‹ Histoire de Normandie;Chapitre 4 sur 9 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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La parenté était lointaine, môme pour Fépoque, et le mariage datait de quinze ans. Personne ne s'y trompa. Un concile réuni à Beaugency prononça néanmoins le divorce (mars 1152). Saint Bernard, le véritable chef de l'Eglise à ce moment, garda le silence, et le pape ferma les yeux. De ce mariage étaient nées deux filles mais aucun héritier mâle, ce qui fit aussi qu'on n'y regarda pas de trop près.

Ce qui était fâcheux, c'est qu'Eléonore, devenue libre à l'âge de vingt-neuf ans, n'allait pas manquer de prétendants. Le comte de Blois essaya de l'épouser de force au passage, le frère cadet d'Henri Plantagenet tenta de l'enlever. Elle n'eut pas même le temps d'aller de Beaugency à Bordeaux. A Poitiers, elle accorda sa main à Henri Plantagenet, déjà duc de Normandie, comte d'Anjou et de Touraine, prétendant à la couronne d'Angleterre. Son second mariage eut lieu six semaines après la rupture du premier. Elle apportait à son mari le duché d'Aquitaine et le comté de Poitou, c'est-à-dire tout le littoral de la Loire aux Pyrénées. Avec ce qu'il avait déjà, il était plus puissant, en France même, que le roi son suzerain.

Louis le Jeune avait essayé vainement de s'opposer à ce mariage. 11 essaya ensuite d'en contester la validité, un vassal n'ayant pas le droit de se marier sans le consentement de son suzerain. Mais il ne s'agissait pas d'un vassal ordinaire. Il fallut en venir aux armes. Louis le Jeune forma une ligue où entrèrent tous ceux à qui la prépondérance des Plantagenets portait ombrage, y compris le propre

frère d'Henri Plantagenet, candidat malheureux à la main d'Eléonore, et Etienne de Blois, qui était toujours en lutte avec Mathilde et son fils. Cette ligue aurait pu écraser dans l'œuf la puissance des Plantagenets, mais Louis le Jeune se montra d'une mollesse désespérante. Tout son effort en deux ans se borna à prendre Vernon.

Pendant ce temps, Henri Plantagenet battait les autres coalisés, et concluait avec Etienne de Blois, qui avait perdu son fils unique, un traité par lequel il devait lui succéder (1153). Louis VII n'avait plus rien de mieux à faire que de signer la paix. Il restitua Vernon et se contenta de recevoir l'hommage de son rival pour le duché d'Aquitaine et le comté de Poitou, La même année (1154), Etienne de Blois mourut et Henri Plantagenet fut couronné roi d'Angleterre à Westminster. A vingt et un ans, il se trouvait le plus puissant prince de la chrétienté.

Henri II était à l'âge où tout réussit. Eléonore lui donna en six ans quatre fils et une fille, de sorte que l'avenir de la dynastie était assuré. Il déploya beaucoup d'activité et de volonté pour rétablir dans son royaume l'ordre et la prospérité que tant d'années de guerre civile avaient anéantis. Il débarrassa l'île des routiers qui y pullulaient, soumit les hauts barons qui se croyaient au-dessus des lois et rasa leurs forteresses. Mais le continent l'attirait davantage. Il restera toujours un angevin, préférant les bords de la Loire et de la Seine à ceux delà Tamise.

Louis le Jeune voyait le danger sans rien trouver d'efficace pour le conjurer. Au moment où son rival se faisait couronner roi d'Angleterre, il était en pèle.

rinage à Saint-Jacques de Compostelle. Il se crut très avisé en traitant avec Henri II au lieu de le combattre. Les deux rois eurent une entrevue près deGisors(il58) et signèrent un accord matrimonial. Louis VII s'était remarié : il fut décidé qu'une fille née de ce second mariage épouserait le fils aîné d'Henri II. Le fiancé avait trois ans, la fiancée six mois. Louis donnait comme dot à ce bébé les forteresses de Gisors, de Neaufles et le Vexin, qu'il avait acquis au commencement de son règne. La Normandie redevenait complète. En attendant le mariage, ce territoire devait rester sous la garde des Templiers.

Henri II vint à Paris, où il fut reçu comme le meilleur des amis et emmena la petite princesse qui allait devenir entre ses mains un véritable otage. Gomme satisfaction, Louis le Jeune se contenta de faire un pèlerinage au Mont Saint-Michel. Henri l'accompagna et le reconduisit jusqu'à Rouen où les deux rois se séparèrent après avoir échangé force prévenances et cadeaux.

Cette réconciliation dura peu. Henri II éleva des prétentions sur le comté de Toulouse à titre de duc d'Aquitaine. Louis le Jeune avait agi de même alors qu'il était le mari d'Eléonore, mais les rôles étaient renversés, et de plus le comte de Toulouse avait épousé sa sœur. Louis le Jeune accourut au secours de son beau-frère et se jeta dans la place même de Toulouse. Le roi d'Angleterre, probablement par scrupule de vassal, abandonna le siège, mais se rattrapa d'un autre côté. II fit célébrer le mariage convenu entre la fille de Louis le Jeune et son propre iils. Les deux époux avaient neuf ans à eux deux.

Louis le Jeune dut accepter le fait accompli et Henri prit possession de Gisors et du Vexin normand, dot de la mariée.

On pouvait croire à cette date le triomphe du Plantagenet définitif. Mais l'homme privé fut moins heureux que l'homme public. C'est dans sa famille qu'il trouvera les pires obstacles. Eléonoreselassede ses infidélités et soulèvera les fils contre leur père. D'autre part, ce prince lettré, qui parlait également bien le latin et le français, n'a jamais su un mot d'anglais, ce qui fait qu'il resta toujours un étranger aux yeux de ses sujets anglo-saxons. Ce qui est plus grave pour lui, c'est qu'il entre en lutte avec l'Eglise. Ses démêlés avec Thomas Becket, un ancien favori dont il avait fait un archevêque de Cantorbéry, vont le paralyser et sauver Louis le Jeune, qui eut au moins l'habileté de les exploiter.

Henri II avait voulu par les « statuts de Clarendon » mettre TEfflise dans les mains du roi. Les membres du clergé perdaient le privilège d'être jugés par leurs propres tribunaux, les évêques étaient soumis aux mêmes obligations que les seigneurs laïques; le droit d'excommunication était subordonné au consentement du roi, les terres d'Eglise étaient assujetties à l'impôt royal. Thomas Becket protesta au nom de l'Eglise anglaise dont il était le primat et se réfugia en France (1164). Il se retira d'abord dans l'abbaye de Pontigny (Yonne), mais comme l'ordre de Cîteaux, dont dépendait cette abbaye, avait des maisons en Angleterre, les moines, craignant des représailles, prièrent cet hôte compromettant de quitter la place. Louis le Jeune lui

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donna l'hospitalité dans sa bonne ville de Sens.

Une guerre en résulta, fort monotone et peu décisive. Louis le Jeune est toujours aussi incertain et Henri Plantagenet n'est plus libre de ses mouvements. Cependant c'est encore ce dernier qui gagne la partie. D'abord il trouva moyen de s'emparer de la Bretagne. Son frère cadet, Geoffroy, étant devenu comte de Nantes et étant mort sans enfants, Henri II s'empara de son héritage. Le comte de Bretagne, Conan, dut y consentir et même signer un accord par lequel sa fille devait épouser le plus jeune fils d'Henri II, qui s'appelait aussi Geoffroy. C'était la perspective de l'annexion de toute la Bretagne par les Plantagenets. Louis le Jeune essaya d'amener le pape à empêcher cette union sous prétexte de parenté entre les conjoints, mais le pape s'abstint d'intervenir, et Henri II, suivant sa tactique, brusqua le mariage, qui eut lieu en 1166 : les deux époux avaient huit et cinq ans. Peu de temps après Conan, devenu impopulaire, abdiqua, et Henri se trouva maître de toute la péninsule bretonne. Il possédait à ce moment quarante-sept de nos départements actuels.

A côté d'un pareil succès, les pillages réciproques des deux rois sur la frontière de l'Epte avaient peu d'intérêt. Quant à l'affaire Thomas Becket, elle traînait en longueur. Le pape ménageait le roi d'Angleterre et Louis le Jeune tâchait honnêtement de raccommoder les deux adversaires. Plusieurs entrevues eurent lieu par sa médiation et en sa présence, sans résultat. A la fin le roi et le primat firent mine de se réconcilier et Thomas Becket rentra en Angleterre (1170). Quelques mois plus tard, la querelle

e château frArqiies. — Le cliàtciiu de Falaise. ;j'ho!.siics et Momini'nis du /'. c. F.

ri. VII.

était plus aiguë que jamais et Thomas Becket était assassiné, au pied de Fautel, par quatre chevaliers normands de la cour du roi. On accusa naturellement Henri II de ce crime. En réalité, il avait laissé échapper quelques paroles au moins imprudentes : « Personne ne me vengera donc de ce clerc ? » Quant aux meurtriers, leur mission officielle était de forcer l'archevêque à comparaître devant les juges royaux. Ce meurtre fut une catastrophe pour Henri Plantagenet. Thomas Becket fut canonisé, toute l'Europe s'indigna contre le roi d'Angleterre. 11 dut s'humilier, renoncer aux « statuts de Clarendon », faire amende honorable et recevoir le fouet en public sur le tombeau du « martyr ».

A ce prix il était réconcilié avec la papauté, mais c'est le moment où vont commencer les révoltes de ses fils. Elles étaient favorisées par le désir d'autonomie des diverses provinces qui constituaient son immense domaine, désir auquel il chercha à donner des satisfactions illusoires. Son fils aîné était Henri le Jeune que les historiens modernes surnomment Court-Mantel, par confusion avec son père qui avait, lors de son premier voyage en Angleterre, surpris les gens du pays par son manteau court à la mode continentale, alors qu'on portait le manteau long à la cour de Londres. Il lui avait fait prêter hommage au roi de France pour la Normandie et l'Anjou, ce qui semblait indiquer qu'il avait l'intention de lui laissera sa majorité ces deux provinces. Peu après, durant sa lutte contre Thomas Becket, il l'avait même fait couronner roi d'Angleterre par l'archevêque d'York (1170).

A son second fils, Richard, le futur Richard Cœur de Lion, il avait de moine fait prêter hommage pour le duché d'Aquitaine. Nous savons que le troisième, Geoffroy, avait épousé l'héritière de la Bretagne. Seul, le dernier n'avait rien reçu : c'est pourquoi on l'appelait Jean sans Terre. Etant donnée la jeunesse de ces différents princes, on ne s'était pas étonné tout d'abord de voir que leur père continuait à administrer seul et sans passer par leur intermédiaire les provinces qui leur étaient destinées. Mais il ne paraissait pas pressé de les mettre en possession. Ils se montrèrent plus pressés que lui.

C'est ce qui amena une nouvelle prise d'armes (1173). Les trois fils aînés et leur mère sont d'accord. Les trois fils se réfugient à la cour de Louis le Jeune. Eléonore, qui cherchait à en faire autant, fut surprise sous costume masculin et jetée en prison par son mari. Les fugitifs furent naturellement bien accueillis. L'aîné était du reste le gendre de Louis le Jeune, depuis son âge le plus tendre. Celui-ci le traita comme le roi légitime d'Angleterre, affectant de croire que son couronnement équivalait à une abdication de son père. Malheureusement Louis le Jeune est de plus en plus hésitant. Il se borne à assiéger Verneuil qu'il ne peut prendre (1173). L'année suivante, il échoue devant Rouen, et s'enfuit de nuit devant Henri II après avoir brûlé lui-même ses machines de siège.

Une fois de plus on procède à un replûtrage. Une première entrevue avait eu lieu sous un orme fameux, que huit hommes avaient peine à embrasser, situé dans une plaine entre Gisors et Trye- Château, à l'ombre épaisse duquel avaient cou-

tume de se rencontrer de temps immémorial les rois de France et les ducs de Normandie. Elle n'avait pas abouti, mais on s'entendit peu après. La paix fut signée à Montlouis, entre Tours et Amboise (30 sept. 1174). Les fils d'Henri II se réconcilièrent avec lui et durent se contenter de quelques châteaux. Les autres rebelles obtinrent leur pardon; seule Eléonore fut sacrifiée. Son second mari la laissa en prison et il est peu probable que le premier se soit donné beaucoup de peine pour l'en faire sortir.

Louis VII, vieilli et découragé, ne reprendra pas la lutte. Mais il avait eu enfin, d'un troisième mariage, un fils qui dès l'enfance promettait d'être un autre homme que son père. C'est Philippe surnommé Auguste parce qu'il était né dans le mois du même nom (août). A peine âgé de dix ans, comme on admirait devant lui le château de Gisors, où Henri II avait fait des travaux formidables dont les ruines sont encore parmi les plus belles de la Normandie et de la France : « Vous voilà en admiration devant cet amas de pierres, s'écria l'enfant. Je voudrais que ces moellons fussent en argent, en or, ou en diamant. » Et comme on s'étonnait, il s'expliqua : « Plus ce château sera précieux, plus j'aurai de plaisir à le posséder, quand il sera tombé entre mes mains. »

Louis le Jeune, atteint de paralysie, fit sacrer son fils un an avant sa mort. Henri le Jeune représenta son père à cette cérémonie comme duc de Normandie. Philippe Auguste, qui n'avait encore que quatorze ans, entendait régner réellement. 11 épouse la nièce du comte de Flandre malgré sa mère dont

HISTOMIE Di; XOnMANDIE.

il conlisque môme le douaire. Henri II fut sollicité d'intervenir en faveur de la reine-mère qui s'était réfugiée en Normandie, mais il n'essaya pas de profiter de l'occasion. Il fit au contraire alliance avec son jeune suzerain e tla paix était complète à la mort de Louis le Jeune (sept. 1180).

Xï

Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion. — La fin d'Henri Plantagenet. — A la troisième Croisade. — Jean sans Terre. — Confiscation de la Normandie.

Philippe Auguste n'a jamais été un paladin ni un esprit chevaleresque. Il n'avait rien d'un héros d'épopée. C'est un homme pratique, ami des réalités, pour qui la guerre n'est pas un sport mais un moyen. Il préfère les intrigues diplomatiques aux coups d'épée. Ses premières années sont absorbées par des luttes ingrates et obscures contre ses grands vassaux. Heureusement pour lui, Henri II ne s'en mêle pas. Néanmoins, une fois débarrassé des autres, Philippe Auguste, qui ne se piquait pas de reconnaissance quand son intérêt était en jeu, crut l'occasion favorable pour abattre une puissance qui était pour la sienne une menace et une humiliation. Il profita de la mésintelligence qui continuait à régner entre le père et les fils.

Au cours d'une guerre de dévastations réciproques qui avait éclaté en Limousin entre le roi d'Angleterre et son fils aîné, celui-ci mourut subitement sans enfants. Philippe Auguste réclama aussitôt Gisors et le Vexin. dot de sa sœur, femme du

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défunt. En même temps, il exigeait la célébration du mariage convenu entre une autre de ses sœurs et Richard Cœur de Lion. En dépit de nombreuses entrevues, les deux rois ne purent s'entendre. Philippe Auguste y comptait bien. Il avait attiré à sa cour le troisième fils d'Henri II, Geoft'roy, comte de Bretagne, qui réclamait l'Anjou. Ce jeune prince mourut d'un accident de tournoi, d'autres disent d'un accès de fièvre, et Philippe Auguste afficha la plus vive douleur. Il aura un fils posthume, Arthur de Bretagne.

Henri II n'avait plus que deux fils, Richard Cœur de Lion, déjà en possession de l'Aquitaine, et Jean sans Terre. Il se défiait beaucoup du premier et aimait beaucoup le second. Il proposa à Philippe Auguste un accord par lequel Jean sans Terre épouserait la sœur de Philippe Auguste, promise naguère à Richard, et recevrait l'Aquitaine, le Poitou et l'Anjou, de manière que son frère aîné n'hériterait que du royaume d'Angleterre et de la Normandie. Philippe Auguste s'empressa de faire connaître ce projet à Richard Cœur de Lion, dont la colère ne connut plus de bornes, et qui devint le meilleur ami du roi de France. Ils ne se quittent plus, mangent au même plat, couchent dans le môme lit.

Naturellement Philippe Auguste réclame plus que jamais Gisors et le Vexin, mais une diversion se produit. Le sultan Saladin venait de reprendre Jérusalem aux chrétiens et le pape faisait partout prêcher la troisième croisade. Le roi d'Angleterre et le roi de France se rencontrèrent sous le fameux orme de Gisors, se donnèrent le baiser de paix et prirent la

PBEMIERE ANNEXION DE LA NORMANDIE. Ill

croix. Au fond, ils n'avaient ni l'un ni l'autre envie de partir. Le roi d'Angleterre frisait la soixantaine et sa santé de fer était usée par les excès de toute sorte. Il était en proie à des crises de rhumatisme qui le clouaient souvent au lit. Quant au roi de France, il n'était pas de ceux qui lâchent la proie pour l'ombre. Richard seul, grand coureur d'aventures de tout genre, ne demandait qu'à se mettre en route, mais une révolte opportune et peut-être provoquée par son père le retient en Aquitaine.

Philippe en profite pour rentrer en campagne et tout l'ouest de la France se trouve remis à feu et à sang. Les instances du pape, les scrupules de certains vassaux, obligent pourtant Philippe Auguste à feindre des dispositions pacifiques. Une nouvelle entrevue a lieu sous le grand orme de Gisors. Elle n'aboutit pas et Philippe Auguste, qui était resté au soleil pendant que le roi d'Angleterre accaparait l'ombre, s'en vengea sur l'arbre historique qu'il fit abattre. On se réunit de nouveau à Bonmoulins (Orne) sur les confins du Perche et de la Normandie. Richard somme son père de le reconnaître devant tous comme son légitime héritier. Henri II ayant cherché quelque échappatoire, son fils s'agenouille devant le roi de France, lui prête hommage pour toutes les possessions continentales des Plantagenets, et part avec lui.

La guerre recommença de plus belle, en dépit des efl'orts du pape et des menaces d'excommunication adressées à Philippe Auguste. Ce dernier, moins respectueux que son père à l'égard de l'Eglise, répondit au légat : « On voit bien que le seigneur cardinal a flairé les sterlings du roi d'An-

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gleterre. » La guerre eut lieu surtout dans le Maine. Henri II était né au Mans et son père y était enterré. Il avait promis aux bourgeois de ne pas les abandonner et s'était enferme avec eux. Assiégé par Philippe Auguste et Richard, il lit mettre le feu à un faubourg qui couvrait la place. Mais le vent ayant tourné, les flammes envahirent la cité; la ville fut forcée et Henri II put à grand'peine s'échapper. 11 fut tellement serré de près dans sa fuite par son propre fils qu'un de ses fidèles, Guillaume le Maréchal, ne voulant pas porter la main sur le fils du roi, dut lui tuer son cheval pour arrêter sa poursuite (juin 1189).

Henri au lieu de regagner la Normandie se porta sur la Loire. Philippe Auguste ne le laisse pas respirer. Tours est pris d'assaut. Le roi d'Angleterre, obligé de traiter, eut une entrevue, près d'Azai-le- Rideau, avec le triomphant roi de France. Epuisé de maladie, il dut se mettre au lit en attendant Philippe Auguste. Richard Cœur de Lion prétendit que cette maladie était une feinte. Le malheureux roi dut se présenter quand même au rendez-vous, si défait que Philippe Auguste lui offrit de s'a*=!seoir. Finalement il accepte tout ce qu'on lui impose : hommage pour tous ses fiefs du continent, renonciation à la suzeraineté de l'Auvergne et contribution de guerre. En outre, tous les barons de ses Etats d'Angleterre comme de France prêteraient dès ce moment serment de fidélité à Richard comme héritier désigné de toutes les possessions de la couronne. Enfin les deux rois s'engageaient à partir pour la Terre Sainte à la mi-carême de l'année suivante.

Par une clause supplémentaire, ils avaient promis

Le château de (iisurs.

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