‹ Histoire de Nicolet, 1669-1924Chapitre 2 sur 83 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

L’accueil sympathique que le public a donné à £ 'histoire de la baie-du-febvre nous a encouragé à continuer nos recherches historiques, et nous venons aujourd’hui offrir de nouveau le fruit d’un travail long et consciencieux sur le chef-lieu du diocèse de Nicolet.

Ce travail comprendra deux parties distinctes. La seigneurie, et les événements profanes qui s’y rattachent, formera la première partie, traitée dans le présent volume offert au public. Le deuxième volume, que nous nous proposons de publier si Dieu nous prête vie et santé, donnera l’histoire de Nicolet en tant que paroisse, ou les événements religieux proprement dits.

La paroisse et la seigneurie de Nicolet intéressent non seulement les Nicolétains proprement dits, mais tout le diocèse, tout le comté et le district dont elle est devenue le centre. Toute la classe instruite qui a puisé son instruction au séminaire de Nicolet, et dans les diverses communautés y établies, sera heureuse de posséder un récit authentique des événements qui se sont déroulés sur le sol où s’est écoulée leur jeunesse. C’est le complément de l’Histoire de leur Alma Mater, qu’ils ont dû lire avec le plus profond intérêt.

Dans le présent travail, nous nous sommes appliqué avant tout à l’exactitude des faits, n’avançant rien qui ne soit appuyé sur un document historique, ou au moins sur une tradition sérieuse. . . Les légendes, lorsque nous les citons, sont données comme telles et sans autorité historique.

L’origine de Nicolet était bien confuse et se perdait dans la nuit des temps, la colonisation de la nouvelle-france, par E. Salone, ouvrage précieux publié il y a quelques an-

nées, nous a permis de retrouver de manière plus positive notre origine locale, et les premiers essais de colonisation, malheureusement infructueux, qui ont été faits sur notre sol encore vierge. Tl est intéressant de savoir que, dès le principe, les premières familles établies à Nicolet ont fourni à l’Eglise de véritables saints, et à l’Etat des hommes vraiment supérieurs, tels que, dans l’ordre religieux, les trois filles de notre deuxième seigneur, Michel Cressé, et dans l’ordre temporel, Charles de Langlade, le militaire peut-être le plus expert du temps, descendant de Pierre Mouet de Moras.

Issus du plus pur sang de la France catholique du XV Ile siècle, les Nicolétains doivent être heureux de descendre de tels ancêtres, et ils doivent avoir la noble ambition de les mieux connaître afin de les imiter, dans leur persévérance au travail, dans leur courage aux heures difficiles, et surtout dans cet esprit profondément chrétien qui a fait leur force et qui est encore à nos yeux leur plus beau titre de gloire. Sans doute, il n’y a pas que des vertus à signaler dans les personnages que présentera successivement la trame de cette histoire : l’historien n’est pas un apologiste, il doit raconter les faits tels qu’ils se sont passés, sans omettre les détails où forcément se montrent les petits côtés d’un caractère par ailleurs estimable ; mais il sait montrer l’action de ,Dieu, même en ce qui déconcerte nos pauvres vues humaines, et fait voir comment Dieu fait tout servir à sa gloire et à l’accomplissement de ses desseins providentiels. C’est à ce point de vue que nous nous sommes placé pour écrire Z’histoire de la seigneurie de nicolet, et ces pages contiennent plus d’une de ces leçons qui méritent d’être comprises et méditées.

Nous devons ici exprimer notre particulière reconnaissance à tous ceux qui nous ont aidé de leurs recherches ou de leur concours personnel: le dévouement qu’ils ont montré prouve à la fois l’intérêt qu’ils portent aux choses de l’his-

toire, et la bienveillante sympathie dont ils ont bien voulu entourer l’humble historien et son œuvre. Cette bienveillance, elle s’est faite toute paternelle en Sa Grandeur Mgr l’Evêque de Nicolet, qui a daigner nous encourager dans ce travail difficile, par la confiance qu’il s’est plu à reposer en nous, malgré notre âge avancé et les faibles moyens dont nous disposions. En lui redisant merci, nous le prions de bénir cet ouvrage que nous offrons à ses diocésains, et où ils seront heureux de retrouver son nom dans celui d’un des colons de la première heure, d’un pionnier de la civilisation sur notre terre nicolétaine, nous avons nommé l’ancêtre Joseph Petit-Bruneau dont le courage et la piété revivent en Monseigneur de Nicolet.

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