‹ Histoire de Nicolet, 1669-1924Chapitre 38 sur 83 · C. Larocque · texte numérisé non relu

C. Larocque

J. -B. Lamoureux,

Antoine Mayrand,

W.-J. Ross & Benson Hall,

J. -B. Scott & J.-A. Lavallée,

Emmanuel Crépeau et Evariste Duval,

M. O’Shaughnessy,

Chas. McCaffrey,

Francis McCaffrey,

Georges Bail.

“Tous ceux dont les noms figurent plus haut, dit “M. Bail, (1) se sont ruinés à la tâche: ces insuccès ont “été causés par la “drive” toujours incertaine et l'insuffisance des estacades.

“Les quatres derniers figurants sur la liste ci-dessus “ont opéré à la même époque; ils vivaient en bons “voisins et travaillaient avec harmonie, ce qui les faisait “réussir dans leur commerce, au point qu’ils voyaient “déjà une riche moisson s’annoncer pour l’avenir. La “cause de leurs malheurs est due à leur ambition qui “leur fit perdre l’équilibre en leur faisant croire que le “champ n’était pas assez vaste pour les quatre; alors

(1) Lettre du 7 septembre 1920.

“cette harmonie qui avait toujours existé entre eux se “changea en zizanie à tel point que ce fut à qui nuirait “le plus à son voisin. Le drame a fini par se dérouler “devant les tribunaux. Six procès ont commencé à la “Cour Supérieure, cinq se rendirent à la Cour d’ Appel, “et deux jusqu’à la Cour Suprême du Canada. Cela a “duré quatre ans, et un désastre a terminé le drame. Bail “est le seul survivant des acteurs, il est sorti du com- “merce depuis dix-huit ans, avec un bras de moins...”

“Nicolet, continue M. Bail, aurait pu jouir encore “longtemps de son commerce de bois sans l’intervention de MM. Church, Mitchell & Fee, qui lui ont donné “le coup de grâce en construisant “Le Drummond “County Bailway” et des moulins sur son parcours, en “s’emparant de la forêt. Alors l’exploitation par la “rivière est devenue impossible. Et dire que nous avons “été assez naïfs pour souscrire $10,000 pour faire rendre “cette voie de Saint-Léonard à Nicolet. J’ai été moi- “même en faveur et à la tête du mouvement, non pour “l’avantage du commerce de bois, (le mal étant déjà “fait) mais bien pour favoriser la ville de communications faciles. Je crois cependant que ça été une “erreur, parce qu’au lieu d’attirer le commerce, cela a “eu pour effet de le paralyser; les consommateurs achètent ailleurs étant favorisés par la facilité du transport. “Il est vrai que les communautés religieuses et l’éduca- “tion en profitent, ce qui peut être regardé comme une “compensation”.

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