‹ Histoire de Normandie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquêteChapitre 14 sur 82 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

biorg, Thor à Thrudvang, et Balder à Breidablick. Il enseigna aux habitans du pays les sciences et les arts, dans lesquels ils excellait lui-mênte. Il savait changer de forme, et se métamorphoser en oiseau, en poisson ou en serpent; il apaisait la mer,, et dirigeait les vents à son gré. Dans les combats, il aveuglait ses ennemis, et ôtait tout danger à leurs armcis. Il ne parlait qu'en vers , et, à son exemple , les prêtres enseignèrent l'art métrique aux habitans. Il .évoquait les morts. Deux corbeaux qu'il envoyait dans tous les pays , l'instruisaient de ce ! qui se passait . ailleurs. U consultait fréquemment aussi la tête de Mimer sur les événemens d'autres pays. Il sayait, lui-même, prédire les événemens, ôter et donner l'esprit; par des chants magiques , il ouvrait la terre , en tirait les trésors cachés , et enlevait la puissance *aux êtres. souterrains. Ce fut à ses prêtres qu'il enseigna # d'abord, la plupart de ses arts magiques; aussi approchèrent -ils de lui en sagesse. On le rjéyéra comme un dieu , ainsi

MYTHOLOGIE DBS SCANDINAVES. Lni

que ses prêtres , et on leur offi^it des sacrifices. Ce fut Odin qui ordonna aux hommes du Nprd de brûler les morts et de déposer leurs cendres dans la terre^ ou de les jeter dans la mer. n voulut qu'on élevât des monumens en grosses pierres aux hommes distingués^ Il enseigna .que tout ce qui serait déposé avec les morts sur le bûcher ou dans la terre , leur servirait dans le Yalhalla^ Il ordonna des sacrifices annuels ; savoir : au commencement de l'hiver^ pour obtenir une année heureuse; au milieu . de l'hiver, pour une bonne récolte, et vers l'été, pour avoir la victoire dans la guerre. Voyant . la., mort approcher, Odin se fit ouvrir la chair à l'aide d'une pointe de lance, et s'appropria, par cette cérémonie magique , tous les hommes qui périraient pair les. armes^ Il mourut en disant qu'il allait au €k>dkeim , et qu'il y recevrait ses amis. Les Suédois, ajoute l'Ynglingasaga, crurent dès-lors qu'il était retourné à l'anfcien Asgaard, et qu'il y vivrait éternellement. Ils se persuadèrêi^t dé la qualité divine

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d'Odin , et rinvoquèrent comme un dieu* Souvent il leur sembla qu'il se révélait à eux, surtout quand ils étaient menacés de guerres violentes. On estimait heureux ceux qui triompiiaient et ceux qui périssaient dans le com^ bat ; les uns , parce qu'Odin les favorisait ; les autres , parce qu'il les appelait auprès de lui.

Voilà les idées qui étaient accréditées en Islande^ au sujet des dieux du paganisme^ à Fépoque où le christianisme s^ était introduit. En Danemark; on envisageait d'une manière semblable ce qui avait été l'objet du culte des Scandinaves. Nous en avons la preuve dans l'histoire de ce royaume ^ par Saxo le grammai-* rien. Cet historien chrétien et prêtre parle d'un certain Odin ^ qui demeurait à Upsal y et qui avait; dans toute l'Europe, le faux nom dun dieu. Thor était son fils , et, à cause de ses artifices magiques , il était vénéné aussi comme un dieu par les hommes simjdes. On a<]h)rait encore Frey^ qui avait introduit les sacrifices

MTTHOLOGIB »M SCAmnNAYES. tv

hu|B€uiis. Odin perd son fils Baldér ( ttes deyÎM fitioÎ6 lui prédisent que , s'il petit époulier Kîndâ , {Hrinoesee de GrsÉ^kaland ou Rumé , <ét «lYoit un fibd'dlie , ce fils Tengora ki tfiort de Bttlder. Eti conséqaence , Odin demande et obtintit là maiû de la princesse^ et a délie un fils, nommé Boë. Saxo transplante à Byzance le siège des dieux, que l'Ynglinga-saga recule dans l'Asie, ' Ainsi , à cette époque , on cherchait un terrain historique pour y asseoir les mythes et les personnages qui avaient été des objets de vénération pour les Scandinaves. On humanisait alors, pour ainsi dire, les dieux, afin de leur ôter leur ancien crédit. Cependant , on n'osait encore les présenter comme de simples humains. On leur laissait la qualité de magiciens ; on les supposait instruits dans des sciences occultes, et on les douait de qualités surnaturelles. Sans cela, peut-être, leurs suppositions eussent été rejetées par le peuple. Devenu chrétien, on n'osait plus croire en Odin le dieu, puisque le christianisme n'admetlait qu'un seul dieu;

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mais on ne manquait pas aux principes religieux en croyant en Odin le magicien^ puisque la magie était une œuvre du démon; ainsi ^ on discréditait tout rAsgaard comme un enchante* ment diaboUque.

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