EOIS DE LA MER
même , imitateurs en cela de ces vieux Saxons dont ils devaient un jour triompher, ilss'embarquaient pendant Forage, certains d'arriver à rimproviste , et voguaient joyeusement vers le pillage sous la protection des tempêtes '.
Tous les rois de la mer étaient pirates, mais tous les chefs de pirates n'étaient pas rois de la mer; ce titre n'appartenait qu'aux enfans des souverains du sol *.
^Rivaliser de force et d'agilité, gravir lestement les rochers escarpés, courir sur le bord étroit d'un esquif, sauter légèrement d'une rame sur l'autre , en suivant le mouvement régulier des rameurs , lancer à l'ennemi deux javelots à la fois , se battre des deux mains avec une égale dextérité ^ traverser un bras de mer
' « Ad hoc exercent iUos Daufragia , non terrent. Est eisqaaedam cum discriminibus pelagi non notitia solùm, sed familiaritas. Nam qneniam ipsa , si qua tempestas est > hiiic seeuros efflcit ooca-
pandos , hinc prospici vetat occupataros » ApoUinaris SIdo-
nii , epist. 6 , lib. 8, Pansiis , Cramoisy, ttbii , p. 323.
" a Ad copias atque naves ducendas accedentem Olafiim comités titulo régis omarunt , ferente ita receptA consaetudine , ut copiarum duces , piraticam obeuntes , si regibus orti essent , ipsi mox reges salutarentur , quamvis regno terrisque essent destituti. » Saga af Olaft Hinomelga. — Heimskringla , t. ii , p. 3. ^ Heimskringla , t. i , p. 290 — 291 .
ROIS DK LA MER. 3g
à la nage , dompter un coursier rebelle , Tenfburcher à toutes les allures', boire de la bière dans le crâne de son ennemi * : tek étaient les jeux du pirate , à qui la mort ne pouvait arracher qu'un sourire S pour qui la bataille sanglante avait tous les charmes d'une jeune épouse dans tout l'éclat de sa beauté ^.
H nous est parvenu , sur la férocité de quelques pirates, d'anciens récits qui pourraient nous trouver incrédules , si les faits ne paraissaient^ d'ailleurs, suffisamment établis. Gomme s'ils eussent appréhendé que leur énergie natu-
* «...Tolutim incedere et suhsuUim... uHeimBkringla , 1. 1» p. 37.
* Lodbrokar-Quida , stroph. 25. — Je dois dire » cependant, que M. Film Magnusea, an rapport de M. Depping, {Joum, des Savans , de jwiviflr 1619, p. 49 % combat l'opinioB de oenx qni font boire les Scandinaves dans les crânes de leurs ennemis, te savant danois affirme qu'il ne s'agit que de vases de corne. Si pourtant Lodbrok est Tauteur du chant qu'on lui attribue, ou même si ce chant est à pea près du temps de Lodbrok , c'est-à-dire vers la fin du huitième siècle ou du commencement du neuvième, il serait difficile de ne pa» adopter le renseignement , puisque le texte porte :
Dreokom biôr at bngtbi Or bing-Tithom hansa.
Bibemiu cerevisiam hoc momento Ex profondis craniis.
i^oyez Grania pueromm, etc. , Ssemnnd , t. ii. , p. 17 , 470. ' Lodbrokar, stroph. 29.
^ Ibid. , stroph. 13.