‹ Histoire de NotreDame de BoulogneChapitre 22 sur 45 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Diverses marques delà protection 4e No Ire -Damer de Boulogne dans les plus grands dangers sur les eaux ; — Grdces et faveurs accordées à plusieurs, personnes, qui ont intoqué son secours dans leurs maladies t—Guérisons miraculeuses*, 1633— 1641 . ,

Sua la fin de janvier i633, «un navire de Saint- Valery-sur-Somrae , qui revewoit de Middelbourg, chargé de marchandises pour Dieppe r estant à la hauteur de Dunkerque, fut tout-fc -coup agité par les tourbillons d'une tempeste très-violente. Le maislre du navire, appelé Antoine Lamy,

(0 ibid. pp. m-uz. . .. ..; . J.

Chap. JiX.r— Marins sauvés du naufrage, 105

se mit aussitosl à sonder l'eau, pour rcconnoislro s'il y avoit quelque danger de toucher terre, et comme il estoit occupé à cet exercice, une vague qui passa par. dessus le vaisseau, l'emporta et l'ensevelit dans la mer. La mesure disgrâce arriva à deux autres compagnons de l'équipage, que les flots redoublez emportèrent pareillement. I! ne resloit plus que Pierre Lamy, (ils d'Antoine , avec un autre garçon, et il ne s'atteudoit pas à un meilleur sort , lorsqu'une nouvelle vague, que le vent poussa sur le tillac, le précipita aussi dans la mer ; mais s'estant écrié en ces mots : ISostrc-Dainr de Boulogne, ayez pitié de moy, priez Dieu pour moy, à l'instant mesme une autre vague le rejeta sur le vaisseau entre les cordages ; après quoy le calme revint, avec un petit vent favorable, ui le porta devant Boulogne , où il entra a l'aide e quelques petites barques. Ce qu'il a déclaré estre véritable, et asseuré par serment solemnel devant les mayeur et échevins de Sainl-Valcry, qui eiv ont icy envoyé l'acte en parchemin, signé d'eux et du déposant, et scellé de leur sceau ordinaire

« Le 10 d'avril de la même année, la Sainte - Vierge protégea aussi le sieur Fontaine-Le-Fèvre t écuyerdu roi, dans un extrême danger sur la mer, comme il repassait d'Angleterre en France 2 .

» Le 3 juin suivant, le marquis de Fontcnai, ambassadeur de France en Angletcrrre, comme il revenait de son ambassade , reçut de la Sainte- Vierge une semblable protection, dont il lui rendit le lendemain ses actions de grâces, et il fil présent, par reconnaissance , d'une somme d'argent à sa chapelle 3 . »

(*) Ant. Le Roy, édit. 1681, pp. 207. Cf. Abrégé, édiU 4830, pp. 110-111.

(2) Abrégé cit. p. 111.

(3) Ibid. Cf. edit. 1681, p. 208.

106 îHs'oire de N.-D. de Boulogne.

La marquise de Foulcnai , sa femme , h ne stf reconnut pas seulement obligée à la Sainte-Vierge pour avoir échoppé aux dangers de la mer, niais encore pour avoir obtenu un enfant, contre touto apparence, après plus de seize années de slérilité ; en reconnoissanec de quoy, elle fit célébrer devant l'Image miraculeuse dix-sept messes, comme pour marquer le nombre des années sur la fui dc^ quelles ce bienfait luy avoit esté accordé 1 . »

Pareille grâce fut obtenue, vers le même temps, par Catherine Flahault, femme du sieur de Guersanl de Calai?. Après de longues et cruelles mala-t dics, espérant contre toute espérance, elle obtint du Ciel, par un vœu à Notre-Dame de Boulogne; le bonheur d'être mère. Lorsque son enfant fut âgé de six mois, c elle Te (il apporter dans la cha* pelle, pour l'offrir en aclions de grâces à Celle de qui elle croyoit le lenir , et, en mémoire de celle consécration , elle le tint vêtu de blanc pendant trois ans entiers.

» Vers ce mesme temps encore, une bourgeoise de Lille, appelée Jeanne Clerbaut, obtint une faveur presque de mesuie nature, en suite d'un vœn fait à la mesme intention. La lampe d'argent qu'elle envoya d'Jpres, où elle faisoit alors sa résidence, et qui fut présentée à la Vierge, le premier dimanche d'octobre, fesle du Saint-Rosaire , fut le témoignage de sa reconnoissance.

» Le 5 juillet de la même année i633, G rationne Desmarcsls, femme de Guillaume Ambroise, habitant de la ville de Monlreuil , fut attaquée, vers le terme de sa grossesse , de douleurs trèsvéhémentes, qui la travaillèrent sans relâche pendant quatre jours, et la réduisirent à un tel point de foiblesse que ceux qui csloient présens la voyant

(t) Eilil. 46Sl.p.3!6. -

Chap. XX.—Gtiéiùons diverse*. 197

sans pouls et sans son liment la tinrent pour morte'. Elle revint à elle tout à coup et se délivra heureusement de son fruit, aussitôt qne son mari lui eut appliqué sur l'estomac une parcetle du bois de l'image de Notre-Dame de Boulogne et qu'il eut voué un pèlerinage en son église. Us s'en acquit* tèrent tous deux le i5 octobre , accompagnés de quelques-uns de leurs parents et du sieur Laisné, curé d'Ecuires-lès-Montreuil , et laissèrent une déclaration signée d'eux et de quelques témoins 2 .

Uq homme du pays de Vimeux, Jean Fournier, demeurant au village de Feuquières , souffrait d'une maladie très- violente , depuis plus d'un an $t demi. Ayant eu la pensée de faire un vœu à Notre-Dame de Boulogne , « il fut entièrement délivré de tous ses maux. C'est ce qu'il a certifié luy-mesme par acte public, le 18 de juin i633, lorsqu'il est venu à Boulogne s'acquitter de son vœu 3 . »

On a dit que les procès-verbaux de ces guérisons attestent la crédulité de ceux qui les ont signés ; heureux les malades qui peuvent être crédules de .cette façon 1

« Barthélémy Rose, matelot du havre de Boulogne, ayant perdu l'usage de ses jambes depuis deux ans, et ne pouvant se soutenir qu'avec deux potences, se trouva tout d'un coup délivré de celle fascheuse incommodité, dans le temps qu'il accomplissoit son vœu dans la chapelle de Noslrc- Dame, où H laissa les potences avec lesquelles il s'y estoit transporté , et s'en retourna d'un pas libre et asseuré dans sa maison. De quoy l'on dressa, le 8 octobre i633, un procès-verbal, signû

(2; Abrégé cit. p. 42 1.

(3) Êdit, d684., p.23G.

198 Histoire de N.-D. de Boulogne.

de luy, en présence de M. Le Vasseur, chanoine of trésorier de l'église cathédrale, et de quelquesautres personnes ecclésiastiques et séculières, qui confirmèrent les témoignages par leurs propres souscriptions \

» Une fille Je ce païs [du Boulonnais], appelée Péronne Bouchard, dont nous lisons souvent le nom dans les anciens registres <ks messes qui se sont dites dans la chapelle, fut guérie, en décembre i635, d'un chancre qu'elle a voit à la bouche ; et elle regarda cette guéris on comme un efiet de sa dévotion envers Nostre-Dame de Boulogne, devant laquelle elle fit célébrer la messe en actions de grâces *.

La même année , « Jsabcau de La Rue , femme de François Ferbet„ fournisseur, demeurant à Calais, vînt à Boulogne rendre ses actions de grâces de la guérison d'un ulcère très-dangereux survenu au bras de sa petite fille , âgée d'environ quatre ans. Elle en avoit extrêmement souffert pendant deux mois et a'en avoit pu estre guérie qu'après qu'on eut fait pour elle une neuvainc devant Nostre- Dame et qu'on eut offert en sa chapelle un hjras, de cire blanche 3 . ■ «

» En décembre i633, un matelot de Boulogne, appellé Jean de Deurne > fut délivré d'un grand péril de mer par la mesme intercession. Comme il revenoit de Bourdeaux , une tempeste soudaine l'accueillit et menaça son vaisseau, ainsi que plusieurs autres de sa compagnie, d'une perte inévitable. Tous périrent en effet, à la réserve du sien».; parce qull eut soin d'en recommander la conduiteà la sainte Patronne du Boulenois, à qui il u& f

(1) Ibid. p. 225. . )

(2) ; Ibid. p. 229. -}

Ibid. p. 231. . . . fc w)

Chap. XX. . Gaérison* diverses. 199

manqua pas d'en témoigner sa reconnoissanco à la -i fin de janvier suivaul*. » J

Au mois de février de Tannée i654t « un jeune homme de ce païs de Boulenois , nommé César Meignot, du village de Wirwigucs , estant subitement attaqué d'une maladie qui luy osla le jugement et la parole, et le mît dans une entière impuissance de songer a l'affaire du salut, ses parents ne creuront pas luy pouvoir rendre un meilleur office, que de faire au pluslost célébrer la Messe devant l'Image de celle Mère de miséricorde, afin qu'il plust à Dieu par les mérites de son intercession, accordera ce pauvre moribond la grâce de pouvoir faire sa confession avant de mou* rir. L'effet suivit leur attente; le malade, contre toutes les conjectures de la médecine, se vit, incontinent après, en estât de songer à la plus importante affaire du chrétien et eut la consolai ion de ne partir de ce monde qu'après s'estre muni des Sacrements de l'Eglise 2 .

» Marguerite De Lattre, fille de Dominique,, sieur d'Ausque et de Damoiselle Jacqueline Lo Clerc , demeurant à Boulogne, fut guérie d'un ulcère invétéré, après une neuvainc do messes célébrées à son inlenlion devant la sainle Image 3 (février 1 634-)

» Ce qui arriva au mois de juin de la mesure année, en la personne de Guillaume ïhiembronne,

!>rocureur et greffier en la Sénéchaussée de Bouenois, est encore plus digne de considération. 11 avoit souU'crt pendant trois ans et demy de grands maux aux jambes, auxquelles il s'élevoit de jour en jour des pustules chanercuses, suivies d'indu uv

(1) Ibid. p. 205-20G.

(2) Ibid. p. 236.

(3) lbid. p 212 21a.

200 Hislove de N.-D. de Boulogne.

mations et ouvertures très cuisantes. Il n'y eut point de remèdes qu'il n'employast pendant tout ce temps-là , pour adoucir la violence du mal qui le lourincntoit jour et nuit : mais comme tout cela ne luy servit de rien, il aima mieux enfin mettre toute sa confiance en Nostre-Dame dè Boulogne, il luy adressa ses ferveutes prières, et fit plusieurs Ncuvaines en sa Chapelle : après quoy il se trouva parfaitement guéri, au grand élounement de tous ceux qui avoient eu connoissance de son mal, et particulièrement du médecin et du chirurgien dont j'ay cru devoir icy joindre le témoignage» pour plus grande preuve de la vérité du miracle.

« Nous Antoine Balhan, médecin ordinaire dô » cette ville de Boulogne, et Daniel Malval , chi- » rurgien en ladite ville, certifions à qui it appar- » tiendra, que maistre Guillaume de Thicmbronno » âgé de 48 ans, procureur et greffier en la Séné- » chaussée de Boulenois, auroit esté affligé, l'es- » pace de trois ans et demi» de plusieurs ulcères » virulentes , chancreuses et malignes, ès deux » jambes, lesquelles n'auroient pu estre guéries » par aucuns remèdes que les chirurgiens et plu- » sieurs autres personnes faisant profession de » traiter, panser et guérir tels et semblables maux » ou maladies, y ayent pu appliquer» soit cmpla- » 1res, onguens et baumes dè plusieurs sortes : » tous lesquels remèdes estant inutiles, et n'ayant » de rien profilé, ledit de Thiembronne auroit eu » recours aux prières et oraisons , par lesquelles » il auroit réclamé la faveur, secours, et interces- » sion de la bienheureuse Vierge NoslieDame do » Boulogne, par le moyen et assistance de laquelle, » Dieu, souverain médecin, auroit parfaitement » guéri Tune et l'autre jambe, comme il appert » manifestement : ce que nous avons considéré, * visiié, palpé, et exactement examiné, ce qu'a-

Cliop. XX, — Protection contre la peste. 20 1

> vons jugé eslre divinement et miraculeusement » arrive à l honneur de Dieu par les prières et in- » tercessions de sa bienheureuse Mère : en foy » et témoignage de qnoy, avons signé celte attes- » talion. Fait ce neufvième juin 1 6 3 4 . Signé Bal- » iian, médecin, D. Malval'. »

En i656, la peste ayant éclaté dans le Boulonnais, « diverses familles reccurent h celle occasion de très-nolabics assistances de la Sainte-Viorge, dont elles vinrent faire leurs déclarations à Boulogne, et leurs remerciements tout ensemble. Le sieur Obacq, de Calais, fut un de ceux qui en eurent en ce temps-là plus do sujet. Sa pelite fille ayant conversé avec un autre enfant qui estoit malade do la peste , sans qu'on le sceust , et qui en mourut peu après, fut aussi attaquée d'un grand accès de fièvre, jugée pestilentielle par les médecins. Le père , touché au point que l'on le peut eslre en semblables accidents , la voua aussitost à Nostre Dame de Boulogne, et promit un pèlerinage h son intention. A peine le vœu fut-il formé , que l'enfant retourna en parfaite santé et leva toute crainlc de l'esprit des parents, qui en vinrent faire leurs actions de grâces et leurs dépositions.

» Le 12 de may de l'année suivante (1637), les confrères de Saint- Pierre de la paroisse de Marcqlès -Calais, dont la charité est principalement occupée à la sépulture des personnes mortes de maladies contagieuses, vinrent en pèlerinage à Boulogne, pour remercier Nostre- Dame, des grâces qu'ils croyoient en avoir receues dans une infinité d'occasions très-périlleuses , où leur employ les avoit engagez pendant tout le cours de la peste.

» Le 9 de septembre de la mesme année, un habitant de la ville d'Àrdrcs , Jean Plouvion , attesta

(l; Ibid. pp. 229-231.

202 Histoire de N.-D. de Boulogne, ' ^

- par un acte signé de luy, que son fils âgé d'envi- .roQ dix-huit mois , estant à l'extrémité, et luy ftiir le point d'estre enfermé avec toute sa famille, par ordre du magistrat , sur le rapport qu'on luy lit que la maladie de Pcnfant estoit contagieuse , il se senlit inspiré de Vouer un pèlerinage h Noslre- I)am3 de Boulogne, et qu'aussitost son (ils fut veu amender avec un si prompt et si extraordinaire changement en sa personne, que sa mère le leva le jour mesme.

» Peu de temps auparavant, un habitant de Calais, Charles Thiembrone, frappé de peste, et déjà atteint d'un charbon à la cuisse , âvoit trouvé sa guérison dans un vœu qu'il avoit fait à Nostre- Dame de Boulogne , et dont il s'estoit acquitté le Dimanche a 5 octobre 1657, donnant un cœur d'argent enflammé , pour estre mis dans la main de l'Image \

» Le vœu de Jean Blondcl, marchand, demeurant à Samer, fut aussi promptement exaucé. 11 estoit extrêmement incommodé d'une rupture, et il y avoit longtemps qu'il en souffroit ; mais s'estant avisé un jour d'invoquer l'assistance de Nostre-Dame de Boulogno, il s'en trouva incontinent guéri, ainsi qu'il Va témoigné luy-mesrae, souscrivant a l'acte qui en fut dressé, le 2 d'octobre 1639, lorsqu'il vint accomplir son pèleri nage a . »

Enfin , l'an 1641, «Marguerite Fromentin demeurant en la ville basse , impétra la guérison de Jeanne Evrard, sa fille, paralytique depuis longtemps. Elle en vint rendre grâces à la Sainte- Vierge, le 7 juillet 3 . »

(1) lbid. pp. 212-213.

(2) lbid. p. 237. , f

(3) lbid p. 225.

Louis XI II s'engage à payer te cœur cTor. ÎOS

C'est ainsi que la Vierge, Secours des Chrétiens, exauçait la prière que lui adresse l'Église :

Sentiant omnes tuum juvamen y quicumque tuum sanctum implorant auxilium.

Page 1