mais que ne pouvant refuser à sa fidélité , garantie par tant de bienfaits d'un côté et par tant de services de l'autre, ce dernier témoignage de sa confiance et de son affection, il le laissait maître de se joindre à ses collègues dans le cas où il ne croirait pas être plus utile à l'Empereur à Essonne qu'à Paris. Malgré l'imminence de ses périls et la sagacité de son esprit, il n'avait pas été donné à Napoléon de tout prévoir.
Porteurs de l'abdication, les trois plénipotentiaires prennent la route de Paris. La veille, on avait ordonné aiuc troupes de se mettre en mouvement : la garde impériale s'était ébranlée pour occuper Montlignon , où Napoléon avait résolu d'établir son quartier-général. Arrivés à Essonne , les plénipotentiaires descendent chez le duc de Raguse, et lui font connaître les ordres de l'Empereur. Us devaient attendre, pour aller plus avant, l'autorisation du général ennemi; le maréchal les retint à dîner. Bientôt il confie à Ney et à Macdonald qu'il a traité avec Schwartzemberg; il voulait parler de la convention d'Essonne, ratifiée le matin même à Chevilly» Un moment
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après, le duc de Yicence reçoit cette confidence du maréchal Màcdouald. Alors la conversation devient générale ; elle est des plus vives de la part des plénipotentiaires de Fontainebleau : celui d'Essonne paraît céder à la puissance des sentimens qui combattent sa conduite ; il leur affirme que rien n'est signé , et qu'il les suivra à Paris. Les plénipotentiaires, dans la persuasion que cette affaire repose sur Marmont , lui proposent ou d'aller à Fontainebleau tout avouer à l'Empereur , ou de les accompagner à Chevilly et de tout dénouer avec Schwartzemberg ; Marmont se décide pour le dernier parti. Avant de monter en voiture, il déclare en présence de ses collègues, au généraux Souham et Bordesoult, ses principaux divisionnaires, que l'arangement convenu avec le généralissime doit être regardé comme nul , qu'il ne tardera pas à revenir , et il leur ordonne de garder leurs positions ; il ajoute qu'il ne sépare point sa cause de celle de l'armée. Arrivés au château de Chevilly, le prince de la Moskowa , les ducs de Vicence et de Tarente, entrèrent chez le prince de Schwartzemberg, qui seul pouvait transmettre aux nouveaux plénipotentiaires l'autorisation nécessaire pour pénétrer jusqu'à Paris et remplir leur mission. Le duc de Raguse demeura dans la voiture , « préférant , dit-il , ne voir le généralissime qu'après leur visite. » Le maréchal Macdonald , ayant appris que le prince royal de Wurtemberg était malade dans le château, monta à son appartement. Le prince lui parla de la convention de Chevilly comme d'une affaire totalement terminée, et dont rien ne devait arrêter l'exécution. Macdonald quitte le prince et court à la voiture, où il avait laissé
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MarmoQt; mais il ne l'y trouva plus : Marmont était chez le généralissime autrichien. Macdonald raconta alors au duc de Vicencc ce qu'il tenait du prince de Wurtemberg. Un moment après , Marmont les rejoi» gnit dans le salon , où il fut suivi presque immédia* tement par le généralissime. Le duc de Baguse essuya de vi& reproches, balbutia, allégua l'embarras d# s'expliquer devant tant de personnes , et assura qu'il avait rempli sa promesse ; Schwartzemberg ne dé» mentit aucune des paroles de Marmont. Enfin , l'aii^ torisation de se rendre à Paris étant venue, les pl^ flipotentiaires se mirent en routé. Le maréchal Marmont partit avec eux «/wwr mpéter^ leur dit41, la même déclaration à l'empereur Alexandre , la né* gociation açec le prince de Schwartzemberg é^tnf connue do S. M, /.y» A une heure du matin , ils furent admis en présence de l'empereur , qui les reçut av^ç bienveillance. Ils reproduisirent dans toute leur fon^ les premiers argumens du duc de Yicence , relatifs ^ 4a déclaration du 3i mars. « I^ régence, direntâlsy .« n'avait point eu de défenseurs ; elle avait été jugée M et condamnée par défaut. » Loin d^ rejeter leyrs raisonnemens , l'Empereur écouta avec intérêt la leqture que lui fit le duc de Vicence de quelques artir clés rédigés d'avance à Fontainebleau, et les discuta, même sans y faire beaucoup d'objections. Il était deur heures du matin : l'empereur congédia les plénipotentiaires, et les ajourna à midi. Us s'éloignèrent, rassurés par l'impression qu'ils venaient de produira, par les dispositions qu'on leur avait montrées , et pj^ la renonciation de Marmont aux engagemens de Qb^ villy.
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Ils s^étaient réunis à onze heures et demie chez le maréchal Ney . attendant Finstant où ils devaient revoir Fempereur Alexandre. Marmont arriva, et bientôt on l'avertit que son premier aide-de-camp, le colonel Fabvier, le demandait. Il sortit, et rentra cinq minutes après , pâle comme la mort : « Souham « et Bordesoult , dit-il , ont enlevé mon corps d'armée.
« Pabvier est venu en toute hâte » Et l'on appela
Fabvier , qui rendit compte de l'événement. Marmont dit qu'il allait ramener ses troupes, chose impossible, puisquVles se trouvaient, depuis la pointe du jour , dans les lignes des ennemis ; elles étaient parties avec ardeur, dans Fespoir qu'on les menait au combat ! Bien qu^aucune illusion n'abusât les plénipotentiaires sur cette irréparable aventure, ils engagèrent le maréchal à faire tout ce qu'il croirait devoir tenter pour tenir la parole qu'il leur avait donnée à Essonne , renouvellée à Chevilly et à Paris. Midi était déjà sonné; ils n'avaient pas un moment à perdre pour paraître chez Fempereur Alexandre : ils dissimulèrent autant que possible leur dévorante anxiété; car tous leurs efforts seraient vains si Alexandre apprenait cette défection. Ce prince les accueillit aussi bi«n que la nuit précédente, et la conversation avait repris un cours favorable , quand un officier se présenta et parla en russe à l'Empereur : « Nous sommes pendus , dit tout bas le duc de Vicence au maréchal Macdonald, V Empereur sait que le corps de Marmont a passé, » Alexandre sortit un moment, puis il rentra. Mais la discussion des articles , presque approuvée dans la conférence de la nuit, i^ant recommencé, donna lieu de la part de ce souverain à une #M)e
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d'objections : la défection du premier corps avait tout changé. La suite de l'entretien fut remise à cinq heures; on parla avec chaleur de l'année et de ses sentimens : «Messieurs, dit l'Empereur avec vivacité, <c vous faites sonner bien haut la volonté de l'armée, «( et vous n'ignorez pas que le corps du duc de Raguse <c a passé de notre côté; d'autres sont encore dans <c les mêmes dispositions : on est las de la guerre. Nous t< ne voulons que le bonheur de la France : peu nous « importe son goui>ernement, s'il la rend heureuse. Nous oc ne voulons aujourd'hui que ce que le vœu national « a déjà proclamé. // repousse la régence y comme il « a repoussé l'empereur Napoléon. Je vous déclare m donc que nous ne pouvons admettre que son ab- « dUcation absolue; à cette condition seule ^ vous pou- « çe2 regarder la paix comme faite. Nous nous engacc geons à faire assurer à l'empereur Napoléon une (c existence indépendante et convenable sous tous les « rapports. » Les plénipotentiaires se récrièrent en vain contre cette étrange détermination, si différente des espérances qui leur avaient été données. Ils combattirent vivement la conséquence que l'Empereur tirait de la défection du sixième corps, et affirmèrent qu'elle ne serait suivie d'aucune autre. Efforts inutiles! L'arrêt européen venait d'être prononcé par Alexandre, en l'absence de François II, mais de concert avec le gouvernement provisoire. Les plénipotentiaires durent se résigner à retourner à Fontainebleau pour porter à l'empereur Napoléon la nouvelle décision du vainqueur.
Le duc de Vicence ayant eu des audiences particulières de l'empereur de Russie, dans une de ces
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audiences , le 3 avril , il avait été question de choisir le lieu de retraite qui serait assigné à Napoléon. Alexandre avait désigné l'ile d'Elbe au lieu de Corfou et de la Corse dont on avait parlé. Le 5 avril , on lisait dans le Moniteur : « S. M. l'empereur de Russie , « dès qu'elle a su le changement opéré dans le gou- « vemement français par le Sénat , et l'établissement t< du gouvernement provisoire , a fait proposer , au ce nom des puissances alliées, à Napoléon Bonaparte, 'tf de se choisir un lieu et un établissement de retraite ic pour lui et sa famille. M. le duc de Vicence a été a chargé de lui remettre cette proposition. » Ainsi cette détermination sur l'abdication absolue datait du a avril. Napoléon devait en avoir eu connaissance, et sans doute elle lui revint à l'esprit le 4 > après le départ de ses négociateurs. La renonciation qu'il avait signée en faveur de son fils lui parut alors , non plus un sacrifice qu'il faisait généreusement à la France , mais une démarche que sa haute raison frappait de nullité. « On a votdu , dit-il , me faire abdiquer en face veur du roi de Rome, je l'ai fait; cependant ce ce n'est pas l'intérêt de la France. Mon fils est un enic fant , ma femme n'entend rien aux affaires. Vous ce auriez donc une régence autrichienne pendant ce douze ou quinze ans , et vous verriez M. de Schwartce zemberg , vice-empereur des Français : cela ne peut ce vous convenir. D'ailleurs il faut raisonner : quand ce même cela entrerait dans les vues de l'Autriche, ce croit-on que les autres puissances consentent jamais ce à ce que mon fils règne tant que je vivrai? Non cerce tainement. Elles auraient trop peur que j'arrace chasse le timon des affaires des mains de ma