‹ Histoire de Notre-Dame de BoulogneChapitre 17 sur 89 · I>K BOULOGNE · texte numérisé non relu

I>K BOULOGNE

Vers le môme temps il se fit quantité d'autres présents considérables ; en sorte que, dans l’espace de cinq ou six ans , les richesses de la trésorerie , en y comprenant ce que l’on avait pu cacher pendant le siège , montèrent à la valeur de deux cent mille livres, selon la supputation que l’abbé deNotre-Dame en fit en présence du roi. Outre les offrandes en lampes , reliquaires et ornements , il y eut encore d’autres dons faits par différentes personnes, pour la réparation de l’église ; entr’ au très une somme de six mille livres données par François de Raisse , seigneur de la Hargerie , à la charge d'une messe que l’abbé et les religieux s'obligèrent de célébrer tous les jours pour le salut de son âme.

Tout ceci arriva au commencement du pontificat de Jules III, qui, joyeux d'apprendre à son exaltation que l’image de Notre-Dame , retirée des mains profanes des Anglais , recevait ses premiers honneurs dans son ancienne église de Boulogne , accorda une indulgence plénière à tous ceux et celles qui y viendraient faire leurs dévotions à certains jours de 1 année ; et dans la bulle de concession il y eut mention honorable de la piété de Henri II envers cette église.

Tandis que les puissances de la terre concouraient ainsi à relever la gloire de l’église de Boulogne , le ciel ménagea un évènement qui y mit le comble. Elle avait été, comme j’ai montré ailleurs, anciennement honorée d’un siège épiscopal; mais, à cause de la misère de# temps , ce siège avait été réuui à celùi de

Térouanne , vraisemblablement par Saint Orner, que nous trouvons être le premier qualilié évêque de Boulogne et de Térouanne. Cette union , ou plutôt cette confusion , avait subsisté jusque-là, malgré les tentatives que ceux de Boulogne (IJ firent de temps en temps pour avoir leur évêque particulier , comme ils l’avaient eu autrefois. Mais il arriva enfin que Térouanne , par un effet de la vicissitude des choses humaines , ayant été détruite par l’armée victorieuse de Charles-Quint , en 1553, l’église de Boulogne fut, par ce moyen, délivrée de son ancien joug, et rétablie dans sa première dignité d’église épiscopale. Voici comment cela se fit (2).

D’abord une partie des chanoines de Térouanne fut transférée à Boulogne , où Henri II les maintint dans les mêmes privilèges qu’ils avaient à Térouanne, et il en composa un nouveau chapitre, auquel il fit réunir l’abbaye de Notre-Dame, après la mort de l’abbé Jean de Rebinghes. Ensuite , par la partition faite à Aire , en conséquence du treizième article du traité de Cateau-Cambresis, il fit revenir à la fabrique de l’église de Boulogne la moitié de tout ce qui appartenait à celle de l’église de Térouanne. En conséquence, tout étant réglé pour former une église cathédrale, l’é-

(1) Robert de Monte in Cliron ; Meyer ad an H59.

(2) On trouvera dans les documents qui suivent cette histoire quelques détails sur le siège île Térouanne et sur la réunion de son évêché avec l’ancien évêché de Boulogne.

y. au surplus l’ouvrage de Fiers sur Térouanne , et la GalliaChristiana.

V. aussi la description que nous avons faite, à la suite de cette histoire, du beau bréviaire de Henri de Lorraine.

DF. BOULOGNE

reelion , on plutôt le rétablissement s’en fit de l'autorité dePieV.qui, dans sa bulle du 3 mars 1566, confirme la partition d’Aire , et attribue à l'église de Boulogne six dignités , et vingt et une prébendes, avec les chapelles, bénéfices et autres biens qui lui étaient tombés en partage.

Je ne dois pas oublier que durant que les choses se disposaient pour cette érection, Dieu permit que Calais, après une aliénation de deux cent dix ans , retourna au pouvoir de la France, contre l’attente de tout le monde. Les Anglais se vantaient communément (1) d’avoir les clés de la France pendues à leur ceinture, tandis qu’ils tenaient cette place sous leur obéissance. La conquête s’en fit le 7 de janvier 1558, en moins de sept jours de siége.par le généreux duc deGuisc, dont nous venons de parler ; et ces anciens ennemis, mais encore plus dangereux voisins, furent entièrement chassés du pays qu'ils avaient tant vexé, sans qu’il leur y restât un seul pouce de terre. La ville avec ses dépendances passa presque aussitôt sous la domination spirituelle du nouvel évêque de Boulogne , comme elle avait été autrefois sous la domination temporelle de ses comtes.

Ce fut ainsi que le ciel se plut à combler de gloire et de bénédictions la ville et l’église de Boulogne , depuis le retour de l’image miraculeuse , qui fut alors honorée par un concours si extraordinaire de peuple’, que la ville suffisait à peine pour loger les pèlerins, qiioique la plupart des maisons servissent d’hôtellerie.

(4) Strætla, 1. 2, de Belle» Uelgieo-

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