XXX INTRODUCTION
» Tyr est le plus intrépide des Ases; aussi préside-t-il à la guerre et protége-t-il les héros»
Il n'a qu'une main^ l'autre lui ayant été arrachée par le loup Fenrir , que les Ases avaient saisi et qu'ils ne voulaient pas relâcher.
Niord, le dieu des vents, de la mer, du feu, de la pêche et de la chasse , n'est pas de la race des Ases . mais îl a été reçu parmi eux , et il est père de Freyr et de Freya , frère et sœur qui sont comptés au nombre des Ases. Freyr dirige la pluie et le soleil , et favorise la croissance des végétaux ; c'est un dieu de paix, digne des hommages des hommes. Freya , sa sœur, quoique ayant pour attribution la bonté, fréquente néanmoins les combats sur un char traîné par dés chats. Du reste, elle aime le chant, et favorise les amours. Après Frygga, femme d'Odin , elle est la plus grande des déesses. Elle est la femme d'Odur , dont elle pleura le départ par des larmes d'or.
Au nombre des Ases figure aussi le plus rusé des dieux, Loke, fils d'un géant et auteur de toutes^
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les fourberies. Beau de visage , il est méchant et variable de caractère. Les dieux même ne sont pas à l'abri de ses ruses. C'est lui qui , avec une femme du pays des géans , a donné naissance au loup Fenrir ^ au serpent Jornmagardur qui^ dans ses i^plis, embrasse toute la terre, et à Hal, qui préside au Niflheim^ ou pays des brouillards , où résident la misère , la faim , la paresse , le souci. Les dieux ont enchaîné Fënrir ; mais un jour il sera détaché. Loke continue de causer des malheurs par sa fourberie. La félicité des dieux est ' encore troublée par les sinistres prédictions des Vale» ou Nornés, qui lisent dans l'avenir et qui assu* rentque la domination des Ases finira et que leur chute est inévitable. Déjà les dieux ont eu longtemps k lutter contre la race des Wanes , qui ï^égnent sur les Alfes , et qui ne sont ni hommes ni dieux. Ils ont fait enfin la paix avec elle ; et c'est par suite de ce traité que Niord , maintenant dieu des vents, a été reçu au nombre des Ases , avec ses enfans Freyr et Freya.
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Actuellement^ ce sont les géans qui menacent les dieux d'escalader l'Asgaard^ de tuer les dieux , et de transférer le Valhalla dans leur propre pays , le Jdetunheim. Ils remplissent l'air de poison , et ils l'empesteraient , si Thor ne le purifiait par ses ^oiidres^ et n'éloignâln: les géans.
Parmi les femmes des Ases, Siâ&fna favorise les amotirs ; War veille sur les sermens et punit les parjures ; Syn garde les portes du palais des dieux; Hlyn est la protectrice de la race humaine. Des vierges, appelées Walkyries, ont soin de la table des dieux et leur v^'seot à boire; Odin les envoie dans les combats^ pour choisir ceux qui doivent ,périr , et pour faire pencher la balance du côté du parti que favorise le dieu.
Ayant la moA de Balder, les dieux jouis* saient de plus de bonheur et de sécurité. Tous aimaient cet Ase , distingué par sa sagesse , son affabilité, sa douceur. Balder eut des rêves sinistres > et les raconta aux dieux. Frygga,
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sa mère^ efirayée de ces présages ^ se fit promettre, par tous les êtres de la création, tels que les métaux , les plantes , les élémens , les maladies , qu'aucun d'eux ne ferait du mal à son fils bien aimé. Rassurés par ces sermens, les dieux se livrèrent à leurs jeux accoutumés, et lancèrent des flèches et d^autres projectiles sur Balder , étant persuadés qu'ils ne lui feraient pas de mal.
Cependant Loke , toujours porté à la méchanceté, chercha le moyen de troubler l'amusement des dieux. Changé en vieille femme, il surprit un secret à Frygga : c'est qu elle avait négligé de se faire promettre par une seule plante qui droissait à Test du Yalhalla et qui était encore toute jeune, de ne pas nuire à Balder. Dès que Loke eut appris ce secret , il alla cumltir cette ]^ante, et engagea Hodur, qui était aveugle , d'en lancer la tige avec force sur son frère. L'aveugle fit comme Loke lui avait eftseigné; le coup Irappa mortellement Balder, et 41 exçiîta sûr-îfe-chattiji.
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Les dieux firent retentir l'Asgaard de leur»
lamentations. Frygga aurait voulu délivrer son fils de Tempire infernal d'Héla. Hermode , un autre de ses fils , monté sur le cheval d'Odin ^ le iSîJeipner , descendit h l'enfer d'Héla , en passant le fleuve et le pont de Gialar^ et suppliaJléla de rendre son frère ^ tant aimé des dieux. Héla promit de le rendre, si tous les êtres, sans excep»tion, pleuraient le dieu bien aimé. Hermode rapporta cette réponse aux Asés. Ceux-ci envoyèrent de tous côtés des messagers , pour engager tous ^ les êtres du monde , vivans et inanimés, à pleurer Balder. Les hommes, les arbres , les pierres, la terre, tout pleura ; mais la femme d'un géant, enfermée dans une caverne profonde , refusa de contribuer au rachat de Balder. Ses yeux restèrent secs. On suppose que le méchant Loke avait pris cette forme , pour empêcher les dieux de réussir.
La condition du rachat n'ayant pas été rem- .pUe , Balder resta en eflfet dans le sombre empire d'Héla. Tous les dieux furent irrités contre
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Loke. Il fut obligé de se renfermer dans un fort qu'il avait bâti sur une montagne > et qui avait une issue vers chacune des quatre régions» Encore n y fut-il pas en sûreté. A l'approche
des dieux ^ il se transforma en saumon , et se cacha dans un fleuve. On tendit les filets pour le prendre ^ il échappa plusieurs fois ; mais ; à la Ëai, les dieux le saisii*ent et Tenchainèrent dans une grotte , en suspendant aa-^essus de sa tête un serpent dont la salive venimeuse tomJbe sur son visage. Sa femme Signi^ assise auprès de lin, tend sans cesse un bassin pour recueillir les gouttes venimeuses^ et pour empêchet* qu'elles ne corrodent le visage de son mari; mais^ toutes les fois qu'elle vide ce bassin^ lesgouttes^ en tombant sur le visage de Loke , lui causent des agi-« tations qui ébr^lent la terre. Loke restera en^ chaîné jusqu'à la fin du monde , quand le loup Femir sera déchaîné aussi , et quand le serpent de Midgard, au Ueu de demeurer roulé autour de la terre ^ se jettera avec les ea\ix sur les continens* t •