‹ Histoire de Napoléon (volume 5)Chapitre 3 sur 33 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

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BEEREir, DE DUTHEWm, DE LA KATCBACH. TRAITE DE LA TRIPLS

ALLIAVCS A TOKPLTTE.

Napoléon avait trois pensées dominantes pour la seconde campagne, l'occupation de Berlin par les armées concertées des maréchaux Davoust et Oudinot, celle de Breslau par Tarmée de Lusace, aux ordres du maréchal Ney, et enfin celle de Prague par la grande armée , qu'il commandait. Le i o août j l'armistice avait été dénoncé ; le même jour, l'Autriche, disait son manifeste , réunie de principes aux puis^ sances (want même que les traités eussent consacré leur union, voyait déjà son armée en ligne avec ses nouveaux alliés. Bardai de ToUy avait , pendant les derniers jours du congrès, fait faire plusieurs marches en Bohême aux quatre- vingt mille hommes qu'il amenait de Pologne. Moreau , le général républicain Moreau , armé jadis contre la tyrannie consulaire , venait de rompre le ban de son exil, et parjure à la fois à la loi qui l'avait banni, à la patrie à qui il avait dû tant de gloire , mais docile à l'appel de Bemadotte, était arrivé à temps au quartier-général de l'empereur Alexandre , pour s'associer à la haine des rois contre la France et contre Napoléon. Cependant

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les hostilités ne devaient commencer que le 1 7 , six jours après la dénonciation de l'armistice ; mais le 12, le maréchal Blûcher , connu depuis sa retraite d'Iéna sur Lubeck pour être peu scrupuleux en fait de bonne foi , fit marcher ses troupes sur le terrain de la neutralité. Il était entré dans Breslau , et ensuite à Jauer. Le maréchal Ney, placé à Liegnit^, attendant religieusement le dernier jour de la dénonciation , se trouva surpris par Bliicher, et, après cinq jours de résistance, fut forcé d'abandonner Goldberg, Liegnitz, Haynau et Buntzlau. Ainsi, la campagne s'ouvrit, du côté des alliés, par une violation des droits de la guerre. Des commissaires de l'armistice , le baron de Krusemarck et le comte Schouwaloff, manifestèrent hautement leur indignation.

Les ennemis ont cinq cent mille hommes sous le drapeau , divisés en trois armées : celle de Bohême , dite la grande armée, sous le prince Schwartzemberg; l'armée de Silésie sous le maréchal Bliicher ; et l'armée du Nord sous le prince royal de Suède. Napoléon a trois cent mille hommes y compris la garde, formant onze corps] d'armée qui] obéissent à Vandamme, Victor, Bertrand, Ney, Lauriston, Marmont, Reynier, Poniatowski, Macdonald, Oudinot, Saint-Cyr. La cavalerie, sous les ordres du roi de Naples, est commandée par Latour-Maubourg , Sébastiani , Arrighi , Kellermann ; Mortier conduit l'infanterie de la garde, Nansouty la cavalerie. Hors de ligne, Davoust compte vingt mille, hommes sous Hambourg, Augereau vingt^quatre mille en Bavièrie; le prince Eugène organise en Italie trois corps d'armée qui seront portés à cinquante mille hommes. Le»

alliés ont aussi hors de ligne près de cent mille hommes y dont une partie compose le corps de l'Elbe inférieure sous le général Walmoden , et l'autre est en marche de la Pologne avec le général Beningsen. L'Autriche a une forte armée sous le général Hiller, en Italie ; elle a mis activement dans la balance cent trente mille^ combattans. Si elle était restée neutre, la coalition n'aurait eu que soixante à soixante*dix mille hommes de plus que la France, et Napoléon à la tête de ses braves eût égalisé au moins cette différence. L'Empereur, parti de Dresde le i5 août, avance avec sa garde sur Bautzen. Le i8, à Gorlitz, il est rejoint par le duc de Vicence, à qui M. de Metternich a renouvelé V ultimatum de la guerre au nom de François et d'Alexandre. Le dessein de Napoléon est de menacer les communications entre l'armée de Bliicher , celle de Bardai et celle de Schwartzemberg* Le 19, Napoléon touche à Zittau, occupée par le corps de Poniatowski, et entre avec lui à Gabel. Il espère pouvoir couper le reste de la Bohême aux colonnes de Barclai et de Wittgenstein. Mais il apprend qu'il n'a en face qu'une division autrichienne , commandée par le négociateur Bubna, et que depuis deux jours Barclai et Wittgenstein sont en ligne avec Schwartzemberg. Toutefois connaissant la lenteur autrichienne, il pense qu'il a le temps, avant de prévenir l'ennemi à Dresde, de courir en Silésie, et de repousser les cent mille hommes de Blûcher au-delà des positions que le maréchal Ney a été contraint de leur abandonner.. Arrivé , le ai , à Lowenberg avec vingt-cinq mille hommes , il fait jeter des ponts sur le Bober : Maison , à la tête du 5* corps,

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attaque vivement York en avant dé iipwêmbierg^ eu même temps Ifey et Marmont cbaaseat Sackon de Buntzlau i tandis que Macdon«ld et Lauriston mena*^ cent le centre de Blûcher. A la manière dont s'exécu* tent ces mouvemens, Bliicher a deviné que Napoléon est là p et il ne cherche plus à disputer le terrain : cependant une retraite trop précipitée poiinrait com^ promettre sa gauche; en conséquence, 41 se concentre derrière la petite rivière de Haynau. Mais l'armée française continue son attaque avec vigueur, et il doit se réfugier derrière la Katzbach. A la fin de cette journée a lieu la première défection dans nos rangs ; un' régiment de hussards westphaliens pass^ en entier à l'ennemi , malgré nos succès. Enfin , le ^3 août , se termine la poiu^uite de Bliicher par Napoléon. Défait de nouveau à Goldberg, le général prussienne retire en toute hâte sur Jauer; où le a4 il réunit son armée. Pendant les trois jours qui ont vu Napoléon à la tête de son armée de Lusaoe , le terrain de la neutralité usurpé par Blûcher a été re** conquis presque en entier, et cette armée a repris les positions qu'elle avait le la.

Napoléon avait bien calculé ; il a eu le temps et battre et de repousser Blûcher : il aura celui d'arri*» ver à Dresde avant Schwartzemberg. Peut-être laisse^t-il avec regret à ses lieutenans cette valeureuse armée de Lusace , où il a pendant trois jours fixé la victoire. Mais avant de quitter Lov^enberg, le â3 , ii donne pour instruction au maréchal Macdonald , qui remplace le maréchal Ney au commandement, de concentrer toutes ses troupes , d'éviter la bataille , de se rejrfoyer sur la Queiss , et même sur le camp de Dresde ,

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