VI INTRODUCTION
boire et sans manger^ et , quoique sa fille vint s'enfermer avec lui, il n'en résolut pas moins de mourir. Cependant sa fille l'engagea , par se» touchantes prières, à composer quelques strophes sur le sujet de sa douleur, et c'est alors qu'Eigil composa le Sonar^torrei, ou « la perte du fils w , dont- il sera parlé dans un chapitre suivant*
Cette improvisation soulagea et calma le vieux Scalde ; il renonça au projet funeste qu'il avait conçu , et rentra dans le sein de sa famille.
UEigilssaga est, comme on voit, une page des douleurs d' un proscrit Scandinave. Dans ce roman sombre sont consignées peut-être beaucoup d'aventures réelles.
Un esprit tout différent règne dans la VUhina^ saga y contenant les aventures du roi Vilkia ou Filmer. Cette Saga ressemble aux romans français et allemands du moyen -âge. Elle se fonde, en effet, sur les chants allemands et sur ,les traditions orales des voyageurs saxons qui fré- .quenlaientles places maritimes du Nord, surtout
le. port de Bei^hen en Norwége. Elle commence
par rhktoire d*un roi Salomon, à Salerne; puis elle passe à son petit -fils Thîdrek ou Théodoric, de Berne ou Vérone. L'épisode de Yélund le Forgeron , que l'Ëdda a donné avec d'autres détails^ est intercalé pour amener son fils Vidga^ qui devient un des. champions d^ I^coûrdç Xliéodoric. Attila est amené aussi sur )a teè4e; On raconte son maria^ avec Grin^hilde^ qui exerce des arts magiques. Leé ayentures de Théodoric et de ses champions ressemble/it à celles desi héros peints dans les romans de chevalerie. Aussi cette Saga n'es^ que,du quatorzième siècle.
Un autt^e genre d'aventures fait le sujet de la JomsidUga -- saga ; elle nous entretient d'une assQciation.de pirates qui se réunirent dans le fort de Jomsbourg , pour aller ;. de làj exercer l^ur piraterie sur la mer« et qui.soU-^ mirent leur brigandage à des réglemens rigoureux. Mais cette 3aga n'est pas non plus d'une date; ancienne. Cependant on y trouve des mœurâ antiques; c'es,t ^ainsi qu'on y vojt
Cfnâ llfTftOMCtlOlf.
décritfin sâcriice humain ftiit à une miigideiiii#.
On pourrait citer une foule d'autres Sagas de dîvem nièclesi pour faire vmr combien Yimstgi* nation des Scandinares a été fertile dans Hn^ ▼ention d'avenlores^ et dans la peinture det mœurs des hommes du Nord. D antres tradition^ n'ont peut^tre pas été écrites; cependant ii est à présumer que celles qui plaisaient le fiuê dans le récit des conteurs se sont propagées aussi par récriture. Actuellement > la plupart sont imprimées, et cette richesse littéraire est sauTée à jamais de l'oubli*
Snorro Sturleson a recueilli , et rédigé peutêtre en partie > les Sagas historiques dés rois du Nord. C'est dans ce recueil que Ton trouve les annales des Yngliiigues^ qui remontent jusqu'à Odin; l'histoire d'Harald aux beaux chereux, celle des deqx rois Olaf , etc.
La Sturbmga-saga est aussi une relation historique 9 et une des plus étendues que les Mandais possèdent. Elle nous entretient des longues discussioxis des principales £amiUes de
riflande. Xm tnbu ou famille éts Starlangnet y jouait an i^le marquaat ; aussi est^-ca d'ella qae la Saga a pri» «on nom. Cas dinaensioni, doilt rhîntoira commence en 1 1 16 ^ ae prolon* gèrent pendant un sî^ele et demi , et finirent par amener la Mumbsion de Vile mus les rois de la Norwége. On attribue la Sturlungi^ 9ag^ à un neveu de Snorro, appelé Stuxle- Tbkordsen.
I^ Fatwikel0-ê0ga est une de ces relations idandaîse^ qui ne retracent que l'histoire d'une seule tribu ou famille. Ici> il s'agit d'une famille aorwégienne qui était allée s'établir^i avec tant d'autres norwégieos, dans l'Islande « où elle avait choisi pour sa demeure une vallée pai* nble , le Vatnsdal. La Sag^a noua introduit dans Imtérieur de cette famille isolée. L'histoira ne gagne rien à œ ^cUt, mais il nous présente une imege vive et vraie des mceurs islandaises M dixième siècle^ car c'eat dans une époque aussi reculée que vivait cette famille»
La littératui^ islandaisa aoft riche an eca
ci FNTRÔDUCtlON.
relations dé l'histoire des familles , cpiî manqucnl presque entièrement dans là littérature d'autres contrées. C'es»tque, dans la Scandinavie^ chaque grande famille formait un petit état qui se gouvernait lui-même, efn« se fondtâit point dans la communauté. La république islandaise n'était que l't^grégation de toutes ces tribus diverses. Ces relations presque biographiques ne sont pas à dédaigner pour l'histoire des mœurs.
C'est ainsi que la Saga d'Aron-Hiôrleif, peu importante dû reste , contient des détails sutla cour des rois de Norwége , et sur un divertissement qui y était usité , savoir , là course deS* chevaux. Lés chefs de tribus amenaient leurs plus beaux chevaux sous les ♦yeux du prince et de sa cour, et on les faisait courir deuk à deux. Le cheval qui fatiguait le plutôt son concurrent et -fournissait la plus longue cai** rière , était proclamé vainqueur. Quelquefois deux provinces faisaient courir ainsi leure chevaux, et attachaient de l'honneur k posséder les coursiers l'es plus vigoureux!. On trouve
8AOA8. «u
dans les Sagas une foule d'autres coutumes.
La dernière Saga qu'on ait publiée , celle des tles Faroer ' , nous fait voir^ dans cet Archipel^ des pirates semblables aux Noimands qui débarquaient en France y au dixième et au onzième siècle y c'est-à-dire audacieux , farouches et pillards ; des vengeances sanguinaires entre les chefs des assemblées populaires qui se tenaient tous les ans^ dans une des tles de l'Archipel , des marchands qui y faisaient le comnierce maritime , malgré la piraterie ; des formes de justice assez régulières , au milieu des actes de violence commis par les puissances; on y trouve l'importance attachée aloi^ aux songes y la croyance à la sorcellerie , aux revenans; enfin ^ la lutte acharnée contre le chiistianisme , qui pénétra pourtant dans l'Archipel des Farber , comme dans les autres contrées de la Scandinavie.
t Fœreyngorsaga f eu islandais, danois et allemand ; publiée par aafa et Mohaike. Copenhague , 1833 , in-S".
;MKaettMKassBss=s=ss=3eii