‹ Histoire de NiceChapitre 8 sur 15 · Chapitre V · texte numérisé non relu

Chapitre V

Armement contre les Turcs — Le Duc Émanuel Philibert résilient à Nice — Achat de la^ Principauté d OtieiUe et du Comté de Tende — Sa mort — Charles Émanuel I." — Fêtes à Nice pour le mariage du Duc » avec t Infante d'Espagne, Catherine d'Autriche — Troubles de la ligue — Expédition de Provence — Travaux dans les gorges de Saorgio -r- Paix de P^ervins — Reprises des hostilités -*- Le Duc - de Guise passe le Var — Escalade infructueuse de la ville de Nice — Paix et traité de Lyon.

Dès que les bienfaits de la paix eurent cicatrise'les plaies de l'Europe,, la Cour de Rome, efirayée avec raison de l'accroissement de puis^/ sance des Turcs , entreprit d'ëlever une barrière à l'ambition redoutable du Sultan Soliman IL Ce Prince nourrissait' une haine implacable contre les Chrétiens. Aidé par les Régence^ Barbares(jue8,le pavillon Ottoman dominait toute la Méditerranée , et le littoral maritime, depuis la Sicile jusqu'au détroit ^e Gibraltar , éprouvât continuellement la rage des infidèles. '

35o . Philippe n Roi d'Espagne entra ie premier flans les vues du Pontife Romain ; le Duc de Savoie son allié y quoique avec des - &ibles moyens y ambitionna aussi la gloire de jouer un rôle parmi les puissances maritimes ; il ordonna à son AxmvdX y André Provanay de presser les constructions du chantier de Villéfranche-: par Je$ soins de ce marin renommé il eut bientôt ^ sa disposition une flotte de galères^ parÊdtejnént armées j les Archiducs Rodolphe et Erhesi JPAutricliey qui cette même année relâchèrent AU port de Villéfranche y à - Foccasion de leur Voyage à la Cour d'Espagne^ furent surpris > de l'activité qui régnait dans cet établissement et des constructions qu'on y avait faites en si peu de iems;

Tandis qu on était occupé de ces préparatifs guemers , un désastre inattendu porta la désolation parmi les habitans du Comté de Nice ; ils essuyèrent, dans la soirée du 20 juillet i564 > un affreux treml^lcment de terre ! Des secousses violentes se succédèrent alternativement jusqu'au ^commencement du mois d'août y avec la ruine d'une quantité de maisons et d'édifices pidilics. Jj' entière populaticHi ' déserta ses foyers pour chercher un asile en rase campi^ne. Le pori

de.yUlefranche s'abaissa considérahlement ; dans les^ montagnes qui environnent la .vallée de la V;èsubta/Je cout!S de cette rivière fut interrompu ; dès JÔxsmàs ^énormes de. f'ocbers se dé« tachèrent de la. sommité des. mon ts^ et écrasèrent ieis: viUagés environnant^ particulièrement ceux dé BoUéna, Inaatiôsca^ Belvédère^ S.t-Maitia^ Roccabigliera et vVenanson ; les eaux de ditFé* rentes^ sources;^ qui> coulent dans la direction du •i}dv*est> au nord-rest^.. devinrent chaudes et sul-» &i!eii$es y ce qui semble indiquer que ce phé* pûmène fat produit.par l'explosion de quelque Yatcàn> caché dani. la- chaîne des alpes^^i.

.: Aq. premier avis de ces désastres , Emanuel PliUibert s'empressa de les réparer. Il confia la distribution de ses bien&its au zèle de Thomas de FTaiperga, Gouverneur du clxateau, qui dans ces. douloureuses eirconstances parvint à calmer

♦i Le tremblement de terre de 1 564 ^t beaucoup de bruit en Europe , et occupa les physiriens Icê' plus renommés du i6.® siècle , qui ont laissé de» «bservatîoDS sur ce phénomène ( Voyez Pierre-An* jtoine Boyer de Vice;. Gioffredi, MS. hist. alp. mar. lîv. 18.* j le Calendrier du Médecin Conslanzo Feiicî , intitulé Effemeride Storica j et Nostradamu» ,' hist; de Pi'oYcftce ).

les inquiétudes y et à ramener la confiance parmi

les habitans.

Cependant les flottes Chrétiennes s'ëtant réunies sous les ordres de Dom Garcie de Tolède y les marins Niçards ne voulurent -pas dificrer plus Ipng-tems d'aller partager leurs péiils et leur gloire.... André Profana sortit du port de Villefranche avec huit galères^ rejoignitbientât l'amiral Espagnol et fit voile vers Tilei'de Malthe'pour secourir les preux Chevaliei*^, ttssiégé&f>ar toutes les forces du Croissant jPio/^ j&a^^a ^ renégat Hongrois, et le fameux c(>rSQiire J9ni^iAf RmSy pressaient vivement ce boulev-ard d^'Cfaféti^ avec deux-cent-qtiarante kàtimenB de guerre*

Nous ne .nous arrêterons pas aux détails d'un siège mémorable, qui dura plus de trois mois, pendant lequel Tintrépide Grand-Maatre Jean de la P^allette , à la téie ^s braves d^fiuiaeurs de la Foi , s'immortalisa par la plus héroïque résistance; on sait que la délivrance des assiégés fut suivie du combat naval de' Lepanthe , dans lequel les galères de Savoie combattirent si glorieusement ! Pendant quatre heures consécutives les infidèles opposèrent à toutes les attaques l'acharnement et le courage du désespoir ; mais enfin leur centre fut romptt par les

galères de Gènes... Furieux de ce premier échec Dragut Rais recommença le combat à la léle de la division et faillit -tout-à-coiip d'arracher « la victoire aux Chrétiens. C'est dans cet instant décisif cp! André Proyana accourut au plus fi>rt dé la mêlée y avec les galères de Savoie y et; perçant le flanc droit de l'ennemi y obligea le corsaire Africain à renoncer à son entreprise. Ce succès coûta des pertes douloureuses ; il reçut lui-même plusieurs blessures^ dont aucune ne fut mortelle *i. Son retour au port dé Vil- Icfranche^ le 3 novembre iS^i ^ eut tout l'éclat d'un véritable triomphe. Le Peuple^ accouru en foule sur le rivage y salua de s^s bruyantes acclamations ces braves marins couverts de lau* Tiers, qui avaient si noblement relevé l'honneur du pavillon national *3.

Honoré Grimaldiy Baron de Bueil , Gouvernait à cette époque la ville et le Comté de Nice en qualité de Lfieutenant-général. Sa pru*

"^i Relation de Ludovic Sforza témoin oculaire; MS. délie cose di Nizza.

, *a La Ville de Nice , voulant récompenser les services d* André Provana , lui fit présent d'une épée avec le pommeau d*or massif aux armes de la ville ( MS. délie cose di Nizza ). ^

a3 Fol. II.

dence et sa fermeté assurèrent la tranipiillité des kabitaus^ malgré le feu de la guerre civile qui dévorait la Provence et. les plus belles prcH vinces Françaises. L'inexpérience de Charles IX ne put contenir le torrent de Thérésie. Au lieu de gagner les Huguenots par la persuasion , il exalta leur fanatisme i^eligieux en les livrant à une persécution impolitique et barbare. L'hisloir6 lui reproche la nuit de la S.t-fiarthélemi ^ cetie nuit épouvantable ^ où le sang Français ruisseUa dans les murs de Paris ^ et dans toute Tétendoe du Royaume ! ! D ne survécut pas long-tems à cette déplorable catastrophe ; appelle devant le tribunal de Dieu à rendre comple de «a conduite^ il laissa^ à la fleur de ses; ans, un trâne environné d'écueîls à son frère Henry d'Anjou. Quoique le souffle empoisonné de l'hérésie eut aussi pénétré dans quelques provinces des États du Duc de Savoie, Emanuel Philibert combattit Terreur avec des armes plus heureuses; il fit triompher la Religion Catholique par la sagesse et la modération qu'il mit à vaincre l'égarement. Connaissant toute la force des institutions religieuses , et combien une noble émulation peut obtenir d'utiles résultats , il convoqua dans la ville de Nice , au mois d'avril de l'année

i573, rOrdre des Chevaliers des S.ts-Maurice et Lazare ; là au milieu des fêtes et des réjouis^ sances des hàbitans il se fît reconnaître Grand- Maître de la Religion^ perfectionna les statuts de l'ordre et publia de nombreuses promotions pour réc(Miipenser les vertus et les servieeâ militaires.

' Il ordonna à cette occasion la construction -àé deux nouvelles galères , pour être constanitnent entretenues à Yillefràncbe aux frais da •Magistère , et en donna le commandement au sieur de Leinjr. L'établissement de Villefranche était devenu l'objet de sa prédilection.... Deux ans après une horrible tempête le ruina de fond €n comble *i. La mer s'éleva à ime hauteur jprodigieuse , les vagues amoncelées menacèrent d'engloutir les rivages , plusieurs galères Savoyardes et Espagnoles périrent malheureusement dans le port. , une partie du môle fut renversée, l'arsenal et les chantiers n'offrirent que des décombres ^j ; mais telle était la sollicitude du

. *i Ist. deir Ordine équestre dç' SS. Maurizîo e Lazzaro , pag. 1 1 i Hist. milit. du Piémont , par le Marquis Alexandre de Saluées.

*:i Notices historiq. de la Bibl. Roy. de Turin.

Prince, que, quelques mois après révénement^ ces ruines furent compleilement réparées.

On ne peut concevoir, comment le Souverain d'un petit état trouva les moyens def Êdre fleurir le 'commerce , de construire des forteresses , d'armer des flottes , de créer des éta- .blissemens maritimes, de faire enfin des acquisitions importantes , qui agrandirent les domaines de sa famille ! H faut sans doute l'attribuer à l'ordre introduit dans ses finances, à l'économie qui régnait dans les dépenses de la Cour, à la sagesse de son administration, et plus encore à la 'supériorité de son génie ! !

L'acquisition de la Principauté d'OneilJè, suivie de celle du Comté de Tende , sont deux événemens importans qui intéressent l'histoire de Nice , et exigent quelques détails !

Les Evêques d'Albenga possédaient ancien-» nement les vallées d'Oneille , à titre de fiefi du Saint-Empire ; mais en 1298 elles passèrent en souveraineté à la maison Doria , par act6 de cession du 2 octobre , fait en faveur de Frédéric et Nicolas frères Doria , fils de Ba^ bilan y noble et puissant patricien Génois *i.

*i Theatrum Statuum Pedemontium ^ Bibl. Roy* de Turin.

Ces Seigneurs indépendans^ protégés par la République de Gènes ^ conservèrent ce domaine jusqu'en 1576 ; à cette époque Jean ^Jérôme Doria , dernier Prince ^ûgjeille , détesté de ses yjets à cause de ses i^^ptices et de ses folles dépenses , et n'ayant point d'enfans , entra en négociation avec la Cour de Savoie. Emanuel Philibert venait d'acheter récemment les Seigneuries de Maro et de Prelà; il saisit avec empressement cette nouvelle circonstance pour faire une acquisition^ qui en augmentant ses ressources maritimes^ pouvait lui ouvrir des communications importantes à travers la Ligurie. Le sieur de Leinjr y G)mte d^ Frussasque , et Etienne Doria , Marquis de Dolceacqua , traitèrent avec les commissaires du Prince Génois. Le contrat de vente fut conclu à Nice , le 28 mai de celle même année , et reçu par les Notaires CaUusio y Baldoin , et Pierre Georges Verda d'Oneille , pour le prix de quarante*un mille écus d'or ; Jérôme Doria reçut, en échange de la Principauté d'Oneille et de s^s dépendances ^ le Marquisat de Cirié en Piémont et la terre de Gavallimour, érigée en Comté ^i. La Ré-

^i Guichenon , hist. gën. de la Maison de Savoie ^ |oin. a pag. a66.

publique de Gènes apprit avec le plus grand dëpit la conclusion de ce iraiié, négocie secrètement ; elle se repentit , mais trop tard , de n'avoir pas su le row^jtt§, ^ eu offirant un meilleur , parti à Jérôme DoHtllf

Dès que la vente fut consommée , les Gom^ missaires Savoyards allèrent prendre possession d'Oneille au nom de leur Spuvemn ; Emanael- Philibert s'y rendit lui-même sur la fin du mois de décembre avec les Princes de Piémont. et du Genevois , avec François de Lorraine , le Marquis de Chansins y et^Dom ^médée àfd Savoie ; il fît construire des bonnes, ibriificatipns à l'entrée de la v.ille y dont il confia le commodément à Jean- Baptiste Badat , gentilhomme Niçard *i.

Ayant ainsi pourvu à la défense et aux besoins de ses nouveaux sujets, le Duc prit la route de la rivière de Gènes, et vint à Nice, où il fît son entrée avec Cltarles-Emanuel son fils , et les autres Princes de sa suite , le 6 janvier iS'^'y. Le 17 du même mois la noblesse du Comté et les Députés des quatre Vigueries lui . renouvellèrent l'hominage solennel de fidé-

, *i Guichenon, hist. gén. de la Maison de,£a* yoie , liv. a.

lité ^ «t votèrent un don gratuit de vingi-cinqinille florins pour subvenir aux dépenses du trésor ducal ^i. Les habitans obtinrent en cette circonstance la confirmation de leurs anciens privilèges. Cette même année les Consuls publièrent les nouveaux statuts de la ville sur la police municipale ; la vente des commestibles , la salubrité publique ^ la surveillance des marebands en détail, enfin la régularité des poids et mesures s'y trouvent réglés avec ordre ^ précision et sagesse *2«

Nous avons vu précédemment, que le grand bâtard, René de Savoie, par son mariage aveo ^nne Lascaris Comtesse de Tende, était devenu possesseur de cette seigneurie, et qu'étant

♦i MS. deUe cose di Nizza.

*2 Les Statuts politiques de la Ville de Nice furent dëfinîtivement approuvés à Turin , -le 4 décembre 1677 9 à la requête de Marin Baldoino , agent de la Cité , et les Bans champêtres je i;^ ocr ctobre de Tannée suivante , à la suite d'une ordonnance du Conseil Communal , en d^te du 3i août précédent , présidé par le Préfet César Cortina Sénateur et Conseiller Ducal , sous le Consulat de pierre-Jean Galléan Seigneur de Châteauneuf, Claude Roslagni, Boniface Solaro et Ludovic Emerie ( Protocole de Jean*IV1arie Milonis ^ notaire ; MS. d^lU P9se di Nizza ).

3do ^

passé au service de la Cour de France^ son ambition suscita trop souvent des guerres désastreuses dans les Vigueries de Nice : René^ laissa deux enfans^ Claude et Honoré j tous les deux nommés successivement Gouverneurs, Lieutenans-Généraux des États de Provence. Claude piourùt sans postérité ; Honoré , son frère , n'eut qu'une fille nommée Henriette , maritb en premières noces à Jacques dUrfé^ et ensuite en 1576 à Charles de Lorraine y Duc du Maine. Cette Princesse n'ayant pas eu d'enfans de cet hymen, consentit à céder au Duc de Savoie ses droits de souveraineté sur le Comté de Tende, par acte de vente signé à Turin le i4 mai 1579, moyennant le prix de Boyooo florins d'or*i: ainsi se terminèrent heureusement les animosités qui avaient si long-tems divisé les deux populations !

Ce bonheur fut troublé l'année suivante par le .fléau de la peste. Il fît de nombreuses victimes non-seulement dans la ville de Nice , mais encore dans toute l'étendue du Comté , et même en Piémont; on déserta les lieux habites, les cadavres, restèrent sans sépulture , les campagnes

*i Guichenoh, hist. gén. de la Maison de Savoie^ MS. hist. alp. maiit. liv^ 19*.

36i incultes n'offirirent plus que l'effroyable tableau d'une désolatioil générale. Dans l'espace de quatre mois que dura l'infection^ la population de la ville de Nice fut réduite à moins du tiers; on évahia le nombre des morts dans le seul faubourg de Sincaire à 546o^ ce qui peut être exagéré^ mais qui prouve du moins , que depuit le siège de i543 la masse des habitans avait considérablement augmenté^ et* surpassait peut-» être celle de nos jours *i. Quelques hîvStoriens Provençaux ont prétendu que le Duc Emanuel^ Philibert mourut de la peste... D'après des notions positives^ on peut assurer que ce grand Prince fut enlevé à l'amour de ses peuples le 3o aoiH 1 58o à la suite d'une hydropisie de poitrine , qui termina sa glorieuse carrière à l'âge de 5a ans *2. Cette perte douloureuse ajouta aux calamités publiques!... Son fils Charles-Emanuell.^'y formé à son école , suivit le même système de gouvernement ; doué d'une ame sensible, d'un esprit solide et pénétrant y et d'un courage à toute épreuve , il se montra à la tête de l'ar-

^i Discorso di Pastorelli soir antichità di Nizza^ MS. de TAbbaye de S.'-Pons.

^a Guichenon , hist. gën. de la Maison de Sav. ; Mémoire* hiit du Marquis Costa de Beauregard.

mee aussi redoutable à sesf eanemis^ <ju'îl était dans rintérieur de son administration juste, eco*nôme et bienfaisant. Il mit à la tête de son ecMiseil F Amiral André de Provuna ^ dont il appréciait les talens et l'expérience, et nomma Gouverneur-Lieutenant-Gciiéral du Comté de Nice Asca^ne Boba , Comte de Bussolin^ auquel il confia le soin de réparer les malheurs causés par la pestCi, et de rendre les l^^b^nins k leurs occupations ordinaires *i.

Le jeune Duc , pressé par les vœux de ses peuples à se choisir une compagne^ fit demander la main de F Infante Catherine d'Auti^che, fille de Philippe IL Un manifeste publié h Chambéry le i8 août i584 ? annonça son pro^ çhain départ pour la Catalogne, afin d'aller serrer ces ilhistrcs nœuds.

Charles vint a Nice au printcms de l'année suivante, accompagné d'une Cour nqmbreuse^ où figuraient les Princes et premiers Gentilshonunes

*^i Le Gouverneur , d'ordre du Souverain , fit publier au mois de mars i582 la réforme du Calendrier Romain, faite par Bulle du Pape Grégoire XIII en date du 24 février de la même année , avec injonction aux notaires, officiers publics et marchands de s'y conformer dans leurs .actes. et écritureâ, sous peine de destitution et d'ameode^»

de SCS Étals *i. Il s'embarqua au port de Vil» lefranche sur lés galères de Savoie comniaudées^ par Georges de Provana y élevé au grade d'Amiral à la place ^ André son père ; les noces célébrées à Saragosse en présence des deux Cours réunies^ firent naître des réjouissances' générales.

La ville de Nice oublia ses désasti*es récent pour ne s'occuper qu'à faiie éclater ses transports d'amour. Elle apprit bientôt^ pour cornpletter son ivresse^ que T Auguste Couple allait arriver. Le i8 juin i585^ à l'heure de midi^ un cri de joie se &it entendre^ et se répète de bouche en bouche avec le plus grand enthousiasme : f^oWi la Jlotte l! f^oilà lajlùtte II

*i Voîcî les noms des Prîpces et gentilshommes qui eurent l'honneur d'accompagner le Duc en Espagne : le Duc de Nemours , le Prince de Raconis, îe Seigneur Dom Amédëe de Savoie , le Comte dé Masin, le Comte d*Avy, le Marquis de Lullins, le Marquis Philippe d'Est , le Baron de Bueil , le Marquis de la Chambre, le Comte de S.^-Vital, le Marquis Pallavîcîfii , le Marquis de S.'^Sorlin , et plu* sieurs antres, avec une nombreuse cour, officiers, pages, écuyers, riches livrées , archers de la garde, Suisses , arquebusiers , etc; ( Relation imprimée, à Turin pour les fêtes du mariage , trouvée dans les archives d« la BibL Royak }•

Tous les cœurs sont agités d'une tendre impatience ; la masse entière des habitans se préci-. pite à la rencontre des Souverains! Au milieu de la flotte Catalane y forte de. quarante voiles^' s'avançait la galère la Rojrale Espagne ^ magi^-* fiquement pavoisée, portant la Duchesse In&nte, accompagnée du Prince de Sidmona ; du Comte JUAl^e^ Vice-Roi de /i^icile; de Dom^-Pedro de Tolède , Vice-Roi de Naples ; de FAmiral André Doria , Prince de Melfi , et d'une foule de Seigneurs Espagnols. Le Duc Charles étak embarqué sur la galère le S. t^ Maurice j commandée par Georg-es de Pi*ovana.

L'escadre réunie mouilla au port àe Yïlle^franche. Le lendemain 19 juin, y&ile de la fête de Dieu , la Duchesse fit son entrée solennelle dans la ville de Nice ; Charles en celle occasion voulut surprendre son é|M>use par une féte sur mer, digne de son objet. Tous les vaisseaux: sortirent de Villefranche en ordre de bataille, et s'avancèrent vers Nice à petites voiles, aux sons des instrumens, au carillon de toutes les cloches , aux salves de l'artillerie du château. La garnison était en parade le long du rivage ; le peuple garnissait toutes les élévations environnantes j dès que la galère lloyale parut

en face de h porte marine^ des Tritons guidés : par des Génies Tenvironnèrent tout-à-coup, et lui offirirent une ingénieuse allégorie, où Ton vit les Dieux de la mer confondre leuris transports de joie avec ceux de la ville ^i: l'Infante •mit' ensuite pied à terre. On avait préparé en £ice de la porte un pont orné de fleurs et d'orangers ; il aboutissait à une place formée •sur le gi-avier; là s'élevait un arc de triompha richement décoré , offrant quatre façades soutenues par des colonnes d'ordre Corinthien , avec des statues allégoriques parfaitement exé* cutées *2. Le cortège traversa le pont à la suite de la Duchesse , et vint prendre place scytid le monument, en £ice d'un autel richement décoré. Le Cardinal Fieschiy Nonce Apostolique, assisté de l'Évêque de Nice Jean-Ludovic

' *i Nous croyons faire une chose agréable à nos Lecteurs de leur donner à la lin de ce Chapitre ( Voyez la note (A) ) la description de cette fête , telle que nous Pavons trouvée dans une relation imprimée à Turin , et conservée dans la Bibl. Roy.

*2 Ce monument, inventé et exécuté par Alexandre Ardenti , peintre sculpteur de la Cour de Savoie , coûta des sommes considérables , et fut long-tems cité comme un modèle de bon goût. Nous en donnons aussi la description à la fin de ce Chapitre ( Voyez la note (B) >

PallavicirU y entouré de tout le Clergé, complimenta l'illustre Épouse au Qom du Pape Grégoire XIII , et lui présenta la it)se d*or. Les Consuls ensuite y dans une courte ha^ rangue y lui offrirent T hommage des habitans} après cette cérémonie le Cortège se mit en marche dans Tordre suivant : les Archers de la Garde , le Corps de la Bourgeoisie , les Gentilshommes, les Pages et les Ecuyers, les ChevaUers de FAnnonciade , FÉvéque de Nice et son Clergé , le Nonce. Apostolique , le Duc et la Duchesse, tous les deux à cheval, marchant sous le baldaquin * i . Le Baron SJbndratOy Ambassadeur de S. M. Catholique et Grand-Majordome de la Duchesse, suivait immédiatement avec les .Gentilshommes de la Cour; venaient ensuite les Dames nobles et les Demoiselles magnifiquement parées ; les livrées et les Gardes Suisses fermaient la marche : à l'entrée de la

*i L*Infante habillée de velours incarnat brode •r et perles , m mita un palefroi armelin , couvert d'or et de pierreries , et le Duc un cheval bai de ]d plus grande beauté pi était en costume espagnol, habit de satin blanc , manteau de pourpre brodé en or , chapeau de velours noir, orné de plumes et de diamans ( Relation imprimée à ïurin , Bibliot* Royale ).

perte le Baron de BueUy Gouverneur du château^ offrit au Duc les clefs de la forteresse. C'est ainsi que la G>uple auguste traversa les principales rues de la ville, ornées de fleurs et de pavillons aux armes de Savoie et d'Espagne; ils se rendirent directement à la. cathédrale pour rendre à Dieu leurs actions de grâce , et allèrent prendre leur logement au palais qu'on avait d'avance préparé et somptueusement meublé.

Le lendemain , jour de la fête de Dieu , toute la Cour accompagna la procession avec un recueillement exemplaire ! Jamais cette cérémonie religieuse n'avait été ni plus brillante ^ ni plus majestueuse !! i

Le 3o du mois de juin la flotte de Savoie et d'Espagne fit voile pour le port de Savone avec les Souverains. Arrivés dans cette ville , ils prirent la route du Piémont le 3 juillet suivant»

•Tandis que les sujets de la Maison de Savoie se livraient à la joie et au.^ plaisirs que faisait naître cet heureux hyménée , la France était dévorée par le feu de la guerre civile. Les ligueurs et les Huguenots , également irrités, menaçaient l'entière ruine de ce beau royaume. Après la bataille de Courlrai , la joi\roée des Barricades fit de* nouveau triompher

la ligue y et livra le faible Henry lU à la dis* crction de l'ambitieux Duc de Guise. Indigné des lois qu'on voulait lui ipiposer, ce Monarque se réunit au Roi de Navarre y et entreprit le ^iège de Paris; victime d'un affreux régicide^ il laissa en mourant la Couronne au Prince Béarnais.

CharleS'JEmanuel , allié de l'Espagne ,^ne voulut pas le reconnaître, mais le génie di Henry JV triompha de tous ses ennemis; ^ç^^ Généraux envahirent une partie de la Savoie, et le célèbre Zie^t/i^iaere^ marcha sur la Provence, où les habitans refusaient de recevoir ^es lois.

Ceux-ci envoyèrent une Députation au Duc de Savoie pour lui demander des secours *x. Ils passèrent à Nice au mois de février 1690 , où le Comie de Bussolin les accueillit avec empressement. L'occasion était favorable; le Duc crut devoir en profiter. Après avoir pris ses mesures pour la défense de ses états, il traversa le Col de Tende au mois d'août de cette même année, à la tête d'une nombreuse armée

*i Voici les noms des députés Provençaux: £leazar de Rastelly , Evêque de Riez -, Brancas , Baron d'Oise ; Castellane d'Ampus , et Louis Fabri , Seigneur de Fabrègues ( Papon , hi«t. gén. de Prav. )

remplie dWdeur et d'enthousiasme. Le Goinié dé Nice arma à ses frais un corps de aooo volontaires. Une jeunesse brillante^ palini lâ^ quelle on comptait les Grimaldiy les Sforza'y les Galléariy les CairascfU, les Tonduti y les CapeUo j les Caissotti^ les /^aôr/ , et plusieurs autres gentilshommes , obtinrent l'honneur de àervir dans la Garde Ducale. L'armée Savoyarde, conunandée par le Comte Martinengo, passa le Var le 4 septembre j ses succès furei^ rapides. Les principales villes de la Provence l'aGcneillirent comme un libérateur. H emporta la place de S.t-Maximîn , délivra là ville d'Aix^ et força les Huguenots à lever le siège de Marseille. Une nouvelle Députation des états de Provence*! vint presser Chàrles-Êmanuel àe venir lui-même assurer leur délivrance ; vaincu par leurs sollicitations, le Duc de Savoie entra en Provence à la tête de la cavalerie. Les Ligueurs occupaient le château de Mons placé

^i La seconde Députation était composëe d^ Jacques d'Ollières , Aumônier de S.*-Victor ; Jean de Forbin , Seigneur de la Fare ; Jean Bacillon , Seigneur de Mouhans; Somat d'Espagoet , Conseiller du Parlement , et Henri Seguîran , C(»nsul/ de la ville d*Aix ( Papon , hiat. gén. de Prov. )•

a4 roi. II.

3^0 sur la route. Le Commandant de <iette forteresse demanda et obtint la neutralité ; ayant reçu dans la^ nuit un renfort de trois-cent soldats.^ que lui envoya le Général Las^allette ^ il. osa^ au mépris de la foi jurée , tomber à l'improviste sur les troupes Savoyardes *i : 'Charle$^ indigné de cette trahison, en tira une vengeance éclatante ; après un siège de quelques jours^ la place fut forcée à coups de canon, la garnison passée au fil de Fépée , et douze des princir paux habiians pendus aux crena^ix *3. Cet acte de sévérité porta la terreur dans les villages qui tenaient pour les Huguenots. Les Consuls des conimuiies environnantes s'empressèrent de lui apporter l'hommage de leur soumission.

La ville d'Aix envoya une nouvelle Députalion à la rencontre du Duc ; ce Prince y fit

*i Au combat de Mons , Charles-Emanuel tourut risque d'élre enlevé par les Huguenots. Heureuseinent le Comte de Martinengo vint le tii'er d*afikire ; dans cette circonstance les gentilshommes Niçards , de la garde du Prince , se consacrèrent à sa défense avec le plus grand dévouement, et plusieurs y reçurent de glorieuses blessures ( MSi délie cose di Nizza; Mémoires du Président Cam-* biano ). •

- '^a Mémoires du Président Cambiano ; hîst. mililî de Piémont par le Comte Alexandre da Saluées. '^

son entrëe solennelle le i8 octobre aux acclamations des habitans ; les États assemblés pé^ «es ordres le nommèrent Lieutenant'^Général dfe ia Provence paf délibération du 23 du mémb mois y et mirent à sa disposition un corps de dix'-mille bommes de troupes nationales.

Pendant que ces événemens se passaient à Aîk, un corps de partisans, commandé par l'irffatigable Lesdiguières , pénétra dans la vallée tle Barcelonnette , et força le Comte Roero \ Commandant de cette place , à capituler. Ce

succès des Huguenots sur les derrières de Farmée aurait pu avoir des conséquences fâcheuses^ pour le Comté de Nice , si un gentilhomme da pays nommé Jean Faucon^ seigneur.de Sauze, ia'était accouru avec un corps de miliciens montagnards, qui força les parlisans Français à se retirer. La place de Barcelonnette essaya de se défendre ; il fallut l'escalader dans la nuit du 23 décembre. Les Ligueurs ne voulurent pas mettre bas les armes: ils se retirèrent dans une église y d'où ils faisaient un feu terrible de mousquetterie ; Faucon y fit mettre le feualors ils demandèrent à capituler *i.

^i Papon^hist. génér. de Pror. ; Mëmoirea^ du t'rtfsidènt Caimbiâiio.

Nous abrégerons leii détails des opérations militaires pendant la campagne de iSgi pour ne pas trop allonger notre récit j nous nous bornerons seulement à indiquer les principaux eyénemens, qui ensuite déterminèrent la retraite: après la prise de Salon, et le siège infructueoi' de Permis , Charles porta toutes ses forces contre la ville de Tarascon, qui opposa une vigoureuse résistance ; il marcha ensuite sur Marseille , qui lui ouvrit ses portes le 2 mars iSgi, Malgré ces succès, le Duc de Savoie ne se dissimulait pas l'embarras de sa position,- si la guerre se prolongeait , et si on donnait le tems à Henrjr IV de diriger la majeure partie de sps forces sur la Provence. Il connaissait Tin- -constance des Provençaux : livré à ses seules ressources , il craignait ijii changement de fortune qui eut compromis la sûreté de ses propres états ; tourmenté par ces inquiétudes , il prit le parti de se rendre en Espagne pour solliciter son beau-père Philippe II à lui envoyer des prompts secours en hommes et en argent. U partit de Marseille le 8 du mois de mars sur les galères Catalanes , laissant le commandement supérieur de. l'armée aîi Comte àe Martiriengo.

Pendant spn absence ce §éiiérâ|* fot çompletT

tement battu par les Ligueurs au combat à^Es^

paron.

CharleS'Emanuel se hâta de retourner ea Provence ; il arriva au port de Marseille le 6 j^in iSgi avec quinze galères chargées de troupes , d'argent et de vivres. L'armée Savoyarde reprit alors l'offensive , et les Ducs de Lesdiguières et de Montmorency furent en-' core obligés de battre en retraite ; la prise de l'importante place de Berre , et de la villej d'Arles, signalèrent l'arrivée du Souverain.

Cependant les intrigues secrètes de la Comtesse de Sault préparaient une funeste catastrophe. Cette femme ambitieuse , veuve de Louis de Montauhan , s'était acquise , à l'aide de ses richesses, une grande influence sur l'esprit des Provençaux; l'espoir d'élever s?i fortune à l'aide des circonstances lui avait fait rechercher l'appui du Duc de Savoie ; mais elle ne tarda pas à s'apercevoir , qu'avec un Prince aussi habile po^ litique , qu'excellent guerrier , elle ne pourrai^ jamais faire reconnaître so» autorité en Provence. Mécontente de son faux calcul , elle s'attacha & semer la défiance parmi les principaux Ligueurs, en leur montrant Charles^Émanuel comme un conquérant dangereux qui avait formé

le projet de s'emparer an pays^pourle réunir^ à ses États. Ce Prince, instruit de ces sourdje^ menées, quitte la ville d'Arles où il résidait, arrive inopinément à Aix à la tête d'un corps de cavalerie, et s'assure de la personne de la, Comtesse. Dans le premier mouvement de sa; colère , il ordonna à Jeannetin Sforza , capi-. toine de sa garde, de conduire la Comtesse au château de Nice; mais sur les instances de. quelques seigneurs il consentit ensuite à révoquer cette mesure sévère. Celle-ci dans l'inr, tcrvalle réussit à tromper la vigilance de ses geôliers; elle se sauva à Marseille déguisée ea pèlerin. Là , employant sur le peuple tous les moyens de séduction, elle fomenta la révolte de cette grande ville contre la garnison Savoyarde. Au premier bruit de cet événement, le Duc de Savoie marche sur Marseille , renforce la garnison de Notre-Dame-, délivre les galères du port et s'empare de l'abbaye de S.t- Victor; mais dans l'instant même il apprend que la ville d'Arle» ^, levé Tétendard de la rebelhon, et que le Duo de Montmorejicj vient de passer le Rhône. Forcé de retourner à Aix , ^ il entreprend de. délivrer la place de Vinon assiégée par le Marquis 4^ fa. P^allette. Une actioii n^eurtrière. s'ejç^ag^^

st)ùs les murs de celte place l^e Duc voyaiit>

plier ses troupes, veut rétablir iç combat en, chargeant Iiii-méme les ennemis à la tête de sa cavalerie , mais la victoire abandonne sou

courage Le Comte de f^incinguerra tombé'

mort à ses côtés; le général Don Sanchez dfe' Salines cède le terrain en désordre ; lui-même /' après avoir eu un cheval tué sous lui , n^écbappe que par miracle au plus grand des dangers, et se retire avec son armée sous les murs d'Aix *i/ La mort de la P^allette au siège de Roquebrune le II février iSgs, fut un faible dédommagement de cet échec. Danis rinlervalle* la prise d*Antibes par les partisans royaliistes / rendit encore plus critique la position de l'armécw L'arrivée de la Duchesse Catherine à Nicedeux mois après , décida Charles - Êtnanuel a quitter nioiiicntanément la Provence ; il vilQt au milieu des fidèles Niçards recevoir les em-^' brasseniens (Vune épouse chérie, inquiète de ^n éloignement, et il donna en même tems les dispositions nécessaires pour réunir des nou^ Telles troupes, afin de renforcer son armée.* Tandis que le G)mte de Mattinengo tenaiti

^i Mémoires du Président Ouhbiâno.

en échec le Duc de Montmorencj' , Lesdiguières pénétra, une seconde fois dans la vallée de Barcelonnette : Monsieur de Faucon capitula au moment que le Comte de Masin mar* chait à son secours; jugé par une commission militaire^ il. fut fusillé à Nice dans les fossés 4u château , sans pouvoir obtenir la grâce y malgré lesl' services rendus dans la précédente campagne. Le général Français s'empara ensuite de la place de Digne^ entra par surprise dans Draguignan^ et courut tous les villages de la basse- Provence •'i. Ces avantages emportés par les troupes de Lesdiguières firent naître des inquiétudes dans le Comté de ^ice; Charles- E manuel était alors en Piémont occupé à secourir la place de Pignérol , vivement pressée par les Français ; il ôta le commandement de l'armée de Provence au Comte de MartinengOy tombé en disgrâce , et mit à sa place le Comte de Scarnajix sous les ordres du général Espagnol Dom Sanchez de Salines. Les Comtes de ScalengJie y de Pailla et de S. t- Second conduisirent successivement à Nice trois-mille fantassins et quatre-cent cavaliers , qui réunis aux

*x Videl, yie de Lesdiguié|*e9.

miliciens du Comté, formèrent une petite armée capable de conlenir LesdigzUères *ï. Ces généraux résolurent de tenter la repriséflrAntibes* Le Comte de Scalenghe pénétra dans la ville & la tête de plusieurs compagnies et la livra aii pillage ; le Comte de Bar , enfermé dans la citadelle, consentit à une honteuse capitulation malgré les instance^ de son frère Monsieur de Cannaux. Les châteaux de Cagilés et de Cannes se soumirent après une faible résistance ; ea pçu de joyrs toute la basse-Provence fut dé*livrée de la présence des ennemis. Cependant le Duc dÉpemoriy profitant du découragement des Ligueurs en Provence , marcha une seconde fois avec six-mille hommes contre la place d'Antibes. Le Comte de Piossasque s'étant laissé intimider, capitula le 6 décembre iSga. Ce fait d'armes termina la campagne; les deux armées entrèrent en quartier d'hiver et convinrent d'une trêve de trois mois pour traiter d'un arrangement. Les troupes Savoyardes évacuèrent toute la haute-Provence, ne laissant qu'une garnison dans la forteresse de Berre. Au prin-« tems de l'année i SgS , la trêve fut rompue ^

^i Guichenon , hfst. gën. de la Maison de Sar.

37^ et les troupes de {)art et d'autre se mirent eà'

niouveni^|t.

Charl^Emanuel vint alors à Nice , àmenaiir de nouveaux renforts. Le fléau de la guerre avait entièrement dévasté la Provence ; le passage continuel des troupes dans le Comté de Nice, en détruisant toutes les ressources dtt pays, livra les habitans à une horrible disette—- Touché' dés besoins qu'éprouvait la population , il accueillit avec bonté les prières de Jean Capellcf premier Consul de la ville, et ordonna à l'intendant de l'armée de distribuer aux habitans une quantité de bleds , tirés des magasins de Gènes et destinés pour hi Provence ^i.

On ne sait ici comment mettre tfaccord Ja misère publique , et les malheurs d'une guerre ruineuse , avec les dépenses énormes âiiles dans le même tems dans les gori:[es de Saoi:^o , pour ouvrir une communication assurée aveô te Piémont ; le génie d'un grand Prince peut à-peine expliquer ce phénomène !

'. Avaht le Règne de Charles-Emanuet te Grarid y on ne pouvait traverser les âlpes lYiautime^ que très-diffi?cilement à cause des éheaiin&

♦i M8. déOû œse di NUzà^ > c

périlleux^ et très- souvent impraticables; il fallait: gravir des montagnes hérissées d'énormes ro*' chers , bordées de précipices épouvantables , s'a-^; bandonner enfin à travers de sombres forêts^*, où le voyageur était sans cesse exposé à périr: de £dm , de froid et de fatigue *i. Par wMk de c^ inspirations qui n'appartiennent qu'au; yéiçitable génie , Charles- Émanuel conçut le projet gigantesque de* tracer une grande route qui, après avoir fi*anchi les cimes orageuses dii} col de Tende 9 aboutirait aux rivages maritinies» de Nice, par les gorges de Saorgio. Il fauC donner une légère esquisse de l'âpreté et de , la bizan*erie des lieux jlour faire connaître le» obstacles qui s'opposaient à l'exécution de ce plan. La Roya, roulant ses eaux bondissantes de la scmamité des monts à travers d'énormeg rochers, semble repousser loin de ses bordf sauvages toute barrière que voudrait lui imposer « la main des hommes ; d'énormes masses taillées^ à pic lui laissent à-peine un étroit passage au fond d'un précipice , qui se prolonge le long df *

^i Avant Ja construction de la oouvelle route y ceux qui pour leurs affaires étaient obligés de frani> chir les Alpes, faisaient d'ordinaire leur testament eyant de partir. • '

38o son cours bizarre et tortueux! C'est-là que le Souverain fît tracer la nouvelle route ; le Roc fut vaincu par le salpêtre , des digues imposantes y des ponts hardis et solides triomphèrent de tous les obstacles , et vers la fin de Tannée iSqs 7 une communication facile avec le Piémont fut ouverte au comtnerce et à Findustrie des habitans. Ces ouvrages , dignes du tems de la grandeur Romaine , font aujourd'hui Fadmi* ration des personnes de l'art et des voyageurs distingués qui fréquentent ce pays. Une inscription en lettres d'or, gravée sur le rocher qui horde la Roya en face du château de Saorgio^ a transmis à la postérité la gloire du Prince qui les conçut et les fît exécuter à ses Grais *i.

La campagne de i594 n'offrit qa'une suite, de revers ! . . . L'armée Savoyarde évacua presqu'entièremeiit la Provence ; seulement des garnisons occupèrent le fort de Notre-Dame de Marseille , la forteresse de Berre , et les châteaux de Martigues^ Grasse et S.t-Paul. Le colonel Taffiriy qui passa le Var avec un corps de cavalerie pour ravitailler ces plices , ne put y réussir. L'abjuration de Henry IV, en frap-

^i Voyez rinscription à la fin du Chapitre , (C).

^ant la ligue d'un coup de massue y Famena tout les partis aux véritables intérêts de la France ; le Duc de Guise arriva en Provence avec une puissante armée , et dès-lors l'étendard des Lys flotta victorieux jusqu'aux bords du Var. Lés Français devenus les plus forts attaquèrent à leur> leur le Comté de Nice. Ils pénétrèrent dans la vallée de S.t-Dalraas , prirent les villages de Saint-Etienne , d'Entraunes , de S,t-Martin Lantosca^ et menacèrent le littoral maritime. Le Comte de Bueil nommé au gouvernement du Comté de Nice, assisté par le Chevalier Ponte y qui lui envoya quelques troupes tirées de la garnison de Coni , parvint à repousser les Français ; mais des désastres irréparables suivirent bientôt ce succès momentané. Le fort de Notre-Dame de Marseille capitula, et là garnison presqu'entièrêment composée de Niçards y fut impitoyablement massacrée *i. Le capitaine Plana livra le château de S.t-Paul, et son frère qui commandait à Grasse, lâchement assassiné par les habitans, vit en mourant les ennemis maîtres de la ville qu'il avait si vaillam«r ment défendue.

"^i Bouche, hisjt de' Provence; MS. délie cose di JVùza.

3iB2

Pendant le cours de ces éyénemens le Garf dinal Rodolphe d'Autriche, frère de FEm* pereur , arriva à Villefranche sur les galère^ d'Espagne ; il vint à Nice lé 6 octobre iSgS *iÇ On se flatta que lés troupes Espagnoles qu'il amenait avec lui,, au nombre de trois- imllé hommes , seraient destinées pour la défense dtt Comté ; mais dans la même nuit le Prince mit à la voile pour 1|B port de Savone.

A la faveur d'une nouvelle trêve , lés Français respectèrent le Comte de Nice , jusqu'à là fin du mois de septembre 1 597 : à cette époque les hostilités ayant été dénoncées, une division dé l'armée du Duc de Guise y commandée par Monsieur de Mirahèl , s'empara de nouveau de S.t-Étienne et de toute la vallée de S.t- Dalmas. La trahison du capitaine Pascalis lui

livra également la vallée d'Enlraunes. Aussitôt l'alarme devint générale. Le Comte dé Bueil ^ppella sous les arnt^s toutes les milices ; le Chevalier de Saluées accourut de son côté avec cinq-ceuC fantassins dans la vallée de là Vesubia , mais ils furent bientôt appelles l'un et l'autre à la défense des défilés de Suse ; le

*i 1SI&. délie cese di Nizza.

haut-Gomtë de Nice se trouvant . ainsi livré- à la discrëtîon.des eimei^iis y Louis Martini^ Curé 4e S.t-Dalmas^ entreprit de leur disputer le terreiu pied à pied; secondé par les braves miliciens^ jjl mit en état de défense les villages de S.t^ Sauveur , de S.t-Martin et de la Roche , et fit essuyer des pertes considérables à Monsieur de Mirabel ; ce général prit cependant d'assaut le château d'Aller y malgré la vigoureuse résistance du capitaine Slcard, La prise de S.t-Étienne 6uivit.de prés cet événement, et les Français maîtres de toute la vallée s'avancèrent en '£)rces sur les bords du Yar ,■ menaçant la ville d^ Nice d'un nouveau siège. Heureusement le traita de Vervins, signé le 25 mars iScjS, fit luire un rayon d'espoir; les Français évacuèrent le Comté de Nice et la vallée de Barcelonnette ^ le brave Chevalier Giœriniy qui avait si longtems résisté à tous les efforts du Duc de Guise^ fut enfin forcé ^ par le manque de vivres, de lui livrer l'importante place de Berre, mais il €>blint une capitulation honorable. ,

Cette paix , dont les deux populations avaient un si pœssant besoin , ne dura que quelques

mois Vainement Charles-Emanuel se rendit à

Paris auprès de Henrj Vf pour négocier le5

Pendant le cours de ce» ëvénemens le Gârf dinal Rodolphe d'Autriche, frère de FEm* pereur , arriva à Villefranche sur les galères d'Espagne ; il vint à Nice lé 6 octobre iSgS *i; On se flatta que lés troupes Espagnoles qu'il amenait avec lui,, au nombre de trois- mille hommes , seraient destinées pour la défense dn Comté ; mais dans la même nuit le Prince mit i la voile pour 1|B port de Savone.

A la faveur d'une nouvelle trêve, lés Français respectèrent le Comte de Nice , jusqu'à là fin du mois de septembre 1597: à cette époque les hostilités ayant été dénoncées, une division dé l'armée du Duc de Guise ^ commandée par Monsieur de Mirabel , s'empara de nouveau de S;t-Etienne et de toute la vallée de S.l- Dalmas. La trahison du capitaine Pascnlis lui livra également la vallée d'Entraunes, Aussitôt l'alarme devint générale. Le Comte dé Bueil ^ppella sous les arnt^s toutes les milices ; le Chevalier de Saluées accourut de son côté avec cînq-ceuC fantassins dans la vallée de là Vesubia , unais ils furent bientôt appelles l'un et l'autre à la défense des défilés de Suse ; le

♦1 MS. délie 09 se di Nizza.

haut-Comté de Nice se trouvant . ainsi livré-^ à la discrétion des ennei^iis y Louis Martini y Curé de S.t-Dalmas, entreprit de leur disputer le terrein pied à pied; secondé par les braves miliciens^ tH mit en état de défense les villages de S.tr Sauveur , de S.t-Martin et de la Roche , et fit essuyer des pertes considérables à Monsieur de Mirabel ; ce général prit cependant d'assaut le château d' Allez ^ malgré Ja vigoureuse résistance du capitaine Slcard. La. prise de S.t-Étienne suivit . de prés cet événement , et les Français maîtres de toute la vallée s'avancèrent en 'ferce^ sur les bords du Yar ,■ menaçant la ville d$ Nice d'un nouveau siége« Heureusement le traita de Vervins , signe le 25 mars 1 5^8 , fit luire un rayon d'espoir; les Français évacuèrent le Comté de Nice et la vallée de Barcelonnette J le brave Chevalier Giierini, qui avait si longr tems résisté à tous les efforts du Duc de Giùse^ fut enfin forcé, par le manque de vivres, de lui livrer l'importante place de Berre, mais il obtint une capittdation honorable. ^

Cette paix , dont les deux populations avaieni un si pressant besoin , ne dura que quelques

mois Vainement Charles-Emanuel se rendit à

Paris auprès de Henry IV pour négocier le:i

P'au(re9 succèd obtenus^ en iPiëfàpnt^D||agèreii( le Roi cle France à) accepter enBfi la médiatiou de h Cour de fioqa^> }j^& Plénipotentiaires des deux Couronnes se . réunirent au Congrès . de Lyon au commencement dô.r^uinée 1601. La paix y. fut signée . Je ; i «^f février; ffenrjr IV renonça définiMv.eaieïit à. toutes. ses préi^ntiona sur la ville j le Cotûté (le Nice, et te Marquisat de SaJuces ^i.; il reçut eikindemnité U icessiôn des provinces de Bresse $ di^ JBugey,.et da paya de Gex^ anciens domaines de la Maisoii de Savoie. Ainsi le .17."'* siècle ^onuneiiça cous des meillews auspices et ouvrit ,tQUiS les cœurs aux espérances d'un avenir plusjpu^ureuxi

pour servir d^ exemple à ses pareils {MS* délie cosé

dl Nizza ).

*i EKrpuy, dan's ^on Traité des droits d-tt Roî de France , a prétendu- qufe Henry IV s'était réservé , dans le traité de Lyon ^ tous ses anciens droits Sur la ville et le Comté de Nice, provenant du- chef de la maison tl'Anjou 5 il n'y a qu'à lire le traîté pour reconnaître lafaiisse assertion d^* diplomate Français (Rousset , Recueil dès traités^, actes tt transactions; Bibliôt. de la vîllè ). '

^4>raves gèntilBhomiiies^'iiéi^r^ autour du Gomto de Bueiiy toBi des prodiges tle yaleur et re* poussent - toM lé^ 'efibn4 à» ' * ttssiëgeansi' C'est enyàih que- le Duc de^'GiSfôe' s'expose - à 'toqs les p^rib pour ranimer- le* courage de ses sol* dats.* ViveméM' pressé de tous^^Ies côtes^ il esc ènirali^ par les* feyard^ , laissant* son ëpée sur le cVamp du eon^at; il faillit 'même d'éire £ût prisonnier par lé brave - «/«Sfcuv Caravaschino i fiis du. 'premier 'Con^l^^âe la ville ^ qui lui abattit le* chapeau d'un coup de sponton *i.* La garnison /profitant dû désordiie, qui s'était mis dans l'aniiee'Frasfaiseyfit^me vigoureuse sortie; et repoussa Fennenri jms^'au-delà, du - Paglion ; deux jours après le Duc de Guise repassa le Var abandonnant une partie de ses bagages ^n.

'*i MS. délie cose di Nizza ; Discorso di Pasto^ relli sulLe antichiM^ di Nizza ^PappD,.hist.géii. de Prov. ; Mémoires du Présidçpt C^nnbiano i Hist. Mil. du Piémont, par 1« Comte Aiex^ de âàluces. ;

*2 Pendant rjovasioii da I)uc de Guise, ua gentilhomme, nommé -Loui3 Biglion ,de {«userne. Capitaine porte-clefs- 411- chàte^ *dQ-{ifice, ayant été convaincu d'intelligences crimineUes avec les ennemis, fut justicié de la main du .bourreau dans le Pré des Oies ( aujourd'hui place S.t^Dominique )• La tète du traître, plantée au haut d*une pique sur le bastion de S.t-Elme , j resta long-tems exposé»

f recitô un eompllrnentô in rime, analogo alT^ cîr^' t costanza. Alla cima dello scogliô era uniigHuo-' » lino Yéstitoâi AOttiliAsimi veli di ydri colôri, d*oro » e d'ai'gento , chft riappresentàva V Amor Wirtuoso^ ^ tenendo in upa mano pesci e nell' altra fiori > la » lin altro e«nto stava in piedî T'O/tor^?,' guid^pre i^ del mostro; con una bri^ià di' tèla d'oro, looir ga 20 braccia , ed eravestito di broccatû <îk%t» înesioD . «in vari modi adoriiato , con 'ma!fcherettà' » d'oro, cd alcuni groppi dî veli aile' " à^'aïïe ,- (?oû » nn bellis9Îmo mdnto dï teîetta incàrnata J fatta \ » quadrati d'oi'o ; appressp stava un altro giovanè i rappresentante la Fède ^ vestito tutto di finiiK8ihib » broccato d'argenlo, cirïto di perle | -con' una'^u- » perbîssiiha conciïitura 1a testa ^ e'càprélli biondl » cppertî di fiori, ed annodati c<itt perlé ed'aïtre > gioie,> dalla quai conciatùra "pendevii 'utt^ liottîlift^ » éimo vélo bianco trasparente sînxy ai'piedi; corné «► la pingevanb gl* antichî: pèrtàva queàtà iiella'm'anô

V destra un regolo , e nell' altra due mani dl fëdel %' Stava presso lei la Verseveranza vestita dî broct^ cato d' oro e verde , con veli di mblti colori , j> oro e argento , ed un manto di broccato d" oro ^ verde chiaro, con acconciatura di capo conferente ^ e molto ricca , e teneva in mano unà àncora d'ar* l^^gento; dalP altro lato era \k Liheraliià con co* y rone e «cettri nelle mani , ed appresiso la Cc/iy cardia con una tazza d' oro .nella destra , e nelià

V sinistra tina cornucopia; questa vestita dî broccato i morello ', e quella di broccato încarnatino ; T una y e r altra con infinité gioje per cinti , e molti altrl ♦ adornamenti di veli e manti d' indicibil valore \ » ed avanti T animale erano due trômbetti in guSsà ■» di THtoni, con le buccine che coprïvano l6 trom(>^t

^t'l\. sccondo mofltrp, parjjnènti :dt..amisurata:)b^-'

> ;ghie^za e4. ^^zj|A «r^ guidato. dÂU'Ocêaiio.partd ». Yestîbf^e^^parlteiigouAo ^ ed i- v^stîmeuti eràno di » broccato colore di mare, coi capelU e Ji^iuvba ionga )> tenendo nella désira un gran remo inargent^to. ^ Questo cantô le lodi d^ir augùsta Sposa , e si f did^iarô suo ti;ihu^Ho^. \S04ey4iiL««de4dk]i lOè^a^fq) !{;SQ^r^^un.grupp^9L 4î"^MttrP inQ#ri\.niftFtni , ed :»:,^2^£reÀ30 .la.Usta ^l'aninMllç ^rst^NetNiW regiai> mente vestîto di b;rocçatp^. d* 9rfi\, .e^^veUVdi vari » cdiori i i quali volando per 1* aria lasciavanli ve« î .4^f? Ç/^rte.,del i:prpo, igoudo i :ç tetiieyft.J. pîèdî 9: denlro. una conca maRina* cpn .il tridente nella » destra9..e là briglia dj, ^f^a d* arg^nto nell^ sini-^ » . str^ ^ longa 20 braccia., cpn la quale^ faceva lit » J\P.g^o d' allegre;^a.;aprir/f ;e ç^udere }st hocca ai »jn[ïo$irç ; suU^i cqj^^J^^ TritoflQ con U » bMGci^^.^e..(]u.f j\tf) .ae^^tameûte giiidav^i il,timone«

)^' Sç^uiya il lefa^Q w>^ro,, inirabile peirt yagliezza » d' innumerabili colori , grfi^de c»ine gli * altri , e s> sopra q^iiello era un seggio di tre Sirène p. ^grandi

> al n'aîuriSlè ^ ornate di yeli d' atgento ,. i}jl qualc i> sedèv'à T^etide yesilia di* broccato d' o'ro ed ar- » gentô :congionti' di c<^lofe ^di* ihàrè'^^icon infiâiti » adornamenti di veli e perle gro^sissfnie' e' gîojé » d*. inestiniabiie valore ,; -^fOn una fiorciiift )B9(rgen«» » tata in una mano , e nelP altra un nicc)ij|p ,mari« )> no ; canlô questa le grazie e le lodi délia Prin-' » cjpessa.. Guida del mostro era una Nanfa vestit» » aocora essa ricçhÎMimameate y con una briglia » ugualc aile altre ^ faccndpli'fare con la bocca e » le ali gr efietti degli .altri per honorar le Lorq^ )» AlLezze , e sopra la coda n* era un altro ck* i -p visibilmente guidava il timoae.ec. t

dans uflfe maboni^appaiHehanlçJÀ IHémei Cia^f sb^tf.ieei%rkenrr.^i»]Mii$ y situëe- nooc^loiti duf Bloultt foonmitinal > attendatein^' 1» c&apeHexrdÉ S.t«B«ss6:^ quï fui ttsmimâééiem. ;oiÂtcwBé^.de<ik Gongrëgâiion. ' Nous ndevoDs ici citer les pieasé» libéralité» d'un chayeu de Nice .nommé' i\7M (jtpm-.^.f.). Il' iconsacra une.' partie de sa ibvtuneà la^ d[ôtatkrn ' dû GciUâgè y -à 'dondttioii: €jaé ht jeu^ liesse^ «ans distinction de .classes ^ y serait \iii5^ mike! gratuitement*!.. L'éjgEsé et le-0ouyenc du Jésus ayant'été' bàiis en iQo'jyCéi leligieux y fin*ent installés le 13 ôtnrembré de la- même année pat VÈYêqae' François MurtinefÉga^

Aux ravagea causés par Finondation de 160 1 t'en joignit un autre d'une, espèce toute nouvè/Ze: Des nuées d'insectes^ connus sons le. nom de veryS'cherUlies ^ déiraisirent toutes les récoltés, et n'épargnèrent pas même les feuiUei» ides arbres^

i. : . ' i^ ^ ' f . ri .

.^i Par. uti acte paftçé.à/Rpljnç Je jiS ^novembre i6o5 , reçu par le Notaire Quintîlicn Gargario , Poni Ceva, noble citoyen de Nice v céda aux Jésuites un capital de i5,ooo écus Romains^ sur les monts- dé Aome , produisant une Feajte. annuelle de 840 écus^ et leur fit don d'une somme de ipoo écus argent comptant , outre tous les meubles et livres qu*ii possédait* à Nice (^IS. délie co se diNizza; Drscors* éï Pastor«Ui $ Gioffredi, de £piscopi« pag* siog). ■

f jè$^h&ibili(M»èii]»ent rewurs itt!l^|y^ières piibl^uei fK)iir"itii^toi<eri Fa^iblj^xîe dtr'^el; le^^aftuU |>rôii)irem MKT- den rééompénse» à ceux 'qta

teiir; ipffrtxâ U^'^^p^^tédik prdporse»^ un noiiimj Pierre Robaudo indicjua des fumigaiions 3911s }eiiàihté^y «ft«]!yràlant dfô.l^paiUe et des:;l>réus- «dUes ' hiiiiid^ë )o te • tefibèd» 'Aevint pire <pm' Ui mal/ cdr^ dàm^'UQ payiiiipsmvreieii padlles^' £»«« w Kliére:, 'on eM'bîeÂtôtieiiiievé' à l'agôcttlicuv se^ prdnÂéres- ressourcés *r . - . ' : • / / i . : lx

' '''I>es M(^«€S ^n- mains^ iii^oi<«an9 occup(^eai «n 1 6 1 c^'ila ^soUkritude ^ dii' &oiiVenîin J Par 'éàkt ddi M o airrtt Chàhles^Èm^nuel éuâàliti 'k Nke'e; dans l€8^%&ani|ts du OxûiéiFbffîce de iFinsi-' •iiuatioH '^ nécessaire peur ta conservation -et. la ëùreté des transactions' publicpiés. Il créa eu même • liernsî un collège de Notaires ^^ roulant CRd'ils fussent choisis parmi 4esr; personnes de bonne réputation et de confiance, sans que cette charge fk dérober à la ^noble^se , déclarsint- au contraire que ceux, qui l'eserceraient avec lion* neur, pourraient aspirer aux premières places ée" finance et de robe.

Il ' . •

: ^'hpMS'y4iêU$iCosp di ^isnpâssaMtexpie ceux, qui iH firent l'essai , obtinrent l'extirpation des insecte*.

. tym. ' CISWSIIT. . 4(Ti,J eirUHOni . «J)tTKMIM ■{

•'-«niO t-ITAI. . 4C ;.'TOtlTS l'OSBIl ; COMIÎOBO t

nf* ."ius . TTRITSÇ . 'ILPtTH . HtBITTM ■

ïkAXCmTIIS . V&iio '.' ïtilÎHAQTB .' PUEd)^ ^ D .' CiB . BHAIITBL . I . SIlBÀYd' . DVX .'à

PACB . BEIil^OQ,,. FELIClà , '. '.: ' ImOPRIO . MOTV . PllO*IUO . 8TMPTV . PBOP . IITOWmfc

Cette inscription gi^ré« tn lettres «d'or^ à e»itï

jusqu'en 1794, ëpoijue o& 'lu soldats 'i^r«ii|a%^r^ volutionnaîrçs 1» â^truisîrenï par un s^ de imn^

éiiUêtai.'"''^ ■■■/.-.- .y- U ■■

- âtee^^sëvërhë .feeor q«i les: avaiâU; fmifoqif^eit UfiCPTixe "violoortereuil Hea le* âi.hiatrijSbo daiit le > lialair iie /Ift '^lev entre ' iBûruurém ihifàa^ niatà^ iH FmçeiifJRéèketmif, an siijèl ide l'éi léction àes MÈMïïi^eimt. CmisdiÏA^ ^Je^ Lakigw*^ Jean-'Frahçôisifiiqnstanùai a^amifwîi' psirt.àià ^foerelle > <sé ^dernier iîit- gn^vemëmljblessié dlitt^ cMp d^épëe. :Soa * frère Alexandre -Cànstantm tKmlut en tîm Veii^eandé : il attendit le mo^ aient que Ié> Cortège se reàdait au palaîa Duôal y et tombant à' l'improTistô «sur le Con-* aeiller jRM?Atfi^é) -le meurtrit ^de>icQiips > et «fli sauTa dans Tëgl^e oathédraiq^celmt^i^ -qfuoiquiS blessé y le pbùrspiTÎt Fëpëe à.:la7ibaîta jjusquea dans cet asiley et ^ sans respect pour -la :sainte^ dés lieux ^ < iata dans le sang de son enliemî f d«ftrage cpi'ti venait d'essuyer. : Os furent a^tiéa idusr les deut , et enfermés pendant, long^tenid d^ les prisons du château; r^tt^v!?. *• : .

Ces troubles étaient à?peittei>a^Nuisés, que le« habitans eurent la satisfaction de recevoir la visite des Pdûces ^iQtw^-^jimédée, et JViQmas-Frfifff-^ Çùis y doht la 'pl^ë^nce contribua à ramener lai paix et là Ifenne' 'Wmbnie *il' /^c/ô/* 's'etn-

^' - . . -, ; ' iJ . 1 ■ .^ flîi wit 1 : - ..

•^^i MS. délie 4fêê0 dl'NiB^z£^i'»''\ '^> " /;^

*a Sur quelques troubltfs^i{ui''fiireirtvlieti à Nkit

ribles que lé teiJrïtoirei deiJNice ait essuyé ^daiii

l'espace de plusieurs siècles , eut lieu le i5 du mois d'fkoàt 1601. La siasse des eai£|t ai toilhefit ^^ël61ltà à une hautbur pFCidigiéufté^ >etr menaça d'emponér le rempart dit' câtë de la, parte du pont; Dans le feuboucg de $.i-Ajitoitie-pla« sieurs victimes périrent mi)5éri£lemenl:.^ ^lans pouvoir les secourir. U fidlut -, k \si\ èmta .db; ce désastre^ implorer Tassistagoice paternelle. do Ofcu* verain en faveur de la population pritée>de toutes ses ressources par l'^iclémence du €îel !

Charles-Émanuel vint : expressément à VKce le 13 mai 160 3 avec seâ en&ns^ les Princes I^hUippe^Émanuel , Fîctof''Amédée. et . /%£- Ubert^Émanuel^ pour compléter VQsixtTe'à&;9k bienfaisance. U défendit aux Consola de- faire aucune dépense pour sa récepticm:. ToUché des soiij^ànces de ce bon peuple ^ écrivaii*tl à ces Magistrats , // me suffit de recesnyir r hommage de sonjidèle dés^ouèment *i.

La présence du Souverain , entouré des jeunes Princes, l'espoir et la gloire du trône, fit ou? blier tous les malheurs passés; bientôt les ^^ 1ères de Satoie , préparées d'avance au p<»rt de

*i MS. hist. alp. marît.

4b4r ' Ce bon Prinéè côilhaisâait lu nëcessitë'dc crééi do&s- le 'Comte nne Conr Souveraine chargw

(radn^inislrep' la justice Par lettre9-{)aiénte^

4lIu 8 mars i6i4^ il établit^ à Nice le siégé À^nH Sénat , auquel il concéda tes mêmes attribuM fions «et prërogatives qu^^ ceux de Tiirin et de Ghambéry; Eiefiard Roacinda^ Gentïlhomiiiê Savoyard^ dont il appréciait les taie ns et Tin^ tégrité, obtim cette première «présidenée *i^ Charles fvouhit entourer ces Magistrats Supréhie» de la vénération du peuple ; leur- insti^lktioilf eut lieu le' t6 ^\x même mois, aveo la- [Jm^ grande pompe militaire et religieuse ; sa pré*^ V s<5nce là rendit encore plus it^posante I * . Les Princes Victor Ainédée et Thomas ,'

vinrent , pi*e&qu'en même tems rejoindre leur auguste Père ; le premier , de retour de la Cour d'Espagne , arriva à Nice sur les galères de Savoie , le 1 4 du mois d'avril , et le second de Turin ^ quelques jours après y avec la nou-

^1 Le Sénat tint sa première séance dans la inai<« son Muletti , appartenant à Jean -Baptiste Cuissotti : la première cause piaiclëe fut celle dé* Jean- Pierre* Thaon contre Augustih Auda de Viliefranche. Voici les noms des Sénateurs : Berîlàrdtn Nadon , Joseph Humaiis, Paul* Antoine DuchLet,' Bernardin ClericO|j fous les quatre dëjà membres du S^^nat de Turin (MS. délie coiedi NU^y- - -^ -^ . ^

a6 roi. IJ.

dans voie maison; «appaiHehant^ 'à Piémei'Gu^f soàv y .; seigneur rd»] Mas , située - noik^ loin dd fiiouUfi ooitttnnnal ^ attenslate' '\ii là cIiapeHex:dri 6i.t<£a8se f qui fut transfemicekien .oriattoiirèk denk Gongrégàtion.' Nous devons ici citer 'les pieaBés libéralités d'iui citoyen de Nice . noiumé' Pùtu Ce\ra\,.\. Il consacra une: partie de sa foFtuneà la <i'otation ' dû GoUâgè^.'à dondition que la'jeu-> nesse> sans distinction de classes ^ y scnmitliiis* truite ' gratuitement. * i . L'égEsé et le couveoc du Jésus ayant été bâtis en lôoy, ces i«Iigîeux y furent installés le i a novembre de la- même année pat TEvéque .Fra/spo^V Martinettgo.

Aux ravages causés par Finondation de 1601 s'en joignit un autre d'une, espèce toute a&uvalJSe; Des nuées d'insectes^ connus sous le nom de veî^^'ChenUles , détruisirent toutes 1^ récoltes, et n'épargnèrent pas même les feuilles des arbres^

:*! Par un acte pa^sé . à ' RQ:^e .le ji5 .novembre i6o5 , reçu par le Notaire Quintîlicn Gargario , Poni Ceva , noble citoyen de Nice; céda aux Jésuites un capital de i5,ooo écus Romains sur les monts- dé Rome , produisant une rente annuelle de 840 écuS| et leur fit don d'une somme de 1000 écus argent comptant , outre tous les meubles et livres qu'il possédait à Nice (MS. délie co se diNizza^ Dîscorsé é\ Pastorelli » Gioii'redi , de Episcopia pag* Aog).

4b* - CebonPriàéè côithaîssaît k nécessîlé'de crfcif dans- le Gxsmié une Cour Souveraine idhargTO

il'adii\mÎ8lFer ' la justice ' Par lettres-|)atèïrfci

du 8 niara i6i4^ il établit à Nice le siégé â^tn Sénat ^ 4Éiiquel il concéda tes finîmes attnW^ lions 'Çt prérogatives qrfîk cecix.de Turin et j4è Ghambéry; Richard Raacinda , Gent^hoitinié Savoyard, dont il appréciait les talens et Tin^ tégrité, obtint cette première «présideiiée *ï? Chm'les «voulut entourer ces Magistrats Supréhiièd de la -vénération du .peuple ; leur- in^ti^Uf^tkKâ^ eut lieu le' i6 4^ même moi^, avec :k'{>W grande pompe militaire et religieuse ;- sa pré-^ V sence la rendit encore plus imposante \ • ^ • Les Prmces Victor Amédée et Thomas j

vinrent ^ presqii'en même tems rejoindre leur auguste Pèpt ; le premier , de retour de la Cour d'Espagne , arriva à Nice sur les galères de Savoie , le 1 4 du mois d'avril , et le second de Turin , (quelques jours après y avec la non-*

^1 Le Sénat tint sa première séance dans la mai-* son Muletti , appartenant à Jean-Ba'ptiste Caissotti : la première cause plaidée fut celle dé* Jean-Pierre* Thaun contre Augustih Auda de Viilefranche. Voici les noms des Sénateurs : Berîiàrdin Nadon , Joseph Humalis, Paul* Antoine Ducht^ et, •Bernardin ClericO|j fous les quatr<} déjà membres du Sénat de Turin (MS. délie isoiedi iV«w). - - -.^ -^ ^ . ^

a6 Vol. II.

4pa velle que le Marquis de «9.^0- Croix commandaM la flotte Espa^ole y £birte de cinquante-*^ galères, et ULombre de.bâtimens de iratisports, fvadt mis k la voile du port de Gènes , se di* rig^ajiï vers leis .rivages de Nice ; TalariBe se rëpaqdit dans la ville ; on fit siir-le-champ tooft les préparatiÊ de défense que commaiidâient les cirjcpi|Sjtançe$* On ajouta quelques ouvrages avanças à l'entour de la place, on garnit aussi la côte' de 'plusieurs batteries , pour «'opposer k un ^^quement; toute la population en armes, animée; par la présence du Sqpv'ecain , ;jura de 5ê, montrer digne de sa confiance.

L'orage alla se décharger sur la ville d'OhejUér (Cette place , défendue par le Marquis de ..Dogliarûy brava long-tcms, quoique dépoul'vue de troupes et de vivres , . les menaces et les sommations d'un ennemi supérieur en nombre. Les galère^» de Savoie > sortie^ de Villefranclie dans l'intention de pouvoir y introduire des secours , furent battues par les Espagnols ; Oneille capitula le 29 novembre i6i4; la iaible garnison obtint la faculté de retourner à Nice , a condition de ne pas servir pei^da£j(t toute la durée de la-guerre. Maître du littoral d' Oneille , le Marquis de S.te-Croix parut «fci^VÔt ;sm: le*

llVages dû Yar>ouîl is'établit en croisière ^"Wès liaçant chiiqué jàèèr droperer un* débarqueméîir* r. Dans Tinter rallé Ist Goat de Aôme et le Gabiiiet Frwçflis cirent leur inédiation poiir famenér

Id |>ahL ; ^ :<^<^^ ^^'^^ 1^ Cardîiid Santélli î^oncb Aposfèliiipië^ et le Duc de RàmbotUltêt Attit^ siàdetii^ de Pif^nce > se rendirent à: Madrid ati{>rè8 dti Rôi d'Espagne^ pdur négocfiei: un arrai^e^ ment ; le Marquis d'Inofosà y 'éôtiimàndant élu èhef de Fatmée Espafgnfdle ;€ih Loinbardie j côntàedtit à une ^spefasiori, d'airniés.^ qui fut signéô le i/'déccriîBre kc celte taëiftcatonée.

An InoineM que Chàrtéi-ÉthaHùel se flattaft de poirroir ëpargher le sârig''diéf^8es^'siijets j /%£- Kppe m rotnpit tout^à'^coirp' lés négociations et otdontta au i^éiiétal Espagnol 'k reprise deà hosri- Hlës. Hcuî*eùsement un corsaire' de Villefranche prît en nier le courrier Espagnol , qiii portait les d(?péches de la Cour de Madrid h:DoTû Pedro de Tolède , ce qui ayant de vôiW au Duii dô Savoie tout le plan de la ' campagne y le niit à même de prcridrfe* ies- ^véiMtiom.

A cette • époqtllel' des kMipébtts s'<9ev@rent contre Annibal de Grinuddi Comte de Bueit^

■ *i Gnichfenbn', Hist: gén; die la Maison de' Savoie , Uy. a j AiberU , WA. ^è Sbspdtor ' " '

lieutenant-général du Comté de.Nice.... On Taocusa d'entretenir . de relations, criminelles avec )a Cour d'jELspagne • . • • On a même prétendu que le Duc avait surpris une correspondance y d'après lacpielle Grimaldi aurait iavorisé le débarquement des Espagnols et livré ■la , place ji moyennant la concession à son profit A'iuxie partie du Copité de Nice,, avec le titre de Prince: nous n'avons trouvé aucun document positif pour constater ce fait; ce qu'il y a de .certain y c'est que le ; £l|uc de Savoie s'assura de la personne du Comte, lui retira le commandement général du Comté de JNice y nomma à sa place le. brigadier général Comte de: Cartignarty, et mit garnison dans le$, châteaux de Todon et à^A$cros,.Jlnnibal. de Grimaldi et le Baron de I^aval son fils , crièrent k la calomnie y protestèrent de leur imiQcence et demandèrent à se jusiifiep. Le Di|c de Savoie, au mçment de son retour en Piémont * i , leur ^ordonna de le suivre à Turin, pour être plus à portée de surveiU^jr.ieu^ dumarches. Il feut croire, qu'ils parvinrent à trion^pj^er .de l'accusalion, puisque au moisdemars de Tannée i6i5,

. *t Le Princ€ VictorrAmédée^ resta à Nice pour veiller à la défense da pars. ^ ..

le 'Comte '3c 'Beieil' obtint la permission de' retourner ''à' Nieè, pour y voir son ëpotise tiaft-' ladè'; 'à cette' (MJcasioh îl Mt'adtnis à rho6tié«Hr^ de balsë^ te'ttkStk'ali Prmëe /^«*<o>' AméMéy et 'eh obtint la ' permission de se retirer avec Safemille dans le* château de Villa^; Le Duc se* borna à. tenir en otage à la Cour le Baron de LàsHit 'son fils. Ce jeuBie -seigneur^ fatigué' d*une pënible dépendance •, it^ù va ' le moyeà • de s'évader, et dé rejoindre son père,

Qiielque tèms après Louis Sotar Marquis de Dogliani y qui avait succédé au Comte de* Cartighan dans le gouvernement général du Comté de Nice, fut infomié par ses agens secrète qu'iine galère, partie du port de Gênes, avait débarqué à Monaco une forte somme d argent destinée pour le Comte de Bueil y et que ce seigneur , malgré ses protestations précédentes, cultivait h- la-fois des intelligences avec les Càbineu de Madrid et de Paris , pour s'affranchir de toute dépendance envers la maison de Savoie. Charles- E manuel y informé de cette nouvelle trame , oi'donna au Sénat de Nice de prendre des informations contre Annibal de Grimaldiy et ses adhérens ; il le fît sommer en même l^ms de venir à Turin pour lui rênouveller 5on

lieutenant-général du Comté de,. Nice.. •• Qq Taocusa d'entretenir . de relations., criminelles avec la Cour d'jE^agne . . • • :0n a ménie prétendu quç le Duc ayait surpris une çorres* poQclance y d'après lacpielle GrUnaldi aurait ^vorisé le 'débar<}.uement des Espagnols et livré ;la, place j^ moyennant la concession à son. profit A'iune partie du Copité de Nice,, avec le titre de Prince; nous n avons trouvé aucun docun^ent positif pour cp^st^t^ç ce Ëiit ; ce, qu'il J 2( de .certain, c'est que le: Bue de Savoie s'assura de la personne dn Comte , lui retira le com^^ mandement s'éaéràl du Comté de Nice , nomma à sa place le,, brigadier général Çomte.*de:.Ciir- /^/la/t^. et.mit gar^îso^ ■ ;dan$ les. châteaux de Todon et dLksçrQS.^.^nnibaI,.de GrUnqldi et .le .Baron- de I^as^al son fils , crièrent a, la ca-* ]omnie , protestèrent de leur innocence et demandèrent à se jusiifiep^ Le Difc de Savoie, ^u mçment de : son retour en Piémont * i , leur prdonna de le suivre à Turin, pour être plus à portée de surveiil^i: .J^eii^ d^mqrches. Il faut croire qu'ils parvU^cnt à tripmplxer de l'accusalion^ puisque au mois de mars de Tannée i6i5^

tr Le Princ€ Victor-.Amédv'e' resta à Nice pour veiller à la défense x]a pays. ..

4o5 le *Gomie «le ^Bueil' obtint la permission de retourner 'à" Nice, pour y voir son époôse malade; -à ciatte occasion il fat admis à rhoùhèiir ' dé batsëf fe'Hiéîtt»ati Prince Fictor Amédéé, et "en obtînt la' permission de se retirer avec sa Êuiiille dans le' château de Villar. Le Duc se borna k. tenir en otage à la Cour le Baron de LàsHii son fils. Ce jeune seigneur , fatigué d'une pénible dépendance, trouva le mojen dé s* évader, et de rejoindre son père.

Quelque tems après LoiUs Solar Marquis de Dogliani, qui avait succédé au Comte de' Oartîghan dans le gouvernement général du Comté de Nice , fut infonné par ses agens secrets qu'une galère, partie du port de Gênes, avait débarqué à Monaco une forte somme d'argent destinée pour le Comte de Bueil y et que ce seigneur , malgré ses protestations précédentes, cullivaùt h-la-fois des intelligences avec les Cabinets de Madrid et de Paris , pour s'affranchir de toute dépendance envers la maison de Savoie- Charles -E manuel y ii>formé de cette nouvelle trame, ordonna au Sénat de Nice de prendre des informations contre Annibal de Grimaldi^ et ses adhérens ; il le fît sommer en même l^ms de venir à Tmin pour lui renouveller son

hoUiQ)£|ge ; mais il s'y 'Mfusa soos ^fSêrejUf'gré--' ietfjf^s, €{t Ton apprit. en même, ten^ que le Qç^ie .rebelle &éva\t rnis 6ou& la protection imûfédiate de. la Fr^n<^e. Les jQtKW^^ <lu Bs^on ije TourreveZy gendre di Ajpiibffl iÇ^imaldi , lui Q};)tinr6nt cette espèce de petit triopiphe^ qu'il 4c$vait bientôt payer si çhèreii)enu.^ Par lettres- {Satentés du mois .de mars i6if^^ enregistrées au Barlement de Paris ,et à )a qour des compte$, Louis XIII déclara^ qu'il méUait^ous la sauvegarde de sa couronna les États de la maison dé Bueity sa famille^ et ses propriétés ^ leur accordî^nt les mêmes privilèges dpnt jouissaient les grands Vassaux de Provence, et en outre une pension viagère , en icte dii Comjtç , de vingtmille livres tournois, payable sur les fonds du Urësor Royal *i.

Forcé par cet événement inattendu à suspendre sa vengeance, le Dde de Savoie employa toute l'habileté de sa politique à prévenir l'orage , qnJnnibal Grimaldi avait suscité dans le Comté de Nice. Les vues du Cabinet Français tendaient évidemment à réunir la Baronnie de Bueil aux États de Provence, et ce dé-

^i Bouche , Hist. de Provence tom. % , p. 856.

4ot

memkreiiiientâe''trettte*d;gux' terres et he& <{ti? 1li compdêaieat^i ^ se^nMa^t devolp amener Tittrl iFasiod du^ficbn^'-dè Nicé> dont là possession êtaii toujours cont><)ltée^pàr la France / nôn-6bstisuit la renonciflllqn fiinneUey stipidëe par' le trîdt^ de Ly6ii.:D'ai^rd ik^'adl^èssaà lâCc^ur de Rome podr- obr^nfa*' 'sa médiation auprès du Roi' d-E8-> pagne , afin de tèrmiifer les àflairès dn Moîit-^ ferrât - qni avaient amené ' la^ guerre avec cette puissance. Lé Pape Paid Y ^ Aatté de cette BOiarcfue de conffian'ce, négocia le traité de'Pavw signé le 9 octobre 1617; qui délivra- le Due de Savoie 'd'un' enh'emi redoutable. * Il Jùi restait à mettre le -Jioi de F/ance dans ses intérêts ; afin d'enlever ■ BU: Comte de Biieil sa dernière ressource ;'ririvasion de la Valteline par led Espagnols , fit naître cette circonstance fevo-

■ ff

^ f La Baronnie de Bueil et dëpehdances se composait-des ficfs suivaiis : Bueil , Ptôna , Sauze , Ri'* gaudy Toët, ]VlQlauss.cna, Tourrette- Revert , Todon, AsrroSy Si^ale, La-Roche, Lieucia, Massoins, Tournefort, La-Torrc , Maria, Rora , IHbnza, Thîeri , Pierlas , Auvare , Villars ,'Robion , Bairols, Puget-* Theniers, Aloz , Cbâteauncuf dTntrauhes , Villeneuve d'Entraunes, Entraunes, et deux autres terres nommées S.t-Jean et Cherio , qui n'existent plu» mijotird'hui»

K^e) :toi^-,XÏII ^ i4ieç^««fi à s'oppofer à Tasgf^tylissemeiu ^hk maj^son. d'Autriche jQO. Itatie.^ accneillit avec empressemeat r6ffi:e«l'Ube:aUîaiice

61. pQur la cimea^ir d'une ti^wèire (plu$ durable > î\ accepta la .pqQp^^tiQ]x\d'abife ^eà Cdtiariage lè Prince de Pii^niont Victor Amédée y^-^vec Chris*tine de Praace,9S(, s^tir«. JUQ#!v^ce^ iuïrent célébrées à Pariç;lQ-^ii, [dû mois de févtriér i6i9> ayec dei& grandes yéjouis^nces / el. dès-lcM:^ le £k)mte de JBueU dut pré y air; le sort qm Ivè étajt réservé) -La -mort de son. principal proiçcteur Iç Maréchal (T Encre ^^,Uié\d^un i^conp de pistolet pai: ff/trl capitaine o<ks gardes, et la reti'aite de. la . Reine mère , f^a^ de Mefiïm^réléguéç;î^ Blois , achevèrent de Uvrer ee Seigneur au resseïuiment de C/iarfés-Émaniieli Le moment de la punition étant arrivé , le Duc envoya. de Turin le Sénateur De-Çot , avec ordre au Sénat de Nice de poursuivre la procédure contre Annibal Grimaldi , son fils et ses coniplices. Le procès coipmencé le 3 juin iBkç et suspendu à cause des év^uenajens , fut repris au mois de décembre 1620; le 3 janvier de l'année suivante, il intervint une sentence , par laquelle Annibal de Grimalài Comte de Bueil, et André

acm .fils. Ban»K?/tle(' \IjftvaI*^ ^cbntuni&ces et cooh^ Vaincus dû' crûnelde lèze-Majoité;/. de rébelKàk. eV de félogii^y liment 'condàmnésià* la pcôie Mpiiale JYed confiscation: de tous léurfr.-fiefii et 'doinaiiies '<^u'ils.. possédaient dans le* Comt de Nice ^ au profit du doniaine ' Ducal ^i/ Charles- Ematiuel èoitrèprit! alors de faire èrxë^ cttter cette se&temoe par la &rce des armés; il ordonna >au 'Marqtûs dé Do^liani à^ or ^snûset le$ icxccei nécéssaîres pour marché contré leé rebelles^ .s'emp^rei: de leurs biens et de leur» personnes > et de lel livrer aux mains de là justice. Le Gouyemeur réunit à Nice envéi*oti neuf-mille; ho^^Bes^ miliciens et soldat^ ^dopt;]^ cOûfia le commandement à* ^nnibal Badat 'ComL* iqandant du château^ de Yillefranche , ayant sous lui hes deux frères le ChevoUer Etienne Surintendant^général d'artillerie, et Marc-» Antoine ^ Colonel conunandant de Verceil. Cette petite armée partit de Nice , vers là' fin du mois da février i6ai ; le Sénat députa à jsa suite Bai^. thélemi Baldoino avocat fiscAl^général, Pierre-^ Antoine<Bonfils procureur fiscal et patrimonial

^'i Anciens Archives da Sénat de Nice ; Bibl. de la ville.

4iô

deux Sénateurs '^^ Ludovic Ferrera et Jérôme Marcello \f et -le ^ecréuiro P^espasien Masift pour r exécution de cette seÀteikse^ A Faji-» proche dés trohpes Savoyardes y I& 'Baron d(â^ Lassai se- sauva en' I?rovenc^> ad^andcmnant ht vallée' de Massoins et 1^ chàt&ail de Villar», qu'il s'était chargé de défendre; Cette ftfîte précipitée porta le dëcourag^menr parmi les Yàs^ saux du Gonite ; les principales villes et vilkges se bâtèrent de faire leur sôtHnissionf; il' ne restc[ que le château de Tôurrette-Retëst, qui à faiâe de ses fortificàtiotis essaya^ (l'opposa rési^tfimce ; Anmbal Grimaldi cominit Fiinprudence fiitale àe s'y renfermer; La place àyaùt élS^ iiivestie deviens les c6iés y Bàdai fit ^intner la i^ble garnison de mettre bas les armes 'fcm peine d'être passée au fil de l'époe ; la pe'ur gagna les premiers officiers du Comte ; ses prières et ses larmes ne purent empêcher ûtte capitulation. La prise du château de Tourrettes ne coûta aux troupes Savoyardes que la' perte de l'enseigne Gubernatis , frappé d'utte pierre lancée du haut des remparts. Aussitôt on s'empara de la personne d!Aiinibal Grimaldi ; le Sénateur délégué Ludovic Ferrero lui ayant fait signifier sa sentence de mort , elle fut exécutée Je len-*

dliniain , ei 'soÀ cadavre suspendu 'aux crenaixx; du châteaui;^ ainsi périt le ^chêf ^'t^iè famifie

iHvistrè^ ^otitifè de son ambition et des mautais'' éoQseils die JsdfiiiSs qm^ ^ptès l'àVotï^ entrain^' iÊnë Tàlfpclé^ ^ r ém k lâcheté de Fabaiidôiitiér à • sa triste destinée. "

^*'*Bôuchey^hi3ibTién de Provence , a prétend» ijfj^^Anrdbat dé Grimaldi i^t étranglé dans nn £ifuteiliird4 la ûiaîn d'tm esclave Turc, qû'dii sH^ait expressément amené ^ pa^èe qùé le Comte' avait dit un jùfit^ ^^ il àiMer ait mieux moUr^ ji rir de la mairi et un Turc y plutôt que de » se soumettre au Duc de Savoie* i ». Cette ànecdocte* dont aucun autre historien n*a fait mention y n'o0r^ aucun caractère d'authenticité» Après avoir 'kdssé quelques troupes pour la garde des ' châteaux de Villars , de Bueil et de Tourrettes-Revest, le Général Badat rentra à Nice glorieux: de cette expédition y amenant avec ' lui quelques prisonniers y parmi lesquels une fille du' Comte ^ encore au berceau y qui fut

^i Bouche , Hist. de Provence tom. 2, pag. 860. •-* Cet écrivain ajoute que les paréos de la Comtesse de Bueil , Anne de Saulx, fille du Vicomte de Tha* vanes, alliée des plus illustres familles de France, ne purent désarmer la névérité du Duc de Savoie^

élévations et des récompense».^! , plus aussi son crime méritait un châtiment exemplaire! U ét^t tems enfin de mettre un . tierkpe aux révoltes successives y qui dans F espace de deux, siècles flétrirent la gloire de cette famille ambitieuse^ toujours pardqnnce et réintégrée dans ses posseissions ^ et toujours plus ardente à nourrir son espoir d'indépendance ^2!!

Après cette catastrophe , les brigandages des |Hi:ates Africains suscitèrent de nouvelles aUnnesf le 17 juillet 16^3 huit galères et une galiole $orties du port d'Alger prirent tçrre vers l'em» bouchurc du Var, et débarquèrent Une .partie

*i Annibal de Grimaldi eut d* abord la charge de Général des galères de Savoie, puis- ce^Ie de Lieute^iant-Géoéral-Gouverneur de la ville et Comté de Nice , avec le Collier de l'Ordre Suprême de VAnnonciade. II s'était di$tingué à la défense de la ville contre le Duc de Guise , et avait vaillamment repoussé les Français dans les vallées de S^t-Etienne çt de S.l-Martin Lantosca.

*2 Le récit des événemens relatifs à la révolte et' punition du Comte de Bueil a été pîiisé dans les sources historiques les moins suspectes, telles que B€*whe, Histoire de Provence; 'Augusfirif'^ellaCliièsa, Corona Reale di Savoia ^'Albeni^ŒIîst. die Sospello; r Uliv» Prodigibso di Codretto 5 ' PàoUeti ; Gapriata: ;: et l'Histoire militaire du Piémont ^ar le Comte de? Saluces. • .'i*** * ' •

de gënêrosU^ ckcîlà quelques 'murmures ; on|ic^ cusa les GentUshomiries, quî prbfiftaiehtdè ces dépouille^^ de tfavoi^ pas'thonlré assez de dé^ licatesse; peut-être ihême' 11' se hlêkît à ce re^ proche un feste )d'atikcherfient; poui* la 'femillé Grimaldi i quoiqu'il en scrit, ces discours im-î prudens provoquèrent pne mesure de rigueur; Le 12 mai 1622 le GoUaiéral ^rm^ fit fefmei* les portes de la ville, et procéda à »plusieurB* arrestations * I ; mais comme il ne résulta aucune! charge réelle contre les détenus-, le Sénat par sentence du 11 novembre suivant les rendit $ la lil^erté. / , ; > ; «

Quelque blâme que les historiens d^^ Provence ayent voidu jetter sur, la sévérité que fîfe paraître le Duc de Savoie contre la famille Grimaldi de Biceily on peut cependant assurer, d'après les document les, plus authentiques^ que. ce Prince n'écouta que la voix de la jus*i tice , car plus Annibal de Grimaîdc avait rendu' des services à l'état et au trôaè , obtenu des

\. it

. f i; Voici l^s.iiioms des per.sonn«ft arrêtées commet suspectes de coippliçité .9v.ec le .-Cotmte de Bueil * Jean* Antoine AMd<4>9 Honoré Giacobi, JoaiinetPas^â s^ron , Joanf Ajodré Martiai^ Je^n^Baptiste Peir&et Jeânnet Brandi. •

4i6 marchandises ; satisfaits dé ces prises^ ils gagnèrent enfin les côtes d' Afrique y lais^mnt les faabitans dans la plus grande douleur. ■ :' ■

Cliarles ' Emanuel y nouvellement en lutte avec la Cour d'Espagne^ était alors entière^ ment occupé à donner ses soins aux intérêts de sa politique : la célèbre conférence tlë Suse raifermit son alliance avec Louis XIII ^ et lu? procura les ressources maritimes- de la Répu-^ blique de Venise, dont il avait le.plus gi^d^ besoin, pour les opposer aux forces des^Géitoî» et des Espagnols. Les hostilités recommencèreâtS en 1625.... Nous allons parcourir avec rapïcUté lé^ événemens de cette campagne knémorablé/ pendant laquelle l'armée de Savoie et leis» mt- ' liées du Comté dé Nice soutinrent avec gloire leur ancienne réputation de constance et debravoure.

Les Français, sous les ordres du Connétable de Lesdigïdères , franchirent les Alpes au mois de mars , et ^vinrent se réunir au Due Charles- EmaîULcl y campé aux eilvirons de la^ ville d'Asti. Dans lé même te ms le Prince Don» Félix , nommé Lieutenant- Général du Gomté^ de- Nice, appela sous i les arméfir les- milices :de» montagnes. Un conseir de Généraux décida d-àt-

4^7 la^ier dés deux cÀtéâ la rivière de GéoM^ alSa

de forcer 1^ Espagnols à ne rien entreprendre de sérieux en Lombardie ; l'armëe alliée s'avança sur Grénes 'par les Apennins, tandis que le Prince de Piémont f^tctor-Amédée descendit par la vallée d'OneiUey dans le dessein de délivrer celle ville y dpnt Galéas Giustirdani vB" nait de s'emparer. Ce corps d'armée marcha r^ipidement de succès en succès ; Albenga ca* pitula, les 'ennemis évacuèrent Oneillé, Port-^ Maurice et San-Remo sans opposer aucune résistance. D'un autre côté le Marquis de Dogiiani marcha copti^e la place de Vintimille , à la tète des braves** miliciens. Le siège commença dans la journée du ^o mai. Le lendemain la garnison fit une vigoureuse sortie, mais elle: fut repoussée ^vec pette par le régin^ent des volontaires Niçards,. Commandé par le Chevalier Marc-Antoine Badat. Surx^es entrefaites Dom Félix envpyà de Villefis-anche ' quelques pièces de canon pour battre k place ; les Génois ayant détruit tous les chemins, l'ingénieur Français,. lA** Deserres f ne savaitcomm^it les faire transporter à travers les roc3iers, pour les placer eit batterie ; aussitôt le Chevalier Badat s'avance Il la tète de cinq-cent milicsMiis, iet s'att^haol a7 Fol. IL

4i9 luUmêvat à tinè pièce ',-eiicite «« troope à vdinci^ les difficultés ; dans moins de âeut'héStfès^lés' caïKNos traînas à force de bras a^^eât'i leiir ddstinaiion^ et sont dresëës contre les l'êlBparts dé' la citadelle , au graiid étoiinenieat des assi#^ gésL lii^ ^ê» commença dans la itiatiii^ dti â3 mai ; ia pilace^ battue en livèche pendàm Boit heures conëëcutives^ se trouva* exposée auit dangers d'un assaut ^ ce qui détermina Joseph CSxjeno^.Côtnmlâsaire de la Républicpie de Gènes, à mettre bas les armes *i. Cet Officiel^ signa le ô&. iaai une capitulation honteuse \ il ae retldit à discrétion lui et ses soldats, sais illénië ôbtenir la £u!ulté de pouvoir coilsef?êr son ^p^ê. ' 'Toute la garnison^ forte de 47^ ftônlmes^ Ait conduite prisonnière de guerire à' Niée*, mais le Commissaire y ainsi que lo Goloiiisl- Jacques Cattaneô , et le Capitaine AgapUê Negrone,' détinrent là liberté sur parole. Léé châteaux de Gastelfranco et de Pigna tombèrent^ quelques jours après^ au pouvoir du Marquis de DogUani, '

*i Les détails de la prise de Vitttimille résultent d'une Relation imprimée à Turin eh 162^^ estiez I«oui s Pizzamigliia libraire, intitulée // Casiello di f^inti' miglia espugnato dal Serenissimo Principe di Pie* wnQnêe , ^e nous avons trouvée à la' Bibl. Ao/ale,"

^ manière ^e^dan^ moins de deux mois^ Um\m la rivière du Ponent fut conquise*

Cependant des revers encore [dus rapides firent perdre à Tarmëe alliée , les fi*uits de setf premiers succès. Le Marcjuia de S.te^CroiXy accouru au secours de Gènes , força le Duc do Savoie à lever le siège de cette ville ; un autre corps dWmée s'avança des frontières de ia Lombardie, et menaça à son tour le Piémont d'une invasion. Charles-Emanuel ^ obligé di' accourir à la défense de se» propres états, laissa' ait Prince Victor-Amédée le so^n de. défendre le rivière du Ponent depuis la vaUée d'Oneille jusqu'au Comté de JVice. Cette retraite donna l'avantage au Général Espagnol ; il sut en pro^ fiter avec une grande habileté. Son armée supérieure en nombre y soutenue par une flotte formidable y s'empara successivement d'Albenga et d'OneilIe: cette dernière place, attaquée par huit-mille hommes d'in&nterie , opposa quelque résistance; mais le sieur de LodeSy qui la défendait^ désespérant d^obtenir du secours,. prit le parti plus prudent de l'évacuen Port-Maurice^ San-Remo, Taggia et tontes les villes le lon^ du littoral, furent successivement occupées pa^ les Espagnols. E4àfin.le Marquis de S.te-Croix

kyant forcé le ch'âteau de Pigna, que le CapU taine Gioffredo ne put conserver *i , vint \ son tour mettre le siège devant la place de VmtimiUe. Le Chevalier Bàdàt la défendit vaillamment jusqu'au ii du mois de septembre; à cette époque le manque des vivres et le découragement de la garnison robligèrént de ca-pituler. Ce fut le dernier succès des armes Espagnoles; lels troupes entrèrent en quartier d'hiver; le Pririce de Piémont, retiré à Nice, trouva dans lé dévouement des habitans des iR>tJLvelles ressources de défense. Les milices se levèrent en maisse et le château de Nice fut abondamment apjprôvisionné pour scÂitènir un long sièg^.

^i Le Baron de Batteville au. service de TËspagoc signa avec le Capitaine Gioffredo, Commandant du château de Pigna , unç capitulation, d'après laquelle ]a garnison obtint la faculté de se retirer à Nice avec armes et bagages; au' moment où Gioffredo portait de la place , le feu prit à quelques barils de poudre, et plusieurs soldats Géneis périrent victime^ de cet événement. Le Général Espagnol , croyant que c'était une trahison , ordonna que . la garnison serait passée au fil de l'épée ; mais le brave Giofr fredo fit si bonne contenance , qu'il parvint . à sç retirer de ce danger» lui et sa compagnie.

£)ans le tems que le Duc de Savoie se pri^«( parait à resaisir la victoire^ il apprit avec un vif ressentiment , qu'il venait d'étire livre à un injuste abandon.... Richelieu gouvernait arbitrairement la France , et F astucieux Olivaris diri'geait avec un égal despotisme le Cabinet de Madrid. Ces deux Ministres ambitieux se mirent un moment d'accord y sans admettre Charles^" Èmanuel dans leurs négociations secrètes. Le traité de Monçon signé le 5 mai 162^ fit cesser les hostilités entre les deux puissances et laissa ce Prince dans l'oubli.

Le Ministre Français crut se montrer généreux en s'arrogeant le droit de décider le» contestations qui existaient entre son allié et la République- de Gènes ; celle-ci y en attendant cette décision^ ne voulut pas mettre bas les armes et ordonna même à ses officiers de ravager le Comté de Nice. Le Colonel Brancacio.^ Corse de nation^ pénétra dans les montagnes de la Briga qu'il mit à feu et à sang; il Ëiillit surprendre cette place dégarnie de troupes y mais le courage àes Jiabitans lui fit payer chèrement les pillages qu'il avait commis. Dans l'intervalle lé Duc de Guise arriva à ViOefi'ânche avec une escadre Française sortie de Toulon, I^e Gou^

Vcmeur Dom Félix réclama son appui pour faiettre un tenne à ces brigandages ; le Général Friançaîs en écrmt au Sénat de Gènes , qui sur ses instances y ayant désavoué la conduite du Colonel Corse , consentit à une trêve de quatre mois ^i.

Ici nous devons payei' un juste tribut d'admiration et de reconnaissance au Prince bienfaisant y qui y malgré ses occupations guerrières y eut cependant assez de génie pour £dre marcher Jie front Fhonneur et l'intérêt du trône ^ avec l'industrie et la prospérité commerciale de ses '{>ossessions maritimes. Nous vouTons parler de la création du Port-franc sur Féchelle de JNîce, Villefranche et S.t-Hospice , de cette loi conçue et méditée au moment même où les États de la maison de Savoie retentissaient du bruit des armes. Nous avons déjà vu comment le Duc Emanuel' Philibert avait agrandi rétablissement maritime de Villefranche , rélaWi le droit de transit et favorisé les armemens de guerre et de commerce ; il restait à son successeur de perfectionner ces bienfaits et d'établir sur àes

*! Guichenon', Hist. gën. de la maison de Savoie; Albeiti, Hist. de Sospellos Hist. militaire du Piémont par le Comte de Saluées.

4^3 ( bases durables li prdsperîië du commerce de ,Kiçe ,. doii( r]ietireu9e actÎYité répara si souvent les désiuilrçs des guerres -, lorsque la paii était conquii»^ p^r 1^ victoire.

Péjà depuis le !♦■' janvier i6iZ , Charles-^ Emaf^uel w^t failt publier Fédit du Port^franc, ouvert à toutes lis nations du monde ^ offrant s^ix personnel, bfttimens et cargaisons^ asile ^ protection , en^çmpti^in des droits de gabiBlles ^ 8auf le drçit 4e transit , ou soit de passage (Ut de Villefr^md^» Cette ordonnance^ premier mpnumeïit d^ a* géniéredsé isollieitude et de la justesse de #a conception , régla tout ce qui pouvait fiivpriser les arrivages. Des magasins publics lurçnt.iétablis , pour l'entrepôt 'de$ marchandises^ moye&tnanit un modique loyen Le droit d'ancrage ju^tenient réparti en proportion du tonnellage , et toutes les contestations en matière coimnerciàl^ soumises à l'arbitrage de gré à gré pardevant le consul de chaque nation , ou au jugement de deux Coi^suls maritimes^ choisiis dw9 la clause d^i négpcians ^i, cornjetèrent ces Iiien&its.

'"^i Azuai , Dictionn. Univ. de jnrispnidènce ebm^ merciale ; Nbtizie sul porto^ranco e scda di Nisfcza ; Bibl. Rojale de Turin.

Une nouvelle d^idaratioii du 26 mors.i^aë leonfirnia tous cea avantages et perfectionna c^ que rexpérience de peu d'amïées avaàt indi(pie; elle rëgla les droits de pëage et de naufragcf^ nomma de nouveaux employés pour la sûreté et la direction du Port*franû ; accorda Fusage du pavillon de Savoie aux bâtimens étrangers^, pour pouvoir s!en servir en'tems de guerre:; fixa lés droits de douanes pour les marchandises tirées du Portr franc et expédiées en Piémont par la route de S.t-Martin Lantosca où du Gdl de. Tende; concéda' d'amples privilèges ain: ; étrangers qui viendraient établir à Nice des manufactures ou y professer les arts^ mëcanigucât; réorganisa le Consulat de mer sur' des meilleures bases *i ; accorda enfin des lettres-patentes- de privilège en faveur de Jean^Daminkjue Pet-

*t Le Consulat de commerce 9 établi à Nice le 26 mars 1626 , fut composé de la manière suivante: Un Conseiller d'Etat, Président; un Sénateur ,• un Auditeur de la Chambre des Comptes , Juges ; deux Consuls des marchands ^ Juges-Gonsulteurs; un Secrétaire et un Député pour les consignes — six courtiers de commerce , un peseur public , et un percepteur des droits de péage et d'ancrage , fufent placés sous la surveillance de ce Magistrat ( Archives du Consulat ^ Bibl. de la Ville )•

legrino de Nicç^^ soit pour le transport des marchandises tirées du Port-franc, et expédiées par FécheHe du Piëmont , soit pour verser dans Tentrepât les marchandises et les denrëes , que les hâtimens étrangers voudraient exporter en échange de leurs cargaisons.

Une ordonnance subséquente du i8 juillet de la même année y pressa l'armement de plusieurs galères pour la sûreté du Port-franc , abolit le droit de a p. o{o sur les bois de constructions tirés des forêts du Comté de Nice, établit une caisse publique d'emprunt en fixant les intérêts Il 6 p. 0[o , et prescrivit toutes les mesures de police pouc la samé publique , la salubrité à& la jille y la mrveillance et la protection des ^rangers ^i*

Charles^ Emanuel fut dans cette circonstance habilement secondé par André Pellegrino , illustre citoyen de Nice, Gonseiller-d'État et général des finances, qui en mettant à profit la bienfaisance du Prince à l'avantage dé ses compatriotes , obtint sa part de gloire dans l'organisation de cet utile établissement,

*i Le Geuverneur D. Félix de Savoie fit à ce sujet pnblîer un règlement de police sous la date du tê août 1^7.

Ce Miiiîstre fit imprimep et publîtf "«m avis aux negocisuis et armateurs étranger» , sous la date du 3o octobre 1637 , pour les engager à irenir profiter du bénéfice du Port-franc; il obtint une déclaration Souveraine portant que les gentilshommes qui Auraient fiiietifiér leurs capitaux dans le conuneree ne dérogeraient point' *2i la noblesse y et que les bourgeois qm se distingueraient dans cette branche industrieuse^ pourraient aspirer k s'ennoblir par récompense du Prince * i . Il organisa le court régnlier des postés de Turin à Nice ^ deux fois par semaine; pfour faciliter les conununteations du CGnmierce; il obtint de Fautorité Souveraine des privilèges en faveur des comptoirs et maisons d'achats^ qui du Piémont viendraient s'établir II Nice pour activer l'échange des marchandises *a ; enfin il fonda \ine compagnie de conunerce et d'assurance dite du Port-franc *3 , à laquelle il fit

*i Notîficanza di Andréa Pellegrîno, cittadÎBO di Kizza , Coosigliere di Stato, e Générale .délie Fi- Banze del Sereoissiino sig. Duca di Savoja (Bibl. Roy. de Turin).

*5t Les soins d'André Pellegrioo procurèrent à la ville de Nice rëtabrisseme^t de quinze maisons d'achat , gérées par des négocians Piéinontais#

*3 Yuici les noms des négocians Niçard# qvi çp»'

irerser dei sommes considérables , k titre d'earprunt y prises svar les fonds du trésor Ducal. Voilà comment ce Ministre , protecteur du commerce > sut justifier la confiance de Char les ^Énianuei, ml mériter la reconnaissance de la patrie! Voilà les véritables titres de noblesse qui commandent le respect des peuples et cdnsacrent dans leurs annales tme juste reooamiée II

L'établissement du Port*^franc procura des avantages immenses non^seulement au' con^merce maritime de Nice • mais encore aux États de la maison de Saf oie y en &vorisant rechange . des productions du Piémunt-aTec les objets^ mami&cturés à Tétranger ; elle associa la «ntioa entière aux richesses et aux profits des autres iftations. Des inscriptions long-tems conservées à Nice et à Villefran<^e célébrèrent la munificence dû Souverain et les bienfaits de cette création *!•

posaient la Compagnie du Port*franc : Jérôme Peyre , Jean-Dominique Pellegrinp, Jean-François Yacquiero , André Adrecchi , Lazare llicardo , Clëmcnt Gubematîs , Pons Rato , Honoré Masinl , Barthélemî Barr«dis , Honoré Cotto , Honoré Bldv;etto j JesA Calvino ft Pierre Clari.

*i Voyez à la fin du cbapîtVe à la note (B) le? deux inscriptions, dont il s*agit.

Gepcndaut le ttaitë de Monçon ne put eniê' pécher une nouvelle rupture entre TEspagne et la France^ qui toutes les deux. ambitionnaient d'établir leur prëpondérance en Italie^ Les pré*^ tentions réciproques sur le Marquisat de Mon*ferrât rallumèrent presqu'aussitôt les torches de la discorde.... Entraîné par Forage > Charles- Emanuel crut cette fois-ci^ qu'il entrait dam ses intérêts de se déclarer en faveur du Cabinet de Madrid. Le Marquis d'Uxelles pénétra k^ main-armée dans la .vallée de Barôelonnette^ dont il s'empara le !28 juillet 1 628 j^ sans éproor ver 'aucune résistance; de-là il voulut «ntçer en Piémont par la vallée de la Yraita^ nms son armée ayant été complettement battue, &t obligée à se retirer en désordre dans les montagnes du haut-Comté de Nice.

Tandis qu'une autre armée Française essayait de forcer le passage de Susé , le Duc de Guise et le Maréchal dEstrée , ayant réuni toutes les forces du Languedoc et de la Provence, s'avancèrent sur les bords du Var.

Dom FéUx de Savoie ^ Lieutenant^géilél*^ du Comté de Nice , n'ayaiït pas les moyens de leur disputer, le passage de ce fleuve y se borna à meure la ville et le château en état d'anréler

4^9 k marche des ennemis ; telles étaient les instructions du Duc Charles- Emanuel y qui à cet effet envoya auprès du Gouverneur le sieur Horace BuoTifigUo y premier Président des finances. Un appel £dt au nom du Souvei:ain et de la patrie , fit priendre les armes à toutes les milices du Comté ; elles arrivèrent successivement de Tende^ Saorgio y Breglio j SoQ>ello y et autres communes du Comté y et s'étant réunies aux paysans des campagnes de Nice , formèrent un corps d'environ quatre-mille hommes^ destiné à défendre là route de Nice à Tende ^ et à harceler les Français : en même tems «une foule d'habîtans ^ choisis parmi les plus jeunes et les plus robustes ^ se dévoua à la défense des remparts^ à l'exemple des braves défenseurs de i545. On s'occupa aussi à établir des redoutes , des retranchemens et des palissades en avant de la ville , afin d'en dé* fendre les approches y et l'on fortifia l'ancienne tour, dite de Barri Vieil y en-deça de Magnan sur la route du Vw.

jkxx milieu de ces préparatifs de défense y Dom Melchior BorgiUy général des flottes Espagnoles, arriva au port de Villefiranche avec dix galères , amenant tm renfort de douze-cent soldats d'in- Êmterie Espagnole y commandés par Dom Fer^

43o nand dAleàoy et quelques jours «près y Charîei. -^

Doria conduisit aussi deux autres galères ayec

de l'argent et des munitions de guerre.

Sur ravis que l'annëe Française , forte de ' 13 mille fisintassins et looo chevaux^ avec phn sieurs pièces d'artillerie y était en mesure de passer le Var^ Dom Félix assendbla un conseil de guerre, à la suiip duquel le général Espagnol et le Chevalier de Balbiariy colonel du régiment du Prince Thomas de Savoie y allèrent reconnaître l'ennemi , pour aviser aux moyens d'empéclier ce passage ; mais convaincus que ce serait etposer sans succès les troupes destinées à la défense de la ville j ils jugèrent plus prudent de prendre position aux retran-* chemens du Magnan.

Le 1 1 mars 16:29 ^ le Duc de Guise fît jetler un pont sur le Var^ et couronna toutes les hauteurs qui dominent ce fleuve ; son avantgarde s'étant avancée jusqu'en face du colonel de Balbian j M/ du Plessis vint en parlementaire et demanda d'être conduit devant* le Gouverneur : reçu par Dom Félix avec les précautions d'usage , il lui proposa au nom de son Général d'épargner la ville et le territoire, pourvu qu'il voulût consentir à accordée le '

43i libre passage à Fatmée Française à travers leS'^ alpes.

Cettô demande ayant été refu^^ée^ ]e i3 marsdans J'aprés^midi , le Msœéthal (TEsttée tourna les retraiichénietia de Barri f^ieily et filant par les cc^inés qui dominent la petite plaine de Nice , vint s'établir au itobnastère de Cimiez ; le i4 au matin ^ le Chevalier de la Vallette. s^ avança sur les borda de Paglion avec huitcei^t chevaux et se mit en bataille en face de la porte de S.t-Éloi. Pendant que l'alnrme était dans la ville, l'aitiiral JBor^wi, sorti de Villefranche avec les galères y s'approcha du rivage , et commença 'Un feu terrible contre les Français; les canons des galères et de la place écrasèrent l'ennemi à découvert , et le forcèretit k se retirer loin de la portée des boulets ; nne sortie de la garnison acheva de hâter sa retraite vers les collines de S.t-Barthélemi et de Cimiez. Dans celte affaire les Français perdirent beaucoup de morts et de blessés , ainsi qu'une quantité de chevaux^ mulets et bagages. Le i5 mars le Maréchal dEstrée essaya de traverser la Pa<j;Iion en Ëice du quartier de Roccabigliera ' dnns Tinteniion de^ gagner les hauteurs de Monfalban et de Villefrtnche ; une colonne de gre**

43a mdiers étant descendue de Cimiez par le monastère de S.t-Pons , attaqua avec la plus grande •vivacité les positions opposées; le Chevalier ds Balbian, à la tête d'un détachement de mousquetaires Piémontais y se couvrit de gloire en défendant le poste dit de Capean ; il eût été pourtant obligé de céder au nombre^ si Dom Félix ne se fut hâté de lui envoyer un renfort, tiré de la garnison , sous les ordres du colonel Jean-Baptiste Vivalda ; le combat recommença alors avec un acharnement réciproque ; les Français ne pouvaieât se résoudre à céder le terrain; continuellement repoussés y ils revenaient sans ce^ à la charge avec la plus grande intr^idite; l'arrivée de trois compagnies Fspagaoles détachées de la flotte de Villefranche, les força enfin à se retirer au monastère de S.t-Pons; ils abandonnèrent nombre de morts et de blessés, parmi lesquels M.' DeUa-Gardella y :lieutenant du Chevalier de la Voilette.

': Tandis qu^on se battait au poste de Capean , un corps de miliciens , réuni à quelques soldats de la garnison, osa aller attaquer le camp de Cimiez , où il fit quelques prisonniers.

Le 1 6 les Espagnols ayant envoyé iiu renfort de cinq-cent hommes au Cfaevatier de Baibian ,

celui-ci sortit à son tour de ses retranchemens , traversa le Paglion en face de l'Ariane et enleva les retranchemens des Français. La position fut reprise par l'ennemi dans la matinée du l'y.; mais les Espagnols l'attaquèrent une seconde fois avec succès et obligèrent le Maréchal (tEstrée à rentrer au camp de Cimiez ; le Duc de Guise •'aperçut alors qu'il fallait songer à la retraite parce que les vivi*es commençaient à manquer^ et que les campagnes ^ entièrement dévastées ^ ne lui ^laissaient plus aucune ressource pour la subsistance de sa nombreuse cavalerie; mïe soldatesque indisciplinée faucha les bleds y coupa les oliviers , les orangers , les vignes et tous les arbres fruitiers , se livrant .\ de^ dévastations indignes d'une nation civilisée; les Français se disposaient h repasser le Var , lorsque , dans la journée du 1 8 mars , un courrier du Roi de France apporta la nouvelle de la convention de Suse signée le 1 1 avec le Duc de Savoie^ qui suspendait les hostilités. En attendant la signature de la paix les troupes devaient conserver de part et d'autre les positions qu'elles occupaient au moment de i'^rrivée du courrier ; le 1 9 au matin le Duc de Guise envoya un pai*lementaire au GouVemeiir pour lui faire

28 Fol IL

connaître que Tarmée Française avait besc^i» de prendre des cantonnemens pour assurer sa subsistance^ puisque les campagnes ne lui offraient plus la moindre ^ressource ; la nécessité qui n'a point de loi^ facilita une convention ^ signée à Nice le même jour , d'après laquelle Dom Félix consentit que le Duc de Guise ëvacu&t le camp de Cimiez et fit occuper par %es troupes les communiss de Contes ^ Luceram^ Jjevens ,. Lantosca et Saint-^f artin ; en consé-r quence le Chevalier de la t^atlette se mit en marche avec un corps de 2^5oo hommes pour prendre ces ' cantonnemens ; mais les habitans des montagnes refusèrent de le recevoir, et s'étant retranchés dans tous les défilés l'obligèrent à rebrousser chemin ; il voulut alors gagner le col de Braus pour se jetter sur les communes de Sc^pello et de Breglîo y sans pouvoir y réussir ; les milices , commandées par le prieur Giletta et le colonel Ricci , se présentèrent en masse pour lui barrer le passage.

Forcé de rentrer dans le camp de. Cimiez, l'armée Française se trouva bientôt réduite «ux plus cruelles privations ; les soldats se mirent à courir toute l'étendue du territoire, qu'ils rui-t

nèreni de fond en comble *i. Heureusement la paix^ signée à Suse au mois d'avril y mit fin à ces dévastations ; les Espagnols évacuèrent le châ'^ teau de Nice, et Je Duc de Guise se relira en. Provence *2. Ainsi se termina la campagne de 1639 , fatale à l'armée Française , puisqu'elle perdit environ six-mille hommes , sans compter la moitié de ses chevaux et de ses bagages ; aussi désastreuse pour le territoire de Nice à cause des horribles pillages commis non-seulement par les troupes réglées , mais encore par les paysans Provençaux !

*i La seconde invasion du Duc de Guîse causa aux campagnes de Nice des pertes irréparables. Après sa rentrée en Provence , les Consuls de la ville nommèrent une Commission de huit Notables pour les faire constater, et d'après leur rapport elles furent calculées à la valeur de 5o,8o6 ducatons (Mémoires manuscrites du Chevalier Emile Cacciardi ). Guichenon , Hist. gén. de la IVIaison de Savoie, et Alberti , hist. de Sospello , donnent aussi les détails de cette expédition.

^2 Nous avons puisé les détails de cette invasion dans une relation imprimée à Turin en i6?9 , et conservée dans Ja Bibliothèque Royale , intitulée : Deir arriva e soggiornp delV armaia del sig, Duca di Guisa riella campagna e Contado di Nizzà , e del ritorno cK ella fece in Provenza.

Depuis plusieurs années le Duc de Savoir avait &it exécuter des travaux considérables aui salines ^ situées le long du rivage de la mer aa quartier dit des Sagnes, Cet établissement devint un sujet de jalousie pour des voisins inquiets et destructeurs y qui ne pouvaient participer aux profits de la vente des sels, devenue une branche considérable du conunerce. Aussi leur premier coup de main fut de' les détruire; perte d'autant plus irréparable , que la contiquation de la guerre , et les troubles qui dans la suite agitèrent la Cour de Savoie ^ l'empêchèrent de les rétablir !

Aux alarmes causées par l'invasion des enne* mis s'en joignirent bientôt d'autres plus terribles. La peste en i63o s'introduisit dans le Piémont, désola la capitale , et menaça de franchir la barrière des Alpes. Les Consuls eri cette circonstance donnèrent mie preuve de leur sage prévoyance*!. Secondés par le Gouverneur Dom Félix y ils établirent un cordon de troupes pour fermer les passages des montagnes , ils coupèrent

*i/ Voici les noms des Consuls en i63o : Horace îsnardi , Thomas Genoino , Joseph Ferro , Jean«- Antoine Michelis , Honoré Degiudici Assesseur. Le# noms de ces Magistrats méritent d'être conservés !

toute communiilialion avec la Provence^ interdirent l'entrée des ports de Nice et de Villefranche h tous les bâtimens étrangers y garnirent la côte d'une nombreuse artillerie^ ordonnèrent à tous les étrangers de sortir de la ville, et assui*èrent la subsistance de la population pour plusieurs mois ; des prières pul)liques invoquèrent l'assistance du Ciel ; et c'est ainsi que le Comté de Nice fut heureusement préservé !

Cependant la convention de Suse ne produisit qu'une paix éphémère.... Le superbe Richelieu n'ayant pu décider Charles -Emanuel à abandonner les intérêts de l'Espagne , forma le projet > d'enlever ce Prinfce avec son fils Victor ^ jimédée y de surprendre Turin, de s'emparer du Piémont , et de gouverner les étals de la Maison de Savoie comme des provinces Françaises *i. Ce coup, lui manqua, parce que le Duc de Montmorency, initié dans le secret, ne voulut point partager la honte de cette trahison.- Les hostilités recommencèrent aussitôt. Le Cardinal , nommé Généralissime des armées Françaises, endossa la^cuirasse sur la pourpre, et pénétra en Piémont le dépit dans le cœur.

^i Guichenon , Hist. de la Maison de Savoie.

Toute la Savoie fut conquise , à la réserve de la forteresse de M ontmélian ; la place de Pignérol ne put lui résister; celle de Saluées capitula après une légère résistance ; eiifin en moins de deux mois il porta ses armes jusqu'aux i*rontières de la Lombatdie.... Doué d'.une force d'ame au-dessus du malheur, Charles n'avut pas renoncé à l'espoir de i'esaisir la victoire ; mais frappé d'une attaque d'apoplexie, il mourut à Savillan le 26 juillet i63o , à l'âge de 69 ans y laissant à son héritier f^ictor-Amédée un trône chancellant, et ses J)ettJ)les dans là plus grande consternation.

L'histoire Ibî a donné le surnoifi de Grand, et jamais tîtfc ne fut mieux acquis l Guerrier intrépide , administrateur économe , sage législateur, protecteur des arts et des talens^ il ne fut étranger à aiicun genre de gloire.

)) Les grands Princes, à dit un historien re- » nommé , produisent les grands évérteîtiens et » les grands hommes ^^i. Le génie du Souve- » rain fait gcrmet- l'émulation dans l'état; ses » nobles récompenses éveillent les tâlens, el » font jaillir les lumières ».

Le règne de Charles- Émaiiuel L**" a produit *i Mézeray, Hist. de France.

imé foule d'hommes illustres en Savoie, en Piémonl et dans, le Comté de Nice. Nous citerons- seulement ceux qui intéressent l'histoire que nous écrivons.'

T^éophUê Raynaud y né à Sospello le x5 ikOYtuÙsm i5ââ> littérate4fip et Théologien distingué^ ftit un des jésuites les plus célèbres dti t^."* siècle.. Il a, laissé nombre d'ouvrages imprimés , qui ont assuré sa réputation ; récom-» penèé par le Duc de Savoie, aj^réciateur des talens y il se retira en France , à la suite de . quelques latyres , que lui suscitèrent des ennemis ipnilsa&s. Nommé Professeur de littérature au Collège Royal de Lyon , il mourut dans cette ville le 3i octobre i663.

Honoré Leotardi, né à Nice d'une famille distinguée dans la Magistrature , cultiva avec succès la poésie et la jurisprudence ; élevé à la dignité de Sénateur , il se rendit recommandable autant par son intégrité , que par sa profonde érudition. H mourut au sein de sa famille le i^ février 1660 dans un âge très-avancé ; daiis sa jeunesse il composa et fit imprimer* des poésies italiennes et latines , et, sur la fin de sa éairière, un traité sur l'usure ^ très-estimé des jurisconsultes de son tems.

Toute la Savoie fut conquise, à la réserve de la forteresse de M onlmélian ; la place de Pignérol ne put lui résister; celle de Saluées capitula après une légère résistance ; enfin en moins de deux mois il porta ses armes jusqu'aux Irontières de la Lombatdie.... Doué dlune force d'ame au-dessus du malheur, Charles n'avait pas renoncé à Fespoîr de resaisir la victoire ; mais frappé d'une attaque d'apoplexie, il mourut à Savillan le a6 jùillfet i63ô, à l'âge de 69 ans, laissant à son héritier f^tctor'Afnédéexm trône chancellant, et ses ^ti|)les dans la plus grande consternation.

L'histoire lui a donné le ^m^notil de Grand, et jamais lîtro ne fut mieux acquis f Guetner intrépide , administrateur économe , sage législateur, protecteur des arts et des latens,ilne fut étranger l\ ahcun genre de gloire.

» Les grands Princes, à dit im historien re- » nommé , produiseht les grands évériétliens et » les grands hommes^!. Le génie du Souve- )) raîn fait germet* l'émulation dans Tëtàt ; ^s » nohles récompenses éveillent le^ tâlens, et » font jaillir les lumières w.

Le règne de Charles-Émaiiuel L*' a produit *i Mézeray, Hist. de France.

ime foule d'hommes illustres en Savoie, en

Piémont et dan* le Goml^ de Nice. Nous citerons seulement ceux qui intéressent l'histoire que nous écrivons.-

Thë&ptiUe Raynaud y né à Sospello le x5 l^ov«nil|||^ i58â, littératei» et Théologien distingué , fut un des jésuites les plus célèbres du t^."** siècle» Il a, laissé nombre d'ouvrages imprimés , qui ont assuré sa réputation ; récom^ pensé par le Duc de Savoie, appréciateur des talens , il se retira en France , à la suite de quelques satyres , que lui suscitèrent des ennemis puissans. Nommé Professeur de littérature au Collège Royal de Lyon , il mourut dans cette ville le 3i octobre i663.

Honoré Leotardiy né à Nice d'une famille distinguée dans la Magistrature , cultiva avec succès la poésie et la jurisprudence ; élevé à la dignité de Sénateur , il se rendit recommandable autant par son intégrité , que par ça profonde érudition. H mourut au sein de sa famille le 1 7 février 1 660 dans un âge très-avancé ; dans sa jeunesse il composa et fit imprimer des poésies italiennes et latines , et, sur la fin de sa èairière, un traité sur Tusure, to^s-estimé des jurisconsultes de son tems.

Le Chevalier Paul LàscarU vit le - jdur à Nice lé 28 juin i56o : héritier d'un grand nom, et des vertus de ses illustres ayeux^ il consacra sa vie entière à marcher sur leurs nobles traces. Les Chevaliers de S.t-Jean de Jérusalem récompensèrent %qs services en l'éleapit à la dignité de Grand-Msdtre de l'Ordre. Il termina sa glorieuse carrière le i4 ^u^ût i65'y, presque centenaire. La ville de Nice conserve son portrait dans la salle du Conseil, en recomiaissance des bienfaits et de l'attachement que le Grand* M adtre ne cessa de témoigner à sa patrie.

Son frère , Honoré Lascaris , Sénateur et savant jurisconsulte , le devança au . tombeau ^ laissant une haute renommée de sa science et de ses vertus.

Barthélemi Cristini naquit à Nice le 28 mai i547 ^1'^^*^^ faaiille honnête, mais pauvre; ses études dans les mathématiques le firent distinguer par le Duc de Savoie ; en 1 569 il le nomma Écrivain-lecteui? à la Bibliothèque de Turin , fondée par Emanuel-Philibert, Il obtint en i582 la charge de Roi d'armes de^ l'Ordre de l'Annonciade, puis. en i585 celle de Bibliothécaire-Chef, Professeur de mathématiques, et précepteur du Prince Victor -Amédée.

Barthélemi Cristini est Fauteur de plusieurs

ouvrages très-eslimés de son tems, mais qui se ressentent des erreurs et des faux systèmes, en matière d'astrologie judiciaire , qui étaient alors en vogue *i.

Il eut aussi un frère nommé Pierre ^ qui embrassa la carrière ecclésiastique , et devint le Bossuet Italien de son siècle ^2.

Ainsi la ville de Nice y toujours distinguée par la fidélité de ses habitans ^ et par leur attachement à la Maison de Savoie ^ eut aussi sa part aux progrès des lumières et des sciences, malgré les troubles politiques; le bruit des armes et les occupations guerrières n'empêchèrent pas l'accroissement de sa civilisation et de son ins* truction !

*i Le savant Vernazza a imprimé en 1785 un opuscule , que nous avons trouvé à la Bibliothèque de Turin , dans lequel il rend hommage aux talens Supérieurs qui ont fait la réputation de Barthélemi cl Pierre Cristini.

^2 Nous avons aussi trouvé dans les archives de la Bibliothèque Royale une lettre , que la République de Gènes écrivait au Duc de Savoie , sous la date du 21 avril i582 • dans laquelle le Sénat lui recom* mandait TAbbé Cristini , qui venait de prêcher le carême à Gènes 9 corne uno fra i più celebri ora^ torî Crisiiani.

. (A) Extrait du Règlement de police concernant Irs Abbés de i^ille ^ en date du 6 juin 16149 pendant le carnaval et autres jours de Vannée . tel qu'il est rapporté ad ^xtensum dàhs un protocole du Notaire MaHe^^AuréHen Mfilonif de Nice (Archiv. de la ville).

(Traduction) Les Consuls nomment quatre compa* gnies de Prieurs et d* Abbés chargés de veiller au bon ordre tant en ville, qu'en campagne, à roccàsion de^ fêtes, danses, tiôces et fest;Jâs , une pour la noblesse, l'autre pour la bourgeoisie , la troisième pour les artisans , la quatrième enfin pour le bas-peuple.

Le local nommé Sotto^Loggia *i est exclusivement destiné pour les aniusemens et danses de la noblesse , sous la surveillance de deux Al>bés directeurs , dont l'un doit être marié , l'autre, jeunehomme. Personne , s'il n*est gentilhonune , ne peut s'introduire dans ces réunions , et tout masque , qui s'y présentera , ne pourra danser qu'à visage découvert , pour qu'il puisse être reconnu par les Al)bés directeurs. Aux nobles seuls appartient le droit de danser avec le manteau et l'épée.

Dans les bals et fêtes nocturnes le corps de la Noblesse pourra éclairer le point de réunion avec six flambeaux ; la bourgeoisie avec cinq , les artisans avec quatre , le bas-peuple avec deux.

* i Le local de la Loggia nest autre chose que le petit portique attenant à l'église de S.t-Jacques: on peut ainsi juger ce que devaient être à Nice les bals de la noblesse au- commencement du 16."*^ siècle.

Chaque classé dans les lietix de réunion qui lui sont désigoës, jouira des mêmes prérogatires de n'admettre que deé personnes de son rang , bien entendu que les supérieurs pourront toujours irisiter les inférieurs , en se faisant connaître aux Abbés.

Le droit de charirari est fiké de la manière sui- Vante :

Un noble passant à secondes noces payera aux Abbés (|uatre écUs d*or pour la dispense du charivari. Un bourgeois ot marchand , trois écus.

Un artisan , deux écus. /

tJri ouvrier ou paysan j un écu.

Les veuves , épousant un jeUne-homme , sont soumises au même payement.

Si les deux époux sont tous les deux reufs , la rétribution sera double ; en cas de refus de payement , les Abbés de chaque classe sont autorisés , avec la permission du Gouverneur et des Consuls , à leur faire le charivari pendant trois jours, en surveillant qu'il ne se commette aucun désordre. Tout étranger ayant épousé une demoiselle, ou une veuve de la ville , ne pourra amener son épouse chez-iui sans en prévenir les Abbés de la classe , à laquelle il appartient, trois jours avant le départ, pour que ceux-ci la fassent accompagner avec les honneurs d'usage. Sur cet avis les Abbés assemblent la jeunesse, et se rendent le jour indiqué, en habits de noces, à la porte de la maison où logent les époux , avec des instrumens , pour les recevoir , leur faire cortège , et les conduire hors la ville par la porte désignée à chaque classe , savoir : celle de la JK/arine pour la noblesse ; celle du Pont pour les boup- ^cois y celle de la Pairoliera pour les artisans ; celle de S.t'Eloi pour, le bas-peuple. ^

Les limites de raccompagaernent sont fixées alasi qu^il suit :

Sur ia route de Yillefranche , jusqu^au moulin de Riquier ; sur celle de Gimiez et de S.t-Barthélemi, jusqu'au moulin dit de Bois ; sur celle de Piémout, jusqu*au monastère de Sj-Pons ; et sur ....««Ile du Var , jusqu'à VAbcuratqr*i> Le rivage de la mer servira de limite en cas d'embarquement; les droits d'accompagnement sont établis de la même manière que ceux pour les charivaris proportionnellement à chaque classe. *

£n cas de refus , les Abbés , après avoir épuisés les bons procédés , et pris les ordres du Gouverneur et des Consuls , auront le droit de faire barricader la porte des rénitens, et d'empêcher leur sortie, etc. etc.

*i Nous n'avons pu trouver la signification de ce mot.

(B) Inscription placée d* ordre des Consuls au-dessus de la porte Marine à Voccasion de rétablis^ sèment du Port' franc :

MAGNI GÂKOLI EMAirVElIS SABAYD. DTCIS

VICTORIS AMEDEI INYIGTISSIMI F.

jsollicitam erga se AIVNIFICENTTAM SEMPER EXPERTA

DEMVM PORTVOSI LITTORIS IMMVNITATE

MAGNIS AYCTA GOMMODIS

MARITIMO CONSVLATV PROIMDE INSTITVTO

NIGIA FIDELIS

Page 1