‹ Histoire de NapoléonChapitre 27 sur 75 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Avénemenl ù l'empire. — Protestation de Louis XVllI. — Inauguration de l.i Légion-d'Honneur. — Camp de Boulogne. — Sacre de l'empereur et de l'impératrice.

La motion d'élever à lempiie Napoléon Bonaparte et de Gxcr rhérédité dans sa famille partit de la dernière enceinte où se réfugiiU encore l'ombre de la liberté française. Présentée par le citoyen Curée, membre du Tribunal, cette proposition passait à l'unanimité, sans l'opposition du citoyen Carnot. Le 2 mai , le Corps Législatif s'unit par ses votes au vœu du Tribunal ; le 18 , le Sénat décréta le

sénatus - consulte qui déférait le titre

d'empeieur au piemier consul', en établissant dans sa t;unille l'hérédité au trône impeiial. Le Sénat se lendit à Samt-Cloud, ayant à sa tête le second consul Cambacérès , son président , chargé de présenter à l'Empereur ce sénatus-consulfe. Napoléon répondit au discours de l'orateur : « Tout ce qui peut contribuer au bien

u de la patrie est essentiellement lié à mon bonheur ; j'accepte le titre que vous « croyez utile à la gloire de la nation, ,1e soumets à la sanction du peuple la K loi de l'hérédité ; j'espère que la France ne se repentira jamais des honneurs « dont elle environnera ma famille. Dans tous les cas , mon esprit ne serait plus i< avec ma postérité le jour où elle cesserait de mériter l'estime et la confiance de u la grande nation. »

La proclamation du sénatus-consulto annonça à la France une quatrième dynastie, la formation des collèges électoraux, la création d'une haute cour impériale et l'institution des grandes dignités de l'empire.

Napoléon nomma grand électeur le prince Joseph; connétable, le prince Louis; archichancelier, >L Cambacérès; et architrésorier, M. Lebrun.

Le même jour. Napoléon paya un noble tribut à l'armée en conférant le grade de maréchal de l'empire à dix-huit généraux qui devaient leur illustration à des victoires : c'étaient Alexandre Berthier, ISIurat , Moncey , Jourdan , jMasséna , Augereau, Bernadette, Soult , Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davoust, Bessières, Kellermann, Lefebvre, l'érignon et Sérurier.

Le clergé s'empressa de saluer l'avènement de Napoléon, de tous les titres que sa reconnaissance lui inspira en faveur de l'auteur du Concordat de 1801. Le nouvel empereur devint le nouveau Cyrus, le nouveau Moïse rappelé des déserts de l'Egypte, le nouveau Mathathias envoyé par le Seigneur.

Le 27 mai , l'Kmpereur reçut solennellement le serment du Sénat. Le vœu des ceut huit déparlements de la France arriva bientôt au pied du trône. En même temps une déclaration , faite à Varsovie , et datée du 6 juin , était adressée à tous les gouvernements de l'Europe.

Pioteslalion de Louis XVIII , roi de France, contre l'usurpn/inn de Bonaparte.

« En prenant le titre d'empereur, en voulant le rendre héi'éditaire dans sa « famille, Bonaparte vient de mettre le sceau à son usurpation. Ce nouvel acte « d'une révolution où tout , dans l'origine, a été nul , ne peut sans doute infirmer « mes droits. Mais, comptable de ma conduite à tous les souverains, dont les droits c( ne sont pas moins lésés que les miens, et dont les trônes sont tous ébranlés « par les principes dangereux que le Sénat de Paris a osé mettre en a\ant; comp- « table à la France, à ma famille, à mon propre honneur, je croirais trahir la cause Il commune en gardant le silence en cette occasion. Je dèclai'e donc (après avoir au « besoin renouvelé mes protestations contre tous les actes illégaux qui , depuis 'I l'ouverture des États-Généraux de France, ont amené la crise eflrayante dans « laquelle se trouvent la Fiance et l'Europe), je déclare en présence de tous les « souverains, que, loin de reconnaître le titre impérial que Bonaparte vient de se " faire déférer par un vw\)s (\\\\ n'a pas même d'evislence légale ( le Sénat 1, je pro-

« teste contre ce litre et contre tous les actes subséquents auxquels il pourrait « donner lieu. » Napoléon fit publier cette protestation dans le Moniteur. Ce fui sa seule réponse.

Peu de jours après, l'Empereur signala par un acte de clémence le commencement de son règne. Vingt des coaccusés de Georges Cadoudal avaient été condamnés à mort, le 10 juin, par le tribunal criminel de la Seine; et d'autres, notamment le général Moreau , à deux années de détention. Au nombre des premiers, on comptait: Armand de Polignac, le marquis de Rivière, Bouvet de Losier, le général Ljijolais, Russilion, Rochelle, Gaillard et Charles d'Hozier. L'impératrice Joséphine joignit ses larmes à celles de madame de Polignac. « Je puis pardonner à votre tnari , dit Napoléon , car ces! à ma vie qu'on en voulait. r> La grâce d'Armand de Polignac fut prononcée. Madame Murât se chargea de celle de M. de Rivière, et l'obtint. Le général Rapp, aide de camp de Napoléon, alla à Saint-Cloud solliciter celle de Russilion, il réussit comme madame Murât. L'Empereur remit encore leur peine à cinq autres : ainsi huit des conjurés échappèrent à l'échafaud. Georges, n'ayant pas voulu demander sa grâce , périt avec douze de ses complices. Napoléon commua la détention prononcée contre Moreau en un exil aux États-Unis. La France applaudit à ces éclatants témoignages d'une véritable générosité. Elle jugea que celui-là était digne de la gouverner, qui exerçait d'abord en faveur de ses ennemis , la plus belle prérogative du pouvoir.

Cependant l'Empereur n'oubliait pas les vastes conceptions du premier consul : au piemier rang figurait l'invasion qu'il avait préparée contre l'Angleterre. Les camps établis sur les côtes avaient pour chefs nos premiers généraux. Le maréchal Davoust commandait les camps de Dunkerque et d'Ostende; le maréchal Ney ceux de Calais et de ISIontreuil; le maréchal Soult celui de Boulogne; le général Junot celui de Saint -Orner, où il fut remplacé par le général Oudinot, qui vint se mettre à la tète de ce fameux corps de grenadiers illustrés par tant de victoires. Le port de Boulogne contenait déjà neuf cents bâtiments ; ceux d'Étaples , de Vimereux, de Calais, de Dunkerque, en étaient remplis. Le port d'.Vmbleteuse, également recreusé et reconstruit, attendait les cinq cents voiles de la flottille batave, sous la conduite de l'amiral Verhuell. Le 16 mai 180i, après les plus habiles manœuvres et une brillante action avec le commodore Sidney Smith , l'amiral Verhuell faisait entrer dans le port d"Ostende la première division de sa flottille; la seconde suivit de près avec le même danger et le même bonheur. A plusieurs reprises, les Anglais essayèrent, mais inutilement , d'incendier le port du Havre. Les divisions françaises en sortirent , et toutes elles arrivèrent , non sans combat, à leur destination. Le contre-amiral Magon et le capitaine de vaisseau Montcabrié eurent des affaires glorieuses avec les croisières anglaises, l'un devant Calais, l'autie devant Boulogne. Accoutumées à ce nouveau genre de guerre , les troupes de terre . qui bivaquaient par division sur les bateaux de la flottille, sollicitaient l'honneur de former les équipages des corsaires et des

navires qui appareillaient. Elles portèrent quelquefois leur audace jusqu'à l'embouchure de la Tamise , où des grenadiers capturèrent des bâtiments marchands et une corvette. Nelson était également repoussé, dans les parages de Toulon, par l'amiral Latouche-Tréville , qui commandait toutes les forces navales de la Méditerranée.

Le 8 juillet, Napoléon partit de Saint-Cloud pour aller visiter ces camps redoutables qui menaçaient l'Angleterre. Il veut montrer à l'armée son nouvel empereur: aussi va-t-il, en l'appelant tout entière au serment et h la récompense des braves , éterniser le souvenir de ce voyage. Après cette rapide inspection il était de retour à son quartier général du Pont-de-Brique à Boulogne, où l'armée arrivait de tous les côtés; l'étoile de la Légion la guide vers la Tour d'Ordre, qui reprend son nom de Tour de César. En creusant la terre pour établir la baraque de l'Empereur, on découvrit les traces d'un camp romain, et des médailles de Guillaume-leConquérant. Une sorte de merveilleux s'attachait partout où paraissait Napoléon. L'imposante cérémonie qui se prépare est fixée au 15 août, jour de sa fête.

Cent mille hommes sous les ordres du maréchal Soult étaient réunis dans les camps de Boulogne et de Montreuil , pour assister à la solennité. A la droite du port, la nature a tracé un vaste amphithéâtre faisant face à la mer. Au milieu s'élevait un tertre dans le goût antique , tel que chez les Romains on en dressait aux Césars quand ils voulaient haranguer l'armée. Ce tertre était entouré d'étendards et de drapeaux surmontés d'aigles d'or. Au centre, le trône de l'Empereur était adossé à un trophée d'armes composé de tous les drapeaux conquis dans les batailles de Lodi, d'Arcole, de Rivoli, des Pyramides, d'Aboukir et de Marengo. l'ne immense couronne de lauriers, sur laquelle s'agitaient les queues pourprées des guidons des beys d'Egypte, surmontait ce brillant trophée. Lorsque Napoléon parut , deux mille tambours battirent aux champs ; à leur roulement succéda bientôt un profond silence. Entouré de ses frères et de ses grands-officiers , Napoléon prononce le serment de l'Ordre, qui est répété avec enthousiasme. Après le serment, les décorations , placées dans le casque de Duguesclin , sont distribuées aux légioimaires. En ce môme moment, par une heureuse coïncidence, le capitaine de vaisseau Daugier pénétrait dans le port de Boulogne avec une division du Havre, forte de quarante-sept voiles, au bruit des acclamations de la terre. De nombreuses distributions aux troupes, des danses, des chants guerriers, prolongèrent dans la nuit la fête militaire, l'n beau feu d'aitifice attiia tout à coup les regards de la croisièie einiemie sur le plateau du camp de gauche, où quinze mille hommes en bataille exécutèrent un feu de file avec des carlouches à étoiles. Le môme jour, on célébiait la fête de l'Empereur à Cherbourg par l'inauguration de la batterie I\'iipoléo7i, et à Anvers par celle de V Arsenal maritime. Ce vaste port de construction comptait à peine une année d'établissement, et cependant trois vaisseaux de ligne et une frégate allaient sortir de ses chantiers.

Pendant son séjour à Boulogne, Napoléon donna une nouvelle organisation toute militaire à l'École Polytechnique. Nourris dans les idées républicaines , les élèves n'avaient pas accueilli la création de l'empire avec une grande faveur; désormais ils eurent des uniformes, et furent assujettis à la discipline des casernes. L'École n'en resta pas moins la première de l'Europe, et garde encore son rang aujourd'hui. Napoléon data également du camp de Boulogne le mémorable décret des prix décennaux. Neuf gi'ands prix, de 10,000 francs chacun , furent institués : deux appartinrent à l'inventeur de la machine la plus utile aux arts et aux manufactures ; une autre au fondateur de l'établissement le plus avantageux à l'agriculture et à l'industrie nationale.

De Boulogne, Napoléon partit pour Aix-la-Chapelle. On rapporte qu'en passant à Arras le préfet qui le harangua lui dit : Dieu créa Bonaparte, et se reposa. Il quitta Arras après avoir passé en revue la réserve de grenadiers commandée par Junot, traversa Valenciennes , Mons, et arriva à Aix-la-Chapelle. Dans cette antique résidence du premier empereur des Français , il retrouva et s'appliqua , comme un ancien héritage, les souvenirs de Charlemagne; mais une démarche politique, d'une haute importance, signala principalement ce séjour d'Aix-la- Chapelle : l'empereur d'Allemagne avait résolu , le 10 août précédent , de prendre le titre d'empereur héréditaire d'Autriche, et s'était décidé en même temps à reconnaître l'avènement de Napoléon. Lors de la notification de cet avènement aux cours étrangères, la Russie était restée muette. Plus voisine de la France, l'Autriche sentit avec raison que son silence sur une pareille communication équivaudrait à une rupture ; et comme elle ne se trouvait pas encore en état de la déclarer, le comte de Cobentzel, son ambassadeur, reçut ordre d'aller à Aix-la-Chapelle remettre ses lettres de créance. Le même jour, M. de Talleyrand présentait au nouvel empereur le comte de Lima et M. de Souza , l'un ambassadeur, l'autre envoyé extraordinaire du prince régent de Portugal, et le marquis de Gallo, ambassadeur de la cour de Naples. Quant à l'Espagne, elle n'avait eu besoin de l'exemple de personne pour reconnaître Napoléon.

Fondateur d'une nouvelle dynastie, il voulut aussi que le souverain pontife passât les monts pour lui conférer l'onction sainte. Le saint-siège , déjà préparé à la reconnaissance de l'empire par le Concordat , ne balança pas un seul moment. L'évèque d'imola avait ceint la tiaie, et le général républicain Bonaparte s'était placé sur le trône. On priait donc à Rome , et par les ordres du saint-père, dans toute la catholicité, pour l'empereur Napoléon et pour sa famille, comme on avait prié pour le premier consul. Ainsi tous les gouvernements catholiques le saluaient du titre impérial : c'était une immense conquête, sinon sur les souvenirs, au moins sur les passions de la royauté européenne. Napoléon recueillait amplement les fruits du Concordat de 1801. Le succès de la négociation avec Pie VII mit le comble à ce ti'iomphe. On sent toute l'importance que cette grande cérémonie du sacre, célébrée au sein de la capitale, dans la basilique

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Publié par Furnc. à Paris.

HISTOIRE DE NAPOLÉON. âlO

métropolitaine, devait avoir aux yeux de Napoléon ; en effet , elle sanctionnait son élévation aux yeux des peuples de toute la chrétienté, et leur interdisait, ainsi qu'à leurs souverains, tout reproche d'usurpation.

D'Aix-la-Chapelle , l'Empereur partit pour Mayence , où il arriva par la route nouvelle, après avoir visité Juliers, Cologne et Coblenlz. De Mayence, il alla à Luxembourg. Il marcjua sa présence au sein des principales villes des départements du Rhin, par d'importantes dispositions, relatives soit au bien-être des habitants et à l'encouragement de leur industrie, soit au perfectionnement du système général de défense des frontières, dans les places fortes assises sur la barrière du Rhin. A cette époque remontent aussi le décret d'organisation de l'École des ponts et chaussées , et celui qui détermina l'établissement de douze écoles de droit. Après trois mois d'absence. Napoléon revit Saint-Cloud le 12 octobre, et les apprêts du sacre furent ordonnés.

Le 1""^ décembre, le Sénat lui présenta le vœu du peuple en faveur de l'hérédité à l'empire dans sa fiimille. Soixante mille registres avaient été ouverts dans les cent huit départements; sur trois millions cinq cent soixante-quatorze mille huit cent quatre-vingt-dix-huit votants, deux mille cinq cent soixante-neuf votes étaient négatifs. Cette minorité, purement républicaine, et qui s'affaiblit encore peu de temps après, prouva suffisamment que la nation , ayant tout à fait changé ses mœurs, adhérait avec sincérité au gouvernement de l'homme qui avait trouvé en lui seul assez de forces pour opérer une pareille révolution. On remarqua dans cette circonstance la lin de la réponse de l'Empereur : « Nos descendants conserveront longtemps ce trône. Ils ne perdront jamais de vue que le mépris des lois et l'ébranlement de l'ordre social ne sont que le résultat de la faiblesse et de l'incertitude du prince. »

Le lendemain , par le froid le plus rigoureux , la double cérémonie du sacre et du couronnement eut lieu à Notre-Dame. L'Empereur avait fait à la cathédrale, dépouillée par la révolution, présent de tous les objets nécessaires au service divin , de vases sacrés en métaux précieux et enrichis de diamants et de magniQques ornements sacerdotaux. Le pape sacra Napoléon et Joséphine en présence des princes de la maison impériale , de tous les ordres de l'État, du corps diplomatique et d'une députation de la république italienne. Mais à peine le pontife eut-il béni les deux couronnes, que Napoléon en saisit une, la plaça sur sa tète, et, prenant l'autre, couronna lui-même l'Impératrice, qui était restée à genoux au pied de l'autel. Pendant trois jours ce ne fut dans toute la France, que fêtes et réjouissances publiques; à Paris, elles dépassèrent tout ce que l'imagination peut inventer de plus splendide.

Le second jour des fêtes du couronnement , une brillante solennité militaire , la distribution des aigles, rassembla toutes les troupes au Champ-de-Mars : « Sol- « dats, leur dit Napoléon, voici vos drapeaux! ces aigles vous serviront toujours « de point de ralliement : elles seront partout où votre Empereur les jugera néces-

IIISÏÔIIIE DE NAPOLEON.

M saires pour la défense de son trône et de son peuple ! » Les députutioris de chaque régiment s'avancèrent ensuite, et reçurent, au milieu des plus vives acclamations, ces drapeaux glorieux que l'armée ne devait lapportei' dans la patrie que noircis par la poudre et déchirés par la mitraille, après les avoir fait flotter dans toutes les capitales de l'Europe.

Le même jour, 3 décembre, M. Pitt, tout récemment appelé au ministère, comme le seul adversaire que l'on put opposer au plus redoutable des ennemis de la Grande-Bretagne, signait le traité de Stockholm, et payait un subside à la Suède pour qu'elle agît hostilement contre nous. Peu de jours après , l'Angleterre essayait , à l'aide d'une machine infernale, de faire sauter le fort Ilouge de Calais ; elle ne fut pas plus heureuse qu'un mois auparavant, quand , avec cinquante-deux voiles et douze brûlots, elle avait voulu incendier le port et la flottille de Boulogne. Non contentes de ces violences , les flottes anglaises brûlaient les navires du commerce dans les ports de la Péninsule , et détruisaient les convois , pendant que l'ambassadeur espagnol, le chevalier d'Anduagna, résidait encore auprès de la cour de Londres. Une pareille violation du droit des gens, exercée envers une nation en paix avec la Grande-Bretagne, révolta justement le gouvernement espagnol, qui, le 12 décembre, lui déclara la guerre par un manifeste de la plus grande énergie.

L'année se termina par l'ouverture du Corps Législatif. On applaudit à ce passage du discours de l'Empereur : « Je ne veux point aecroitre le territoire de Cempire, mais en maintenir rtnlégrité. » Dans l'exposé de la situation de l'empire, le ministre de l'intérieur déclara que la France n'accepterait pas d'autres conditions que celles du traité d'Amiens.

iipereur des Frajiçais Roi d Italie

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