‹ Histoire de Notre-Dame de BoulogneChapitre 11 sur 89 · BK B0CL0C.5E · texte numérisé non relu

BK B0CL0C.5E

sur la fin Je scs jours, et y consuma le reste Je sa vie dans les exercices Je charité envers les malades , et dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Cet hôpital dont Lambert d’Ardres fait une honorable mention dans son histoire des comtes de Guiues, fut principalement établi en faveur de ceux qui abordaient à Wissant pour venir en pèlerinage à Boulogne. Comme dans ce siècle-là, tous les débarquements ordinaires se faisaient au même lieu de Wissant, on y consacra , l'an 1177, un cimetière particulier pour la sépulture des Ecossais, Ibernois, et autres étrangers que la mort surprenait dans le cours de leur pèlerinage.

Il y avait aussi anciennement un hôpital situé à Audisque, de la paroisse de Saint-Etienne-lès-Boulogne, appelé l’hôpital de Saint-Nicolas , où l’on recevait les pèlerins qui venaient en cette ville, cl particulièrement les femmes enceintes que la nécessité de faire leurs couches contraignait de rester en chemin. Il était alors sous la juridiction de l'abbaye de Saint-Wulmer de Boulogne , comme le fait entendre Pierre , abbé de ce monastère, dans sa lettre du 13 décembre 1481, par laquelle il exhorte les fidèles à contribuer, par leurs aumônes, au rétablissement des édifices que le malheur des guerres y avait entièrement ruinés.

Il y en avait même un à Abbeville depuis plus de trois cents ans(l), que la piété de quelques vertueuses filles avait érigé pour servir de retraite aux pèlerins

Cl) Histoire ecclesiastique d'Abbeville, liv. 1 ,.clnp. 70 , art . 2. Histoire d’ Abbeville , par M. Louamlrc , page 509.

(k Notre-Dame de Boulogne qui traversaient cette ville. On l’a depuis réuni au monastère des religieuses de Saint-François-de-Paulc ; et l’ancienne confrérie de Notre-Dame de Boulogne, qui y était établie, a été transférée en l’église paroissiale de Saint-Jacques , de la même ville.

Tous ces établissements de piété en faveur des pauvres , des infirmes et des étrangers à qui la dévotion faisait entreprendre le voyage de Boulogne , montrent assez combien le pèlerinage en était célèbre et connu par tout le monde. Ce qui achève de nous en convaincre , ce sont toutes ces chapelles qui ont été bâties sous le nom et sur le modèle de celle de Notre-Dame de Boulogne. Outre celle que les mariniers de la côte boulonnaise firent élever l’an 1300 dans l'église de Crémarêts, où il y avait une ancienne confrérie , et où il s’est fait plusieurs miracles , singulièrement en faveur des enfants morts sans baptême , nous en remarquons trois autres en trois divers endroits du royaume , deux desquelles subsistent encore avec distinction.

La première est située dans le vieux château d’Arras, d’où relevait anciennement le comté de Boulogne , appelée pour ce sujet Notre-Dame en Châtel. L’on y révère une image de la Sainte-Vierge dans un vaisseau , semblable à celle de Boulogne. Ferry de Locre (1) assure qu’il s’y est fait autrefois quantité de merveilles ; et l’on peut juger par les voeux qu'on y voit suspendus, que la source n’en est pas entièrement tarie.

(1) Citron. Belg., ad. an. 42SO.

La seconde, qui est aujourd’hui toute démolie, était à la porte de Mondidier, sur le grand chemin d’Amiens, proche d’un lieu qu'on appelle encore maintenant le clos de Boulogne.

Mais la troisième et la plus considérable , est celle de Notre-Dame de Boulogne-sur-Seine , à deux lieues de Paris , et pour ainsi dire dans le centre du royaume. Les premiers fondements en furent jetés l’an 1319, sous le règne et de l’autorité de Philippe-le-Long. Il témoigne, dans une de ses lettres, qu’il a pour agréable le zèle et la ferveur de plusieurs notables citoy ens de Paris , qui , ayant eu la dévotion d’aller tous les ans en pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer , la voulaient conserver et entretenir par l'établissement d’une confrérie et la construction d’une église à la gloire de Dieu et de sa bienheureuse Mère. Le village où cette église fut bâtie s’appelait Monus, et dépendait de l'abbesse de Montmartre , qui en donna des lettres d’amortissement. Il fut bientôt après appelé Boulogne , du nom de son église (l) , qui fut érigée en paroisse. Le pape Jean XLI , qui en autorisa l’érection , accorda à la confrérie plusieurs grâces et privilèges qui lui ont été confirmés, et même augmentés par les autres papes

Ct) Cette église, d’une architecture gothique, fut érigée sur le modèle parfait de la chapelle de la Vierge qui existait en 1319 a Boulogne-sur- Mer. Elle fut terminée en 1343 , et bénie par l'évéque de Paris. Depuis on n’y a fait que de trés-Ldgcrs changements.

On voit encore daus l’église de Boulogne-sur-Seine un tableau ancien représentant notre Vierge miraculeuse en bateau. — V . Dulort , Ilist. de» environs de Paris,

ses successeurs , et par les cardinaux , légats et autres puissances ecclésiastiques. Nos rois très-chrétiens, dont la plupart se sont fait enrôler dans cette confrérie , que les anciens registres appellent la grande Confrérie de Notre-Dame de Boulogne-sür-Mer , l’ont gratifiée de plusieurs présents magnifiques. Mais le Ciel a couronné toutes ces faveurs par la grâce des miracles qu'il a constamment opérés dans cette église , depuis qu’elle subsiste jusqu'à ce jour.

DK BOULOGNE.

Page 1