CHAPITRE XVII
Collection monutnenlale des documents relatifs à la définition .
du dogme de l'Immaculée-Conception, offerte à Notre-Dame du Puy et h Pie IX, par Tabbé Sire, de la Société de St-Sulpice.
Quand le prêtre, à qui Bien révèle Les mystères longtemps cachés , Proelama la bonne nouvelle :
Conctie rxetu])te de pèches !
La F'raiice, qui séchait d'attente, De celte nouvelle éclatante Mérita d'avnlr les primeurs...
Mos monts, nos fleuves s'en émurent, Et les échos encor murmurent Au souvenir (le leurs clameur».
La paix donna ce fruit suprême, La guerre réclame son tour:
Elle veut arquilter de même Un tribut de gloire et d'amour.
L'homme de mer, l'homme de terre.
Sur It'ur poitrine militaire Fixent les symboles sauveurs; Tout cède... et l'armée unanime Par un ex-voto magnanime, Vierge, reconnaît tes faveurs.
J. Roux.
Pendant que Tidéc conçue par M. Jammcs d'écrire les fastes de la Patronne de la France se réalisait à Paris par les soins assidus du digne curé de Saint-Sulpice, un autre monument d'un ^rand intérêt pour la piété s'élaborait au séminaire du
Pay, dirigé par les vénérables prêtres de Saint- Sulplce, collègues de M. Hamon. Ce monument doit être la collection aussi complète qae possible de tous les documents relatifs à la définition du dogme 4^ rimmaculée-Gonception, qui sera toujours un des faits de l'histoire ecclésiastique les plus mémorables et les plus chers à la foi et et à la piélé. Cette nouvelle ÛËuvre se rattache à rhistoire de notre statue par plus d'un lien. Nonseulement elle fut conçue par un des directeurs de notre séminaire, pendant qu'il méditait sur les grandeurs de Noire-Dam» de France, non-seulement Mgr de Morlhon en accepta la paternité, mais ce fut la souscription ncUionale qui fournit les fonds nécessaires au début de l'entreprise. Nous allons entendre Mgr de Morlhon nous raconter lui-même la pensée première et les timides commencements de cette (ffiuvre, appelée, comme les deuxautreSy à un succès qui a dépassé de beaucoup toutes les espérances*
Le 8 septembre 18G0, fête de la Nativité de la Sainte Vierge, quatre jours avant la bénédiction de la statue de Notre-Dame de France, paraissait une notice sur la collection projetée, imprimée au Pu;, portant les armoiries de Mgr de Morlhon. Ën tête de cette notice, l'Evêque de la grande Madone s'exprimait ainsi :
c Appelé par la divine Providence à gouverner le diocèse àa Puy-Noire'>Dame^ si célèbre dans tout
l'univers par sa dévotion à la Vierge du mont Anls, noqs avons voulu, nous aussi, à l'exemple de nos vénérables collègues, rendre à notre Eglise tout l'éclat de ses plus beaux jours.
» Ën 1854, avant de partir pour la ville de Rome, où nous allions si joyeusement réprésenter, avec vingt de nos frères dans l'épiscopat, l'Eglise de France à la grande solennité du 8 décembre, nous avions ordonné que le jour même de cette fête, au moment où Pie IX proclamerait Marie Immaculée, on posât sur le rocher Corneille, auprès de notre cathédrale, la première pierre d'un monument gigantesque, destiné à devenir l'hommage de laFrance entière à la Vierge sans tache. Tous savent comment Tauguste Mère de Dieu a daigné bénir noshumbles efforts; comment un concours public ouvert à tous les artistes de TËurope nous a donné le résuliat le plus remarquable; comment, le 5 septembre 1855, trois jours avant la prise de Sébastopol, nous obtenions de S. M. Tempereur Napoléon Illles canons des Russes; comment, dans le cours des années suivantes, tous les diocèses de France sont venus à notre aide avec une générosité admirable par leurs souscriptions; comment enfin, après de longs et diiliciles travaux couronnés d'un plein succès, nous avons eu le bonheur si ardemment souhaité de voir apparaître, sur son piédestal incomparable, la statue de Marie la plus colossale et à |a fois la plus gracieuse» on véritable chef-
d'œuvre et, par suite, notre antique cathédrale, qui semble s*abriter à Tombre de la montagne si bieA
couronnée, recevoir du Saiiil-Siége le titre auguste de Basilique. *
» Eh bien, nous devons le dire, là ne s'arrêtaient pas nos vues : désirant avant tout donner la plus yive impulsion à la piété envers la Mère de Dieu, nous avons, pendant notre séjour à Rome, sollicité et obtenu du Souverain Ponlife, la faveur d'un cou' ronnement solennel pour la Madone vénérée du pèlerinage; le couronnement s'est fait le 8 juin 1856 avec la plus grande pompé.
» En outre, à peine arrivé de la capitale du monde clirélien dans notre paisible ville du Puy, nous fOimes frappé de cette pensée, qu'à côté du monument artistique le plus colossal élèvé à la mé^ moire de la définition du dogme de Timmaculée- Conception, il serait vraiment beau de pouvoir placer et conserver à jamais un monument littéraire non moins colossal : la collection complète des documents relatifs à ce mémorable événement. Nous résolûmes, en conséquence, de fonder dans notre cathédrale une Bibliothèque en l'honneur de la Sainte Vierge, et de faire de la collection historique les premiers éléments de cette bibliothèque. Mais cette collection, où la trouver ? comment ravoir? La difficulté était grande; car rien de pareil n'exislait encore nulle part :1a difficulté était aussi grande peut-être que celle que nom avions rencontrée quand nous avions résolu d*é^
riger le monument da rocher Corneille; car nous
voulions que tout ce qui a paru dans le monde entier à l'occasion du décret dogmatique, tout ce qui a été fait dans les diverses parties de l'Eglise, de 1849 à 1860, fût réuni là. La Providence est encore venue à notre secours. Pour nous aider à vaincre les difficultés qui s'opposaient à l'érection du monument artistique, elle nous avait ménagé un homme de génie, un sculpteur éminent, le célèbre M. Bonnassieux , et le concours em- * pressé de toute la France : de S. xM. I. Napoléon III et de son auguste épouse, l'Impératrice Eugénie; de LL. Exc. les Ministres; de l'épiscopat; du clergé séculier et régulier; de tous les fidèles. Pour nous aider à surmonter les difficultés qui s'opposaient à la formation de la collection historique, elle nous a aussi ménagé un homme capaW de faire face à tout : un ouvrier dévoué, intelligent, actif, infatigable, et le concours généreux de tout l'univers catholique : de notre Saint-Père le Pape Pie IX, qui a daigné bénir notre projet et en accepter la dédicace; de LL. Em. les Cardinaux de la sainte Ëglise romaine; des représentants du Saint-Siège auprès des cours catholiques; de nos vénérables collègues dans Tépiscopat; du clergé séculier et des communautés religieuses; des ambassadeurs des puissances; des savants, des écrivains. C'est un des Messieurs de la Gom» pagnie de Saint-Sulpice, aussi pieuse et savante qu'elle est modeste, M. l'abbé Dominique Sire, .
alors professeur et directeur au grand séminaire de Paris (1), qui a bien voulu se charger de cet immense travail, capable d eDrayer une commission entière, se souvenant que M. Olicr, fondateur et premier supérieur de la Compagnie de Saint-Sulpice, s'est toujours yolonticrs reconnu redevable à Noire-Dame du Puy des grâces dont il avait été comblé par rintercesiiion de la vénérable Mère Agnès de Jésus, et surtout du succès merveilleux avec lequel il avait réussi à établir les séminaires en France; se souvenant encore que M. de Lantages, disciple privilégié de Al. Olier, premier supérieur du séminaire du Puy et instituteur de la congrégation des Dames de l'Enfant- Jésus (dites Demoiselle de l^ Instruction J, si connues depuis de jx siècles dans ce diocèse, a toujours lait ce qui était en son pouvoir pour glorifier la Vierge du mont Anis, M. l'abbé Sire a été heureux dé pouvoir marclicr sur les traces de ses pères: durant six années entières il n*a rien épargné pour répondre à nos désirs ; et la Sainte Vierge a si bien récompensé sou zèle, qu'au moment même où le monument artistique s'achève, le monument littéraire se trouve aussi à son terme. »
Durant quatre années M. Sire avait été professeur et directeur au séminaire de Notre-Dame;
(1) Â la Qn des vacances de 185Ô, M. Sire fut transféré du séminaiie do Puy à celui de Paris. Celte Iranslalion le mil en mesure d'étendpe son cadre et de faire pour la catholicité tout entière ce qu'il avait déjà fait pour la France.
aussi a-t-il voulu dédier son Œuvre à Notre- Da tue du mont Anis en ces termes : c 0 ma souveraine » Maîtresse et ma très-bonne Mère, c'est à vous » que je suis redevable de toutes les grâces que j'ai » reçues, de tous les biens dont j*ai joui, durant » quatre années, auprès de voire sanctuaire de » prédilection, dans une sainte maison que vous » n*avez cessé de. bénir, depuis les temps de la » vén. Mère Agnès de Jésus, votre servante fidèle, » de M. OUer et de M. de Lantages, vos dévoués
• serviteurs.
• Daignez recevoir comme un faible gage de nia » re€onnaiss«mce cette CollecUm de documents re- » latifs à la définition du dogme de votre Immacu- » lée-Conception, et lui donner, à coté de vous, dans » votre Basilique, une douce hospitalité.
» Puisse-t-elle rester là à jamais, comme un bom- » mage de toutes les E<*Iises ^u monde ! Puissent- » elle augmenter la gloire de votre nom, dans » tous les temps et dans tous les lieux !
» Que ne puis-je moi-même demeurer sans cesse
• comme elle et avec elle à vos pieds I
» Mi/ii et meis^ cum proie pia , » Benedicas^ Mater immaculatal 9 Tolus tuus^ 0 Domina mea!
» Basilique de Notre-Dame du Puy, le 8 septembre 1860 , » Fôte de la Nativité de la Très Saiu te Vierge.
» Marie^Domlnique-Henri Sias. »
Le trésorier de la Commission de Notre-Dame de France, secrétaire de l'évôché du Puy, écrivit aux secrétaires de tous les évèchés de France pour obtenir les docuinenls désirés.
Trois mois après cette circulaire, qu'on pourra lire parmi les pièces justificatives» une collection déjà importante de documents, tous français, était déjà réunie au secrétariat de l'évéché du Puy. Mais au mois d'octobre 1855, M. Fabbé Sire est transféré au séminaire de Paris ; il songe alors à se procurer des pays étrangers à la France tous les documents désirables, afin de former une collection complète. Les PP. Jésuites lui viennent en aide; et leur circulaire» que nous plaçons après celle de M. Alirol, procure à M. Sire des matériaux toujours plus abondants, demandés et obtenus au nom de Mgr de MorUion.
Plus tard, la collectioa devient de plus en plus volumineux et riche. De vrais chefs-d'œuvre de calligraphie, de dessin» de reliure y trouvent place. Dans cette collection, deux séries sont surtout à remarquer. La première réunit, sous le nom de Grand Album, tout ce que la gravure et l'imagerie ont produit de plus remarquable à la gloire de Tlmmacnlée'^jonception. Laissons M. Sire nous décrire lui-môme le frontispice de cet Album (Notice sur la çoUeçiion de monuments relatifs à la définitiim du dogme de PlmmêcuU^Conception) :
€ Gh froAtispice représente : l"" au milieu, sur un
• fond d'or, Notre-Dame du Puy, à qui Mgr de Mor- Ihon et l'abbé Sire offrent la collecUon; 2^ au bas, dans des niches gothiques, trois Anges assis portent, Tun ( celui du milieu ) les armes de S. S. Pie IX qui a proclamé dogme de foi le mystère de limroaculée-Goncei)tion (p. 104); l'autre (celui de droite), les armes de Mgr de Morlhon, qui a donné l'idée de faire la collection ; le troisième (celui de gauche), les armes de la ville du Puy-Notre-Dame où seront conservés ces monuments de la piété catholique envers la Sainte Vierge ; 3® tout autour, dans d*autres niches gothiques, des Anges debout figurent les diverses Eglises du monde qui ont fourni des documents à la collection. Chacun porte le blason de la nation qu'il représente. Ce frontispice est un vrai chef-d'œuvre, qui suppose dans son auteur (l'abbé lloussaye, du clergé de la Magdeleine, à Paris ), une connaissance approfondie du style gothique et un goût parfait. Il excite radmiration de tous les connaisseurs; il stimulera sans doute le zèle des artistes chrétiens qui seront heureux de composer pour le Grand >l/6t£m d^autres tableaux analogues. Déjà plusieurs ont offert à Notre-Dauie du Puy leur pmceau. •
L'autre série, plus précieuse encore, est une collection de traductions authentiques de la bulle /ne/fabilis dans toutes les langues du monde» destinées & être offertes en hommage à Pie IX. Trois cents traductions difTérentes» extraites de cette coUeciion,
ont pu lui être présentées, à l'époque des fêtes à jamais mémorables célébrées à Rome à Toccaslon
du dix-huit-centième anniversaire du martyre de saint Pierre et de saint Paul. Voici en quels termes le Jmmal de Rome rend compte de ce trayait vraiment nionuinenlal :
€ La définition dogmatique de la Gonception-Immaculée de la Vierge Mère de Dieu est sans conlredit révénement le plu* insigne de notre siècle. Les fidèles ont éprouvé une sainte joie et ont senti grandir encore leur confiance en Marie, en entendant le Chef visible de i'Ëglise prolérer la grande sentence que les siècles passés avaient si longtemps désirée, et partout Marie a été honorée avec plus de ferveur que jamais. En effet, le décret qui érigeait en acte de foi le privilège accordé à la première des créatures, destinée au rôle de coopératrice dans la Rédemption divine, a trouvé un écho dans tous les lieux où il y a des croyants, c'est-àdire dans toutes les parties du monde, et non-seulement dans les plus peuplées et les plus cultivées, mais encore dans les plus inhospitalières et les plus désertes; la parole émanant de Tautorité infaillible du Vicaire de Jésus-Christ et formulée dans un éloge précis de la Sainte et Immaculée-Conception delà Vierge Marie, a été répétée avec l'expression de la foi la plus vive dans toutes les langues humaines.
i Un monument offert à S& Sainteté pendant les grandes fêtes qui viennent d'avoir lieu atteste haute-
ment l'universalité de l'enthousiasme religieux qu*a provoqué la déilnition : c'est la bulle Ineffabiiis Deus, par laquelle Pie IX a décrété la doctrine dogmatique de rimroaculéc- Conception, traduite en trois cents langues vivantes.
» L*idée de cette compilation a été conçue par M. Tabbé Dominique Sire, prêtre de la congrégation de Saint-Sulpice, professeur et directeur au grand séminaire de Paris. Après avoir eu cette inspiration et conçu ce vaste dessein, il a eu assez de persévérance pour le mener à bon terme, en inspirant raclivité de son zèle à ses coopéraleurs. La dévotion des fidèles envers la Vierge et leur véné: alion pour le Saint-Père, à qui l'Œuvre devait être dédiée, ont porté tous ceui qui y ont concouru à Torner de leur mieux, aussi ont-ils appelé à leur aide pour Tembellir tous les arts du df ssin. Chaque traduction a élé reliée avec plus ou moins de richesse, et, pour lui donner de l'authenticité, revêtue de la signature de TOrdînaire du diocèse d*où elle avait élé envoyée. L'ensemble du recueil a ces mots pour titre : Souvenir lit^uistique monumen^ M.
» Les contrées de TOrient ont élé les premières à concourir à l'Œuvre : de l'Inde, des montagnes du Thibet, des provinces du vaste empire chinois et du Japon et de la capitale de la Corée sont venues àds traductions ornées de peintures faites sar les lieux.
» Après l'Asie, TAfrigae a envoyé son tribut, et la collection s*cst également enrichie des travaux de l'Elliiopie, du pays des Gallas, du cap de Bonne- Espérance, du Sénégal, de TAIgérie et de TEgypte.
» L'Amérique et l'Océanie ont envoyé des traductions ornées de corail, de nacre et de perles.
)r L'Europe a pris à l'entreprise la part ample et magnifique qui convient à son degré de civilisation. Sans entrer dans le détail des diUérentes versions, nous ne voulons point passer sous silence celles qui se distinguent par la beauté, la richesse et Téclat de l'ornementation : telles sont celles de Pologne, de Portugal et de la ville de Gènes.
• Pour résumer en peu de mots tout ce que nous pourrions ajouter à ces détails, nous dirons que des personnages appartenant à des familles régnantes et des hommes illustres ont voulu figurer dans cette immense compilation, et que, outre le clergé, des citoyens de toutes les conditions, depuis le noble, le savant et le richf jusqu'à l'humble ouvrier, y ont pris part. C'est ainsi que M. Sire a pn réunir ce giand nombre de volumes, où For, Targent, les pierres précieuses, les émaux et les mosaïques rehaussent la heaiaté des miniatures et des caractères et forment un ensemble de richesses bien employées à honorer la Vierge Mère de Dieu.
» M. Sire s'est senti au romble de la joie que lui causait la réussite de sa belle entreprise, lorsque, le jour même du centenaire, il a eu Thonneur de pré-
senter son OEuvre au Saint-Père, de voir Sa Sainteté rexamiaer attentivement et de Tentendre la louer et exprimer sa satisfaction et sa reconnaissance.
» Le Souverain Pontife a béni l'auteur et tous ses coopérateurs. »
Il a fait plus, il a voulu accorder à cette collection sans rivale une place d'honneur au milieu de la grande salle de rimniaculée-Gonception du Vatican, . à la suite des chambres de Raphaël, en attendant qu'un meuble digne du palais pontifical reçoive ces magnifiques volumes (1) qu'on peut juger par ce seul trait : la seule reliure des bulles polonaises et lithuaniennes a coûté plus de 15,000 francs... Le Souverain* Pontife a daigné adresser à l'abbé Marie Dominique Sire le bref suivant daté du 30 novembre 1867 :
€ Cher Fils, » Salut et bénédiction apostolique!
> Certainement rien ne pourra jamais nous être plus agréable que de voir chaque jour et î)artout croître de plus en plus le culte et les hommages dus à l'Immaculée et Très-Sainte Vierge Marie Mère de Dieu, que de voir tous les peuples excités d'une manière vive à honorer avec toute Tardeur d'une
(1} 90 vol. in-4°, avec de riches casseltes des Indes, de la Chine , dn Japon, pour les maniucrits orienttox qu'on n'est pas dans rasage de lelier.
piété singulière cette si aimante Mère de nous tous, afin que Notre-Seigneur Jésus-Ghrist, son Fils unique, soit de plas en plus honoré; car tout ce que Ton rend de culte, d'hommage et d honneur à la Mère rejaillit sur le Fils.
» Ainsi donc c'est avec une Yéri table et bien douce satisfaction que nous avons appris le dessein formé par vous, cher lils, de mettre tous vos soins à faire traduire du latin dans toutes langues, nos lettres apostoliques sur la définition dogmatique de l'Immaculée-Gonception de la Mère de Dieu.
» Pour réussir à faire de celte traduction une œuvre splendide, vous n'avez rien négligé de ce qui vous était possible, sollicitant avec persévérance le concours de nos vénérables frères les Evêques, des prêtres, des religieux et des religieuses, des personnes les plus distinguées paitni les laïques, même des pi inces et des souverains, des peintres aussi et des autres artistes.
» Animés d*un saint zèle pour la gloire de Marie, tous ont répondu très-volontiers h votre appel et ont voulu concourir de leur mieux à votre dessein . si digne d'éloges, n'épargnant rien pour qu'il fût réahsé avec le plus grand éclat.
1 II est résulté de tous ces efforts que nos lettres apostoliques ont été traduites en trois cents Zangues parlées par les différentes nations de l'Asie, de TAfrique, de rEurape, de TAmérique, deTOcéanie; çt que ces traductions écrites ayec une élégance
rare, ornées avec un art merveilleux, forment etisemble une série consid(^rable de volumes.
3 Ces tolames, cher ûls, Toctô noni les atez présentés le 29 juin dernier, en ce jonr plein de joie où, au milieu d'une très-nombreuse et pout* nous Éi douce assemblée de nos vénérables frères les i^véques du monde catholique et des tidèles accourus sur leurs pas, nous avoLS célébré ks fêtes séculaires en rhonneiir de saint Pierre, le Prince des Âpôlres, de saint Paul, le Docteur des naiions, et nous avons solennellement mis au nombre des Saints un grand nombre d*élus, héros de notre foi.
> £n vérité, cher âls, nous n'avons pu ne pas admirer Vivement la beauté et l'exquise distinction
de ces volumes si bien écrits, si bien enluminés, enrichis avec abondance de mosaïques, de pierres précieuses, de travaux d'or et d'argent, d'autres décorations d'un goût très-noble et très-pur, té» moignage éclatant de Thabileté artistique de tant de peuples.
f Aussi avons-nous été rempli de la plus grande consolation en voyant de quelle piété singulière
envers la Très-Sainte Vierge Marie sont animés les catholiques qui se sont fait gloire d*ériger en Thon* neur de la Mère de Dieu cet insigne monument.
» C*est pourquoi nous vous félicitons et vous félicitons encore, et nous donnons les plus amples éloges soit à vous, cher fils, qui depuis plusîears
années n'avez épargné aucune attention, aucun soin pour mener à bonne fin ce très-remarquable ouvrage, soit à lous et à chacun de ceux qui ont mis dans rexéculion de votre dessein toute leur application, tout leur zèle, toute leur industrie, et nous espérons bien que la très-clénicnte Mère de Dieu voudra vous récompenser, vous et chacun de vos coopérateurs, par son tout-puissant patronage auprès de Dieu.
• Enfin, comme gage de notre pontificale charité, nous accordons, du fond de notre cœur, avec le plus grand amour et la plus tendre affection la bénédiction apostolique à vous, cher fils, et à tous les ecclésiastiques ou fidèles qui ont pris part avec vous à celle OEuvre d'une admirable magmfioence.
» Donné à Rome , à Saint- Pierre , le 30 novembre 1867, la 22* année de notre pontificat.
» PIE IX^ Pape. »