‹ Histoire de Nelson, d'après les dépèches officielles et ses correspondances privées;Chapitre 10 sur 18 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

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UORATIA NELSON THOMPSON.

Tandis qu’on faisait, à bord de la Victory^ les préparatifs du combat qui allait se livrer devant le cap Trafalgar, nous avons vu Nelson se préoccuper du sort de lady Hamilton, et de cette enfant qu’ils élevaient ensemble. On n’a jamais vérifié d’une manière complète l’origine de cette jeune fille. Un seul homme, dit-on, connaissait à fond toute cette histoire. C’était M. Haslewood, ami de Nelson, chargé par lui de toutes ses affaires d’intérêt, encore vivant à l’époque où les Nelson-Papers furent

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publiés, et dont nous donnons plus bas une lettre intéressante ; mais « un sentiment d’honneur » l’a toujours empêché de révéler ce secret, qui conœrnait, à ce qu’on pourrait croire, au moins une autre personne que son client et lady Hamilton.

Son silence ouvre un vaste champ à toutes sortes d’hypothèses, d’autant plus qu’après la mort de Nelson et jusqu’à ce qu’elle le suivît dans la tombe, — lady Hamilton a toujours affirmé qu’Horalia Nelson Thompson était la fdle d’une noble et puissante dame « trop haut placée pour qu’on révélât son nom. »

Quoi qu’il en soit, voici ce que l’on peut savoir de certain. Par un concours d’événements ignorés jusqu’ici, lady Hamilton se 'trouva un beau jour en possession d’une petite fdle qu’elle fit inscrire au registre de paroisse, à Saint-Mary-le-Bone, sous le nom d’Horatia Nelson Thompson, née en octobre 1800. Cette date était volontairement altérée, car cette enfant n’avait pas plus de huit jours lorsque, au mois de janvier ou février 1801, elle fut confiée par lady Hamilton à une nourrice du nom de Gibson.

L’opinion la plus probable, — celle qu’adoptent le plus grand nombre des critiques anglais, — est que lady Hamilton, trompant à la fois son mari et son amant, supposa pour l’un quelque aventure ro-

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manesque où elle jouait le rôle de confidente, pour l’autre un accouchement secret qui l’aurait rendu père, — tandis qu’en réalité Iloratia n’aurait été qu’un enfant trouvé, volé, acheté, pour resserrer les liens qui rattachaient lord Nelson à lady Hamilton.

Dans les lettres écrites par Nelson, il est assez clair que, lorsqu’il parle de Thompson, de « l’enfant de Thompson, » c’est lui qu’il désigne par ce nom. Il est moins évident, — mais pourtant tout à fait probable — que les tendres expressions dont il se sert à l’égard de mistriss Thompson s’appliquent à lady Hamilton.

En rapprochant les dates de son séjour en Italie et de son retour en Angleterre, il devient positif, — et ceci corrobore la seconde de ces deux hypothèses, — que la mère d’un enfant qu’il eût pu regarder comme sien, et qui serait né, soit en octobre 1800 , soit dans les trois mois qui suivirent, aurait dû nécessairement habiter Palerme au moment de la conception.

Or lady Hamilton était justement, avec lord Nelson, à Palerme, à l’époque où ces dates nous reportent.

On a, de plus, deux lettres parfaitement authentiques, écrites par Nelson à la même date ; toutes deux sont conçues dans les termes de la plus vive.

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de la plus exclusive affection, — et cependant l’une est censée adressée à mistriss Thompson, sous le pli de l’autre, qui est à l’adresse de lady Ilamilton. On ne peut admettre qu’un homme écrive le môme jour, dans des termes presque identiques, à deux femmes dont l’une serait chargée de transmettre à l’autre les témoignages d’un amour dont elle aurait sujet d’étre jalouse. Or, comme il est bien certain que Nelson se désigne sous le nom de Thompson, il faut admettre que cette double lettre était un stratagème inventé pour dérouter les soupçons, et afin de pouvoir parler tout à l’aise des sentiments paternels qu’inspirait à Nelson le prétendu fruit de ics liaisons adultères.

Pour compléter les éléments de la discussion, il faudrait donner le texte de ces doubles lettres, et voir comment elles peuvent être expliquées : mais la peine que nous prendrions ainsi, et que nous donnerions à nos lecteurs, serait-elle véritablement en rapport avec l’importance de la vérité à établir?

Le fait est que Nelson regardait Horatia comme son enfant, — qu’il la légua solennellement à son pays, — et que son pays répudia cet héritage.

Lady Hamilton s’en plaignit avec amertume. On peut voir là-dessus une lettre d’elle, adressée au docteur Scott’, et datée du 7 septembre 1806, où

' Chapelain de Nelson.

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elle parle des relations qu’elle a conservées avec tous les membres de la famille Nelson, et de la haine qu’on porte à tout ce que le défunt amiral aimait le mieux. « Mais, ajoute-t-elle, nous avons pour nous notre innocence^ et, de plus, — ce que nos calomniateurs nous peuvent envier, — l’affection et l’es- ■ time sans bornes, la confiance de I’ange qui n’est plus. »

Jusqu’à la mort de lady Ilamilton, qui décéda, complètement ruinée, et victime de l’intempérance la plus abjecte, à Calais, le 6 janvier 1814, miss lloratia Nelson demeura près d’elle : voici le témoignage qu’elle lui a publiquement rendu.

« A tous les défauts de lady Ilamilton, — qui, certes, en eut beaucoup^ — le ciel avait joint plusieurs grandes qualités qui, — si elle eût été placée en de meilleures mains, et mieux servie par les circonstances, — auraient fait d’elle une femme trèssupérieure. Je lui dois cette justice de dire que, nonobstant toute sa gêne, elle a toujours dépensé pour mon éducation, mon entretien, etc., et sans en distraire un shelling, tous les revenus de la somme que lord Nelson m’avait laissée *, somme qui était entièrement à la disposition de ma tutrice. »

• (Juatre mille £ (100,000 IV.).

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AI'PESDICE

Miss Hoi alia vécut, après la mort de celle-ci, chez différents membres de la famille >'elson ; et, dans la suite, elle contracta un mariage qui lui donnait dans le monde un rang honorable. On ne saurait voir autrement qu’à son avantage le désir qu’elle a manifesté de réhabiliter, — autant qu’elle le pouvait, — la mémoire de celle qui l'avait aimée et soi-gnée durant son enfance.

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