CHAPITRE XXIII
Protection de Notre - Dame de Boulogne contre la peste ;— Pèlerinages accomplis par les paroisses de Sangalte , de Licques, de Saint- Pierre- lès-Calais^ de N.-D. de Câlais, de Samer, de Wtssant , de Guînes 9 d'Oye, de Prearcs, d'Ifucqueliers , de Wimille, de Coicrset et autres , 1697—170*2.
Bossuet a dit quelque part que t l'es grandes prospérités nous aveuglent , nous transportent, nous égarent, nous Font oublier Dieu , nousmêmes et les sentiments de la foi. » Aussi , est-ce principalement dans les grandes calamités que la loi des peuples se réveille. Lorsque la main de Dieu s'appesantit sur la terre; quand on désespère de tous les seeours humains, c'est alors qu'on lève les yeux en haut, pour demander avec larmes au Dieu de miséricorde et à la Vierge clémente , le* pardon, l'indulgence et la paix.
De tous les fléaux que Dieu emploie pour ramener à Lui les peuples égarés , il n'en est point de plus redoutable que la peste, sous les diiFércntes formes avec lesquelles elle promène ses ravages dans l'humanité. Nos temps modernes l'ont vue. disparaître, momentanément du moins, pour faire place h une autre épidémie dont l'action n'est pas moins cruelle : mais , au moyen-âge , et dans les derniers siècles, elle se montrait 5 de fréquents intervalles ; et, suivant l'expression du poète , elle répandait partout la terreur. Notre ville a souvent payé un tribut fatal à cette terrible messagère du courroux céleste. Les populations consternées s'enfuyaient à son approche: en i6«5 et en i636, de nombreuses familles sortirent des murs , pour
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aller camper sous des lentes , aux environs de la ville %
Noire-Dame de Boulogne , comme on a pu le voir dans les chapitres précédents , a plusieurs fois adouci, en faveur de son peuple, les rigueurs do ces effrayantes calamités. « Celle dangereuse maladie, qui frappe indistinctement toutes sortes de personnes, a su quelquefois distinguer ceux qui s'étaient réfugiées entre les bras de cette Vierge , et n'a pas osé les attaquer. Ayant fait de grands ravages dans la ville de Boulogne, l'an 1625, elle s'upaisa toul-u-coup , en suite d'une ncu vaine que Ton fit à cet effet devant l'Image miraculeuse. L'au i636 , la même maladie ayant reparu dans le pays, diverses personnes eurent encore recours à son intercession, et en ressentirent les effets salutaires , ainsi qu'il est attesté par les déclarations qu'elles firent en venant lui rendre leurs très-humbles actions de grâces.
« On a toujours cru devoir attribuer à un effet visible de la méuie protection un événement arrivé en ifi66. Lorsque la peste infectait toutes les places voisines de Boulogne, celle-ci en fut heureusement préservée , à l'exception d'une seule maison de la basse-ville, que plusieurs personnes fréquentèrent habituellement , sans qu'aucune y prit le mauvais air. 11 n'y a persjnne qui ne se souvienne qu'en ce lemps-15 les habitants no se précaulionnaient pas assez contre un mal si dangereux et si prochain, et qu'ils gardaient peu soigneusement les avenues de leur ville; mais l'intercession de Celle qui a établi son trône dans l'enceinte de ses murailles» et dont l'image orne toutes ses portes , valait mieux que toutes les précautions humaines; d'ailleurs les
(1) V. les registres tic calliolicitc des paroisses de Boulogne 9 ann. cit. (Archives communales).
Chap. XXllI. — Pclerincqes des Paroisses. 227
prières publiques que l'on faisait tous les jours dans l'église cathédrale étaient encore un puissant préservatif contre cette maladie.
» Dans ces temps de calamités publiques , au milieu des maladies contagieuses de différentes espèces , plusieurs paroisses du diocèse de Boulogne avaient fait au ciel des vœux et des promesses. Ç'a été pour s'en acquitter que, depuis quelques années, tant de personnes sont venues procession nellement honorer l'Image de la Sainte- Vierge. Le temps assez considérable qui s'était écoulé depuis ces vœux n'avait point effacé le souveuir des grâces reçues dans ces jours d'aflliclion : un juste sentiment de reconnaissance a réveillé les esprits; le zèle s'est ranimé; les paroisses de Notre- Dame et de Saint-Pierre de Calais • de Marck , d'Oye, de Guempe,. de Sangatte et de Bonningucs, du Pays reconquis , de Licques , de Prcurc , de Samer, de Desvrenne et de Wissant, sont venues, sous la conduite de leurs pasteurs, rendre à Dieu leurs solennelles actions de grâces , et se mettre , par de nouveaux hommages , sous la sauve-garde particulière de la protectrice du diocèse et de toute la province
Le lloy, qui écrivait ces lignes en 1704» n'a pas cru devoir entrer dans le détail de ces pèlerinages. Pour nous, qui, à un siècle et demi de distance, avons vu se renouveler la même foi et la même ardente piété dans les populations de notre pays, uous ne pouvons nous contenter de ces simples indications. Il faut redire aux géuératious contemporaines quels ont été les exemples donnés alors à l'Église et au monde par la dévotion de leurs ancêtres.
On remarquera que ce ne sont pas toujours les paroisses proprement dites, mais les confréries
(1) Ibid. rr . 117, 118.
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paroissiales, et principalement celles de Saint- Pierre , qui ont accompli ces pieux pèlerinages. Il est utile de savoir que les confréries de Saint- Pierre, inslkuécs d'abord dans la ville de Calais, puis successivement h Boulogne et dans beaucoup de paroisses du diocèse, h la fin du XVI* siècle, avaient pour but l'assistance des malades, dans leur agonie, et le soin de leur faire donner une sépulture honorable et chrétienne. Plus que les autrès fidèles , les confrères de Saint-Pierre avaient h redouter l'influence des maladies contagieuses : aussi ne doit-on pas s'étonner s'ils eurent plus de reconnaissance à témoigner envers la puissante Patronne, qui les avait protégés dans l'exercice doleur charitable ministère.
Les habitants du village de Sangatte ont donné, en 1686, le signal des pèlerinages de ce genre* h la fin du XVII e siècle. Le mardi de Pâques, 16 avril, dit Antoine Le Roy, « on les a veu venir processionnellement h Boulogne, au nombre de cinquante confrères, accompagnez du clergé de la paroisse, implorer l'assistance de h Sainte -Vierge, en l'honneur de laquelle ils firent célébrer une messe en musique, s'acquitlant ainsi d'un vœu qu'ils avoient fait dans le temps de quelque maladie populaire »
Un chroniqueur Boulonnais, Antoine Scolté, sieur de Vefinghen , personat de Bezinghen et d'Iimbry , nous a conservé une note exacte des pèlerinages qui ont eu lieu dans les dernières années du siècle. C'est un document qui nous a paru assez important pour être reproduit en son entier.
« Le 28 may 1G97, la confrérie de Saint-Pierre
de Licques 2 vint 5 Noslre-Dame de Boulogne en
(1) Abrège fie l'Uni, rie >Vtf., «Mil. p. iZii
(2) Laques, cuit, de G line*, Arr.7, I. E de Boulogne.
Chap. XXI IL — Pèlerinages des Paroisses, 229
procession, avec croix et bannières, arec grande aflluence de peuple , où elle luy rendist ses hommages , où elle fit chanler nnc messe solcmnelle ; ensuite elle fust à 'Saint-Nicolas do la basse-ville de Boulogne , puis de 15 elle fust implorer le secours de saint Adrien, à Bainglhun 1 .
Le i4 juin 1697 la confrérie de Saint -Pierre , de la basse - ville de Calais 2 , vint en procession à Noslre-Dame rte Boulogne, avec croix et bannières, avec grande aflluenec de peuple; où elle fist chanler une messe solcmnelle, puis elle s'en fust à Saint -Adrien de Bainglhun.
« » Le 17 juin 1C97, les confréries de Saint-Pierre et de Sainl-Roch , de la ville de Calais, vinrent en procession , avec croix et bannières , et grande aflluenec de peuple; où ils firent chanler une messe solcinnclle ; ensuite s'en furent à Saint- Adrien de Bainglhun.
» Le 24 juin 1697, la confrérie du Saint-Rosaire et celle dé Saint-Pierre de Samer 3 vinrent en procession h Nostre-Damc de Boulogne, avec croix et bannières, et beaucoup de peuple; où ils firent chanler une messe solcmnelle , puis furent à Sainl- Adrien de Bainglhun.
» Le '21 juillet 169;, la confrérie de Sainl-Pierre, de Wyssant* vint en procession avec croix et bannières à Noslre -Darne de Boulogne, avec grande afllucnce de peuple , où ils firent chanler une messe solemnchV.
» Le 28 juillet 1697,1a confrérie de Saint-
(î) Lieu <lc prier inage , encore actuellement fréquente, à une 1. E. de Boulogne.
(2i Maintenant ville de Sainl-Picrtc-lcs-Calais, à S 1. N. E de Boulogne.
(3) Snnicr, chef-lieu «le canton , à 4 I. S. E. de Boulogne, f'ij Anc : cnnc ville du Boulonnais, à 5 l. N. de Boulogne.
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Pierre de Guisnes 1 vint en procession avec croix cl bannières à Noslro - Dame de Boulogne , ou ils firent dire uue messe solemnelle. lîlle estoii aussy accompagnée de beaucoup de peuple.
» Le 9 aoust 1G97, la confrérie de Saint-Pierre, de la Basse-Ville de Boulogne , viut en procession avec croix et bannières, à Noslre-Dame de Boulogne; où elle fist chanter uns messe solemnello en musique avec les orgues; où il y avoit une grande allluence de peuple; ensuite on fust on procession h Prcure*, à Saint-Adrien, et reviut par Saint-Adrien de Bainglhun.
» Le 7 juillet 1698, la confrérie de Saint-Pierre r d'Oyc 3 , au delà de Calais, vint en procession avec croix et bannières, avec grande aflluence de peuple, à Noslre-Dame do Boulogne, où elle fist dire une messe solemnelle , et de là elle s'en fust à Saint-Adrien do Baingtbun.
» Le 9 ira y 1700, la confrérie de Saiut- Pierre de Preure et de llucquiliers vint en procéssion avec croix et bannières et grande aflluence de peuple a Noslre-Dame de Boulogne , où elle fist dire une messe solemnelle.
» Le lomay 1700, la procession de Wimillc 1 vint avec croix et bannières h Noslro - Dame de Boulogno , avec une grande aflluence de peuple , où il y avoit plus de cinq cents personnes. » Antoine Le Boy ajoule que celte procession fut une des plus remarquables. « Une maladie populaire et presque inconnue aj anl affligé la meilleure parlie de la paroisse , et la mortalité s'élant répandue
<1) Chef- lieu de canloii, à 7 I. N. E. de Boulogne.
(2) Canton d'Huequelim, à 8 1. de Boulogue.
(3) Canton d'Audruick, air. de Saint Omer, à pre* de 10 lieues de Boulogne.
(4) A. 1. h N. de Boulogne.
Chap. XXI H. — Pèlerinages des Paroisses. 23!
d'une manière presque contagieuse dans la plupart des maisons, le curé, plein de zèle pour la conservation de ses chères ouailles , fil un vœu au nom de ses paroissiens à Noire -Dame de Boulogne, et vint l'accomplir , en les conduisant tous devant l'Image miraculeuse, où, après avoir célébré une messe haute, il communia le plus grand nombre de ceux qui l'avaient suivi. Tout -à - coup la maladie cessa , et la santé fut rétablie dans son troupeau *. »
» Le 24 juin 1700, les confrères du Saint- Rosaire et de Saint-Pierre de Samer vinrent [de nouveau] avec croix et bannières en pèlerinage h Nostro- Dame de Boulogne , avec une grande aflluence de peuple, où ils firent dire une messe solcmnclle 3 . »
Ce ne sont pas là les seuls pèlerinages qui aient été faits à cette époque par les paroisses du Boulonnais. Nous en avons cité d'autres , plus haut , d'après Taulorilé de Le Roy ; mais , bien que ces faits ne soient pas 1res- éloignés de notre temps, la mémoire s'en est h peine conservée. Un , curé de la paroisse de Courset 3 a élé plus prévoyant que beaucoup de ses confrères ; et , dans ses registres de catholicité, il nous a transmis, avec lous ses détails , le récit d'un pèlerinage accompli par ses paroissiens, en 1702. Nous croyons devoir en reproduire ici les principaux traits , afin de donner à nos lecteurs la physionomie des processions de cette époque.
Le jubilé de Clément XI venait d'être publié dans le diocèse de Boulogne. Au jour prescrit pour commencer les exercices, à l'accomplissement des-
(1) Abrégé cit. ddit. 4839. p. 149.
(2) Ant. Scott é , Mémoires mss., intitules Description de la ville de Bou(ogne-sur-mcr et du comté lioufognois; partie, pp. 124 cl 4 25. -{Copie de laBibliolh.de Boulogne, pp. 215 218.)
(3) Canton de Dcayia ,à 5 I. E. S. L. de Boulogue.
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quels àlait attachée l'indulgence , accordée par Te- Souverain-Pontife, le curé de Courset, Jean Heurleur, monta en chaire et fit à ses paroissiens « un discours tendre, sensible et pathétique , au sujet de 1'imporianco de ce jubilé extraordinaire : » et tous, d'après son témoignage , « se revêtirent de l'esprit de pénitence, animés du véritable désir et grand zèle d'observer exactement toutes les prescriptions nécessaires. » Parmi les conditions du jubilé il y en avait une qui montre, h quel degré s'était jusque là maintenue la foi des populations : c'était d'aller faire les stations dans une église assez éloignée des viflages pour que les ha bitants de Coursct, par exemple, n'eussent à choisir qu'enire fa collégiale de Fauquembergue et la cathédrale de Boulogne, l'une et l'autre à quatre ou cinq lieues de leur demeure. On résolut d'aller à Notre-Dame de Boulogne. Ce n'était pas chose facile, surtout dans la saison rigoureuse où l'on se trouvait. « Les fréquents orages , tempêtes , ouragans et tourbillons de vent très impétueux qui se succédaient les uns aux autres, joints à la continuation d'une abondante pluie, avaient tellement grossi les rivières, les torrents et les ravines » qu'ifs durent remettre pendant plusieurs jours l'exécution de leur pieux dessein, arrêté te 5 décembre.
Enfin, le 17 du même mots, il fut décidé qu'on partirait le lendemain, «après la célébration de la sainte Messe, une demi-heure avant le jour, laissant les infirmes, les vieilles gens, les enfants, Ie$ pauvres, et une personne de chaque famille, pour garderies maisons de chaque particulier.» La procession se mit en marche dans l'ordre accoutumé ; nous y retrouvons les usages qui sont encore actuellement en vigueur dans nos campagnes. En tête marchait le sonneur, portant la clochette. 11 était suivi de trois jeunes gens revêtus de petits sur-
Chap. XX 111. La paroisse de Courset, en 1702. 233
plis" portant la croix et deux chandeliers . Puis venaient les jeunes gens, deux h deux, bannière en tête. Les trois reines 1 suivaient , porlant leurs gros cierges, et précédant les jeunes filles qui marchaient aussi sur deux rangs. Ensuite « le clergé, » composé de cimj chantres , du receveur de l'église, portant le cierge pascal , et du curé. oflicUnl, s'avançait en ordre, en chantant le* litanies. Immédiatement après le clergé se trouvaient les seigneurs et dame de ia paroisse de Courset , savoir «Madame la Baronne de Courset, Marie-Ursule Dartois , accompagnée de Claude-César Maurice de la Pasture, chevalier, le Baron de Courset, Bertrand de la Pasture, chevalier, et H. de Sainl- Mauricc, seigneur de Sacriqtict ; » ces deux derniers, étudiants à Boulogne , ne se réunirent à la procession que lors de son arrivée sous les murs de la ville. A leur suite , venaient les hommes, puis les femmes , précédées du cierge de sainte Anne, porté par Tune d'enlr'ellcs.
Le voyage (car c'en était un) fut |>érillcux et diflicile. La pluie tombait en aboudance , et ces pauvres « pénitents pèlerins , » mouillés jusqu'aux os, avaient 5 franchir, avec les plus grandes peinos, « les ravines et d'horribles torrents d'eaux qui débordaient de toutes parts. » Arrivés à Queslrèqjics,
{i) On appelle Reines les jeunes personnes qui se dévouent p enduit l'espace de deux ou trois années au service de la Sainte- Vierge, dans l'église de leur paroisse. Elles sont ordinairement au nombre de trois. Leur fonction est de veiller à l'entretien des ornements et des linges de l'autel : ce sont elles qui , dans la plupart des églises de la campagne , s'occupent de la décoration de l'église, pour les solennités. Elles tiennent allumes , devant l'autel de la Sainte - Vierge , de grands cierges, ornes de peintures, de rubans et «le couionnes de fleurs, qu'elles portent dans les processions. Cet usage , très ancien dans le diocèse de Boulogne , est encore généralement conservé «te nos jouis»
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ils eurent beaucoup de mal à franchir «ces eaux sauvages, » aidés par « les charitables gens de ce village,» qui les secoururent et leur prêtèrent ,pour faciliter le gué, « leurs charettes , échelles , escaliers et planches. » Au bas delà montagne de Boullembert fMonllambert], ils trouvèrent la rivière «si considérablement enflée et débordée , que ne pouvant la traverser ni à Bainclhun, ni à Bouvry, ni à Questinghen, il leur fallut continuer de la côtoyer jusqu'au bout d'Eschinghen , où elle fui passée enfin, dit le narrateur, au péril d'un chacun* sur le travers des arbres couchés par dessus, ou de*
Îlanches qu'on y a pratiquées, en for mede ponts. ^ rois de ces braves gens manquèrent de périr en facilitant le passage aux autres, et furent reçus par charité dans les maisons voisines.
Ce fut un religieux spectacle que celui de cette pieuse procession arrivant en ordre sous les murs de Boulogne , tous portant dans leurs mains * « les uns des cierges f les autres des Heures ou des chapelets, et bâtons en forme de pèlerins. » Ils s'arrêtèrent d'abord aux portes de la ville, pour saluer l'Image de la Vierge par le chant de lAlma Redemptoris; puis, les cloches de la cathédrale s'étant mises en branle , ils entrèrent dans l'église pour y faire la première station , récitant les prières du 'grand jubilé, adressant au ciel de solennelles supplications pour la rémission des péchés, pour la Sainte - Église , le Pape > l'Évêque , le Roi * le Dauphin, les Enfants de France et pour la paix. Le cortège , qui s'était grossi , en chemin , de plusieurs habitants des paroisses limitrophes , fut encore augmenté à Boulogne par « les bourgeois , les bourgeoises et les citoyens de la ville , » qui se joignirent h la procession, pour la suivre, dans ses pieux exercices. Les mêmes prières ayant été
Divers dons et offrandes. 235
renouvelées successivement dans l'église de Saint- Nicolas, des Cordcliers, des Capucins et de l'Hôpital, les pèlerins trouvèrent, dans diverses maisons île la ville, un asile pour la nuit. Le lendemain , la procession reprit en bon ordre le chemin de Courset, où elle arriva , le soir du 19 décembre » au son des cloches , « à l'illumination de tous les cierges » et au chant du Te Dcum laudamus 1 .
De tels exemples édifient les fidèles, procurent le salut des âmes, fortifient la foi des populations et produisent, mémo sur les impies, l'impression la plus salutaire.