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Seigneur que celle du roi : c'est pourquoi il refusa de donner son adhésion à Tinjuste dégradation d'ÂrnouK Il blâma même autant qu'il dépendait de lui la conduite de ce monarque. Aussi la colère du roi fut-elle à son comble, et marcha-t-il avec plus d'ardeur au but téméraire qu'il s'était proposé ; toutefois d'autres évêques, malgré eux à la vérité , prononcèrent la dégradation d'Arnoul , par la crainte qu'ils avaient du roi, et remplacèrent ce prélat par Gerbert, moine et philosophe qui avait été gouverneur du roi Robert. Ainsi, d'après les ordres de Hugues , Arnoul fut déposé et chassé de Rheims avec un grand outrage , de l'église de la bienheureuse Marie mère de Dieu. Il fut jeté dans les fers à Orléans pendant trois ans. Le pape eut bientôt connaissance de ces choses : vivement indigné de ce qui s'était passé, il lança l'interdiction sur tous les évêques qui avaient déposé Arnoul et mis Gerbert à sa place. Il envoya en France Léon, abbé, comme délégué du Saint-Siège , afin qu'il régularisât les ordinations qui n'étaient pas canoniques. Ce légat commença par aller trouver Sévin à Sens , et lui communiqua les ordres du Saint-Siège , d'après lesquels un nouveau concile fut convoqué à Rheims. C'est là que l'archevêque Arnoul fut rappelé de prison et rétabli dans son archevêché avec de grands honneurs. L'altercation du prélat Gerbert et de l'abbé Léon rendit de grands services , et tient une place distinguée dans l'histoire des archevêques de Rheims. Gerbert était très-savant dans les lettres divines et séculières, et justement célèbre dans l'école qu'il tenait; il eut plusieurs disciples fort illustres, tels que le roi Robert , Leothéric archevêque de Sens , Rémi prélat
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li'ÀuteFre, Haîmond, Hubold, elplusieups autres personnages distingués dans la catégorie des philosophes, Rémi a publié une excellente exposition sur la messe -et éclairci l'ouTrage devenu ainsi plus utile du grammairien Donat. Haimond a mérité beaucoup d'éloges pour son explication des épîtres de Tapôtre saint Paul, et pour plusieurs traités spirituels sur les Evangiles et diverses parties des Saintes Ecritures. Quant à Hubold , savant dans la musique, il fit retçntir les églises des louanges du Créateur, et chanta avec mélodie la Sainte-Trioité^ il composa en outre, sur Dieu et ses saints, un grand nombre de morceaux de chants remplis de charme. Outre les élèves de Gerbert dont nous avons parlé, il en forma plusieurs autres qui, par leurs connaissances variées , rendirent par la suite les plus grands services à l'Eglise de Dieu. Déposé du trône archiépiscopal de Rheims qu'il avait usurpé injustement, il quitta la France avec aiitant de honte que de dépit, et se rendit auprès de l'empereur Othon , par lequel, ainsi que par le peuple de Ravenne,, il fut promu à l'archevêché de cette ville. Quelques années après, .il fut élevé sous le nom de Silvestre au siège apostolique l'an 999 de l'incarnation du Seigneur. On rapporte que pendant que Gerbert était à la tête d'une école , il eut un entretien avec le diable , et lui demanda ce qui devait lui. arriver par la suite ^ le malin esprit lui fit entendre sa réponse par ce vers dont le sens était ambigu :
Transit ab R Gerherius ad R , post papa regens R,
Cet oracle de l'infernal caméléon fut alors trop obscur pour être compris. Cependant , par la suite,
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nous voyons évidemment qu'il reçut son accottipUs* sèment , puisque Gerbert passa du siëge de Rheims à celui de Ravenne et finit par devenir pape à Rome.
L'an de Tincarnation looa l'empereur Othon mourut , et eut pour successeur Henri ii. Ensuite , en 10^4 > l'auguste Gonon (Conrad) devint empereur. L'an 3 de son règne , Richard ii , duc de Normandie, vint à mourir. Son zèle pour la religion lui mérita le nom glorieux de père des moines.
Alors, pendant le règne d'Edelred fils d'Edgar, il arriva en Angleterre beaucoup de calamités. Suénon, roi des Danois, envahit l'Angleterre où il débarqua avec une flotte considérable. La défection des Anglais , qui se soumirent à lui , força Edelred à fuir en Normandie avec sa femme et ses enfans. Emma, qu'il avait épousée, était sœur de Richard, fils de Gunnor et duc de Normandie , et de Robert , archevêque de Rouen. Peu après , le roi Suénon , qui était païen , fut tué par saint (Idmond , roi et martyr , et son corps embaumé fut renvoyé en Danemarck. Les Danois étaient encore païens : ils furent effrayés de la mort de leur féroce monarque , dont le corps ne put être inhumé sur le sol d'Angleterre. Cependant le roi Edelred , ayant appris la mort de Suénon ^ rentra aussitôt dans son pays natal; et par ses pa« rôles comme par ses^ promesses j ramena à lui ceux qui l'avaient abandonné , et les engagea à le défendre mieux qu'ils n'avaient fait auparavant contre les ennemis qui pourraient l'attaquer. Chunut( Canut), fils de Suénon , fut violemment indigné de la fuite de ses troupes et du lâche abandon qu'elles avaient fait du noble royaume d'Angleterre , déjà soumis à leurs
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armes. Il fit équiper une flotte, et, secondé par Lacman , roi des Suèves , et par Okiis , roi des Norwégiens , il passa en Angleterre et mit le siëge devant Londres. Alors le roi Edelred y était malade et y mourut. Edmond , son fils, surnomma Ironside, cîest* à-dire, côte de fer , fut nommé roi. Les Anglais et les Danois en vinrent souvent aux mains \ et, comme la chance des combats fit varier la victoire , il y eut de part et d'autre une grande effusion de sang. Enfin , par l'intervention d'hommes habiles et prudens , les deux princes conclurent un traité de paix bien nécessaire à leurs peuples. Chunut se fit chrétien. Il épousa >Emma, veuve du roi Edelred , et obtint la moitié du royaume. Il eut de cette princesse Hardechunut , qui devint roi des Anglais , et Gunnilde qui épousa l'empereur Henri. ^
A l'instigation de Satan qui ne se lasse pas de chercher tous les moyens da. troubler mortellement le genre humain , le roi Edmond périt sept ans après par les embûches du cruel Ederic Stréone. Chunut obtint la possession de toute l'Angleterre qu'il posséda jusqu'à sa mort. 11 relégua en Danemarck Edouard et Edmond , fils d'Edmond ii , princes remplis de grâces et d'agrémens , et recommanda à Suénon , roi de Danemarck , son frère , de les faire périr -, mais ce prince ne voulut pas livrer injustement à la mort ces enfans d'une belle espérance, et d'ailleurs innocens. L'occasion s'en étant présentée , il les remit ; comme ses neveux , en otage au roi des Huns. C'est là que mourut d'une manière prématurée le jeune Edmond. Quant à Edouard , par la permission de Dieu, il épousa la fille du roi, et régna sur les Huns. U eut
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poar enfans Edgar, Adelin et Marguerite qui fut à fa fois reine d'Ecosse et religieuse chrétienne. Edouard ^ fils du roi Edeired , étant rentré dans les droits de son père, fit venir ces enfans , et , comme les siens propres , les éleva en Angleterre avec beaucoup de bonté. L'an io3i de Tincarnation du Sauveur, Robert, roi des Français , mourut , et son fils Henri monta sur le trône et régna vingt-neuf ans. Avec le secours de Robert, duc de Normandie, et des armées normandes, il déjoua les entreprises criminelles de la reine Constance , de Robert , son frère puîné , et de quelques autres Français qui avaient pris parti contre lui. L'an 5 de son règne , Robert , duc de Normandie , mourut le jour des calendes de juillet (i*^ juillet), auprès de Nicée , ville de Bithynie , à son retour d'un pèlerinage qu'il avait entrepris à Jérusalem.
Guillaume-le-Bâtard son fils, âgé de huit ans, fut son successeur , et gouverna habilement pendant cinquante années. Dans son enfance, les Normands, tourmentés d'une double inquiétude , se révoltèrent contre lui, et , dans une longue guerre civile, firent un grand carnage tant des nobles que du peuple. Gislebert, comte de Brionne, Osbern, sénéchal de Normandie, Vauquelin de Ferrières , Hugues de Montfort, Roger d'Epagne , Robert de Gronteménil, Turquetil, gouverneur du jeune duc, et plusieurs autres seigneurs périrent sous les coups qu'ils se portèrent mutuellement.
Gui , fils de Renaud , duc de Bourgogne , et d'une fille de Richard u , pourvu d'un comté par Guillaume, prit les armes contre lui , et, à force de promesses, séduisit quelques Normands disposés à la trahison.
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S'ëtant réuni à ses complices , Gui fit tous ses efforts pour priver le duc de son duché. Fortement pressé par eux, le jeune prince vola aussitôt à Poissi, s'y jeta aux pieds de Henri , roi de France , et lui demanda des secours contre les grands de ses Etats , et contre ses propres parens qui l'avaient trahi. Henri, prince généreux, touché de la désolation du jeune homme , réunit l'élite des troupes françaises , et marcha enNeustrie au secours du jeune duc.
L'an 1039 de l'incarnation du Sauveur , l'empereur Conrad mourut. Son successeur et son fils Henri régna dix-sept ans. L'an 4 ^^ ^^^ règne , l'humanité fut affligée d'une grande mortalité.
L'an io47 ^® l'incarnation du Sauveur, on livra une bataiUe sanglante au val des Dunes. Là Gui , accablé par le roi Henri et le duc Guillaume , fut battu à plate couture et forcé de quitter la partie avec les siens , poursuivi par la honte , et ayant souffert les plus grandes pertes. Dans ce même temps , Brunon , évéque de Toul , se rendit à Rome en qualité d'ambassadeur des Lorrains. Pendant son voyage, une certaine nuit qu'il était en prières , il entendit les anges qui chantaient ce qui suit : « Le Seigneur l'a dit , je « suis occupé de pensées de paix et non d'affliction.»
Cependant Brunon s'étant rendu auprès du pape Damase , fut reçu honorablement par ce pontife , et, dans un conclave , fut nommé cardinal évéque. C'était un homme beau et libéral, sage et éloquent, et orné d'un grand nombre de vertus. La même année , Damase mourut *, et , sous le nom de Léon , Brurxon fut élu à sa place. 11 fit tous ses efforts pour rassembler les décisions des saints canons qui étaient tombés en
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désuétude dans les temps passés , par la négligence des rois et des pontifes, et qui même s'étaient presque perdus dans la mémoire des hommes. En io5o, il tint un concile très-important à Rheims , y traila de la chasteté et de la justice qui devaient distinguer les ministres de Dieu , et renouvela plusieurs décrets nécessaires qui étaient méconnus par les prélats et les prêtres. Ce fut alors que, secondé par Hérimart, abbé, le jour des calendes d'octobre ( i" octobre), il fit la dédicace de Téglise de saint Rémi, archevêque de Rlieims, et opéra la translation du corps de ce saint prélat, dont la solennité est célébrée en France le premier octobre de chaque année.
L'année suivante, le monastère d'Ouche de Saint- Evroul fut restauré par Guillaume fils , de Giroie, et par ses neveux, Hugues de Grenteménil et Robert son frère : le vénérable Thierri , moine de Jumiège, en fut le premier abbé.
Dans ces temps, une animosité violente > et une intarissable source de guerres s'élevèrent entre le roi des Français et le duc des Normands. Guillaume d'Arques, oncle du duc, prit les armes contre lui, et par le conseil de Maugcr son frère , archevêque de Rouen, réclama Talliance du roi Henri. Aussitôt le généreux duc î\lla mettre le siège devant Arques ; et, marchant au-devant d'Engelran, comte de Ponthieu, qui voulait se jiîter dans la pface , tua ce seigneur. Après la prise d'Arqués , Guillaume déshérita son oncle et fit dégrader Manger, auteur de ces dissensions. Le roi de France frémit de fureur à ces nouvelles, et, en io54, pénétra avec une nombreuse armée dans le terrîtoixe d'£vreux , tandis qu'il faisait marcher son frère
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Eudes au-delà de la Seine avec de grandes forces sur le Beauvaisis. Dans ces circonstances, le duc Guillaume, à la tête d'une puissante armée, marcha sur les flancs du roi, tandis qu'il avait envoyé contre Eudes la cavalerie des Cauchois sous les ordres de Robert, comte d'Eu , et de Roger de Mortemer.
Arrivés en présence des Français, ils leur livrèrent Bataille à Mortemer, et les mirent en déroute à la suite d'un grand carnage où les deux partis firent de grandes pertes. Gui, comte de Ponthieu, qui était venu pour venger la mort de son frère , fut fait prisonnier. Les Normands , au comble de la joie , s'empressèrent d'annoncer cette bonne nouvelle à leur duc. Le roi de France, apprenant que ses troupes avient lâché pied devant les Normands, fut enflammé de colère, et, passant soudain à la tristesse , se retira dé son côté. Quelque temps après , les amis de la paix s'employèrent dignement pour la ramener entre les princes divisés -y Gui et quelques autres prisonniers furent rendus , et les deux souverains ayant par un traité mis fin à la guerre , leurs sujets furent au comble de la joie.
L'an mil soixante de rincarnalion du Sauveur, Henri, roi des Français, mourut, et son fils Philippe qui lui succéda , tint le sceptre de la France pendant quarantesept ans-, la sixième année de son règne, Edouard , fils d'Edelred , roi des Anglais , quitta cette vie. A sa mort , Harold, fils de Godwin, s^empara de la couronne d'Angleterre. L'année suivante on fut témoin de l'apparition d'une comète. Guillaume , duc des Normands , traversa la mer > et dans une bataille qu'il livra le ^ des ides d'octobre ( i4 octobre ) , conquit sur Harold, qui 7 périt y le loyaume de la Grande-Bretagne. Le
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jour même de la naissance du Sauveur il prit le sceptre royal , et le tint pendant vingt ans et huit mois. De son temps , la sainte Eglise reçut de grands biens et de grands honneurs, confiée à la direction de personnages bons et religieux. Alors Maurile , Jean et Guillaume occupèrent la métropole de Rouen , Lanfranc celle de Cantorbéry, Thomas celle d'York-, les monastères et les ëvêchés furent confiés à des Pères et à des maîtres dignes de les occuper.
L'an de l'incarnation mil (juatre-vingt-sept , le roi Guillaume mourut. Son fils , Guillaume-le-Roux , régna douze ans et dix mois.
Vers cette époque , en logS , le pape Urbain tint un concile nombreux à Clern^iont, et y proposa aux Chrétiens de marcher à Jérusalem contre les Païens : une grande sécheresse , une famine affreuse et une mortalité excessive affligèrent l'humanité à cette époque.
L'an de l'Incarnation mil quatre-vingt-dix-neuf, Jérusalem fut prise par les saints pèlerins sur les nations vaincues qui l'avaient long-temps occupée. Alors mourut le pape Urbain , et Pascal lui succéda.
L'année suivante , Guillaume-le-Roux , roi des Anglais , fut tué à la chasse d'un coup de flèche. Son frère Henri lui succéda , et régna trente-cinq ans et quatre mois. Ce fut l'an sept de son règne qu'il gagna la bataille de Tinchebrai , où il fit prisonnier son frère Robert , duc des Normands , et conquit tout le duché. Alors l'empereur Henri mourut le 7 des ides d'août ( 7 août ) , et Charles Henri son fils lui succéda. Trois ans après , Philippe , roi des Français , mourut , et Louis Thibaut ( Louis-le-Gros ) lui succéda , et a déjà régné vingt-neuf ans. L'année suivante , Anselme ,
archevêque de Cantorbéry , et Hugues abbé de Cluni , quittèrent cette vie 5 peu après , Guillaume , archeque de Rouen , venant à mourir, suivit ces prélats. A cette époque , pendant trois ans , la France éprouva une horrible famine, et un grand nombre de gens eurent à souifrir du feu sacré.
L'an mil cent dix-huit de l'incarnation du Seigneur, la veille de sa nativité , le vent excita en Occident de violentes tempêtes : plusieurs grands édifices et les arbres des forêts en furent renversés. L'année suivante la guerre ayant eu lieu entre Henri roi d'Angleterre et Louis roi de France , les deux armées en vinrent aux mains à Breneval , le 1 3 des calendes de septembre ( 20 août ) -, l'armée française y fut mise en déroute par les Anglais et les Normands qui remportèrent la victoire. La même année , le pape Callixte 11 assembla un grand concile d'évêques à Rheims , et travailla de toutes ses forces à rétablir la paix entre les princes divisés. Enfin la concorde ayant réuni les deux monarques, le roi d'Angleterre retournant dans ses Etats, Guillaume et Richard ses fils périrent dans un naufrage le 7 des calendes de décembre ( aS novembre), avec un grand nombre de personnages distingués de divers pays.
L'an du Seigneur mil cent vingt- trois, Amauri comte d'Évreux, et Galeran comte de Meulan s'étant révoltés avec quelques autres seigneurs normands , le roi Henri assiégea, prit et brûla les villes de leur domination, Montfort, Brionne et Pont-Audemer. Après avoir éprouvé plusieurs pertes notables , le comte Galeran fut pris dans un combat avec quatrevingt de ses partisans , et fut pendant cinq ans retenu
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en prison par Henri, auquel il avait eu les plus grandes obligations, et contre lequel il avait euTinsolence de prendre les armes.
L'an du Seigneur mil cent vingt-cinq, il se fit un grand changement dans l'état des princes : Fempereur Charles Henri v vint à mourir , et eut pour successeur dans l'empire Lothaire , duc des Saxons ; Guillaume duc de Poitiers et Guillaume duc de la PouiUe, princes très-distinguës, moururent aussi*, enfin trois ans après, étant occupé à l'église à prier pendant la messe , Charles , duc de Flandre, fut assassiné le jour des calendes de mars ( i" mars). Guillaume , fils de Robert duc des Normands , lui succéda , et un an après fut tué près d'Alost. C'est alors que Gormond , patriarche de Jérusalem , et Geofiroi , archevêque de Rouen , quittèrent la vie.
L*an de l'incarnation du Sauveur mil cent trente, Baudouin ii, roi de Jérusalem, mourut le i8 des calendes de septembre (i5 août) -, Foulques, comte des Angevins , son gendre , lui succéda. Deux ans après, le papeHonorius mourut à Rome, et bientôt un schisme effroyable s'éleva dans TEglise : le diacre Grégoire , né à Pavie, fut élu la nuit par quelques-uns de ses partisans , tandis qu'Innocent était nommé par d'autres prélats , et fut reconnu par l'Eglise d'Occident -, trois jours après , Pierre , fils de Léon , fut intronisé par ses amis et appelé Anaclet. Comme il était fortement secondé par ses frères et ses parens qui avaient un grand pouvoir, il se maintint à Rome pendant sept ans , et s'appropria les domaines et les revenus de la papauté : la PouiUe , la Sicile et une grande partie du jnonde chrétien se rangèrent de son côté.
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L'an II 36 de l'incarnation du Sauveur, Henri, roi des Anglais et duc des Normands , courageux ami de la paix et de la justice, fidèle serviteur de Dieu 5 protecteur des faibles , ardent défenseur de la sainte Eglise , mourut dans le château de Lîans ' , le jour des calendes de décembre. Son corps fut embaumé , transporté en Angleterre , et inhumé dans l'église de la Sainte-Trinité de l'abbaye de Reading qu'il avait fait bâtir. Son neveu Etienne , fils de sa sœur Hadalie, lui succéda. Ce prince a déjà accompli six an* nées de son règne, fécond en graves événemens, qui ont produit de grandes douleurs et de grandes calamités ; car , ayant combattu à Lincoln les seigneurs armés contre lui , il fut vaincu , fait prisonnier , et jeté douloureusement dans les fers par Robert Brifaidou.
L'an 1 1 38 de l'incarnation An Sauveur , Pierre Ânaclet mourut subitement. L'empereur Lothaire mourut aussi à son retour de la Fouille qu'il venait de soumettre; il eut pour successeur Conrad, neveu de l'empereur Charles Henri. Cependant Roger , roi de Sicile , ayant suivi les pas de Lothaire , entra dans la Fouille ; et , à la mort de Ramnùlf , duc Tertueux auquel le pape et l'empereur avaient confié cette contrée pour la défendre , reprit par sa valeur toutes les places qui lui avaient été enlevées.
Ce monarque ne tarda pas, d'après ses désirs, à&ire la paix avec le pape Innocent , qui récemment l'avait frappé publiquement de l'anathéme, et que Roger son fils venait de faire prisonnier ; enfin il obtint de ce pontife , timide et contraint , le royaume de Sicile et le
' A Saint-DenU le ïhiboat, le i*' décembre iiSS.
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duchë de la Fouille, et, ayant reçu de lui Tabsolation, il plaça la couronne ducale de ce dernier Etat sur la tête du fils dont nous venons de parler. '
Attaché à suivre les pas de nos ancêtres, j'ai essayé d'écrire leurs fastes ; déjà, dans le premier livre de mon Histoire ecclésiastique ^ j'ai commencé d'attacher le fil de ma narration à l'incarnation du Sauveur , et l'ai conduit par une suite d'empereurs et de rois jusqu'à ce moment où l'empereur Jean (Jean Comnène) , fils d'Alexis, gouverne Constantinople, où Lothaire donne des lois aux Allemands , Louis aux Français, Etienne aux Anglais , et le moine Rémi aux Espagnols. Je vais maintenant , dans mon second livre , examiner, avec Faide de Dieu , ce qui a été publié par les anciens docteurs et raconté par les historiens , sur les saints Apôtres et les hommes apostoliques. Je désire recueillir en peu de mots leurs actions , autant que me le permettra l'inspiration du Saint-Esprit. Sur la demande de mes confrères , je vais rechercher avec soin la suite des pontifes romains et de leurs collaborateurs dans la vigne de Sabaoth : je parlerai d'eux dans un style véridique.
Depuis le bienheureux Pierre , auquel le Seigneur Jésus-Christ dit ces paroles : « Je vous donnerai les « clefs du royaume des cieux, » jusqu'au pape Innocent , présentement assis sur le siège apostolique , on compte cent onze pontifes romains. Je désire, dans le livre suivant , publier ce qui concerne tous ces papes, dont il est fait mention dans les Gestes des Pontifes.