FÉROCITÉ DES PIRATES
relie les servît mal dans le combat^ ils appelaient à leur aide une sorte de rage artificielle ,
en s'enivrant de boissons spiriliiéuses. Alors , ils s'abandonnaient à d'effroyables contorsions, essayaient de briser leurs boucliers avec les dents y mettaient dans leur bouche des tisons enflammés, et ne se calmaient qu'à la vue du sang qu'ils avaient pu répandre*; d'autant plus terribles dans leur frénésie , qu'une pensée religieuse les poussait peut-être à ces actes de délire , et qu'ils se faisaient furieux et fanatiques^ au souvenir de leur prophète ' .
On en a vu se désaltérer avec du sang , et se nourrir de la chair crue des troupeaux^. D'autres, que je ne sais de quel nom appeler, inventaient, pour les hommes, des supplices non moins cruels que bizarres , traînaient les femmes par les cheveux , pour les forcer à livrer des tré-
' « ... .Ore toryum infremere, scuta morsibus attrectare , torridas fauce prunas assumere, etc. » Saxo Grammaticus , Hist. dan., lib. 7.
* « Versant! (Odino) inter arma, faciès erat adc6 torva , ut inir micis terrorem injiceret. » Ynglinga Saga, ap. Snoire, t. i , cap. 6. — Voyez aussi Edda Ssemundina , pars 3, p. 137, HaTniaey 1&28.
' Edda Ssemundina , pars 2 , p. 90.