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CHAPITRE XI

Mgr Eynac. — Choix qu'il fait de M. Prenat comme fondeur. —

Construction du piédestal.

" Orientation de la statue.

Le 1" mars 1868, FEgiise du Puy a fait une perte profondément regrettable et vivement sentie. Mgr Eynac, vice-pré^dent de la Commission de Notre-Dame de France, chapelain honoraire de Sa Sainteté, caré de Saint-Laurent depuis quahantedeux ans, car sa nomination à cette cure impor* tante datait du i^' mars 1826, ancien supérieur des missionnaires du diocèse, recteiu' de TÂTchiconfrérie pour la sanctification du dimanche, etc., terminait paisiblement sa longue et laborieuse carrière. Prévenu à temps, muni des Sacrements de rfiglisct il s'éteignait sans agonie, sans douleur, âgé de soixante-quinze ans et parcourant la cinquantième année de son sacerdoce. Esprit élevé, ferme et pratique, artiste intelligent et infatigable, cœar noble et généreux, volonté de fer et d'une indomptable énergie, Mgr Eynac a été Thomme providentiel des-

tiné à conduire à bonne fin l'OEuvre de Notre-Dame de France. Après avoir consolidé et restauré son église avec goût, et rendu d'Importants services à la plupart des communautés religieuses de la ville, il fut appelé par Mgr de Morlhon, le 8 septembre 1855, à remplir dans la Gomaiission les fonctions de viceprésident*

Logé en face de Oomeille, il avait eu tout le loisir d*en étudier la forme et les contours. On se souvient d'avoir vu dans sa chambre, pendant longtemps, plusieurs plans du rocher surmonté du piédestal et d'un croquis de la statue. L'idée d*nne Commisiion et d'un concourt ne lui avait pas souri. Sa grande préoccupation était d'éviter les dépenses , les discussions inutiles et d'aller droit au but. Quand les habitants de Blavozy arrivèrent au Puy avec leurs chargements de pierres de taille, il les fit déposer dans une des allées de l'hôpital. Mais voici qu'il apprend qu'il est question de confier à l'abbé Choyer la confection du grand modèle, et à Técole des arts et métiers d'Angers le reste de l'entreprise, c'est-àdire le travail du mouleur, du fondeur et du ciseleur. Les canons de Sébastopol auraient été transportés par eau jusqu'à Angers et la statue poi tée par la Loire jusqu'à Roanne. M. Choyer, qui venait de terminer la statue en plomb de la Sainte Vierge qui couronne le clocher de Notre-Dame de Reunes, avait scmdé les intentions du ministre des

travaux publics et les avait trouvées favorables. J*avais dû prévenir Monseigneur de cet incident auquel j'avais pris quelque part. De son côté, le P. Arthur MartiOi que M. £ynac n'appelait pas seu* iement son ami, mais son maître, avait informé rEvôque d'un autre projet de M. Bonnassieux, notre sculpteur. Celui-ci avait demandé au ministre un locj^l, afin de construire le grand modèle dans Ttle des Cygnes. Pour faire ce modèle, il cherchait des praticiens; il évaluait la dépense pour cet objet seul, à 100,000 francs au moins. Le grand modèle devait être composé de 35 pièces de 2 mètres sur 4» ou de 8 mètres superficiels en moyenne, ce qui donnait une surface totale de 280 mètres. Le P. Martin proposait de placer le grand modèle dans le palais m^me de V Eœpositmi,

Le 25 avril 1856, la Commission est réunie. Monseigneur loi communique les encouragements venus de Rome et de Paris : Rome accorde une nouyelle bénédiction au projet, une indulgence de cent jours aux souscripteurs ; Paris a formé une Commission dont les premiers travaux sont fructueux; le Comité historique de Notre-Dame de France^ dont nous parlerons plus tard, est à l'œuvre; une dépèche du ministre des cultes, en date du 20 avril, annonce que 150,000 -kilog. de fonte de fer, provenant du butin fait à Sébastopol, sont tenus à la disposition de Monseigneur dans les arsenaux de Marseille, La Commission décide que M. Cletz, in-

génieur de l'Etat, qui a déjà rendu d'importants services au département, sera prié d'aller à Marseille, afin de faire le choix le plus avantageux des fers réservés à la statue et d'aviser aux moyens à prendre pour en opérer le transport Enfin, sur les observations de TEvèque pressé de répondre à Tabbé Choyer et au P. Martin, M. Ëynac est invité à vouloir bien visiter les ateliers de fonderie fpi se trouvent dans le rayon de Lyon, en se concertant avec M. Gletz, qui a des connaissances spéciales sur toutes ces matières.

Le 16 mai , M. Eynac était de retour, et rendait compte à la Commission de la visite qu'il avait faite à deux fonderies de Lyon et à une troisième de Givors. La première fonderie visitée a été celle de M. Le PrévoL Ce fondeur, très-habile, a paru pris au dépourvu. Il est entièrement neuf en ce qui regarde l'exécution du grand modèle, le transport de la statue et son établissement sur le rocher. Il évalue la dépense à 325,000 francs. Dans la seconde fonderie, MM. Lanfrey et Baud, qui ont exécuté la statue de Fourvières, ne veulent pas accepter le fer de Séba»topol et demandent une somme de 220,000 francs. M. Prenat, visité le dernier, possède un établissement immense, un outillage très- considérable, un ' grand nombre d'ouvriers de diverses professions ; il a exécuté dans son atelier, sans le secours d'aucun artiste étranger à son établissement, une sta-

tue de la Vierge, de 4™,40, érigée dernièrement à Givors. U offre toutes les garanties morales et ma* térielles désirables; et voici ses propositions : il s'engage à faire ladite statue, de la dimension de 16 mètres, d*après le modèle de fionnassieux; il prend à sa charge les frais du grand modèle; il accepte le fer fourni par ceux qui commandent; il rendra la statue toute posée sur le mont Corneille et peinte de la couleur qu*on voudra; il dorera les étoiles de la couronne ; il prendra les fontes qui lui seront livrées, au prix de 1 4 francs les 100 liilog. ; la statue pèsera de 80 à 100,000 kilog. ; pour achever tout ce tra^ail il aura besoin de deux ans. — A Tunanimité la Commission arrête qu*on acceptera les propositions de M. Prenat, se réservant le droit de faire tel usage qu'elle jugera à propos de Texcédant de fonte de fer, sans qa'il soit permis au fondeur d'en faire servir aucune partie à aucune autre fin qu'à la confection ou à l'ornementation du monument. M. Eynac est prié de rédiger le traité à passer avec M. Prenat; il le fait à la satisfaction générale. On trouvera ce traité, . très-sagement conçu, aux Pièces justificatives (1). A partir de ce moment, nous avons un fondeur : la partie est sérieusement engagée.

Mais bientôt des difficultés de phis d'un genre

(i) Ce traité fat signé le 10 Mptembie I85S, et mm le 16 nai, comme le dit M. Mandet.

surgissent à Paris, au Puy, à Givors; et l'homme chargé de les résoudre est surtout M. Ëynac.

A Paris» il faut convaincre M. Bonuassieux que M, Prcnat est capable non-seulement de fondre la statue, mais encore d'exécuter le grand modèle. Il en coûte à M. Eynac un voyage à Paris. De vive voix on s'entend.

Celte première difûculté surmontée, il s'occupe de la construction du piédestal et de Torientation future de la statue, deux questions qui vont donner lieu à de longs débats et passionner vivement la ville entière, car tous les quartiers veulent être sous le regard de Marie.

Pour porter sur ces questions un jugement équitable, il faut supposer d*abord que Pintérèt de la sécurité de la cité prime tout autre intérêt. Par conséquent, qu'il ne faut faire sur le rocher que les constructions strictement nécessaires, 41e peur que quelque pierre ou bloc de rocher, désagrégé par le temps, ne vienne à tomber sur l'hôpital, la cathédrale ou le séminaire. Aussi le conseil des bâtiments s'est-il toujours opposé au projet d'enrochertient du piédestal patronné par MM. Bonnas* sieux et Bayard, ainsi qu*à la galerie dodécaédrique dont M. Yibert voulait l'entourer.

11 faut aussi étudier et comparer les plans de la ville et du rocher. Le rocher présente plusieurs façes diversement orientéés et d'in('^gale élendue. L'une regarde le sud*ouest ; c'est celle qui abrite la

paroisse de Saint-Laurent et la belle vallée d'Espaly ; Fautre est tournée vers le sud et protège la mairie,

la préfecture, la place du Breuil, la vallée de Vais.

Il est certain que la ville cherchera toujours à se loger au sud du rocher, où elle trouvera une

température plus douce et un abri contre les vents du nord.

Il est également, certain que chacune des faces de

Corneille demande à être surmontée d'une face parallèle du piédestal. L'imagination repousse comme disgracieux un angle du piédestal qui viendrait pousser sa pointe au-dessus d'une surface verticale, à peu près plane, du rocher. Quel eUet ferait une pendule placée sur une table ou sur une cheminée, si ses côtés n'étaient pas parallèles à ceux de la table ou de la cheminée ?

Il résulte de là que le piédestal devait avoir six ou huit faces, et qu'une de ses faces devait regarder le sud, et que le vrai point de vue de la statue devait être fixé au milieu du Breuil, et que Notre- Dame de France devait ôlre tournée de ce côté-là: et l'apaisement des esprits prouve que la disposition actuelle est la meilleure.

Je dis la disposition actuelle, parce qu'un essai

fut fait d'un piédestal rectangulaire» dont un côté, parallèle à la face la plus étendue du rocher, regardait Toccident, et dont un angle était pointé contre le sud et semblait menacer la. ville, selon l'expression d'un des Commissaires. Le plan de ce plédes-

tal, fait par M. Eynac, avait été lu à la Commission par M. d'Amécourt qui lui avait donné son approbation (1). Le piédestal avait 7" sur 8 de côté et 8™ de hauteur. La corniche, de style roman, avait 0°>y4ûde saillie. Un escalier tournant devait être pratiqué à Tintérieur. La porte et la croisée s*ou-» vraient au nord. Aux quatre angles de la construction» quatre puissantes tiges en .fer, reliées entre elles par de forts tirants, plongeaient dans le rocher. Quatre nouvelles tiges en fer venaient s'adapter à ces tirants et quatre autres étaient destinées à relier solidement rescalter en pierre du piédestal à Tescaiier en fer de la statue.

M. Eynac se met à Tœuvre. Les matériaux sont hissés au sommet du rocher, an moyen d'une échelle d'engin disposée sur la partie de Corneille qui domine les allées de Thôpital. Huit hommes mettent la machine en. mouvement, et ces seize bras employent de quinze à seize minutes pour faire une

(l) On Ht dans les eomptes-rendas de la Commission : c M. Bertiand (de

Doue) disait dans la réunion da 24 juillet 1858 : La forme aussi bien que la hauteur (lu piédestal ont fait le sujet d'une longue discussion, à la suite de laquelle les formes, soit octogonale, soit cylintlrinue, ont été rejetées, et la forme actuelle adopter par la majorité. On peut se souvenir d'ailleurs que la fonne qnadnmgalaire est eelle qn*avait proposée M. Bonnassienx Ini^mème comme la plus convenable, précisément à cause de sa simplicité, au corac* tère grandiose du monument. Quant îi l orienlat'on de la statue, elle ne fut pas môme l'objet d'un doute, lorsque la Commission, après le jugement du concours, se transporta sur le rocher avec MH. Didron, Choyer et ilrtliiir Martin, pour étudier avec ces connaisseurs émioenls la question du piédes* tal. On exprima, il est vrai, le regret que la face de la Vierge ne pût t^tre tournée vers le Breuil, mais aucun membre n'émit l'idée qu'elle put être orientée autrement que vers les Capucins ou l'avenue d'£spaly. »

seule cordée, je veux dire, pour opérer uné seule ascension de la base au sommet. Qu*on calcule les litres d*eau, les kilogrammes de chaux, les myria* litres de sable; que Ton cube la maçonnerie de ce carré; qu'on tienne compte du revêtement extérieur fait en pierres de Blavozy, on comprendra toute la peine que M. Ëynac dut se donner pendant deux ans, pour faire exécuter sous ses yeux ce grand travail, avec autant de solidité que d'économie. Deux fois, trois fois par jour, on vit Tintrépide vieillard monter de Saint-Laurent jusqu'au sommet du rocher, rester des heures entières debout sur la brèche, exposé au soleil, à la pluie, à tous les vents.

Mais ce qui fut plus admirable encore, ce fut de voir l'architecte, vice-président de la Commission, céder docilement à la prière de son Evèque et modifier lui-môme son plan, en transformant en octogone son piédestal rectangulaire. Dans la séance du 2 mai 1859, celte transformation fut résolue; et M. Eynac, quia donné à l'Œuvre tant de preuves de son dévouement et dont la consciencieuse habileté dans Fart des constructions n^est révoquée en doute par personne au seiti de la Commission (ce sont les termes du compte-rendu), fut prié de faire subir à son œuvre la transformation désirée. Il se remit patiemment au travail et construisit un octogone régulier ayant 2"',89 de c6té (soubassement compris) 6™,70 d'élévation, et le reste conforme au plan exposé plus haut.

-Ici'—-- ^>-.'vj^le

La Imntenr moyenne des fondations est de 0",50, ce qui donne à la construction 7«,20 d'élévation. Le piédestal a environ 340 mètres cubes. Or, le poids du mètre cube est en moyenne de ^i:', 000 kilog'., ce qui donne un poids total de 680,000 kilog. ( 1 ).

Voici ce qui résulte de cette disposition : c'est que l'arrivée au Puy par le chemin de fer est favorisée« Tout le monde convient que Notre-Dame de France est surtout admirable vue de profil et des environs de Tégiise des Carmes. Gomme TEnfant- Oieu, avec le bras levé pour nous bénir, se détache bien de sa Mère ! Comme les traits de la Vierge sont à la fois calmes et purs ! Gomme sa démarche est légère et cependant ferme et royale ! Comme ta rocbe accidentée se contourne avec grâce sous ses pieds, formant un piédestal naturel, que le bois du séminaire entoure d'une riche végétation !

Vue de face et du Breuil, la Vierge, un peu isolée sur le rocher, se présente sous un aspect moins gracieux, mais plus solennel.

L'arrivée par la rue qui va du clocher de la cathédrale au rocher de Corneille présente un spectacle vraiment féerique. De là, la grande Madone, qu'on a perdue de vue depuis rentrée en ville, se révèle tout-, à-coup avec l'harmonie parfaite de ses proportions. A ses pieds, deux jets d'eau superposés, à 120 mè-

(1) Le mètre cube de la pierre de Blavozy est de 2,13u kil.

— de Corneille on de Denise. . S,035

— da Mocqie 1,680

très' d'élévation, Symbolisent les flots de grâce que répand au loin l'intercession de la Mère de Dieu. Autour de ces eaux qui jaillissent du sein du rocher et répandent à Tentour la fratchenr et la verdure, l'escalier circule, partout élargi, partout adouci par les soins de M. Ëynai;, et Ton voit souvent des confréries avec leurs costumes variés gravissant la montée eu chantant des cantiques. Â l'entrée, une porte monumentale, fermée par une grille en fer, doit protéger la sûreté du monument et ajouter au pittoresque du paysage.

Les pèlerins qui nous arrivent en grand nombre par les loutes de Saugues et de Glermoiit, ont l'avantage de voir, dès leur arrivée, la façade bicolore de notre basilique, avec son grand escalier de 130 marches, et le slyiite Michel, en faction près de sa grande Reine ; mais Notre-Dame de France ne leur accorde pas son plus gracieux accueil. Elle se détourne, dirait-on, pour ne point les Yoir. Habitants de la paroisse de Saint-Laurent, ne vous en prenez point à votre Curé, si telle est à votre égard l'attitude de la grande Madone. Pour vous ménager son aspect le plus souriant, votre excellent Pasteur ne s*est épargné aucune démarche, aucune fatigue. Il a soutenu des assauts presque violents : il a dû rappeler au premier magistrat du département qu*il était nommé par TEvéque ^ice^président de la Commission, et, tout en cédant au désir de son chef hiérai'cliique, il a déclaré persister dans ses idées.

dans son plan; il a fini par offrir sa démission, qa*a88arément personne n'aurait acceptée. Poar

consoler la vallée d'Espaly, nos édiles prendront un jour en sérieuse considération le projet à la fois religieux et patriotique dont nons parlerons plus tard.

Mais revenons aux faits accomplis. Les abords de Corneille sont disposés par M. Ëynac de manière que Fescalier serve à contre-butter les parties les moins adhérentes du rocher. Il utilise, pour la construction du piédestal, tous les blocs dispersés cà et là; par ses soins la plate-forme nivelée est entourée d'une grille. M. Coumes l'engage à faire reposer la statue sur une assise de fer et lui suggère d'utiles précautions "propres à garantir de plus en plus la solidité du piédestal. En môme temps l'habile ingénieur fait arriver presque au sommet de Corneille les eaux abondantes de Vourzac, qui delà s'en vont porter dans toute la ville la fraîcheur et la salubrité, multipliant sur leur passage les jets d eau, les résenroirs', les fontaines.

Cependant le nouveau maire (M. \inay) ouvre une voie carrossable qui, se substituant à de hideux quartiers, conduira les pèlerins des environs de la gare aux abords de la basilique.

A Givors, où le modèle moyen de M. Bonnassieux fut expédié le 29 août 1856, M. Ëynac dut se rendre plusieurs fois, afin de conserver l'accord nécessaire entre notre sculpteur, à qui la Commission avait remis ses pleins pouvoirs, et les artistes employés par

H. Prenat. Il pourvut à ce que les canons de Sébas-

topol, mis en pièces, afin de fondre pins vile, fussent jetés dans les hauts fournaux en présence de plusieurs témoins. Il dut combattre, avec M. Bonnasieux, la prétention» émise par le très-habile constructeur du grand modèle, de graver son nom sur le socle de la statue à côté de ceux du sculpteur et du fondeur. Il repoussa, de vive voix et par écrit (1), la proposition de M. Oudry, patronnée par Tabbé Moigno et par h Sous-Commission de Paris, tendant à couvrir de bronze notre statue par les procédés de la galvanoplastie. Le 5 décembre 1859, M. Eynac remporta sur ce point une complète victoire. La Commission était réunie ; M. Bonnassieux, invité par elle, avait fait un voyage en Allemagne, où depuis bien des années on emploie les procédés galvaniques pour recouvrir les métaux. II s*était mis en rapport avec les personnes qu'on lui avait signalées comme les plus compétentes. Il avait fait connaître lè résultat des informations qu*il avait prises dans une lettre que Monseigneur communiquait àla Gomnoiission. t Nulle part », dit-il, « jen*ai obtenu de réponse satisfaisante, Le directeur de la fonderie royale de Berlin afait lui-même des expériences de ce genre. . • Le cuivre, m'a-t-il dit, adhère fort bien aux parties métalliques pures de la fonte, mais il ne recouvre pas les parties charlK)nneuscs éparsos sur la

(1) Voir quatre pages aolographiées qui eommencent par ces mots : Qtumé perrm-i'^ /a HitUte eoloitule de la SmHte fierge «tvr «m fUdetlal?

surface et, par les porosités qui en résultent, le fer * reste exposé à l'humidité et à la rouille, qui finit par le détériorer ainsi que le cuivre dont il est revêtu. Devant cet obstacle et d'autres encore, le projet qu'avait conçu le gouvernement prussien de recouvrir de cuivre les canons en fer a été abandonné. • Monseigneur ajoute que les informations qu*il a prises lui-môme auprès d'une autorité bien compétente en cette matière, ne sont pas plus favorables à la durée du cuivrage galvanique de la fonte. D'après M. de Ruollz, au bout de (juclques années, le cuivre déposé sur la fonte doit s'écailler, s'enlever par plaques, et laisser exposé à toutes les causes d'oxydation le métal qu'il devait proléger... La Commission u pensé qu'il était sage de se borner à revêtir la statue d'un vernis préservateur, dont les conventions passées avec M. Prenat obligeaient celui-ci à faire les frais, smfà prendre^ sur les fonds de la souscription, un capital dont le revenu serait affecté à le renouveler quand U en serait bescm.

Je dois enfin signaler un autre projet dont Mgr de Morlhon seul eut connaissance et que l'opposition, réelle ou présumée, de M. Ey nac, lui fit repousser. Vers les premiers jours de mars 1857« lorsque le grand modèle en terre glaise se terniinait à Givors, j'allai voir ce beau travail de M. Fournier, et M. Prenat me dit alors que, d'après ses calculs, il avait assez de fer conquis à Sébastopol pour faire une statue de 21 mètres. Si FËvéque y consen-

tait, il était prêt à refaire le grand modèle. C'était

un nouveau marché à conclure et une perte sèche de 10,000 francs. J'écrivis à l'Ëvêque pour le prier et le supplier de donner à la statue toute la hauteur qu'elle pouvait avoir. Je fis valoir dans ce bul tous les motifs que me suggéra mon désir de voir Notre-Dame aussi grande, aussi belle qu'elle pouvait rètre. Monseigneur nie répondit le 8 mars : « 5i ' aujourd'hui nous voulions donner une plus grande dimension à la statue, il faudrait recommencer sur nouveaux frais. AL le Curé de Saint- Laurent on a assuré d'un autre côté que le rocher ne se prêtait pas à un plus grand développement, »

Mgr Ëyuac était vainqueur sur toute la ligne, vainqueur de tous et de lui-même ; mais son énergie était réservée à d'antres hUles bien plus pénibles, dont il devait également triompher, et qui feront Tobjet du chapitre suivant.

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