‹ Histoire de NotreDame de BoulogneChapitre 17 sur 45 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

La Michelade à Boulogne , 1567 ; — Disparition de l image miraculeuse de Notre-Dame Massacres, ruines et pillages ; — Restauration du culte, 1568; — Dons , offrandes et pèlerinages.

y avait déjà quelques temps que les doctrines | du protestantisme, malgré les efforts persévérants JLje l'Église catholique , circulaient en France et gagnaient chaque jour du terrain. Tout ce qui avait un dégoût secret de l'autorité, les esprits inquiets, turbulents , ambitieux , cherchaient de ce côté ,

son pontificat finit le 47 janvier 4567; or ta Bulle étant datée tle la DEUXIÈME année, (Fonficatus nostri anno secundo), il est évident que 4566 doit être vieux style, et au'il faut , pour être d'accord avec le couiput moderne, lire 4667.

(1) OtFlDUtf POPOLOSOII QUITTE ËT CELBBBE, AGIO ET AK505A FOXCCBDCM COHlIKATOQOE COMMOOCM.

(2) Huila ereetionis tathedralis ccctcsïa Bolonicnsis, Gai lia Chriitiana, T. X, instrument, col. 420.

Chap; XVÏ.— La Michelade , 1566. 145

avec l'indépendance religieuse, une arme contre le pouvoir, ou bien un piédestal pour leur vanité. La Réforme était, tout à la fois, une secte religieuse et une faction politique *. Aspirant à la domination exclusive , les protestants travaillèrent h imposer leurs croyances par tous les moyens dont ils purent disposer; maîlres du pouvoir, et n'ayant jamais vu sur le trône de France que des enfants de l'Église, les calholiqucs se défendirent en employant les mêmes armes; de Ih les guerres de religion. « Un homme, dit M. Audin , court au martyre saos se plaindre ; mais un culte a une autre mission , c'est de vivre 2 . » On a trop longtemps représenté les calvinistes français du XVI e siècle comme les tristes victimes de l'intolérance catholique : c'est le contrépied de l'histoire, A Boulogne , nous allons les voir à l'œuvre , et nous pourrons les juger.

Une conspiration formidable , tramée dans les consistoires, et dont le projet n'allait à rien moins qu'au renversement du trône, éclata sur tous les points du royaume, à la fin du mois de septembre 1567. Cinquante villes tombèrent en un instant au pouvoir de la faction, et furent traitées en pays conquis. Maltraiter ou chasser les habitants, massacrer les prêtres et les religieux, profaner tous les objets du culte , saccager les églises et les monuments religieux ; tel fut le mot d'ordre de la

Michelade \

Dès le mois de juin delà même année, arrivèrent

(1) Un écrivain du temps, Michel de Cnstelnau | e conshte d.ms ses Mémoires . (Lîv l. chap. 7) , quand H dit': . Aussi ne s asscnibloicnt-ils pas seulement pour l'exercice de leur religion mais aussi pour les affaires de l'État. » 6 *

(2) Uisloire de Luther, l*re t . in 8, T. I[. pp. 1J3.H 4# ($1 Cf. Reflexions sur l'histoire religieus • <ies Français et re

cler.*hes sur lo protestnntis.ne , par le U. P. Charles' Verdièrê S. J., art, MV, pp. 87 et sqq. •

146 Histoire de N.-D. de Boulogne.

à Boulogne quatre ou cinq ministres Je la religion nouvelle , accompagnés de nombreux étrangers Le Chapitre s'enémut, craignant que ces prédicants ne fussent venus entreprendre quelque chose de mal contre l'Église et ses ministres 3 . Les appréhensions des catholiques n'étaient que trop fondées. Louis do Launoy, seigneur de Morvilliers, gouverneur de la \ille, y rentra le a6 septembre suivant, après quelques mois d'absence. Avec lui, disent les Registres capitulaires, débarquèrent plusieurs élrangers,tant cavaliers que fantassins, sectateurs zélés de la nouvelle religion; et, chaque jour, comme dans un asile sacré, une foule immense de huguenots, ennemis très-acharnés des hommes d'église, venait de toutes parts prendre possession de la ville 3 .

A ce spectacle, plusieurs des chanoines, ne croyant pas leur vie en sûretés se réfugièrent à Montreuil; les autres se liant aux mielleuses paroles du gouverneurs, crurent devoir reslcr pour ne pas interrompre la célébration des offices divins. Quelques années auparavant , dans une circonstance semblable, quoique moins grave , ils avaient lait transporter à Montreuil , ou caché dans des souterrains , leurs ornements les plus riches et les plus précieux objets de la Trésorerie. Celte fois, ils curent l'imprudence d'en confier la plus grande

(1) Qualuor aut quînquc ministrot novae rcligionis, alias praedicantes, unà cum pluribus alienigenis : ( Hegistr. conclusionum capit . AI orin . sup . eit . )

(2) Timentcs ne aliquid mali contra Ecclesiam et ipuus ministros moliantur. lbid.

(3) Et illuc in dies, tanqnam ad sacram arrboram conflucbat undique maxiina Uugotorum viiis ccclesiastiois prœscrtim inimicorum inlcstissimorum turba. -~ lbid.

(4) Vidcntes ibidem non sine suae vitac maxiroo periculo reûdeie po$5c. lbid.

>(5) Blandis vetbis et mcliifluis poilicitalionibus ejusdem donnai de Morvillius. lbid.

Ckap. XVL—liavages des Huguenots 147

parlie au sieur de Morrilliers. Ils ne lardèrent pas à reconnaître quelle était leur erreur.

Le matin du dimanche ia octobre, en entrant dans l'église, on s'aperçut que l'Image miraculeuse de Notre-Dame avait été enlevée de son autel. Les plus minutieuses perquisitions, fuite? sur le champ par le Lieutenant-général , Antoine Chinot, n'amenèrent aucun résultat 1 ; et l'on dut se borner à attendre que la Providence fît connaître l'auteur de ce vol sacrilège. Consternés et tremblants , les catholiques n'osaient se confier qu'en secret leurs soupçons et leurs craintes» La disparition de l'Image, qui était regardée comme le palladium de la cité, faisait redouter les plus grands malheurs.

Bientôt l'orage se déclara dans toute sa violence. Le jour des morts, pendant que le vénérable Pierre 1) arques , doyen du chapitre de Térouanne , et ses confrères qui étaient restés à Boulogne, chantaient l'office des trépassés , de nombreuses décharges d'arquebuses éclatèrent tout-à-coup ; une pèle de

Î>ierres fut lancée à travers les fenêtres de l'église; e service divin fut interrompu , et lei chanoines durent chercher leur salut dans la fuite*.

Les huguenots levèrent alors le masque: ils se ruèrent sur la cathédrale et sur l'abbaye de Notre- Dame, comme sur une proie. L'inventaire des « desgalz et desmollitions » relate que :

. « Les fonds à baptizer ont été rompuz et abaptuz ; grande quantité do pavemens , tant de carreaux que lombes , levez, rompuz et mis en plusieurs

(d) Procès verbal rédigé touchant la vieille image Nottrc-Dame, tjuy a esté dcsrobéc ; original uis. de la Bibliolh. de M. Eug. de Rosny , de Loxembrunc.

(2) Quam pluritnis calhapultarum et laptdum ictibus misère et impie trans vitra ecclesi* Beat» Mari» Bolonicnsis àpraefatis Hugolts tractis et etnissis du m diyinum eclebrarelur oilicium.

Rttftstr* Conclus, sup, cit.

pièces; onze autels, rompus et desmollies , avecq grandes tables d'austelz d'une pièce, tant de marbre que d'aullre sorte de pierres; le pepitre (jubé), abattus et desmollis, en la devanture duquel estoit cntrctaillée la Passion de Noslre - Seigneur Jisrs- Cbjmst, assis sur six collonnes de pierre d'Anvers, quasy semblables à pierre de marbre; quatre grosses collonnes de pierre noire, avecq enrichissemens de vasseraens et soubvassemens , h moderne et anticque, lesquelles estoient devant ledict Autel de Nostrc-Dame ; treize estanficques (meneaux) de pierre de taille et maçonnerie, aussy rompues et desmolies; les galeries plommées et pied-droicts quiporloient les combles, ruinez, et va ul tes (voûtes) atteintes du feu; tous les combles de l'église, ruinés et brullés; toutes les plombmées ostées et emportées; tous les gonds des portes et des fenêtres, levez et pris; toutes les verrières brisées , notamment une qui avoil estédonnée par le feuroy Henry, en laquelle csloit emprainte son portraict et celuy de la Royne après, toutte peinte , et une autre de voerre paincte en histoire; » enfin tout l'ameublement intérieur, portes , châssis, grilles et clôtures du chœur et des chapelles, .rétables, pupitres et chaires , tout disparut dans le pillage

On fil plus. Il y eut un massacre de prêtres dans l'église deSaint- Nicolas 2 , où lacélébration du culte fut interrompue pendant six moisMJn pauvre Cor-

f d ) Procès verbal du 45 mai 1568, rédigé par Antoine Oùuni , Lieutenant • général en la sénéchaussée ; copie mste de la fiibliojhèquc de M. Eug. de Rosny, de Lozembrune.

(2) Déposition juridique d' Es tienne Le Banco;, devant le mayeurde Boulogne, le 45 Xbre 1611. a Id. de Katherine Le Eebvre.

(S* Le Registre «des Baptesmes des petits enfans t de la paroisse de St Nicolas, 1553-1594, conservé aux Archives du Tribunal civil, semble indiquer que les désordres dont nous

Chap. X 17. — Pillages et ruines. I f 9

délier, que la vieillesse et les infirmités retinrent dans son couvent, fut inhumainement é^or^é 1 : on poussa même I acharnement au point de poursuivre, «jusqu'aux communes de Leuhrinjîhen , » un prêtre qui fuyait « pour cmpcsçhcr qu'il n'eût esté massacré avec les autres 2 . »

Veut-on savoir si la faction n'en voulait qu'aux prêtres? Qu'on liso les comptes aux deniers communs, octrois et reveuus patrimoniaux de la ville de Boulogne, pour l'année 1 5G8 ; on y verra que les « calholicques ont esté conlrainclz soy absenter et eulx retirer, tant ès villes do Monslrcul et Calais, que auilres lieux ; » et qu'en conséquence les finances de la ville ont été dilapidées. Qu'on ouvre le registre aux délibérations du Corps do ville; on y lira quo des remises considérables ont dû être faites aux fermiers des octrois, à cause des perles par eux éprouvées « à l'occasion des trou-

» bles et séditions 5 raison aussy du désastre ,

» sacq et pillaige du Bourg "la Basse - ville ] >

parlons ont eu lieu à une époque un peu plus ancienne; on y kit en effet : • Augst 4567 — 12 — . Depuis ce temps Buullonnc a esté occupé par les Huguenolz, Icsquelz ont démoly les églises et ne ont permis es ire administiez aulcuns sacrement z selon l'ordonnance de l'Église clireslienne et calholicque. On a rccommeiichiet à administrer les taercmentz ecclésiasticques aud. Bon lionne et y célébrer la sainetc Messe, le samedi du Di- Dicnce In ramis pafmarum , dixiesme jour d'Apvril , an 1568.

Pour nous , ayant à parler de la cathédrale, nous arons du n^us en rapporter au procès verbal officiel rédigé par le secrétaire du chapitre, au mois de janvier 4568 et transcrit sur le registre aux délibérations.

( 1 ) Floruit in dicto conventu quidam Pater nomme Ludovicus , qui jam omnino decrepilus ab haereticis Bolouiam çra*santibus occisus est anno Domini 4567. De quo Gunzaga , Piquetus etalii; quod eliam seniores civitatis testant ur.-- Déclaration du Gardien et des Heligieux des Cordeliers de boulonne, sur l'époque* de leur établissement et sur les autres faits y relatifs, 2 mars 4647. ~t-Original ras , de la Bibliolh. de M. Ed. Laiteux, du Denacrc.

( 2 ) Déposition juridique de Katherine Le Febvre , jam. cit. *

iî>0 Histoire de N.-D. de Boulogne*'

» rclrailc cL absence de la plusparl des liabilans de

» coslo cl i cle \ il le cl bourg, quy, durant ledit temps

» et lesdils troubles s'esloient relirez ès villes do

» Monstrœul et Callais , pour les insolences el

» cruaultez des Huguenolz et aullres sécli-

» tieulx et gens de la nouvelle oppignyon ,

» qui lors s'estoient emparez dccesle dicta ville 1 . »

Les Huguenots restèrent maîtres de" Boulogne jusqu'au 25 avril 1 508, et gardèrent même plus longtemps encore le Cliàlcau. Lorsque les catholiques purent y rentrer, on s'occupa de chercher l'Imago miraculeuse de Notre-Dame: les fouilles qu'on fit en divers endroits , sur les indications fournies par la rumeur publique , n'amenèrent aucune découverte. Les uns disaient que les réformés l'avaient réduite en cendres , avec toutes les statues des saints; d'autres prétendaient qu'on l'avait jetée dans un puits 2 , ou dans quelque immonde cloaque; les bonnes âmes espéraient qu'un jour la bénigne Vierge sortirait de son obscure retraite, pour être replacée sur son autel.

Le Chapitre de Térouanne put enfin se réunir a Boulogne, le 1 er mai; et l'office divin fut chanté de nouveau dans l'église de St-Wulmer, jusqu'à ce que la cathédrale pût être rouverte au culte , 18 juillet. L'année suivante, au mois de septembre , le doyen des chanoines , Pierre Darques , mourut victime d'un lâche assassinat , qui fut attribué aux

(4 ) Délibération du 3 sept. 4569, à propos de la ferme de la B»assei ie.---Cf. Le compte aux d en ers communs de d56S.

(2) Le 42 octobre 4567, on l'avait «fait rechereber par tous les serments et autres personnes « tant ès maisons, courts,

jnulins, caves, , fossez , puytz et tou> autres lieux où Ton

pouvoit suspecter ladite Imaige avoir pu est rc portée ; » plus t ml, on avait fait des fouilles, «cn're aultres lieux , dans un puids estant \cr$ la court «le PEvesrlié , sans que l'on l'eus! pu reeoivrer, *inon un bonnet qui csloit posé sur la leste de limage. .

Uigitized by

Chap. XV L— Réparation de la Cathédrale. 151

Huguenots. Enfin, le 3 avril i570, Claude-André Dormy , premier évêque de Boulogne , depuis l'érection du siège par S. Pie V, fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale. Il venait y réparer des ruines.

Grâces aux efforts réunis des chanoines et dos religieux de l'Abbaye, dont les biens étaient encore soumis à une administration distincte, l'église et les bâtiments claustraux reprenaient peu à peu une forme plus décente. « Mais, dit Antoine Le Roy, le travail surpassoit de beaucoup les force* du Chapitre, et ce qui resloit à faire estoit encore

[dus considérable que ce qui estoit déjà fait. La ibéralité do nos rois, comme premiers fondateurs de cette église, eust esté d'un grand secours dans celte occasion, comme celle d'Henri II l'a voit esté, après la ruine causée par les Anglois ; mais les guerres civiles, qui épuisoient alors leurs finances, ne leur permettoient point de faire de semblables

[profusions. Tout ce que purent faire Charles IX et a reine sa mère, nonobstant la confusion de leurs affaires, ce fut d'accorder quelques arpens de bois des forests du Boulenois , pour ta réédificalion des combles de l'église, et particulièrement de celuydu chœur, auquel on travailla d'abord. La maîtresse vitre qui est au dessus du grand autel, fut aussi un effet de la piété de Charles. On y voit encore son effigie à genoux , avec celle d'Élisabelh d'Autriche son épouse, aussi à genoux, devant la figure de Nostre-Dame de Boulogne dans un batteau , lo tout orné de divers écussons de France, d'Âustriche et de Médicis mi-part y de Boulogne.

* Henry III, frère et successeur de Charles, à son avènement à la couronne, fit une considérable donation de chesnes pour la continuation de»

ouvrages commencez; mais, comme il arrive souvent, par la lenteur des officiers déléguez, çue lea

152 Histoire de N.-D. de Boulogne.

intentions des princes, en matière de grâces, n'ont pas tout leur effet , celle d'Henry lut limitée à cinquante pieds d'arbres, qu'on eut mesine assez de peine à obtenir.

» Plusieurs particuliers contribuèrent aussi du leur, pour un si digne sujet. François de Chaumeil, seigneur de Caillacq , successeur de Morvilliers au gouvernement du Boulenois 1 , fit paroistre un zèle pour la maison de Dieu , qui luy acquit autant d'estime et d'affection , que son prédécesseur , par une conduite toute contraire , s'estoit attiré de tfiépris et de haine. Non content d'appuyer les intérests de l'Eglise en tout-co qui dépendit de son pouvoir, il y laissa me s me des marques de libéralité. La vitre, ornée de sa représentation et de ses armes avec celles de sa femme, qui est à costé du chœur au dessus de la chapelle de Saint-Nicolas ,, en est une qui subsiste encore aujourd'huy 2 . Antoine d'Estrées, qui fut gouverneur après luy, ne fit pas moins de bien à l'église de Nostre-Dame. Les registres du chapitre, sous l'an i58i, font mention de

» Diverses autres personnes voulurent dans la suite avoir quelque part à l'a ché veinent de ce grand ouvrage, que lo malheur des temps faisoit traîner si fort en longueur. Messire Claude-André Dormy fut un des premiers à y exciter les autres par soa exemple, comme le témoigne encore la grande vitre qui suit celle du roy Charles IX. L'autre immédiatement après fut un don de maistre Adrien Bertrand, moyeur, et de demoiselle Jeanne du

(1) Les registres du Chapitre luy donnent la qualité* de Gouverneur de Boulogne, au commencement d'aoust 4 568.«^ N. de Le Roy.

t2) Il choisit sa sépulture deyant celte chapelle en 1576.— N. de Le Roy,

Chap. XV J. — Vœu du Cardinal de Crèquy. 153

Wicquet sa femme. Quelques-uns tournèrent les effets de leur libéralité à la réparation des voûtes et autres ouvrages de la nef, qui fur la dernière à estre remise en estât. D'autres enfin étendirent leur dévotion jusqu'à l'entier rétablissement des chapelles qui estoient demeurées en ruine. L'autel de Sainte -Anne, depuis converti en chapelle de la Vierge, fut élevé par Claude de Vendôme, soigneur de Ligny-sur-Canche, gouverneur de Dourlens. La chapelle do Saint -Nicolas fut réparée par les seigneurs de Blondel- Joigny, barons de Bellebrune; celles de Saint- Jean et do Saint - Jacques, autrement du Saint -Sacrement , par les sieurs Guillaume Mouton et Robert de Purenty , tous deux mayeurs de Boulogne.

» Pendant mie Ton travaillent ainsi à réparer les brèches de ce Temple désolé , quoy que les choses y fussent en assez mauvais ordre , et que l'Image en fust absente, on ne laissa pas d'y venir offrir des vœux; et , ce qui est plus étonnant , on y vit mesme de temps en temps éclater quelques miracles. Il faut bien dire qu'il y estoit resté une je ne sçay quelle impression de vertu céleste, et que comme le soleil dans sa plus forte éclypse envoyé toujours quelque espèce de lueur, dont l'air est pénétré , aussi Celle , dont Image miraculeuse estoit plongée dans les ténèbres, attiroit encore une bénigue influence sur son église.

» Il se trouve encore dnns notre Thrésorerie Quelques uns de 'ces vœux dont je viens de parler : il y en a un entr'autres, qui, pour la qualité de son aulheur , mérite d'avoir place dans cette histoire: il est du cardinal Antoine de Créquy, évesque d'Amiens , neveu du dernier évesque de Thérouenne de mesme nom: c'est ce grand cardinal qui passa pour un des plus illustres prélats de son siècle , plus par son insigne piété que par son

gMf tthicrcdti 1 û*pûfcs<» ide pfo;ta>!lX «U,.ta gWtfuV bifQ^.dc. sa famille , dont il devint l'unifpie heiri^ ûeiî.do costé do la brandie destinez. Il exjHun^ tes. tendres senticaens de son cœur, envers Noi^rc/r Daine de Boulogne, par ces vers gravez sur unf plaque d'argent, qu'il laissa ea témoignage du vœu et du pèlerinage qu'il fit à Boulogne, au retour de son voyage de Rome «•

nu Vl Divk VIRGLM MAftLE c Bononiensi Sacrum.

Vpslquam ego sum patrijs, comités quoque , redditus c ^'~ XJrhe ex Romuled , salvus et incolumis ; [omj file via vota tibi, meritasque cxsolverc grates

Tandem aliquando datum est y ir go sacrafa, mihi. Hoc ego te his lachrymis exposco : suscipe Cfirisli * • Nommstt eausœ mite patrocinium. - ' Sanet is infliclum Sponsm miserabile vulnus,

- -Victriciqucregat Gallica sceptra manu. « Commissumque gregem, liber os, ckaramque sororenu Familiamque oculis comibus aspiciat. , % Qhbrectatorum lacérer si morsibus, in me h&c j^l k Turia tamen valêatjuris habere nihil.

Fceïix, Q fœlix % Yirgo sanctissima , votis

• Si facili 'omnipotens annuat orë Deus, Quod super est vitœ, tibi pendant : te tlleoto^uA Te Dominam Cœli dicerc nm vereor. * • *

Poncbat A. Cardinalis de GrequX ; :: ï5- CaJ. Jun. ifyi,, (( .

C'est li dire: . • :I . . ^

Page 1