TARD DE DEUX HECRES... PARIS VIENT DE CAPITDLER
Napoléon se trouvait à pied sur la route, au relais de Fontainebleau , quand le général Belliard lui apporta cette fatale nouvelle. Les courriers envoyés à Pai'is, ainsi qu'à Mortier et Marmont, avaient été pris ; ces maréchaux, croyant que l'Kmpereur, après la bataille d'Arcis, se reployait sur eux, étaient venus au-devant de lui jusqu'à Fère-Champcnoise , où, le '25, attaqués par la gi'ande armée alliée, et par un effroyable ouragan qui battit le front de leurs troupes, ils résistèrent pendant plusieurs heures et furent obligés de céder au nombre. Le même jour les généraux Pacthod et Amey escortaient un convoi avec leurs divisions , composées de six mille soldats , dont les deux tiers , encore en habits de paysans, étaient des recrues des départements de l'ouest. Rencontrés par rai'mée alliée , ils se disposèrent à vendre chèrement leur vie ; pendant plusieurs heures les gardes russes, prussiennes, autrichiennes, se brisèrent contre ces bataillons rustiques ; la mêlée devient affreuse, et cette poignée de Vendéens, assaillie par le nombre, refuse quartier, et périt presque tout entière. Les généraux Pacthod, .\mey, Jamin, Delort, seuls encore debout au milieu de leni'S carrés renversés, tombèrent aux mains de l'ennemi.
L'armée avait honoré sa retraite sur Paris par de beaux combats à Sézanne, à Chailly, à la Ferté-Gaucher , à .Meau\, à Ville-Parisis. Séparés l'un de l'autre iiNangis, Moi-lier avait manhé par Guignes, el Marmont par Mclun. Réunis i\
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Bi'ie-Comte-Robcrt, ils étaient arrivés ensemble à Charenton , où ils antHèrc ut leurs troupes pour la bataille du lendemain, 30 mars. Le 29, les alliés avaient aUlué sur Paris par toutes les avenues du nord et de l'est. Cependant, dans cette terrible extrémité , les niarédiauv parvinrent à uéunii- à leurs glorieux débris quelques milliers d'hommes des dépôts , dix mille citoyens de la garde nationale parisienne, et plusieurs compagnies d'artillerie spontanément formées par les élèves de l'École Polytechnique. A la télé d'en>iron trente mille hommes. Mortier et Marmont engagèrent le combat à cinq heures du matin. Jamais les Français n'avaient déployé une plus brillante valeur : les villages de Pantin et de Romainville, pris et repris plusieurs fois, étaient enfin demeurés à nos troupes. Mais le roi Joseph ni le général Clarke, ministre de la guerre, n'avaient organisé la défense de la capitale, malgré les moyens suffisants qu'elle renfermait encore. On avait refusé à vingt mille volontaires les fusils renfermés dans l'arsenal. A midi, la grande ville et la petite armée se trouvèrent enveloppées par l'inondation étrangère, à Montmartre, à Charonne, à Vincennes. Alors le roi Joseph, (jui devait rester à son poste jusqu'au dernier soupir , ordonna aux maréchaux de capituler, et se mit en route pour la Loire. Clarke, celui des ministres dont la présence à Paris était de premier devoir, se bAta de suivre le prince fugitif, qui n'avait pas senti bouillonner dans ses veines le sang de Napoléon.
Cependant , tandis que Marmont négociait un armistice , l'ennemi faisait de nouveaux progrès : déjà il occupait Monceaux , Belleville, Ménilmontant, la butte Chaumont, la Villette , et Bliicher menaçait de forcer la barrière de Saint-Denis, quand des deux côtés on suspendit les hostilités. Le maréchal Mortier et Belliard, son chef d'état-major , ignoraient le départ du roi Joseph. Ils continuèrent, malgré leur faiblesse, d'imposer aux ennemis, qui flottaient indécis au pied des hauteurs de Montmartre , lorsque l'aide de camp Dejean , expédié de Doulencourt par Napoléon , arriva , et prescrivit au maréchal de donner avis au prince de Schwarizenberg des ouvertures de paix faites à l'empereur d'Autriche. Le maréchal s'empressa d'obéir; mais le prince l'épliqua par la déclaration des alliés après la rupture de ChAtillon. Dans l'intervalle de cette communication , Mortier, n'étant pas informé par MarmonI de l'oi'dre de capituler, tenait ferme , et répondait h la sommation d'un aide de camp de l'empeieur Alexandre : « Les alliés , pour être au pied de Montmartre , ne sont point dans u Paris ; mes soldats et moi nous périrons plutôt sous ses ruines que d'accepter « une honteuse capitulation. Au reste, quand je ne pourrai plus défendre Paris, « je sais où et comment elTectuer ma retraite devant vous et malgré vous. » Cependant Marmont venait de conrlui-e la suspension d'armes, et Mortier, en ayant enfin reçu l'avis, se réunit à son collègue pour traiter. L'armistice ne donnait aux maréchaux d'autre ligne que l'enceinte de Paris.
On convint que l'armée se retirerait avec son matériel et aurait toute la nuil pour sortir de Paris; celte convciilion était verbale; .Marmont lui cliarué île la
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rédiger et de la signer au nom de son collègue. Les troupes se dirigèrent sur Fontainebleau par les barrières du Maine et d'Orléans. Mortier avait évacué Paris le premier ; il occupait Villejuif au moment où le général Belliard faisait à Napoléon le récit de la prise de Paris. Napoléon l'avait écouté dans le plus grand silence ; il le rompit tout à coup en disant : « Il n'y a pas un moment à perdre ; " parlons. — Mais , Sire, il n'y a plus de troupes à Paris, lui répondit Belliard. « — N'importe, reprit l'Empereur, j'y trouverai la garde nationale; mon armée « m'y rejoindra demain ou après, et j'y rétablirai les affaires. Suivez-moi avec " toute votre cavalerie. — Voti'e Majesté s'expose, répondit Belliard, à être « prise et à faire saccager la capitale ; elle est entourée par cent trente mille « honunes. » A ces paroles. Napoléon s'achemina lentement vei's la maison de poste , ordonna de prendre position , et se résolut à envoyer le duc de Vicence à Bondy, quartier général de l'empereur Alexandre. Alexandre remit sa réponse après son entrée à Paris , qui allait avoir lieu le lendemain. Le duc de Vicence revint attendre dans cette ville l'audience du czar, et Napoléon se décida à attendre à Fontainebleau le résultat de celte dernière tentative de négociation, trinquante mille hommes lui restent encore: ils arrivent de la Champagne par Sens, de Paris par Essonne. Ces débris de l'honneur militaire de la France vont se reconnaître en se serrant autour du grand capitaine pour lequel ils sont toujours prêts à combattre et à mourir. Les soldats de Marmont, de Mortier, qui viennent d'illustrer encore une fois nos aigles , doivent protéger le (piartiergénéral de l'Empereur. Il donne à son ancien aide de camp, à Marmont, le poste de confiance qui couvre le camp de Fontainebleau.
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