IIISTOIHK DE NAP()IJ;()N
Le 3 mai, m si\ lit-uics du soir, rEinpcn'iir cntrii i\ lVii(o-I"ci rajd ; il \ fui r* ru par le géni'i'ii! Dulicsiiie, conmiaiHlaiit français: « Général, lui dit-il , j'ai sacrifié « mes droits aux intérêts de ma patrie, et je mi* suis réseivé In propriété et la « souveraineté de i'ile d'Elbe. Faites eonnaitre aux habitants le choix ([ue j'ai fait « de leur île pour mon séjour. Dites-leur qu'ils seront toujours pour moi l'objet « de mon intérêt le plus vif. » Le maiie de Porto-Ferrajo remit à Napoléon les clefs de la ville ; la mairie devint le palais ; un Te Df.iim, où a.ssista l'Empereur, fut chanté dans la cathédrale : ainsi se termina l'inauguration de cette sou\eraineté si restreinte. L'exercice de son gouvernement ne fut pour Napoléon qu'une administration de famille pendant les dix mois qu'il passa dans l'île. Il étendit le travail des mines, fit des plantations, des constructions, répandit des bienfaits. Sa mère , sa sœur, la princesse Pauline Borghèse , quittèrent leurs palais de Rome, leurs jardins enchantés , pour venir adoucir, sur les rochers de l'île d'Elbe , l'exil d'un fils et d'un frère; tendres soins, dévouement touchant, où l'histoire se repose de son austèi'e devoir.
Toutefois, l'île qui renferme Napoléon n'est pour lui qu'un obscrvatuire d'où il voit, d'où il ci'oit entendre la Fi'ance. Souvent il errait sur ses sommets comme un aigle égaré qui plonge ses regards perçants à travers l'iminensitr' poui' y chercher sa route ver's l'aire paternelle.