‹ Histoire de Nicolet, 1669-1924Chapitre 29 sur 83 · Dès lors la seigneurie de Nicolet échappait entiè · texte numérisé non relu

Dès lors la seigneurie de Nicolet échappait entiè

(1) On peut supposer une maladie contractée dans les campagnes des années 1812 et suivantes, auxquelles il est censé avoir pris part. Il était lieutenant aide-major et a servi dans la milice d’élite incorporée.

(2) D’après les actes notariés, le 30 janvier il est à Nicolet; le 24 février, il est dit résider aux Trois-Rivières. — Son jeune fils Luc- Michel, sorti du collège depuis deux ans, et qui était doué de grands talents, devait être capable de gérer les affaires, sous la direction de son père.

rement à la famille Cressé, et passait en des mains étrangères, au grand chagrin de sa famille et surtout du jeune notaire Luc-Michel, qui voyait s’évanouir ses ambitions et rêves d’avenir.

Le seigneur ne survécut pas longtemps à ce marché pénible pour sa famille. Neuf mois plus tard il s’éteignait aux Trois-Rivières, où il fut inhumé le 14 octobre 1819. Il n’avait que soixante-et-un ans.

Ainsi se terminait la dynastie seigneuriale Courval- Cressé, qui avait possédé la seigneurie de Nicolet pendant cent quarante-six ans (1673-1819). Dans cet espace de temps, la gestion des affaires était passée à cinq administrations successives: Michel Cressé (1673-1686); — sa fille Louise (1686-1706) Jean-Baptiste Poulin de Courval, son époux (1706-1727) ; — Claude Poulin-Cressé, fils de J.-B. (1727-1785); Pierre-Michel Cressé, petit-fils de Claude (1785-1819).

En 1775, le tiers de la seigneurie tomba en la possession de la branche cadette, dont les titulaires ont été: Joseph-Claude P. Cressé-de-Courval (1775-1801); — l’abbé de Courval (1801-1811).

Pendant l’existence simultanée des deux coseigneurs, il y eut à Nicolet deux manoirs distincts, l’un au village pour le seigneur dominant, lequel existe encore sous le nom de manoir Trigge; l’autre dans le Bas-de-la- Baie, en haut de la résidence actuelle de M. Ubald Bellemare, et qui est disparue. D’après la tradition, ce dernier, qui a sans doute été bâti par le coseigneur Joseph- Claude Poulin-de-Courval, quand il prit possession de son tiers, avait un cachet très imposant. C’était en miniature une reproduction du joli village des Forges Saint-Maurice, dont le seigneur avait eu longtemps la direction.

Une avenue bordée d’arbres, dont il existe encore des traces, reliait l’édifice principal au chemin du roi. En arrière, de chaque côté d’une large avenue, s’élevaient

une vingtaine d’élégantes bâtisses, dont quatre ou cinq pour le logement des fermiers et employés, les autres pour les dépendances et les divers usages d’une vaste exploitation agricole, comprenant tout ce que Tagriculture avait alors de plus perfectionné. C’était un véritable petit village, plein de confort et même de luxe.

Le seigneur, dont la résidence principale était aux Trois-Rivières, y avait son procureur et venait sans doute y passer la belle saison, en face de la baie Saint- An tome, où la nature avait déployé tous ses charmes, et où il pouvait goûter à l’aise tous les sports du temps, surtout ceux de la chasse et de la pêche.

Le seigneur de Courval ne jouit pas bien longtemps de son eldorado. Il disparut en 1801, laissant comme héritier dominant le curé de la Pointe-aux- Trembles, son fils aîné, qui ne l’occupa jamais. — Que devint alors ce riche manoir? Les archives sont muettes sur ce point. Le curé Courval a dû en laisser la jouissance au seigneur dominant. Pierre-Michel Cressé. La tradition affirme en effet que son fils le notaire Luc- Michel Cressé l’habita longtemps, avant de résider au village.

Le seigneur Pierre-Michel Cressé eut de sa femme, Marie F afard-Laframboise, qu’il avait épousée aux Trois-Rivières, le 2 janvier 1792, onze enfants, (1) dont six garçons de suite, puis cinq filles, à qui il procura les bienfaits d’une éducation soignée. Le séminaire de Nicolet ouvrait ses portes juste au temps où les premiers étaient d’âge à commencer un cours classique: la liste du premier cours de 1803-4 contient en effet les noms des deux plus vieux Pierre-Joseph et Jean. Les quatre autres entrèrent à tour de rôle.

A 1 exception de Jean, le deuxième fils, qui se livra

(1) A l’exception de quatre, tous furent baptisés aux Troisnivieres.

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