A EXPIRÉ DANS LES BRAS DE SON ESIPEREUR ET DE SON AMI
Cependant, la vivacité de la poursuite de Napoléon et toutes les conséquences d'une pénible retraite fatiguaient les alliés: ébranlés par trois \ictoires, ils changent de langage et renoncent à l'orgueil de leurs refus récents ; le lendemain de leur défaite , ils réclament la faveur d'un armistice. Le comte de Stadion , constant dans sa haine pour Ts'apoléon, et occupé à consommer une nouvelle trahison contre lui, s'empressa d'adresser au pi'ince de NeuchAtd les paroles trompeuses 'des puissances coalisées; l'Empereur accepta leur demande, sans penser qu'une proposition faite par un homme aussi acharné à sa perte et à celle de la France ne pouvait cacher que la plus fatale déception.
Enfin , en dix jours la Saxe avait été délivrée par Napoléon ; en huit jours la haute Silésie était au pouvoir des Français ! Breslau va tomber. L'armée ennemie est acculée au fond de la basse Silésie , où Napoléon s'apprête à porter le théâtre de la guerre ; une seule batail'.e doit peut-être refouler sur elle-même l'invasion du Nord. On attend la chute de Hambourg ; cet important événement ouvrira une autre route sur Berlin à une autre armée française. Encore deux jours, l'Elbe et l'Oder sont conquis, les chemins sont libres pour marcher sur Custrin, sur Varsovie , sur Dantzick. Dans cette dernière ville , trente mille Français et alliés vont devoir leur délivrance à nos succès. Aussi M. de Nesselrode ne retardetil pas sa réponse comme à Harta. Quand tous ces grands résultats nous attendent, le 28, le duc de Vicence reçoit une lettre des plénipotentiaires russe et prussien, avec la copie des pleins pouvoirs du commandant en chef des armées combinées. La teneur de ces pouvoirs exprimait clairement que la médiation autricliienne , à laquelle Napoléon voulait se soustraire , était la condition si?ie quâ non de toute espèce d'arrangement. De plus, l'empereur Alexandre n'envisageait idimislicc que comme nn objet purement mililaire , et par là on éludait l'admission du duc de Vicence auprès de ce prince. Ainsi la campagne militaire se trouvait suspendue; mais la campagne politique était près de s'ouvi'ir, et dans cette autre guerre Napoléon allait rencontrer un ennemi actif, adroit, passionné, qui lui disputerait corps à corps le champ de la négociation. Le comte de Stadion , le commissaire impérial de la médiation autrichienne au quartier général des alliés, devenu le général en chef de leur retraite, les avait attirés vers la Bohême , où de grandes intelligences militaires leur étaient préparées.
Napoléon, parti le 29 pour Rosning, établissait le lendemain son quartier général à Neumarck. Le duc de Bassano était resté à Liegnitz , afin de tracer les instructions au duc de Vicence. Le comte de Rubna, qui était retourné à Vienne, devait y faire connaître le résultat de sa mission à Dresde. Les propositions dont il était porteur concernaient l'ouverture d'un congrès pour la pai.v , soit générale, soit continentale, la conclusion d'un armistice, et enfin la nomination des plénipotentiaires chargés de régler entre la France et l'Autriche le sort de l'alliance et l'acceptation de la médiation. Le 30 , le comte de Rubna arriva à Liegnitz , où il eut une conférence avec le duc de Bassano ; le lendemain il repartit pour Vienne, après avoir donné l'assurance qu'il serait bientôt de retour avec les pouvoirs nécessaires qu'on lui avait déjà demandés à Dresde , et dont il aurait été muni dès ce moment , si sa cour eût voulu remplir avec honneur la généreuse mission d'un médiateur désintéressé.