‹ Histoire de NotreDame de BoulogneChapitre 15 sur 45 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

en possession de Boulogne ; — Vœu f it* roi — Bulle du Pape Jutes III ; — Offrandes * diverses » 1550. «

£ roi Henri II avait mis la plus grande importance à rentrer en possession de la ville de? Ifliouiogne. Dès* son avènement à la couronne p il avait fait un vœu à Notre-Dame , pour le recouvrement du pays sur lequel cette 4* vipe Vierge exerçait un patronage tout spécial de suzeraineté.

La noblesse, française frémissait de douleur qt d'impatienee à la. : vue <Jes. malheurs qui étaient veau* fondre sur la malheureuse cité. Un acte du temps retrace avec amertume comment» sous le fèpne «de trèa*haalt très-chrétien et îbegqin Roy de «» France et des François , par la permission de & Dieu et non congnue des humains, la ville et » lé pais de Boullenois forent usurpés par les An* j> gloix» ancbieqseDçmys du royaulme de France. » aussy encmys de la très-saincte foy catholicqua,

{i) V. Le Boy, op. cit., aux preuves, p. 288. Gravia piacula à tcmpli stti violatorilms spoHaU>ribusqtie Virgo mater exegiL..*. ^ullw igiror occurrentibua causis tantae eladis, abeve*sioae letnpli augusrissimi or ta rêvera Videbalms }

126 Histoire de N.-D. de Boulogne..

» qui, entre autres désolations destruirent et pro~ » phanèrent toutes les églises dudict païs de Boul- » Ienois r et entre nultres villaineraentprophanèrent » le beau Temple de l'abbaye de Boullongne, » auquel , de grande anchienneté avoit esté révéré » une ymaige de la Vierge Marie , oùquel temple » plusieurs bons Chrestiens ve noient en grand » nombre, prier la Saincte-Vierge leur être ad vocale » devers la Saincte-Trinité, pour estre secouru» » en leurs nécessités , de quoy plusieurs se sont » bien trouvés 1 .

» Ce fui François de Montmorency, seigneur de fa Hochepot, Lieutenant-Général de Picardie, qui prit possession de Boulogne, au nom du roi son Maistre. Le Milord qui commandoit dans la. place vint au devant de luy et luy remit les clefs en cérémonie , tous les officiers Ànglois estant range? en baye ». des deux coslez de la rue , et la garnison filant par une des portes , tandis que tes François entroient

Sar l'autre. Cela se fit le 25 avril, Teste de saint lare, de l'an i55o; et le i5 may ensuivant, jour de l'Ascension de Nostre-Seigneur, le roy y entra, en personne , suivi d'une cour très - nombreuse et très-leste. L'Abbé Jean de Rebingbes, qui avoit 6ceu que le roy devoit faire son entrée dans cette ville, l'y avoit précédé de quelques jours, pour disposer les choses nécessaires à sa réception. Ses principaux soins furent employez à purifier l'églisequi avoit esté prophanée en tant de manières > à la parer de quelques ornemens et reliquaires , qu'il avoit sauvez avant le siège; et à y rétablir le culte divin. Et d'autant que la chapelle, où estoifc l'Image , avoit esté renversée , comme nous avons

•;4) Préambule d'un, acte de donation fait par le seigneur dela-tlargerye , daté du Tiltoloy le 8 mai 4551. — Reg. du Roi, de la sénéchaussée de Boulogue > (Archives du Tribuuul civil J vol. 1. (* 208 et 209.

Chap. XI V. — Vœu du roi Henri IL 1 27

dit , et changée eit une espèce de terrasse , oa boulevard, ce bon Abbé en fil dresser une dans le lieu mesme, avec de l'a loille et des cordages en forme de lentes, suspendues sur six piliers de bois,, la nécessité présente ne luy permellant point d'en foire davantage. Le roy y alla , aussitost qu'il fut entré dans fa ville; il y fit ses actions de grâces à la Sainle-Vicrge pour le recouvrement d'un païs dont it la reconnoissoit pour Souveraine; et, se souvenant qu'il avoit fait un vœu pour cela deux ans. auparavant 1 , i^ y satisfit d'une manière vrayement royale, donnant une grande Image de Noslre-Dame dans un batleau , faite d'argent massif, du poids d'environ six vingts marcs, pour estre mise en la place de VI mage miraculeuse qui avoit esté emportée en Angleterre. Noslre église conserve encore atijourd'huy cette Image comme une éternelle marque de la piété d'Henry : on y lit celte inscription sur une lame d'argent, Henricus secundu$,Rex Franc. Christianiss. Bononid ab hosle receptâ , divœ Marim Virgihi Deiparœ suos honores restituit anno i55o, c'est à dire : Henry » second , Roy de France Très -Chreslien , après * avoir retiré Boulogne des mains de l'en ne m y , a » rétably la Vierge Marie, Mère de Dieu, dans ses- » premiers et anciens honneurs , l'an i 55o 2 .

M) Paciftcatione cum Anglîs £<cta, et Bononia traiïita , rcx, Eia. Maii urbem ingreditar, et appenso aedi primariae donario» voti ante hiennium nuncupati reli^ione se cxsolvit —De Thou f Jiist. met t an ports, lib. VI. no 43, edit Londtn. 4733, p. 219.

' Le traducteur, d'uni. T, in 4», 4734, p. 407 s'est rendu cou* pablc de la phrase suivante: «r Après la conclusion de la paix avec l' Angleterre, et la reddition de Boulogne, le roi fit solennellement sou entrée DANS PAKIS le 45 de mai, ot son offrande à l'église de Notre Dame, pour accomplir un vœu qu'il avoit fait deux ans auparavant. * lïadultore, iraditore ! !

(2j L inventaire * des effets mobiliers de la cy devant cathédrale » (44 janvier 4791) mentionne : «Une Vierge avec l'Enfant Jésus, dans un bal eau, avec une voi'c tendue, portant de hauteur, n«n compris la baze en bois, trois pieds quatre pouces, la dite Yierge en argent pezant cent inarcs, argent de Paris. *-

128 Histoire de N.-D. de Boulogne.

» Il ne manqtioit plus à la gloire de la Sainle- Vierge et au bonheur des peuples de Boulogne , que de revoir l'ancienne et véritable Image. Ceuxcy comptoient pour rien de se voir de retour dans leur chère patrie, et d'estre rentrez dans la jouissance de leurs Biens , tandis qu'ils esloient privez de ce précieux gage du Ciel qui faisoil autrefois leur plus solide richesse. Mais ils receurent bientost ce dernier accomplissement de leurs désirs; car comme Ton sceut que celte sainle Image avoit esté jusqu'alors conservée en Angleterre, parmy les malheureux débris de la ville de Boulogne , que la curiosité, ou l'orgueil de ces insulaires leur avoit fait garder comme les trophées de leur victoire , le roy se crut obligé d'en poursuivre instamment la restitution. Louis de la Trimouille , Prince dé| Talmond, et depuis premier duc de Thouars, estoit un des oslages envoyez en Angleterre pour la scurcté du Traité: co fut luy que le roy chargea de redemander l'Image, et de faire en sorte auprès d'Edouard , qu'elle fust ramenée à Boulogne. II fut heureux dans sa commission , et il y réussit au gré de son maistre et à la satisfaction des Boulenois: comme les deux Rois esloient alors en assez bonne intelligence, jusques - là mesme qu'ils, s esloient depuis pou envoyé l'un à l'aulre le Collier de leurs Ordres , celuy d'Angleterre n'eut pas de peine à consentir que l'Image fust remise entro ses inains.

» C'esloicnt des Philistins qui renvoyoirnt l'Arche, et qui la rendoient aux enfans d'Israël, d'aulant plus volontiers qu'ils la regardoient comme la cause fatale de tous les maux qui leur venoient d'arriver. Le mesme vaisseau qui ramena les sei^ gneurs François , rapporta celle précieuse dépouille sur le rivage mesme, où le Ciel l'avoit amenée. Le clergé l'y fut recevoir en procession»

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Chap. XIV.— -Hommage de Henri 11. 129

et la porta comme en triomphe dans son ancienne demeure. Le peuple assista en foule à celle cérémonie, et par miHe démonstrations extérieures lit éclater la joye extrême qu'il avoit de revoir briller son éloille , après une éclypse d'environ sept années.

» Il ne fut pas long-temps sans en ressentir de favorables influences; car la grâce des miracles se renouvella dans l'église de Boulogne , aussitost que la sainte Imago y fut rétablie, ce qui fut cause jju'on y vit bientost recommencer les pèlerinages et refleurir l'ancienne dévotion.

• » Au reste , personne n'en donna pour lors de plus magnifiques preuves qu'Henry II. Outre le beau présent de l'Imago d'argent, dont nous venons de parler, il en fit un autre de quatre grandes lampes du mesme métail : et comme il ne pouvoit souffrir plus longtemps la désolation d'une église due les rois ses prédécesseurs avoient tant chérie , il accorda cent cnesnes de ses forests du Boulenois, pour estre employez aux plus pressantes réparations, avec une somme de mille écus sols, et une autre de douze cens livres tournois* qu'il fit toucher h FAbbé de Nostre - Dame , ainsi qu'il est rapporté au compte de l'épargne de l'an i55o ».

» Ces œuvres de pure libéralité, ou, pour ainsi dire, de surérogation , furent accompagnées d'une autre, que nous pouvons appeler d'obligation et de justice. Ce fut l'hommage du cœur d'or que fit ce pieux prince , à l'imitation des rois ses prédécesseurs, y ajoutant, comme pour se distinguer des autres , upe couronne Impériale avec nne chaîne de dix-sept anneaux d'or, et ces mots graves à

(I) Extrait du compte de l'épargne , rendu par M. André* Blondet , thrésorier , pour 1550.— H. de Le Roy. Cf. VUUt. du môme auteur, aux pièces justif. p. 289.

130 Histoire de N.-D. de Boulogne.

Pento jr : Henricus 7/ t Rex cliens , patrocinio Dei Matris Virginis, hoc oppido recepto à Deo % 1 Calendas Maij an. 1550.

» Par là II se déclaroit homme lige et vassal de la Sainte- Vierge, et il avouoit par reconnoissance, que la reprise de Boulogne sur les Anglois n'estoit deuc qu'aux secours de celte Patronne toutepuissante.

» Le roy Henry ne fut pas seul à témoigner les obligations qu'il avoit au Ciel , d'avoir remis la ville de Boulogne sous son obéissance : les Boule* nors qui n'esloient pas moins joyeux de se voir sortis des mains d'un roy étranger et hérétique »

f our retourner sous la domination de leur Prince légitime , donnèrent aussi de publics témoignages de leur reconnoissance, ordonnant qu'il se feroit tous les ans le 25 <F Avril, feste de saint Marc, une procession générale avec sermon en actions

es de la sortie des Anglois à pareil jour > et de l'heureux rétablissement du culte de leur sainte Patronne •

• Le Souverain-Pontife, à qui est confiée la sollicitude de toutes les Églises , s'empressa de contribuer aussi, pour sa pari, à la restauration du culte dans l'église de Notre-Dame. Jules III , qui venait de monter sur le Siège de saint Pierre , accorda une indulgence plénière à ceux qui visiteraient dévotement cette église, les jours de Noël et de Pâques f pendant trois ans. Voici , d'après le Père Alphonce « quelque partie de sa Bulle : » -\ » Jules , Pape, ayant eu certaine' cognoissance » qu'au temps que les Anglois ont pris et possédé » Boulongne , ils en ont violé, propha né et ruiné

(1) Ànt. Le Roy , op. cit., pp. 129 — 134.

(2) Hisî. cit. , p. 136 - 133. — L'auteur donne en marge rfr fragment latin correspondant à sa traduction, Le Roy, (p. i&jr est plus bref encore.

Chap . XI V. —Bulle du Pape Jules 11 1 . 131

» toutes les Églises, mais principalement celle do » Nostre-Damc, très-somptueusement haslie , et » ont aboly tant qu'ils ont peu l'honneur et la t » dévotion qu'on y portoit à la Irès-Saincte Vierge;

» et voyant qu'elle est remise souz le domaine et » l'empire de nostre bien- aymé Fils en Jésus- » Cuiwst, le très-chrestien Roy de France Henry » H, comme elle estoit auparavant; Désirant » remettre en estât, et en son ancien lustre, » l'honneur et la vénération qu'on portoit a ces » églises, et surtout pour animer les fidclles à i> présenter souvent leurs vœux et leurs services à y> Dieu et à sa très-Saincte Mère en son Église, à » laquelle nous avons appris que ledit Roy Henry » portoit une singulière et très-grande vénérai ion ; » Et , afin qu'un chacun des fidellcs cognoissc » les grâces et les faveurs qu'ils en peuvent rccc- » voir, Nous , confians en la miséricorde divine, ï> donnons pleine indulgence et rémission de tous » les péchez a toutes personnes de l'un et de » l'autre sexe, de quelque part qu'elles puissent » venir , qui, confessez et contrits, visiteront >> l'tëglise de Nostie-Damc aux jours et feslcs do » e Noël et de Pasqucs , par l'espace de trois ans. »

Catherine de Médicis , femme de Henri II , imita la piété du roi son époux, envers Notrelame de Boulogne. Cette princesse , qui se lorifiait d'appartenir par sa mère à l'ancienne ïamille des comtes de Boulogne', donna pour offrande « une chapelle d'or complette, avec une lampe d'argent d'une pesanteur excessive; et outre cela plusieurs chappes, chasubles, tuniques et

t « ri

(1) La mère de Catherine était Madeleine de la Tour, dite de Boulogne, fille de Jean de la Tour, Ille du nom, comte d'Auvergne; Madeleine de la Tour avait épouse, en 4543 , Laurent de Mcdicia, II* du nom, qui fut fait duc d'Urbio par le pape Léon X , son oncte.

132 Histoire de iV.-D. de Boulogne.

paremens d'autel de diverses couleurs , tissus d'or et d'argent , et damassez en relief, avec ses arme» en broderie , à l'écusson de Boulogne sur le tout , dont une partie sert encore aujourd'hui , après un usage de plus de six-vingts ans. Plusieurs dames de sa cour furent libérales à son imitation : entr'autres , la duchesse de Valentinois et la marquise d'EIbeuf, dont Tune fit présent d'une grande lampe d'argent, et l'autre d'un riche tableau aussi d'argent massif.

» Les hommes en cette occasion ne le voulurent point céder aux dames. Il y en avoit trois, alors très - considérez à la cour , c'estoient Jacques d'Albon-Saint- André, maréchal de France, Anne de Montmorency , connestable » et Françpis de JLorraine, duc de Guise : et l'on disoît du premier , que le Roy le traitoit comme son favori, du second, qu'il le respectoit comme son père, et du troisième, qu'il le chérissoit comme son frère. Ces trois puissans seigneurs,, qui avoient le plus de part aux bonnes grâces du roy leur maistre, en voulurent avoir à celles do la Mère de Dieu, et luy offrirent chacun une belle lampe d'argent, marquée de leurs armes*. Oa croit que la lampe présentée par fe duc de Guise fut un vœu qVil fit à Noslre-Damc, en action de grâces d'un bienfait signalé qu'il en avoit reçeu quelques années auparavant. 11 estolt encore duc d'Àumale pour lors : s'estent trouvé dans une rude escarmouche qui se dotroa contre les Anglois, pendant qu'ils tenoient Boulogne» il fut atteint d\un coup de lance, dont le fer* avec un tronçon de bois, luy entroit par l'angle d*entre l'œil droit et lo uez , et luy sortôit par derrière, entre la nuque et l'oreille : il n'en perdît pourtant ny les arçons , ni l'entendement , et ce qui est plus surprenant, il en guérit en très-peu de temps» Comme la blessure estoit jugée mortelle, la

Chap. XIV.— Offrande du Cardinal de Guise. 133

guértson en parut miraculeuse, et tous les Historiens de ce temps l'attribuent a quelque puissance céleste: ce qui fait croire que l'ayant attribuée luy-mesme à la Sainte-Vierge, il l'en a remerciée par le présent de la lampe, dont je viens de parler. Elle fait encore aujourd'huy partie des richesses de nostre église , et tient compagnie à une autre de mesme figure et de mesme métail , présentée par le cardinal de Guise, son frère, depuis si connu au Concile de Trente et ailleurs, sous le nom de Cardinal de Lorraine. Cette dernière lampe porte sur une plaque l'écu des armes du donateur, et ces mots gravez sur une autre;

Charles de Lorraine Cardinal de Guise, Archevesque de Reims , premier Pair et Légat-né du Saint-Siège Apostolique, Van 4550.

» Nostre Sacristie conserve encore un présent du mesme temps fait par un autre Prélat de nostre France. C'est un calice de vermeil doré , que donna Robert Cenalis ou Conault, évesque d'Avranches , doyen de la sacrée faculté de Paris , et l'un des plus grands fléaux des hérétiques de son temps : les armes du bienfaicteur sont gravées sur le pied, avec ces paroles au dessous : Ex dono R.

Domini Roberti Cenalis Abrincensis Episcopi

» Environ ce mesme temps , il se fit quantité d'autres présens cottez dans l'inventaire que l'on fit alors des reliquaires et joyaux, qui avoient esté cachez pendant le siège des Anglois; mais parce ,que les noms de6 Autheurs n'y sont pas exprimez en particulier, je ne m'arresteray pas à en faire icy le dénombrement. Je me contenteray tle remarquer seulement , qu'en cinq ou six ans après le rétablissement de la sainte Image, les richesses de la Thrésorcrie montèrent à une valeur de deux cens mille livres, selon le rapport qu'eji fil l'Abbé- *!o

134 Histoire de N.-D. de Boulogne.

Noslro-Dame au roy , qui en témoigna de félonncment.

» Outre les offrandes en lampos, en reliquaires, ornemens et autres meubles d'église, il y eut plusieurs autres dons pieux, que firent diverses personnes, pour en réparer les ruines. Antoine de Bourbon, duc de Vendôme , pour lors Gouverneur général de la Picardie , et des Comtés de Boulenois et d'Artois , qui avec les deux princes ses frères avoit accompagné sa Majesté dans le voyage pour le recouvrement de Boulogne , fit faire une vitre vers le milieu du chœur , où se voyoit son nom et celuy de Jeanne d'Albret sa femme, mère du roy Ecnry-le-Grand.

» Le seigneur de Créquy fit don d'une semblable vitre, où estoient quatre écussons, tant de ses armes , que de celles de sa femme, en quoy ils se rendirent lous deux imitateurs de la piété du roy , qui avoit donné la maîtresse vitre au dessus de 1 autel du chœur , où estoit sa représentation et celle de la reine sa femme, en peinture fort délicate.

» Je finiray le détail de toutes ces pieuses libéralilez , par celle de François de Baisse , seigneur de la Hargerie, qui en reconnoissance de plusieurs grâces receties de la Sainte- Vierge dans ce second avènement de son Image donna une somme de six mille francs , pour réparer la couverture de son église *. L'Abbé et les religieux de Nostre - Dame, en considération de ce bienfait, s'obligèrent de luy faire dire tous les jours une Messe* Voicy un extrait de l'Acte qui en fut passé , et je ne l'insère icy, queparce qu'il fait preuve du retour de l'Image miraculeuse 3 .

(1) Les armes de ce seigneur furent apposées aux plus hautes voûtes de la Nef » dans la dernière récdification ; elles estoient d'or à trois chevrons de sable.--N. de Le Roy.

(2) Ant. Le Roy, op. cit., pp. 135— 138. — Pour ta citation

Chap. XIV. — Donatien du Stem de la Hargerie. Î35

« Nous , Jehan de Rcbinghcs, par la permission » divine» humble abbé de l'Église et Abbaye de » Nostre-Dame en ceslc ville de Boullongne, ba- » chelicr formé en théologie et aulmosnier de la » Royne » congrégé et appelle noslrc Chapitre et » convent, assavoir sire Rogier de la Broyé, prieur, » sire Berthèlcmy Quinquet, chantre, sire Pierre » Eurwin, chèvecicr, sire Baudrain de Nielles, » trésorier, sire François de Gouy, sourchanlre, » sire Jehan Roussel , chappellain dudit abbé, et » tous aultres religieux et proieetz de la dilto ab- » baye, représenlans tout le corps dudit Chapitre » et convent dudit lieu, et capileullaireuient con- » grégés et assemblés pour délibérer ensemble et » unanimement de l'a flaire cy-après mentionnée;

» Aians receu le propos de très -hault et très- » puissant Seigneur Messire François de Raissc, » chevalier seigneur de Hargerye , conseiller du » Roy et son meslro d'ostel ordinaire , seigneur » usutructuairc de Crévecœur, Arleux, Rumilly et » Saint-Soupplet en Cambrésis , par don de trois » roys successivement, c'est assavoir de très-pieux, » victorieux et bénins Roys de France, Loys XII 0 , » François, premier de ce nom, et Henry, second » de ce nom, tendans par ledit sieur de Hargerye, » donner et aulmosner, au prouffict et réparation » de la couverture de [ladite] église, la somme de » six mille livres tournois, soubz les charges et » conditions cy-après déclairées , pour faire dire » et célébrer, par chacun jour de l'an, devant » Pimaigo Nostrc-Dame, une messe perpétuelle, » laquelle ymaige a esté raportée d'Angleterre, à » la poursuite du Seigneur de la TrimouHle, lequer

de la pince suivante, nous avons abandonne notre guide. Le texte qu'il a donné étant inexact, nous avons suivi la copie officielle que nous fournit le Registre du Roi de la Sénéchaussée de Doulo- £ns, vol. 1. fo 2Q5 et suiv. (Archives da Tribunal civil).

p lors estoit hostaigier oudict Angleterre, par lo

» commandement dudit tres-chrestien Roy et vie-

l toricux, Henry , Roy de France, second de ce

» nom, et lequel, par ses récens (?) et victorieuse»

9 emprinses , a réduict et remys en ses mains la

i ville et conté de Boullongne, laquelle auparavant

t esloit possédée et usurpée par les Àngloix, à la

a grande désolation du posvre p euple et du pats

» de Boullenois, et, entre aultres désolations, au*

• roient prophané , destruict et adnichillé 1 la dite

• église et abbaye de Nostro-Dame dudit Boullon- » gne, èsquelles victoires le dessusdict très chrest tien roy Henry, avecq ses princes, cardinaulx et » seigneurs, vint visiter sadicte ville de Boullongne, » et principallement rcmerchier Dieu et sa saincte » Mère, en ladicte église, des grandes victoires et i grâces que Dieu luy avoit donné en la réduction » de ladicte ville et conté de Boullongne, à laquelle

• église il feit lors plusieurs dons , pour la répara- » tion d'icelle, et, entre aultres chose$ donna une

• imaige d'argent de la Vierge Marye, que Ton voit

• encorcs à présent ;

» Sy feirent plusieurs princes, cardinaulx et sei-

» gneurs, quy donnèrent plusieurs lampes d'argent

» que l'on voyt encores à présent devant ladicte

» ymaige, et en considération des grandes miséri-

», cordes et grâces que ledict sieur de la Hargerye

» confesse et croyt que Dieu, par les dignes inler-

» cessions de sa trèssaincle Mère et Vierge Maryc,

» a eu, et en foy qu'il croyt fermement que ladicte

» Saincte-Vierge a accez devant la Saincle-Trinilé

a et que ses saincles prières sont lousjours exau Icées,

» quand il luy plaist prier pour les nécessités, quy

» pœuvent venir aux bons chrestiens ses dévoliculx;

» pour ces causes, ledit sieur de Hargerye vœult

(1; Annihilé* anéanti.

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Chap. XIV* — Donation du Sieur de la Hargerie. I3T

» et entend Indite somme de six mil livres tournois

» cslre emploiés en ardoise et ouvriers pour four-

)► nyr ladite couverture, à condition que,

» inoiennant ladicle aulmosne, et adfin de eslro

» comprins es prières et oraisons qui se font en

» ladicle église , ledict seigneur a von I lu et vœult

» que nous nous submetons et obleigeons , et le»

» abbé et religieulx successeurs, pour lad venir,

» à faire dire et célébrer perpétuellement , par

» chacun jour de l'an, une basse [messe] , à

» l'hoslel qui est ou sera devant ladicle ymaige do

» la benoisle Vierge Marye, ra portée, comme

» dessus est dict , en ce roiaulme do France, a

» l'aydc et poursuite dudict sieur de la Trymouille*

» laquelle messe se nommera la messe de la Har-

» gerye», etc. ... > /. . %

» En lesmoings do ce, nous avons faict meltro » lessceauk de nous Abbé et couvent à ces dictes » présentes, qui furent faicles et acordées en nostre- >> dict chapitre, le xxiiij jour de janvier de Tan M. » V. C. et cinequante 2 , et scellées de deux » sceaulx en chire verte. ». , (

(1) On a frappe un mereau spécial pour cette fondation : d'un côté sont les armes, blasonnées ci-dessus , avec cette inscription ; t MES.. FRANCOYS. D. RAISSE. S». D. LA HARGERlE'j de l'autre, un personnage debout, avec ces mots du psaume XL; * BEAT 9. QV[. ITELLIGIT. SVP. EGENV, ÈT. PAVPERE; dans le champ, les deux lettres L. D. loco distribationis. Ce mereau , qui a été trouvé à Wimille , fait partie de noirs. col* Action. , m

(2) Vieux ityte, c'est-à-dire 4554. ( t

138 Histoire de iV.-Z). de Boulogne.

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