CHAPITRE XIII
LE SEIGNEUR PIERRE-MICHEL CRESSE (1785-1819)— Siüte.
SOMMAIRE. — 1. Fondation du séminaire de Nicolet. — 2. Guerre de 1812 à 1814. — 3. Topographie du sieur Joseph Bouchette. — 4. Vente de la seigneurie à Frs. Baby fils. — 5. Mort de Pierre- M. Cressé: — la dynastie seigneuriale Cressé; — les deux manoirs ; — la descendance Cressé.
1. Les progrès et la prospérité de Nicolet attirèrent l’attention de Monseigneur Denaut, évêque de Québec, et surtout de son coadjuteur, Monseigneur Plessis, qui, profitant du legs du curé Rrassard en faveur d’une école gratuite, jugèrent à propos d’y établir une école latine et plus tard un séminaire. Le site à mi-distance des séminaires de Québec et de Montréal, dans une belle campagne paisible, était admirablement bien choisi, et propre à favoriser l’éducation.
La fondation de ce séminaire est certainement l’événement le plus important de l’administration du seigneur Pierre-M. Cressé. On ne peut toutefois en aucune manière lui en attribuer le mérite: il se montra plutôt hostile, dans le principe, à une telle fondation, comme ses successeurs, que l’existence d’une maison si importante offusquait jusqu’à un certain point. Il revint toutefois à de meilleures dispositions, et finit par se montrer sympathique à l’établissement.
L’histoire de ce séminaire a été publiée en 1903 par Mgr J.-A.-Ir. Douville. Nous renvoyons à cet excellent ouvrage ceux de nos lecteurs qui désireraient des
renseignements détaillés sur cette institution. Disons seulement, avec l’annuaire de la maison, que le Séminaire de Nicolet doit son origine à une école paroissiale gratuite, fondée en 1801, par le testament de M. Brassard, curé de Nicolet. Mgr Denaut, sur les instances de son coadjuteur, y joignit des classes latines en 1803. Mais son véritable fondateur et organisateur fut Mgr J.-O. Plessis qui, en 1806, de coadjuteur devint l’évêque de Québec et s’empressa de racheter de ses deniers ce collège naissant, qu’un coup imprévu avait fait passer en des mains étrangères. Il a été considérablement agrandi en 1807 et 1813 par cet illustre prélat, dont la générosité fut sans bornes pour cette nouvelle maison Il sollicita à Londres des lettres patentes pour son incorporation, et il les obtint le 10 décembre 1821. Par ces lettres patentes royales, l’administration du Séminaire de Nicolet est confiée à une corporation de prêtres séculiers sous la présidence de l’évêque diocésain. En 1827, les édifices actuels du Séminaire furent commencés sous les auspices et aux frais, au moins pour une grande partie, des évêques Panet et Signay, successeurs de Mgr Plessis. Le nouveau séminaire, ouvert en 1831,est situé sur les bords de la rivière Nicolet, comme l’ancien, à deux milles des rives du lac Saint-Pierre; il est environné de jardins et de bocages qui en font un lieu agréable. Un nouvel édifice, contenant une grande salle et une chapelle, a été élevé, au milieu du corps principal, comme souvenir du centenaire de l’institution, célébré le 10 juin 1903.
Le premier édifice, bâti sous les auspices de Mgr Plessis, est devenu l’académie commerciale des Frères des Ecoles Chrétiennes.