CXXIV INTRODUCTION
Voilà pourquoi aussi le langage mythologique était si familier aux Scaldes , qu ils remployaient sans cesse. Oe sont des métaphores continuelles que nous comprenons difficilement , si nous n'avons pas fait une étude profonde de la mythologie Scandinave y des Kenningar ou pa> raphraaes que nous fait connaître la jeune Edda.
Les vers des Scaldes étaient répétés partout , principalement quand ils flattaient le goût national. Ceux qui n'avaient pas le talent de la poésie les retenaient au moins. Les auteurs des Sagas en prose en citaient fréquemment des fragmens , et embellissaient leur .récit de chants entiers. C'est grâce à ces Sagas prosaïqueSi que plusieurs chants des anciens Scaldes se sont conservés. C'est ainsi que la NiaU^saga a inséré le chant des Valkyries, morceau que nous ne connaissons que par cette citation.
1/ Heri^arar-saga contient une pièce de vers, Gesspeki Heidrehs Konungs , « sagesse des énigmes du roi Heidric » , qui fait voir que les jeux
POÉSIE I8LAT9DAISB , SCALDES. cxxv
d'esprit amusaienl les Scandinaves j comme ils font encore l'amusement des peuples modernes. En voici un petit échantillon. L'h6te aveugle , reçu par le roi Heidric, lui propose cette énigme : « Je me rendais chez moi ; je voyais chemin sur chemin , des chemins au-dessus de moi y au-dessous , de tous les cÀtés. Roi Heidric , devine mon énigme. — Elle est facile à deviner ^ hôte aveugle ! répond le roi ; en voici la solution. Des oiseaux volaient au-dessus de toi , des poissons nageaient au-dessous » toi-même tu passais sur un pont. »
La Jomsi^iiinga-sitga , et d'autres compositions de ce genre, contiennent pareillement des fragmens précieux du génie poétique des anciens Scaldes.
D paraît que la satire était assez du goût des Islandais > et qu'ils chansonnaient , comme les modernes, les hommes vicieux ou ridicules ; mais ces ébullitions fugitives d*un esprit vindicatif se sont évanouies presque toutes avec les circonstances qui les avaient fait natire.
cxxyi INTRODUCTION.
Quelques Scaldes sont devenus les héros de Sagas particulières, et c'est dans ces relations que Ton trouve intercalées leurs principales compositions. C'est ainsi que la plupart des poésies de Gunnlaug-Ormstung, sont disséminées dans l'histoire de sa vie , où Ton a cité aussi les vers d'un autre Scalde , Rafn , fils d'Anund.
Quand le christianisme fut introduit dans le
Nord, les Scaldes ne perdirent pas tout de suite leur crédit. Les rois aimèrent encore à
être loués par les poètes , et les retinrent à leur cour. Cependant, à mesure que l'esprit de la religion chrétienne pénétra dans la masse de la nation , les allusions mythologiques devinrent plus rares. Plusieurs Scaldes même furent sincèrement pieux , abahdonnèrent les sujets de leurs chants, et composèrent des strophes en l'honneur de la Vierge et des saints.
Olaf-Hvita-Skalld , qui vécut à la cour de Valdemar , roi de Danemark , et qui eut la dignité de gouverneur, chanta les éloges de son
POÉSIE ISLilNDAlSEj SCitDES. cxxm
fûàttre et bien&iteur , et de saint Thorlak , de même que Markus , fils de Skegge , loua dans ses vers Eric le bon et Canut le saint*
Dans les chansons populaires des Danois , des Suédois et des habitans des iles Faroer , on retrouve beaucoup de traits des poésies des Scaldes ; il y en a qui ne sont probablement que des imitations libres d'anciens chants islandais.
Il reste à dire quelques mots de la versification de cette ancienne poésie.
On avait beaucoup d'espèces de vers, qui peuvent se réduire pourtant à trois; savoir : le Fomyrdcdagf le Drottquœdi et le Runhenda.
La première de ces espèces passe pour la plus ancienne ; c'est aussi celle dans laquelle sont composés les chants de l'Edda. Elle n'a ni rime ni assonnance, et consiste en vers de trois à six syllabes 9 qui^ si on les rapproche deux à deux, forment quelquefois de véritables hexamètres , ou des Slolas indiens. Le Fomjfrdalag est divisé ordinairement en strophes de huit vers , et la phrase se termine à chaque quatrième vers. Il y
CYXTrii INTRODUCTION.
a quelquefois une allitération entre le premier et le deuxième vers , ainsi qu'entre le quatrième et le cinquième , comme dans un* très vieux mètre des Finnois.
La deuxième espèce de poésie , le Drottqucedi^ s'employait pour chanter les héros et les rois , en strophes de huit vers. C'était Tespèce la mieux récompensée ^ à laquelle les Scaldes devaient par conséquent s'appliquer avec soin.
Aussi a>t-elle plus d'ornemens de convenlioa que la précédente , tels que les rimes finales et initiales y et les assonnances. Ce que nous possédons dans ce genre date, d'ailleurs, d'un temps où le mécanisme de la poésie était plus perfectionné; ce n'est plus ce langage rude et imparfait dont l'Edda nous a conservé des échantillons.
' Le Runhenda , enfin, est la poésie populaire , le chant qui égaie et distrait la multitude» La rime introduite dans le Nord, au ipilteu du douzième siècle, y est toujours employée ; aussi les appelait-on rimur. Les refrains y
POÉSIE IfiLABiBiiiB^ SQALDES. c«xa
jouent un grand râl8, et le mécanisme trahit plus d'art et de recherche qu'on ne devait l'attendre de chansons abandonnées au peuple^
On remarque que les chants les plus longs des Islandais n'excèdent pas ceux des rapsodes grecm^ si l'on peut considérer les livres de l'Iliade eoinme des chants de rapsodes. Il y efi a beaucoup qui ont moins d'étendue ; quelques* uns se réduisent à une ou dçux strophes , et ressemblent aux épigrammes des anciens Grecs.
La langue islandaise donnait à l'accent métrique une certaine énergie, et au mètre général un caractère particulier. Cette langue a beaucoup de mots d'une et de deux syllabes; ces mots sont aussi ceux que les poètes ont le plus employés. Il y a des poésies où l'on trouve à peine un mot de trois syllabes. Cette uniformité dans la longueur des mots donne quelque chose de monotone à la marche de la poésie. £n islandais , l'accent tombé habituellement sur la première syllabe des mots , tandis que la seconde est souvent sourde et sans importance. De là I. ' Q*
tixxx INTEODITCTKm.
vient que lés anciens isfkndais ont cherché à produire une espèce de rime dans les premières sjrllabes des mots; de là les assonnances et les allitérations qui étaient pour les Scaldes plus impoitantes que les rimes finales. Les allitérations surtout étaie|it une des beautés conventionnelles de leur poésiç. L'art avait introduit, à cet égard,- des règles qu'on ne trouve guère dans dWtres littératures, etqui,par conséquent, sont particulières à la poésie Scandinave. Ainsi^ dans deux vers successifs, on répétait volontiers tirois
fois la même consonne initiale , comme on le voit dans la strophe suivante , qui fait partie du chant Atlamal dans YEdda :
Meimsm gœris thu ZTavgiii
Hjgào at rathom.
JFar eryàll-ryninn
Far tu i sinn annat Reih ek thaer mnar
£r reist thin systir.
Biœrt hefir ther aigî
Bo//iit i sinn ihettei i .
6e que le» éditeui» de TEdda tnduuenl ainsi : Domo abire decrevisti , Hoegui !
Anime considerare decretum ;
On voit que, dans les premiers vers» c'est le H; dans les deux suivants^ le p; dans le troisième distique » le a , et dans le quatrième ^ le th , qui se répètent et font l'allitération. Cette répétition de consonnes au commencement des mots, causait un choc de sons qui plaisait à l'oreille des Scandinaves, et leur tenait lieu de cette harmonie qui fait en poésie le charme des peuples méridionaux. Quand les vers étaient courts , on se bornait à une répétition simple ; mais toujours en fallait-îl une, pour que l'oreille fÙt satisfaite. Il se peut que, chantée et accompagnée de quelque instrument de musique, cette allitération ait réellementeuquelquechosed'agréable. Au reste, die n'est pas plus étrange que nos rimes finales
qui ne sont également qu'une beauté conventionnelle et qui n'était pas inconnue aux Scan-
Paiwn sunt perfecte prudentes lia viee altéra {Sens obscur)»
InteTpretabar ego litteras QiMs tua soror acnlpsit, Candida ilta te neutiquam Uàc vice ad ae invitayi!.
a«zn DfTROOVCTIOir.
dinaVes; mais, comme il a été dit, ils y attachaient moins d'importance qu'à la succession des con^ aonnes identiques^ soit au commencement de plusieurs yets , soit dans un seul vers , toit enfin dans deux rers successifs.
CBAPITKE V
nutif0.
Q est assez lingulier que , dans Tislandais , ainsi que dans l'arabe , le mot Rima signifie magie. Au reste , le mot n'était pas islandais seulement ; les langues germaniques l'ayaient aussi. Il en est de même de Pécriture que Ton désigne parliculièrement sous le nom de Runes : les Scandinaves n'étaietft pas la seule nation qui s'en servit; les Germains^ les Anglo-Saxoàs en avaient également^ quoique différentes un peu des runes Scandinaves. H en existe encore de différentes espèces ; mais nous n'avons à nous occuper ici que des runes Scandinaves.
CICXXIV INTRODUCTION.
Quelle en était l'origine ? de quel peuplç les Scandinaves les tenaient-ils; ou bien, les avaientils inventées eux-mêmes? Quel usage en foisait-^ on ? Voilà les questions qu'il s'agit de résoudre^ et qui ne sont pas sans intérêt pour Thistoire de la civilisation. Un peuple qui invente une écriture et qui s'en sert pour transmettre ses pensées à la postérité , rend un service éminent à la civilisation ; nVût-il pas laissé d'autres nionumens, son invention en serait un.
:Au premier aspect, on est frappé deJa simplicité dç l'alphabet runique ; une barre verticale^ avec. des bâfres transversales > a formé les seize lettres de cet alphabet. Il a donc très peu de lignes courbes. Aussi > . les lettres s'appellent-elles baguettes, dans les langues du Nord. Une autre remarque 5 qui ^ . au premier aspect des runes , se présente à l'espiît , surtout de ceux qui connaissent les langues orientales^ c'est la ressemblance entre les rune» et \e^ caractères de ^'alphabet phéaicien , qui ne compte également que seize lettres. Il semble
EVNBS. Cixxv
que cette reasemblance soit ua trait de lumière pour éclaircir l'origine de l'alphabet Scandinave. On n'a pas manqué^ en eflet» d'attribuer à l'Orient l'invention des runes; mais nous ne connaissons pas dé Cadnàus qui ait transporté Talphabet de l'Orient sur les bords de la mer Baltique. On en a fait honneur, à la vérité^ à Odin ; mais il faut se perdre alors dans les traditions mythologiques , qui ne sont pas une base bien sûre pour y asseoir les faits de l'histoire. .
Les noms des runes sont Scandinaves, et ont une signification ; quelques - uns sortent des noms de dieux; peut-être avaient-ils d'abord tous des noms aussi imposans ; mais , dans la suite , la plupart reçurent des noms d'objets matériels , « thurs » géant , « sol » soleil , « htigl • grêle , « û » glace , « Icegr » mer. Ces dénomina* tions 9 dont les exemples ne sont pas rares non plus dans les langues asiatiques , faisaient que chaque rune pouvait être considérée comme un hiéroglyphe^ comme un signe renfermant un sens
cxxxn INTRODUCTION.
Caché ; et Irôilà ce qui expliqué comment les runes servirent à des combinaisons mystiques , comme Ofti fit à Végàrd des caractères hébraïque» et d'autres langues. L'imp erfectiôn de cette écriture la rendait, d'aillelirs, obscure et ambiguë ; plusieurs lettres diverses ne pouvaient être exprimées qup par le même signe 5 il y a des voyelles pour lesquelles les signes manquaient. Aussi ^ dans la suite, suppléa-t-on au défaut de l'alphabet primitif, en ajoutant quatre signes nouveaux, ou plutôt en prenant des caractères de l'ancien alphabet^ mais en leur donnant une signification nouvelle , par le moyen de points ajoutés.
Il y a de vieux dictons islandais sur les seize runes antiques. Par exemple , pour ie b , « hîari » : le bouleau est Fornement des forêts ; pour le i, « £$ » : la glace est le plus large des ponts ; pour le s , « sol » : le soleil est le bouclier des nuages; pour le 1 « IcBgr » : la mer est la ceinture des terres, etc.
Si Ton pouvait déterminer Tépoque où l'on
a ùùmtnètÈté de êe servir de cette écriture > on aurait fixé le commencemeiil d'une époque dans 1-histoire de la civilisation du Nord; mai»' nous n'avons pas de données positives pour établir ce fait. Il est certain que l'on connaissait les runes du temps du paganisme , qui s'est prolongé, pour le Nord Jusqu'au neufou dixième siècle. Quelques monmnens runiques ont été feits sous les auspices des divinités de la religion d'Odin ^ et en font mention. D n'est pas moins certain que Ton continua de s'en servir lorsque le christianisme eut été introduit , car le Christ et les saints figurent aussi sur plusieurs monumens runiques , particulièrement dans les inscriptions sépulcrales faites dans ces caractères. - '
Gepeïidant , quand le clergé eut introduit fes caractères latins , les runes tombèrent en dis*crédit^ surtout k cause des idées superstitieuses que le peuple y attachait. On les proscrivit^ comme des signés magiques.. Il fut défendu de s'en ^rvir ; le fanatisme détruisit les mo-
aaaana INTRODUCTION.
numens runiques, et il faut regarder comme un bonheur qii*un millier de pierred runique» &it échappé U cette, destruction générale.
Il n'est pas aussi aisé de déitaçiner des usages populaires que de renverser et briser des monumens. On avait commencé k faire des calen^ driers en caractères runiques, sur des baguette^ ou lattes. Cet usage se continua , dans le Nord, jusqu'au dix-septième siècle. On accorda focrt bien les signes runiques et les noms des saints , malgré Tanathème prononcé par le clergé , et chaque cabane consultait son almanach de la Êiçon tifitique. On n'écrivait point les rune» sur le papier ou sur le parchemin ; du moins ^ on n'a presque point de monumens de ce genre, et il n'en est pas fait mention dans les traditions et les relations que nous avons du temps oii les runes étaient en usage; mais on les gravait sur le bois pu la pierre, çu l'airain. Une lettre , un message^ des sentences, la chronologie, se gravaient sur des morceaux de. bois ronds, carrés ou h^agones, ou sur des
RUHBS. cxjunx
tablettes. On inscrivait des runes snr des boucliers f sur des cornets à boire, snr des fourreaux d'épéCj même sur des quenouilles. Plusieurs longues inscriptions runiques furent exécutées sur la surface des roches de granité gris qui traversent la Suède et la Norvège ; une foule d'autres couvrent des pierres détachées , sur* tout dans la Suède. C'est dans la province d*Uplande que Ton a trouvé le jdus de ces pierres; étant pour la plupart tumulaires, elles mentionnent le nom des individus à qui elles ont été érigées; d'autres ont été élevées en commémoration de quelque événement qui inléi*e9sait une personne ou une famille.
Sur ces pierres détachées, les runes sont inscrites entre deux lignes parallèles , tantdt droites , mais le plus souvent courbées , et quelquefois entrelacées, de manière k rendre la lecture des inscriptions très difficile. Ces nœuds runiques étaient apparemment un effet de l'habileté des sculpteurs , dont quelquesuns ont. transmis Içur nom à U postérité;
0X& INTROD0«TI(Sr.
C'était un art ^ chez les Scandinaves^ d'inscrire des runes et de les entrelacer.
C'en était un plus grand encore ^ de les employer à la magie , car le Tulgaire se persuadait aisément qu'à l'aide de ces caractères mystérieux , portant en partie des noms divins, il était poasible d'atteindre un but quelconque. Ceux qui les lisaient et les composaient , cher* chaient eux«-mémes à accréditer l'idée d'une sâence occulte qu'ils possédaient , et dont ils gardaient le secret. C'était leur intérêt. D passait donc pour constant, qa'à l'aide des runes on conjurait les tempêtes et les flots, on enlevait ou donnait des maladies^ on gagnait ou perdait l'affection des personnes.
Mais^ pour opérer tant d'eflets surnaturels, ii fallait être initié dans les mystères des mne.in.giqo.8, qui différaient quelquefois d«. runes ordinaires. C'est ainsi que le scalde Eigil , dans la Saga qui porte son nom , plape des runes magiques sous 1 oreiller d'Helga, en disant : « cpie personne ne taille des aunes , s'fl
AITO». C3tU
lie sait les interpréter ; il arrive souvent que Finterprète est arrêté par une lettre obscure. J'ai vu dix signes secrets légèrement gravés aur les os polis du poisson ; ce sont ceux-là qui ont rendu la jeune fille malade. » Le maladbroit qui avait gravé ces runes sur Fos d'un poisson^ pour s'attirer Taffection d'Helgâ , avait manqué ses caractères : au lien de rendre amoureux l'objet de son affection, il Tavait rendue malade.
n parait que les runes employées pour un usage magique exprimaient des sentehces dans la manière des anciens oracles^ c'est-à-dire brèves et obscures , ou des prières rédigées avec la même concision. Les formules variaient «livimt le but qu'on voulait atteindre. Il y en avait pour la victoire , l'amour , la navi*gation^ etc.; et^ tandis que les runes donnaient du bonheur à la personne qui le^ sollicitait ) 4'autrea attiraient le contraire à celles contre lesquelles on invoquait cette magie^
Un cluml particulier de TEdda , intitulé :
. cxui INTRODUCTION.
« Runakéjpiilar » , chapitre runicjué^ est destiné à exprimer le pouvcnr d'Odin de faire des chants magiques. Voilà pourquoi le clergé travailla avec tant de zèle , après l'inlroduction du christianisme ^ à la destruction des runes et de Tusage superstitieux que Ton an fabait. On ne pouvait être bon chrétien , en ajoutant quelque croyance à ce que Ton disait des vertus magiques des runes. D'ailleurs^ ces caractères payens devaient être proscrits, par cela seul qu'Odin s'en était servi , al qu'on les avait employés à propager l'odinisme. A quoi bon , d ailleurs^ cet alphabet incomplet , tandis que les missionnaires en apportaient un plus parfait, dont l'église catholique se servait généralement pour transmettre ses dogmes et ses instruo^iojois aux fidèles ? Les runes disparurent donc peu à peu , et on n'en parla plus , dans la suite » que comme des signes magiques propres à évoquer le diable , ou à commettre des maléfices. L'hist totre et la poésie ne s'en servirent point, et rareittént on en a fait usage dans récriture.
CHAPITBE VI.