‹ Histoire de Napoléon (volume 5)Chapitre 7 sur 33 · LIVRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈME

CHAMTaE PREMIER.

m tX niaociÂtiozf di Francfort. — i>àFRCTiov Dif koi bs ttà^ÛM -^CAttfàiwiR HA FAiiTOk •'-^ OMfaRài m cBAOcujDir.

ANN^E 1 8 1 4 commence pour Napoléon sous de sinistres auspices : sur les bords de la Baltique, les vingt mille braves, reste de la garnison de Dantzick, sont, au mépris de la capitulation , envoyés dans les déserts de la Russie par l'ordre d'Alexandre, au nom duquel le prince de Wurtemberg les a déclarés libres de retourner en France ; Genève , qu'un lâche magistrat vient d'abandonner, a ouvert ses portes que l'on pouvait défendre long-temps contre Bubna ; Lyon, confié au maréchal Augereau déjà indigne de lui-même , Lyon , qui doit sauver le Midi de la France, si le duc de Castiglione se souvient de ce qu'il a fait autrefois et des dernières instructions de Napoléon , menace de tomber ^ux n^ains de Tennemî. Seronsnous plus heureux dans les négociations? La tournure

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qu'elles prennent ne promet pas une réponse &vo-

râble à cette demande.

Le duc de Yicence , muni des pleins pouvoirs de FEmpereur, n'avait pu être admis auprès de M. de Metternich. Le 1 8 janvier , il attendait encore ses passeports aux avant-postes français. Napoléon avait lu clairement dans les propositions des alliés , lorsqu'il disait à ses plénipotentiaires qu'elles n'étaient qu'un masque. £t sans doute , après les démarches officielles qu'il avait fait résulter de la note confidentielle de M. de Saint-Aignan , il n'était point permis d'accuser l'Empereur de ne pas vouloir mettre un terme à la guerre , quand , d'ailleurs y il ne comptait plus qu'une petite armée de cinquante mille hommes pour défendre la France assigée par un million de soldats. La paix n'était pas seulement un devoir pour lui ; elle était une nécessité, une loi de la fortune , et d'une fortune propice y si la conduite des alliés s'accordait avec leurs déclarations.

Ce même mois de janvier devait encore être fatal à l'honneur du diadème. Un souverain à qui la France donnait depuis vingt-ans le titre de son premier soldat, que Bonaparte , en reconnaissance de cette valeur devenue historique pour la nation , avait uni à sa famille et doté d'une des plus belles couronnes de l'Europe, le roi Joachim oublie tout à coup qu'il n'est rien sans la France et sans Napoléon. Il imite Bernadotte , dont toutefois la condition politique est bien différente , et il court se placer à la suite des intérêts et des défections des anciennes dynasties. Le 6 de ce mois, il a signé un armistice avec l'Angleterre ; le 1 1 , un traité d'alliance offensif et défensif avec l'Autriche ;

en vertii de ce traité, trente mille Napolitains doivent marcher contre la France. Ces étranges conventions, eonSieiUées par les passions privées, par les haines implacables des obscurs amis de Murât , entraînent la perte de l'Italie , et vont devenir une des princi<* pales causes de la chute de Tempire français. Elles ferment au vice-roi la route de Vienne , qu'une bataille combinée avec le roi de Naples lui aurait infailliblement ouverte.

La France semble marquée de la même fatalité au dedans qu'au dehors, au commencement de cette année. Dans le courant de janvier, le Fort-Louis, Montbelliard , Haguenau, le Fort-l'Écluse , Saint- Claude, Cologne, Trêves , Vesoul , Épinàl , Forbach, Bourg-en-Bresse , Nancy , le fort de Joux, Langres, Kjon, Toul, Chambéry, Châlons-sur^aône, Bar-sur- Aube , sont occupés par l'ennemi. Avant la fin de janvier, la France est saisie au nord, à l'est, au sud; die n'a plus de frontière où elle a un voisin : la mer, sous le joug de la marine britannique, complète le blocus continental qui nous enveloppe de toutes parts. Cependant Napoléon , oubliant la résistance pditique qu'il vient d'éprouver dans le Corps-Législatif, a appelé aux armes toute la population virile des VoSges, de la Haute-Saône, de l'Isère, de la Drôme, du Jura , du Doubs , du Mont-Blanc , de la Côte-tfOr , de l'Yonne , de l'Aube, du Haut et du Bas- Rhin. On donne aux levées en masse de ces départemens des officiers et des généraux qui y sont nés ; le général Berckeim a sous ses ordres toutes celles de l'Alsace. Dès le 8 janvier, un décret a mis en activité les trente mille hommes de la garde nationale de

86 JU»Ti^RE,

Paris ( l'Empereur les comioande en chef, et prend le iparécd]^ MoQcey p<mr major^néral* Cette armàe est rannée de la c^itale; c'est elle qui, en 1789^ a ffÀt la révolution } mais jamais elle n'aura m lu pluib grand périK Les invalides de Fleuras p de J^mmapes. d'Arcole» d'Auterlit^i d'Iéna, d'ËssUng, de Wagram, de f riedland y et qudques*un$ de Moskou $ demandent à partager les travaux de la défense nationale ; plusieurs centaines de ces vétérans généreux vont grossir les bataillons de l'armée active : <t I*e moment est ff venu, disait le Monùeur, où de tons les points de (ç ce vaste empire les Français qui veulent délivrw <( promptement le territoire de la patrie et conserver a l'honneur national que nous tenons de nos pères , <c doivent prendre les armes et marcher vers les « camps j rende;i^vous des braves et des vrais Fran*- (c çais« » En effet , malgré les discours perfides des conspirateurs de Paris , c'était bien pour la France et non pour Ij[apoléon que la nation était appelée aux armes*

L»a devinée de Napoléon dépend de la guerre et du congrès qui en suivra toutes les phases ; heureux, il dictera encore la loi , et rejiverra les étrangers de France pour n'y plus revenir; malheureux, il perdra sa couronne , avec la douleur de voir le territoire sacré au pouvoir des alliés» Pour soutenir la guerre ^ il invoque son génie dont il a la confiance d'obtenir de nouveaux prodiges ; mais en même temps la pru* dence lui cpnsealle de ne rien négliger dans les négociations, de même que sa dignité lui prescrit de prendre une attitude convenable par une déclaration franche da sçs résolu^ons : il fait donc écrire au duc

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« mji^ami^ki dui réu^l)lUisement des Bqmrboiifi,.. S^ <9 Majpsté i»e vo^t q\^ troiaf partis ; p^ CQinb^ttrç! çjij <t vwipre , au poa^lîattre fit mourir glaneu^elW^t % Q\\

I^pol^QBL fliva^l ^Ht prév^^ et np pwy^it plu?' être. swpBis par aucune c^çe du ^rt,

Le a3 Jîmvier, «^prèfi avftir confié le roi de ftowe Qt sa iftfîPG^ à- 1^ fidélisé ^e }» g^rde natia^ile , l'Empi^-i p^r Piigqe lep letjrea p^it^nfes q^i^^ cqnfpreiRt I# x&r g^ce ^ VliUpép^trifîej }ç 24, p^ uftp çc^^ncifr qjie^^ riep pe jwti£i0} il abaii^Qlu)^ 1^ capitale de 1^ ^r^nçe. à spn frère Joseph] qui s'était laissé ravir Ma4pi4 ^% l*6^pfM»> 4£iP^ la AUi( I it eiubrs^e ç^ feç^me pt squ Qls ppur la dernière im^ et part, 1^ a 5 au ffiatip, ep jurant 4^^ ^ii»çr§ ^t 4e ^fuiver la pstriç. Quoique tpute l'Ë^fppe iK^it armée f^o^^re lui ^ il tieudra ce &er-. qi^ ^'U fi'e^t paç ^ipalii pai? ém cpinpgfiMW^s d'aride», liie d6 1 Ifi q^artierr^é^èpal se trouve à Chàlaw-^^urr ]tfarne| les avanfe^po^tefit «oiit è Vitry. Kapoléion Tî^i^^ d'wtrer eu pfi9i|>gn§. 1^9^ trqnpes W»t njauopuvrer 4ftns; ce^ plaioea de Walmy où , vingt an« aiiparai^Wt,» le^ FrwQ944 iput y^mparté leur piwwaiièpe . vietoire cçRpitr^ le^ Fru«i»seaii^ ^m^^ le vienn^Udrmwii qui leii

couduit eudore- Kappléc^i passe toute lafipîréeà ren ctt^Uir 40S «^u^iall^s ^ et v^ûei oe qu'il apprend : la gn^d^'^rmée A^i^iebienae ^ descendue des Yoi^ge^^ a dir^é fkfi plu^ iwte oplftune «ur Trayez j un eprps de yifSîUQ gftilde > /op^^i^^dé par le duc^de TrpiAseï^

88 HISTOIEE

a défendu le terrain pied à pied , et Hvré de glorieint combats à Ck>lombey-les*I)eux-Égli8es et à Bar-sur- Aube ; mais la ville de Troyes n'en court pas moins un danger imminent. Le duc de Raguse est derrière la Meuse, entre Saint-Michel et Yitiy; le duc deBet lune , qui' semble destiné partout à commettre des Êiutes presqu'aussi fetales que des trahisons, a abandonné les défilés des montagnes , et s'est rephé , ainsi 'que le prince de la Moskowa , sur Yitry-le-Français. Toute l'armée française, moins le duc de Tarente que le duc de Yalmy doit attendre à Chalons, se trouve réunie sous la main de l'Empereur; instruit que le duc de Trévise se retire de Troyes , il lui donne avis de sa marche , et vole , dès le ay , attaquer un corps de Blûcher à Saint-Dizier, le chasse de cette ville avec vigueur , et coupe en deux l'armée de Silésie. La présence de Napoléon jette la terreur parmi les ennemis , elle ranime le courage des habitans et nous amène une foule de nouveaux défenseurs ; on déterre ses armes, on se précipite sur l'ennemi; on lui fait de nombreux prisonniers ; l'enthousiasme est universel. Napoléon a résolu d'empêcher la jonction de Blûcher avec Sch wartasemberg , et se dirige vers Troyes par Brienne , où la rupture du pont de Lesmont-fiur-Âube avait retenu ce général. Napoléon s'en réjouit ; il voudrait qu'une grande bataille , livrée pour le salut de la France , immortalisât ce bourg de Brienne , son second berceau, cette école militaire que, trente ans après en être sorti , il est réduit à conquérir sur des Russes et des Pnssiens. Tandis que le duc de Trévise va revenir à Troyes, par les ordres de Napoléon, l'armée arrive, k travers une forêt im*

DE NAPOLEOir. 89

praticable pour d'autres soldats que des Français , sous Brienne. ]!f os attaques sur les terrasses du parc et à l'entrée de la ville basse sont si vives , que BKîcher pense être pris. Un prisonnier aussi important eût valu le gain d'une bataille. Blûcher est à la fois le génie militaire de la Prusse et le héros du Tugendbund, qui s'était levé à sa voisc. Le bourg défendu par les Russes , le château parles Prussiens, ont vu le combat le plus acharné , qu'une perte égale rend funeste aux deux armées. Il semble que Brienne soit pour elles un de ces lieux sacrés dont la possession assurait la victoire aux anciens Grecs.' La nuit^ après douze heures d'une ^te opiniâtre , ne sépara pas les combattans; elle pe*a être fatale aussi à Napoléon^ qui , vers dix heures du soir , regagnait son quartiergénéral de Mézières , à une demi-lieue de Brienne : un hurra de Cosaques se jeta au milieu de sa colonne ^ et l'un d'eux allait le frapper de sa lance, quand ^ d'un coup de pistolet , Gourgaud l'abattit à ses pieds. Cette journée fut malheur^ise. L'Empereur n'avait avec lui qu'une partie de sa garde et de son armée ; le gros de ses forces marchait dans une autre direction pour couper la route de Troyes à Blûcher, qui s*est replié silencieusement vers Bar-«ur-Aube. Le 3o, à la pointe du jour, Napoléon va occuper Brienne, et s'établit au château. Bientôt il apprend que Blûcher a fait sa jonction avec Schwartzemberg , et que cent mille hommes nous attendent dans les plaines de l'Aube. Le i®*" février, il accepte le combat avec ses cinquante mille hommes , presque tous conscrits des nouvelles levées ; il a en tête les vieilles bandes de toutes les nations , qui se sont aguerries par ses

çiiies^pl^^.ev êQm ^n 4rGip^u ; Tébte de V^xwfhe d^ Silé«i« , ç^e àfi l'armée autrichienne » de U g^de impMlik russeu Napoléou e^t 4u qentre d^ sqa année , âm YiUage de l$t Rothière, et soutient avec la plus gjfapde vigi:^ur tout l'effprt de l'ennemi, qui a dirigé s4r ce poiiit^ $oa attaque prix^cipale, Maisî vainement 1^ généraust Duhe^me et Gérard déploient une intrépidité héroïque, l'ian a la liothière, l'^tutre à X^enviQe} la fîupériorité numérique des alliée reud inutiles le» mùracle^ de U valeur française. Toutefois l'audace leur a manqué. pour nous ravir le champ de bataille. Dans la nuit I Napoléon ordonne la retraite sur Trpyesy et trompe habilement Blùch^, qui espère QOU& détruire. Le lendemain, l'année français^ pousse sQu mouvement ^ur la rive g^uchç de l'Aube, après £|voir coupé encore un^ fois lé pont de {^esmopt: qui £( été rétabli le 3i janvier; mais Marmont, chargé de protéger notre marche, est resté sur la rive droite» et n'a plus d'antrç reiEisource que celle de franchir 1^ Ypire à Çjosn^y^ i|ss|aiUi par Ifs vingt^cinq mille 3avapo}^ du. général de Wrède, Marmont se souvient dq H^naa : l'épée ^ la main, il pa^e sur Iç corps de ses inQdéles ^lli^ , et Iç même jour il arrive ^. Ârpis.

he 1^^ février^ Brwélles avait été évgcnée, Ne pouvant plu» sauver 1^ Belgique envahie par Bernftdotte , Mgîspn était; réduit à défendre pied à pied la fron.tière de la Flajçidrq, Çvigène^ que l's^gression de Joachim a forcé, le 4^ de fie replier de l'Adige sur le Mincio , y attendait le§ Autrichieiis. Murât aYRÎt dit £W général Gifflenga^, f^ide-dç^c^tmp d'Eugène : <? -. A-u- « jpnrd'bui, je dois, ma couronne à l'AutHche, et à « l'Autriche seule : elle pouvait la rendre à la reina

a Citrotine; eUe a mieux aimé me It c<m$^?rv^r. £b( «I conséquence , je la serrirai fidèlemem et chaudea meot| comme j'ai servi rjE^pes^eurM* )» Joadiim était trompé sur tout> même 3ur sa nouvelle fidélité*

Cependant I^apoléon apprend^ le 3 février, à Pi-* ney^ entre Brienne et Troyes^ que le lendemain W congrès doit s'ouvrir ; toute l'Europe diplomatique et toute l'Europe militaire sont réunies dontre lui. Si la po&ition avait été changée de Prague à FranO-' fort , ^elle l'est bien davantage de Francfort à Chà^ tillon ; de plu$ , l'Angleterre est représentée à ce conr grès par quatre plénipotentiaires. Cela seul indique au duc de Yicence) que l'Angleterre réclame la prépondérance pour traiter et que c'est à elle qu'il doit s'adresser. Maia il n'en fut pas aiiisi ; les habitudes de Prague prévalurent! Comme il n'est dé^à plus ques« tion à Châtillon des bases de Francfort 9 10 duc de Yiceoce demande d'autres pouvoirs ; Napolépn résisté long*temps aux exigences de sa situation ^ (lUX souve^ nirs et aui& instances de ceux qui l'entourent ; enfin il donne car^ blanche à son plénipotentiaire « pour « conduire la négociation à une heureuse ÎMue» <c sauver la capitale et éviter un^ bataille Wk SQUt le» ce dernières espérances de la nation. »

Ainfii le duc de Yicence n'a pluf U^ mams Ué^s^ et par cette carte blanche ^ il lui est bien déclaité que le salut de la France dépend d'ui\e paix ou d'im armistice à faire dans quatre jours. £t en effet les souverains alliés venaient d'arrêter définitivement à Brienne la marche ^ur Paris j par les d^ux rives de la Sei^e* Macdgnald» r^oussé dti p^ys de I4ége9 éta^t déj^ à JWe^iux; où il retenait les fiiyards^ il ^v^it dû^

ga HISTOIRE

le 5 y évacuer Ghâlons devant le général Yorck. Mâcher s'était séparé de ses alliés pour agir isolément sur la Marne. Dans le but de l'attendre ^ Napoléon , après avoir, le 3 et le 4 9 marqué son mouvement de retraite par de brillantes afiaires d'avant-garde , et avoir forcé l'ennemi de se replier sur Bar-sur-Aube , était parti de Troyes. Cependant la tristesse se répandait dans les rangs de nos soldats , qui n'avaient pas l'habitude de reculer devant l'ennemi. « Où nous arrêterons-nous ! » disaient-ils au sortir de Troyes : ils ne savaient pas qu'ils marchaient au secours de Paris.

Le 7 , Nogent est mis à l'abri d'un coup de main par la rupture du pont et de promptes dispositions. Mais les courriers de Paris et les aides-de-camp du duc de Tarente viennent annoncer la nouvelle de la marche de Blûcher sur la capitale, par la grande route de Châlons. Le salut ou la perte de la France dépendent maintenant du congrès de ChâtiUon ; Napoléon a donné à son plénipotentiaire la mesure du péril public 9 en mettant entre ses mains le sort de l'État : il a été six heures à s'y décider. U reçoit à Nogent , sous la date du 6 , une lettre par laquelle M. de Vicence lui accuse réception de la carte blanche expédiée la veille de la ville* de Troyes; ce ministre se plaint de n'être pas éclairé touchant le danger dont parle l'Empereur, et il demande des instructions positives sur les sacrifices qu'il faut consentir. Ces instructions étaient toutes dans la carte blanche. D'ailleurs lord Castelreagh , ayant fait déclarer à la première conférence quil ny aurait point de discussion sur le code maritime y s'était proclamé, par cela seul.

Tautocrate du coiigrès. C'était donc.avec ledief du cabinet de Londres qu'il fallait s'ent^:idre. M. de Mettemich se tenait à Chaumont auprèside son souverain. Cependant , après les protestations de la plus haute ^ raison et du coiirage le plus inflexible , après les révoltes d'un cœur généreux et livré aux plus cruelles angoisses ^ déterminé enfin par le seul intérêt de la patrie , dont {,il crut entendre la voix , Napoléon s'est décidé à abandonner la Belgique et la rive gauche du Rhin, l'Italie, le Piémont, l'Allemagne , Gènes , etc. U doit signer cette dépêche le 9, à sept heures du matin; mais à cinq heures, il a reçu un rapport sur les mouvemens des armées russe et prussienne. A la lecture de ce rapport, une illu^ mination de génie s'est emparée de lui ; le duc de Bassano l'en trouve entièrement préoccupé. « Ah ! c'est vous... y> dit l'Empereur qui lui voit dans les mains la dépêche pour Châtillon. <c II s'agit d'autres choses , ce ajoute-t-il; je suis dans ce moment à battre Bliicher a de l'œil; il marche par Montmirail. Je pars; je le ce battrai demain , je le battrai après-demain : si je «c réussis, l'état des affaires va changer, et nous verce rons; en attendant, laissez Caulaincourt avec les ce pouvoirs qu'd a. » C'était le jour où Razumowski suspendait le congrès après en avoir violéles formes. Napoléon a donné ses ordres. Bourmont est chargé de défendre à Nogent le passage de la Seine; Oudinot garde le pont de Bray. Le soir. Napoléon arrive à Sézanne par la traverse ; il a fait douze grandes lieues avec son armée. U n'est plus qu'à quatre lieues de

Bliidier, qui court sur Meaux avec sécurité après Macdonald. Le 10, au matin, l'Empereur marche de

94 KisTomt

nouveau ! Mftfmotit â rétrogradé atee PavâM-gftMie k tanêe des mauvais chemins; Napoléon se met ea route. Marmont fi>rce les défilés de Saitit^Gond , et enlève à l'ennemi le village de Baye. Dans Taprésmidi y Napoléon débouche à Champ-Aubert , engagé ans$it5t ses troupes ^ {bouleverse les colonnes russes du général Akofief, qui ont défendu Brien^iO) et hinsé Farmée de Blûcher. Nansouty en suit une pattie !sur Montmirail ; Marmont poursuit Tautre sur ObAr Ions. Napoléon s'arrête à Qhamp^^Aubert ^ et fidt dîner avec lui les généraux prisonniers. En informant le duc de Vicence de ce succès , il se contente de lui recommander de prendre une attitude plus fière au congrès. Marmont tenait Blûcher en^ échec ^ entre Ghâlons et Champ-Aubert. Le lendemain i \ , Napoléon accourt sur les traces de Sacken, qui marche vers La Ferté , et d'Yorck , qui est déjà à la vue de Meaux; mais à la nouvelle de la défaite de Champ- Aubert, ils ont rebroussé chemin et viennent audevant de la bataille que Napoléon leur apporte; une attaque générale la décide bientôt en faveur des FVançaîs. Ney et Mortier ont emporté avec la plus grande valeur la ferme des Grenaux , où l'ennemi a concentré ses forces; il fuit vers Château-Thierry en pleine déroute, dans l'espoir de rejoindre Blûcher sur la Marne. Mais le i a , poursuivis jusqu*à cette ville , les Russes et les Prussiens , qui n'ont pas eu le temps d'en couper le pont, y sont entrés pêle-mêle avec la cavalerie française. Mortier refoule sur la route de Soissons tous ces fuyards d'Yorck et de Sacken. Les habitans de Château-Thierry ramassent les fusik des Vaincus et se forment en partisans.

DE HkPbtÊOTX. ^

Blûchér, Yeh^tùé de deux cotps «Wateà èt^iïtfeàfeÉ» arrivés de Mâyeiicfe î il a itiêMie du étà^i^r CJiiattÉp^ Aubeft* ehflfl il se Voit poussé jusqu'à )MdiitiMmfl> tout à coup il ïàit Vôltè-fece et prend pMlKoh ém^ fe plaine dé VâUx-Champs *, il se réttùtrvè ènedrè è. f âVattt-gai*de , ayant derrière lui Napoléon awc isott armée eïi bataillé. ïl est ïiuit heures du Matin *. IWûv ^er, ètohné , Voudrait refuser la bàtsâlé; tàak, At^ raqué soudain par nôtre cavalerie c[ui tse précipité sur les carrés pruksiens, lés enfonce et les disperse^ là retraite qu'il ordonne n*est plus qu'une ftiite. Lttl*mèmé, le soir, enveloppé avec son état-misgor, Il fit peut se dégager que le sabre à la main et Si la feVeur de f ofeseurîté. Marmont contitiUè la pourstdte totfté la ïiuît. Napoléon retourne coucher à Motitmlrailî ïl envoie huit miUé prisonniers russes et prùEssièil^ porter à iParis les bulletins dé cette glorîeuse semaine. 11 peut se rappeler là fameuse campagne de cinq jours qui marqua ses premiers succès en Italie ; d'autreb Vont encore illustrer ses derniers combats en France.

Les deux routes de Châlons sont balayées par lefe troùpeà françaises dix fois victorieuses ; maintenalil: Kapoléon est appelé sur les routes de la Seine , t)ù s*àvancé Schwartzemberg , tandis que Mortier e* Màrmont restent gardiens des avenues de Châlons. Le 1 5 , l'Empereur marche sur Meaux avec sa garde et le corps de Macdonald ; il prévient Victor et Oudinôt que le lendemain il débouchera derrière eut par Guignes. Le i'6, c'est à leur canon que l'Empereur se rallié , ils se battaient dans la plaine de Guignés : sa préisence arrête l'ennemi , qui était bien

^ ' mSIOIBE .

âoigtÈé de le croire si près de lui. Schwartzemberg, avec ses cent cinquante mille hommes, avait à la fin forcé les ponts de Kogent, de Bray» de Mcmtereau, et s'avançait plein de sécurité sur Nangis , dans l'espoir d'arriver à Paris avant Uûcher : l'émulation de ces deux généraux est prématurée. Le 17, Kapoléon attaque Schwartzembeig devant Nangis ; les dragons venus d'Espagne avec le général Treilhard contribuent au succès de cette journée. Schwartzemberg^ vaincu comme Bliicher, éprouve la déroute la plus complète : Oudinot et KeUermann poursuivent les JBlusses jusqu'à Nogent; Macdonald, les Autrichiens sur Bray ; et Gérard, les Bavarois, qu'il écrase à Donne- Marie et à Villeneuve. Victor a l'ordre de s'emparer le soir même du pont de Montereau; et Napoléon va coucher au château de Nangis, dans la confiance que Montereau est occupé par ses troupes ; il espère àioTS forcer Schwartzemberg à une bataille rangée. Le 1 7 , dans la soirée , un officier autrichien se présente aux avant-postes; il vient demander une suspension d'hostilités* Napoléon saisit cette occasion d'échapper aux lenteurs et aux perfidies d'un congrès , et écrit directement à son beau-père , en lui envoyant une lettre de Marie-Louise. Il témoigne le plus vif désir d'entrer en arrangement avec TAutriche; mais, après ses huit jours de victoire, il compte traiter sur de meilleures bases que celles de Châtillon , par lesquelles on lui dictait les plus dures conditions. En même temps , et sous l'inspiration du retour de la fortune à ses drapeaux , il s'empresse de mander au duc de Vicence : « Je vous ai donné carte « blanche pour sauver Paris et éviter une bataille

DE JfAPOLiON. 97

a qui était la dernière espérance de la nation : la bacc taille a eu lieu ; la Providence a béni nos armes ; « j'ai fait trente à quarante mille prisonniers; j'ai «c pris deux cents pièces de canon ^ un grand nombre a de généraux 9 et détruit plusieurs années ^ sans ce presque coup férir; j'ai entamé hier l'armée du « prince de Schwartzemberg , que j'espère détruire <K avant qu'elle ait repassé nos frontières. Votre atti* d tude doit être la même ; vous devez tout faire pour <K la paix; mais mon intention est que vous ne signiez <c rien sans mon ordre , parce que moi seul je connais

« ma position Je veux la paix; mais ce n'en serait

<c pas une qui imposerait à la France des conditions

tf plus humiliantes que celles de Francfort Je suis

tf prêt à cesser les hostilités^ et à laisser les ennemis «c rentrer traiiquilles chez eux , s'ils signent les pr^i- « minaires basés sur les propositions de Francfort... » Ifapoléon a reconnu toute la force delà carte blanche, puisqu'il la révoque : dès ce moment seulement^ elle n'existe plus pour lui ; mais elle existe encore pour son plénipotentiaire jusqu'au s i , jour où cette lettre lui parvient. Il fallait le courage d'obéir à Châtillon aux ordres de Troyes ; il fallait désintéresser l'Angle* terre aussitôt la réception de ces pouvoirs illimités. Si , le 7 , le 8 ou le 9 , M. de Vicence avait déclaré à lord Castlereagh qu'il abandonnait, pour la paix, Anvers , la Belgique f le Rhin , la paix était faite , malgré Razumowski et Stadion. Le 8 mars , et il n'est plus temps, M. de Metternich le dit clairement; il

écrit à M. de Vicence, de Chaumont : « Je ne

ex doute pas que vous êtes journellement dans le cas

« de vous convaincre que l'Angleterre va rondement

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