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ALMvE VÏRGINIS 'bÔLoVi* PROPE PÀRIS10S HOCCE AtfORlS ï»rCKVS SACRA IN PEREGRINATION £ VII KAL SEP-* MDCCCLVI DDD
350 Hieloire de N.~D. de Boulogne.
C'est-à-dire : « A Notre-Dame de Boulogne-sdr* mer, la confrérie <fc Notre-Dame de Boulogne -près- Pari*, a offert ce gage d'amour, dans «on pèlerinage de piété du «6 août i856. y>
Le R* P. Lavigne monte alors en chaire, et pfatid pour texte les paroles du psaume où Ton célèbre le bonheur des frères qui sont unis par les tiens de la charité: Ecce qtum bonum. « Je né vous disais pas tout, dans ce premier élan, au milieu de cette assemblée si nombreuse; ah! je ne vous disais pas tout ce qu'il y avait dans' mon cœur. Redisons le donc, mes frères, six cents pèlerins venant se jeter au pied de l'autel de Marie , mus par un même désir, voilà ce que nos pères du X e et du XI e siècles nous auraient envié. Paroisse de Boulogne-sur-Seine , Paroisse de Satnt-Sé vérin , soyez à jamais bénies , dans cette grande et large représentation ! Je parle de Paris; mais il y a dans cette assemblée une représentation de la France tout entière I Ces prêtres appartiennent a vingt, à trente diocèses; je sais des hommes qui sont venus des contrées méridionales de notre pays, un prêtre , dont la parole a si souvent retenti dans cette chaire; tous sont venus chercher une grâce dans ce sanctuaire où tant de peuples se sont prosternés devant cet autel, où tant de rois sont venus déposer leur diadème. »
Nous nous laissons entraîner au charme de celte parole chaleureuse qui va droit au cœur; nous voudrions redire cette admirable paraphrase du Salve Regina , dont l'orateur a développé les accents pleins de tendresse et de douce piélé; ces vœux pour les prêtres , pour les fidèles; cette ardente prière pour la conservation des jours précieux de l'homme qui a relevé le temple du Seigneur, afin qu'il en voie un jour la solennelle consécration; ces félicitations adressées aux vénérables curés qui
Chap. XXXII J.— Pèlerins de Paris. 351
ont amené ce pèlerinage; mais il faut nous hâter.
Le salut a été chanté par M. le curé de Boulogne-sur-Seine: ensuite les pèlerins se sont séparés , afin d'aller prendre une demeure pour la nuit, les uns dans les hôtels, où Ton avait retenu des lits pour eux , les autres , et c'est le plus grand nombre, dans les maisons particulières où l'on s'est fait une fète de les recevoir. L'un d'eux nous disait: «Je n'aurais jamais cru assister en plein XIX e siècle à une pareille scène du moyen â^e , ni voir se vérifier, si à la lettre , cette parole de saint
Paul , kospitalitatem sec ta rites. »
Le 27, pendant la messe du matin, une communion générale des pèlerins de Paris ( plus de cinq cents ) , est venu prouver combien ce voyage avait un caractère franchement religieux, combien le pèlerinage avait eu pour but l'inspiration de la foi» et non une vaine recherche de distraction et de plaisir.
A onze heures, M. le curé de Saint-Séverin , délégué par Mgr. Pévêque d'Arras , a fait la bénédiction de la cloche qu'il venait offrir au nom de l'archiconfrérie de N.-D. de Sainte-Espérance.
La robe de la cloche, donnée par la marraine, était une magnifique écharpe de drap d'argent brodée d'or, destinée à servir h la bénédiction du très - Saint - Sacrement dans la cathédrale. A l'exemple du parrain et de la marraine de In grosse cloche , M el1 * de Préville a voulu enrichir le trésor de Notre-Dame par l'offrande d'un ciboire émaillé, orné de filigranes et de pierres fines , précieux travail d'orfèvrerie , sorti des ateliers de M. Poussielguc.
,Nous ne dirons rien de plus sur le pèlerinage des Parisiens, qui a quitté notre ville le jeudi 28, à deux
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heures, après avoir défilé solennellement dans les pues delà cité, sous la conduite du digne et vénérable curé de Boulogne-sor-Seine, au chant non interrompu du Magnificat. Le R. P. Lavigne a prononcée la gare une allocation pleine de poésie, de verve et de chaleur, que nous regrettons de Savoir pu recueillir.
Le vendredi 29, lès marins du courgain de Calais, et une déptitatîon d'Àbbeville que des circonstances imprévues ont rendue peu nombreuse, puis enfin la paroisse de- Samer, en bon ordre , avec beaucoup de piété et d'édification, venaient compléter pour cette année la série des pèlerinages.
La clôture de la station-; signalée par une communion générale, et par une quête très-fructueuse pour l'achèvement de l'église (près de6,ooofr.), a eu lieu le dimanche 5c, au milieu d'une réunion de fidèles qui était certainement la plus considérable que la nouvelle cathédrale oit. embrassée dans son enceinte^ *
Ce qui fera surtout la caractère propre des pèlerinages de 1 856 , c'est l'impression de profonde piété qui animait les visiteurs. Après les secousses si violentes que l'irréligion a causées & l'ordre social, il est consolant de voir la foi chrétienne reprendre si universellement son empire sur les âmes. C'est la foi qui seule est capable de comprimer au fond du cœur humain les convoitises coupables; c'est elle seole qui est la vraie clé de voôte des sociétés : en voyant ses œuvres et sa puissance, pourrions* nous n'avoir pas confiance dans l'avenir?,
La station do i 856, avec les pèlerinages qui l'ont illustrée, a produit un grand effet parmi la population étrangère qui habite notre ville. Le déploiement des pompes catholique* ces témoignages si ardents de la piété populaire envers la Mère de Dieu, frappent d'un juste étonnement ceux qui ont
Chap. XXXI 1 1 . — Grâces obtenues. 363
été élevé» daus le* froides pratique» d'un culte purement intérieur. Dans ces occasions , les esprits révoltés ei fanatiques s'aigrissent eljs'irrilent ; mais les âmes droites et bonnes s'attendrissent et reçoivent quelques gouttes de la rosée divine.
Ainsi , tandis que plusieurs journaux anglais'déploraienl avec une misérable; pitié l'abaissement duo rai de la France* livréo comme un jouet au despotisme clérical , et dénonçaient les agressions qui se r tramaient h Boulogne contre l'indépendance'de l'Église établie,, des abjurations so préparaient, des âmes égarée» rentraient au bercail. Le R. P. Lavijjne a eu le bonheur de recevoir dans le sein de l'Église une demoiselle protestante , fille majeure , « et cela au grand déplaisir de sa mère, qui ensuite, «ans doute, ébranlée elle-même, venait avec sa fille remercier l'homme honorable, M. le comte do Çbahrol qui lui avait servi de parrain *
Qui pourrait dire combien d'autres âmes ont emporté en elles-mêmes la pensée de faire un examen approfondi des doctrines catholiques? Le soleil de la grâce a versé, dans le sanctuaire de Notre-Dame, son premier rayon sur ecs âmes , qui s'en iront achever ailleurs leur conversion.
Peu de jour» après la fin de la station* on apprit
rie pèlerinage des Parisiens avait été l'occasion plusieurs faveur* obtenues du Ciel par l'intercession de Notre-Dame de Boulogne. Ainsi, une personne qui a voulu rester inconnue, envoya un cœur de vermeil r en aetions de grâces pour la réussite d'une affaire importante. D'autres fidèles se sont réj,ouis d'avoir des conversions, des retours à Dieu, parmi les membres de leur famille; d'autres enfin ont éprouvé ces consolations de la foi qui affermissent les cœurs, les soutiennent dans les épreuves de
♦ {%) Uni ver* du 6 spplerolire 1856.
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la vie, et sont comme un avant-govt des joies du cief.
Un fail plus extraordinaire a vivement excité l'attention. Il y avait à Montmorency une jeune fille de quatorze ans , qui appartient à une famille honorable, et qui était, depuis quatre-vingt-douze jours couchée sur un lit de douleur, par suite d'une fièvre typhoïde compliquée d'une autre maladie* Cette pauvre enfant, pliée en deux par la violence du mal , ne pouvant se redresser, ni étendre la jambe droite, avait, été abandonnée des médecin» et on lui avait administré les derniers sacrements. Le mal empirait chaque jour : une neuvaine, qu'on fit à Notre-Dame des Victoires, n'avant amené aucune amélioration dans l'état de la malade, on se résignait au douloureux sacrifice de la voir partir de ce monde, lorsqu'on annonça le pèlerinage des Parisiens à Notre-Dame de Boulogne.
Le père de l'enfant voulut s'y rendre, accompagné de quelque» membres de sa famille. En parlant, il dit à sa femme : « Mon amie, je pars; mais ce n'est pas pour mon plaisir, je veux faire ce voyage en véritable pèlerin, pour adresser une bonne prière à la Sainte-Vierge afin d'obtenir la guérison de notre chère enfant. »
A peine ce père affligé touchait-il aux confins du Boulonnais, qu'une révolution s'opère dans le corps de sa fille. Un craquement se fait entendre, une poche ulcéreuse se déchire , l'enfant s'écrie : « Je suis guérie, qu'on m'habille î » Aussitôt elle se lève et se met a marcher parfaitement droite.
Quand, le surlendemain, son père fut revenu du pèlerinage, il la trouva convalescente, faible encore, mais allant de mieux en mieux , heureuse de sa
!;uérâon qu'elle attribue à la Sainte-Vierge et que es médecins trouvent merveilleuse \
(1) Voyez, pour plus de dtftails, la Relation eireontienciiô du pèlerinage de pUiù de Paris à Boulogne sur-mer, accompH par les
Ch. A\YA ///.—; Autel offert par le prince Torlonia. 35S
Tandis que les pèlerinages français reprennent leur cours avec une splendeur qui égale celle des anciens jours, des pèlerinages étrangers se préparent Nous savons que des cardinaux italiens n'attendent qu'une occasion pour venir prier aux pieds (le In Madonne de Boulogne. Plusieurs ëvêques et prélats, appartenant aux Etats-Pontificaux, ont manifesté le m£me désir. Du fond des Abruzzes , le pieux et docte évéque d'Aquila, Mgr. Luigi Filippi se dispose k venir apporter comme offrande do pèlerinage une magnifique croix de procession du XIII* siècle, en bronze niellé, avec émaux et filigrane* d'argent.
L'Italie paiera ainsi largement son tribut d'hommages, à Notre-Dame de Boulogne. Mois le don qui surpassera tous les autres , est celui que fait le Prince Alexandre Torlonia. Nos lecteurs se rappellent avec quelle magnificence le duc d'Aumont avait fait construire le jubé de l'ancienne cathédrale , et combien étaient admirées les sculptures dout Louis XIV avait décoré le maître-autel; mais ces œuvres royales, dont les débris sont conservés dans notre crypte, ne peuvent soutenir la comparaison avec les riches mosaïques, les marbres précieux et les délicates sculptures qui orneront l'autel de la nouvelle église.
Cet autel est en voie d'exécution, à Rome. On y travaille avec activité , depuis bientôt deux ans, et l'ouvrage n'est pas encore terminé. Tous ceux qui en ont vu les plans et les matériaux, s'accordent à dire qu'il n'y aura nulle part dans le monde un autel semblable. C'est une belle et chrétienne pensée. Les enseignements do la sainte liturgie nous apprennent en effet que l'autel représente Notre-Sei-
paroisses de S.-Séverin et de Boulogne sur-Stine, tet 26, 27 el 28 août 4856, par M. l'aùbê Cot(omb } vicaire à U paroisse de Sl-Scvtrin; ht. iu 18 de pp. 36.
3&G Histoire de N.-D. de Boulogne.
gneur JésusdiRiST et l'on peut dire, avfec saint
Anselme : Altare non fitpropter Ecclesiam, $eê Ecclesia propter Âltare:
L'autel de Notre-Dame aura quatre face*, siifr déux desquelles on pourra célébrer la messe. Uttë série d'arcades, formées par dés éolonneltefe d$nt le fût est en lapis martyrum, les bases et les cha 1 piteaux en bronze doré , règne tout à l'entour. L'intérieur de chacune des arcades sera rempli pu* un tableau en mosaïque représentant un sujet religieux. Les marbres les plu$ riche?, l'agate, l'onyx, L'arcangelo,. le lapis-lawili , la luinachella y sont employés. . ^ , >\
. Ce chef-d'œuvre est du. au «rayon d'un habile architecte , le chevalier Nicole Carnevali, quî^ en dirige les travaux avec beaucoup d'art et de goût. La peinture des tableaux qui doivent être reproduits en mosaïque avait d'abord été confiée a un élève de Gngliardi, mais aujourd'hui c'est à GagJiardi lui-même, peintre renommé, changé par lé gouvernement papal d# peindre à fresques l'église de Saint- Augustin, et à Bartotini, autre peintre distingué^qni travaille à do grandes fresques dans la basilique de Sk-Paul-hors-Us-imir^, que le Prince ïorlonia a demandé les modèles qui doivent servir au mosaïrisle. Confiés au pinceau des meilleurs, peintres romains de notre temps , ces tableaux ne peuvent manquer d'avoir le çaraçlèae de perfection qui distingue le* plus beaux monuments exécutés dans la capitale des beaux-arts. Constantin Rinaldi, le plus célèbre mo^aïftiste de l'époque, s'y entrera, nous assure-t-on, à la hauteur de sa renommée. I«a. partie des pierres est confiée à Joseph Léonardî, dont l'intelligence, surtout pour la disposition de* marbres et l'exactitude du traiail, est bien connue.
(4) AUarcqu'dem sinctœ Ecclesiœ ipse est Christi». (Pontifiti, rera. de ordinal, mbdlac.)
Chap< X XX 1 11. —Inscriptions de ïauiel 357
ÈTiabile bronziste La Uni est chargé des ornements en mêlai doré.
Un arclicofogue de premier mérite, le IL P.
Marchi, de la Compagnie de Jésus, a composé pour les deux faces latérales de l'autel, deux inscriptions commémora tives que nous sommes heureux de pouvoir publier. Ou côté de l/Épitre, audessous des armes du commandeur Charles Tocbmia , exécutées en mosaïque, on lira • :
MARIAE DOMNAE NOSTRAE BOLONIENS1 K AROLVS TORLONIA BQ. TORQ S, O. H. DOMO ROMA ALTABR HOC EXSTRVENDVM AîS l MO PROPOSVRRAT.
QVVlf ; OPERE 1NFECTO AD CAELESTKS AVOLAVÏT :