CHAPITRE Tirr
Pèlerinage des princes Anglais en t$btf,-±Waïlcran - de Luxcmbottrg ; — Lemàréchal Boucicdut ;—Gui 1 de ta Trémouille, etc. , .
0» a pu voir, dans le chapitre précédant, quo te ro? Jean fut accompagné dans son pèlerinage par les fils du rot d'Angleterre.. Le célèbre vainqueur de Poitiers, aveeses doux frèrea Lionel , duc de Clarence, et Edmund* cpmte deh Cambridge, plus tard duç d'York, ti'açkeimjiaieiitj
Pieusement vers noire ville, « tout ^ pied, » durant* espace des huit lieues qui séparent Calais de Boulogne. Il serait difficile de trouver un plus» remarquable témoignage de la vénération qus les* souverains des deux royaumes professaient pour lot s^ncttiaircou s'étaient accomplis tant; de; miraeles. ; «L'Angleterre, comme le fait remarquer Antoine te Roy, esloit trop voisine de la France pour/ ignorer ces grandes merveilles .\ c'estoient de» choses qui se pàssoient, pour ain^i dire , samis ses yeux 2 , v Les annales de njt^é^ligQ. o'oot pa«î cfehserve la mémoirë des offrandes que les «princes * Anglais ont faites avec le roi de France . « moût dévotement, » suivant le récit de Froissart. Apriis £lre restés « ce jour et la nuit en suivant de iez le
'(î) s Ihll.'1.e*Kof {Hist. cit., p. 70) aflrifiuc ce pèlerinage ki prince île Galles et a*^dur^leliaticîistrë < schl&: ft'Oiàsart nomme, à la véYt*é, le duc de Lan castre parmi le* Enfants d'Angleterre qui servirent le roi de France dans le royal souper, offert par Kdouard 111 à son hô'c « dans le cfeaslel de Calais ;» mais il nts le mentionne point parmi les pèlerins, comme on l'a yu p(u# haut p. 67, noie 2*
(2) llisl. cit , p. 07.
72 Histoire de JV\- Z). de Boulogne.
» roi , en grand revel [fêle] , le lendemain , Lien » matin , ils retournèrent à Calais , devers le roi » leur père qui les alleu doit \ »
1571. — Jean de Dormans, cardinal , évéque de Beauvais , chef du conseil du roi Charles V, étant venu à Boulogne en qualité de légat du Pape Grégoire XI , tivec l'archevêque de Canlerbury , aussi cardinal , à dessein de ménager la paix entre les deux couronnes de France cl d'Angleterre , donna à Péglise de Notre-Dame un calice de vermeil, que Ton possédait encore au temps où Lo Roy écrivait son Histoire. On y voyait, gravées sur le pied, « les armes de l'église de Beauvais , écarlelées de celles de la famille de ce prélat, qui sont d'azur à trois testes de léopard d'or, avec la croix de légat audessus. Il releva ce présent pr.r i n autre plus considérable; car il accorda plusieurs Pardons *h cette église, à laquelle ilestoil d'autant plus affectionné qu'il se souvenoit d'avoir esté témoin des merveilles qui s'y faisoient, lorsqu'il l'avoil tant de ibis visitée en la compagnie de Charles Y, pour lors régent du royaume, dont il tenoil les sceaux \ »
1374. Walleran de Luxembourg, comte de S.-Pol, s'élant mis en roule pour venir en pèlerinage h Notre Dame de Boulogne, fut fait prisonnier par le sire de Gomignics, capitaine d'Àrdres >
0) Froissait, chroniques sup. cit., p. 4SI.
(2) ]l était d'usage, à celle époque, que les évéques el le» cardinaux accordassent des indulgences aux églises qu'ils voulaient favorii>cr de leur protection. Quelquefois ils se reunissaient ru grand nombre pnur accorder chacun 100 jours, ou 40 jours d'indulgence tuivaut l'étendue de leurs pouvoirs. On trouve fréquemment dans les archives des églises des lellics de ce genre. Aujourd'hui les évéques ne jouissent plus de ce privilège hors de leur diocèse.
(3) Ant. Le Roy, Hisl. cit., p. 62, 63.
Chap. VIII. — Fondations et pèlerinages. 73
du parti clos Anglais. Froissart , qui nous raconte ce fait , dit que «li jonc conte de Saint-Pol Mes- » sire Wallcran estoit tout nouvèlement revenu » de se terre de Lorraine, et n'ayoit mie séjourné » à Saint-Pol trois jours, quant par dévotion il » s'esloit parti pour alcren pèlerinage à Nostre- » Dame de Bouloingne 9
1379. — Ce n'étaient pas seulement les grands seigneurs qui venaient de loin en pèlerinage dans le sanctuaire do Boulogne, mais aussi les gens du peuple ; témoin cette femme do Gand , dont parle Froissart , laquelle « toute lassée et échauffée , » s'assit en my le marché » et raconta a ses compatriotes ce qu'elle avait vu en chemin , en revenant « de pèlerinage de Notre - Dame do Boulogne 2 . »
1379. — Jeanne de Clermont , femme do Jean 1er, comte d'Auvergne et de Boulogne, écrit dans son testament les dispositions suivantes en faveur de l'église do Notre-Dame î « Premiers, nous recommandons l'âme de Nous h Dieu nostro* Sauveur » à la benoistc Vierge Marie , sa douce Mère, h toute la court de Pnradis, et nostre corps à sépulture en l'église de Noslrc-Damo de Bouloigno sur la mer, en la chapelle de sainte Anne, qui est derrière l'autel , delez nostro taule [Blanche do Clermont 3 ], jadis comtesse de Bou- » loigno. »
(4) Frois3art, éd. Buclion, 4824, t. Vf , p. 261 ; Cf. «'cl. sup. cit. T. t. p. 692.-» Voyez aussi l'intéressante nouvelle inti iih e Us Chevauchées au Xlf* siècle, par F. Dilly , dans le Puits artésien, année 4840, p. 576.
(2) Froissart. Liy. Il, C. 52, éd. cit. p. 68. Cf. Ant. Le Boy, HUt. cit. p. 74.
(5) Vid. sup p. 47.
74 Histoire de N.-D. de Boulogne.
c Item, nous laissons et ordonnons à l'Abbé et
i convent de ladite église de Bouloingne soixante
s livres parîsis , pour acheter rente perpétuèle air
b profit de ladite église, avec et outre la terre de
» Iferlingucbien ', que noslre dit seigneur de Bou-
■ loingne y avoil ordonné parafant, et pour avoir
» noslre sépulture en ladite église a . »
1 583.— Louis II, dit de Maie, comte de Flandre, fils de Louis I et de Marguerite de France , fille de Philippe-le-Lonç , donne un antependium de drap d'or à l'église de Notre-Dame de Boulogne. Les religieux de l'abbaye s'engagèrent, par un acte solennel, h ne jamais aliéner ce précieux ornement. Nous croyons devoir citer cette pièce , qui fera connaître plus amplement la piélé du prince et la valeur de son offrande.
t A tous ceux qui ces présentes lettres verront » ou oyront. Simon , par la permission divine , » humble Abbé de Nostre-Dame de Boulogne, et » tout ly Convens de ce lieu , salut en nostre » Seigneur. Comme très-Noble et très-Puissant » Prince Monseigneur le Comte de Flandres, » d'Artois et de Boulogne.de Nevers et de Réthel, » nostre très-redouté Seigneur, pour la très-grant » affeclion et dévotion qu'il a à nostre-dite Église, » pour la révérence de la Vierge Marie, pour aug- » mental ion de ladite Église et des biens d'icelle , » nous ait présentement donné un très-noble et » soiemnel drap d'or, ouvré de broderie de plu- » sieurs images et autres choses, pour icclluy drap » eslre mis au grant Autel de ladite Église, aux » jours de la Glorieuse Vierge Marie, et aux autres » jours solemnels: sçavoir faisons que nous avons
(!) Sic, pour Herbinguclien ?
(2) Bj1u7c , Wst. de ta M. d'Auvergne, t. h, 772, 773 Jeanne de Clciqiortt n a j>j$ été inhumée dans le 3 lise de Boulogne.
Chap. VIII. — Fondations ei pèlerinages. 75
» promis et promettons , et avons enconvenu » loyaument et sous le vœu de noslrc Religion , » audit Monseigneur le Comte , le drap dessusdit » garder bien et dévotement à nos pouvoirs, et » que par nous, ne nos Successeurs, ii ne sera alié- » né, vendu , ou transporté hors de nostre-dito »* Église, en quelque manière que ce soit; mais » demoura en icelle, pour estre mis aux jours et » par la manière que dessus est dit, et non autro » part. En témoin de ce, nous avons fait mettre » nos Scels en ces présentes. Fuites et données à » Boulogne, le 1 4 e jour do décembre, l'un de » Grâce i38J '. »
1387. — Jean I er , comte d'Auvergne et do Boulogne, mort le 24 mars de celte année, ordonna par son testament que son cœur fût transporté à Boulogne-sur-mer. Ce princo voulut régler luimême d'avance les cérémonies de ses funérailles, dans lesquelles il réclama le plus de simplicité qu'il était possible. Hntre autres dispositions , il défendit qu'on y invitât qui que ce fut , hormis le prélat qui devait faire l'office. Afin qu'on n'attribuât point à une mesquine économie lu modestie de ses obsèques, une somme do trois cents livres tournois fut assignée comme dédommagement aux églises.
« Item , voult que à faire son obsèque il ait » sus son corps un drap de burel seulement, ou- » quel drap aura une croix de vermeille, sans plus* » Ét voult que douze pauvres soient vestus de bu- » rel que on leur donnera du sien ; lesquiels douze » pauvres porteront en son enterrement douso
(i) Extrait titi registre tirs Chartres commençant 4386 et finissant 4393, reposant en la Chambre des Comptes du lfcoy à Lille en Flandre, fol. 7, v°. ap. Le I\oy. UisU cit. p.just. p. 278.
70 Histoire de N.-D. de Bouhgne.
» torches do ciro, choscuno torche do quatre » livres de cire, sans autre ordonnance no bou-
» bant [pompe] , quel qu'il soit Pareillement
» soit fait h enterrer son cucr à Noslrc-Dame do » Koulongno.
» Item voult quo vingt livres , rendables h » l'église Nostrc-Damo do Boulogne, soient assises » en lieux convenables.
» Item, voult qno l'aumosno do dix francs quo » il a accotistumé h donner pour Dieu h chascuno » des cinq festes iNostre-Dame , soit donné pour » cinq ans après son trespas, c'ost assavoir uno » année en l'église Nostre-Damc du Put, uno an* » néo h la Chazc-Dieu, uno année h Vie, en sa » terre d'Auvergne, a départir aux pauvres; uno » autre année à Roulongnc et l'autre année h » l'hospital Noslro-Damn do Paris. Item voult quo » nn pèlerin soit envoyé sur un bon cheval à S. » Jacques de Galice, dedansun an après son trespas » ctluy soit baillez soixante francs pour ses dé- » pcnsU
1382-1593. — Pendant lo cours des longues négociations, commencées entro la Franco et l'Angleterre , en i38a, pour aboutir à la paix do Loulinghcn, en i3«j3, la villo do Boulogne fut le rendez-vous des hommes les plus célèbres du temps. Il n'est point douteux quo le sancluairo do Notre- Dame n'ait été honoré de pieuses visites par les
firinces du sang royal, les archevêques, lesévéques, es comtes et les chevaliers du royaume, qui sont venus successivement tenter la réconciliation entro les doux puissances rivales 2 . Si les historiens do
(1) Bnluzc, Hist sup. cit., T ÎI. p. 773
(2) Les chroniques de St-Dcnys, (éd. de M. Bellaguct „ Démenti incdtts) , menrWnncnt entre autres : le duc de Berri! oncle du ro. l'Archevêque de Rouen, IVvêque de Baifox Arnaud de Corb.c, premier président du parlement du roi, et
Chap. VIII. — Tournois de St.-Inglevert. 77
cette époque, ont gardé le silence sur la piété des négociateurs , envers cette douce vierge , à qui Ton demandait de « rétablir la paix et l'union entreles royaumes de Gaul<i et d'Albion 1 , » du moins ils nous ont montré la chevalerie française, venant déposer, aux pieds de la patronne do Boulogne, le prix de l'honneur et de la vaillance.
Je ne sais s'il y a, dans l'histoire de notre pavs, une page plus belle que le récit du tournois de Saint-Inglevert , où trois chevaliers français, Jean le Meingre de Boucicaut, Renaud de lloye et le sire de Scmpy, curent la gloire de tenir lélc* pendaut trente jours, a tous les chevaliers d'Angleterre , de Hainaut et de Lorraine , qui se présentèrent pour jouter ou combattre avec eux. Boucicaut avait fait savoir sa résolution « à tous les princes , chevaliers et écuyers; » il l'avait lait proclamer et « crier en plusieurs royaumes cl i» pays chrétiens , en Angleterre , en Espaigne r •» en Arragon. en Allemaigne , en Italie et » ailleurs. j> L'entreprise était si belle et le succès couronna si heureusement l'audace , que* a à toujours mais en devra être parlé , » dit la chronique. Ces trois chevaliers français , après avoir noblement soutenu la lutte et mis en défaut les meilleures lances d'Angleterre, se montrèrent aussi pieux qu'ils avaient été braves. Jean-Juvénal des Ursins, archevêque de Reims , nous apprend > dans sa chronique, qu'ils vinrent présenter, à la suite de leur victoire, « leurs chevaux et harnois cn>
le comte de Braine, en 43S3 ; le comte de Flandre , le duc de Bourgogne, le duc de Bretagne, l'évoque de Laon, le chancelier de France en 1384; le roi d'Arménie, Léon VI, de la famil lotie Lusiguan , accouipaçné de toute sa noblesse , en 13S6. etc. V. Chroniq. cit. T. I, pp. 425, 299, 342, 417, etc.
(1) V. notre Étude sur la Légende do Noire-Dame de Uoulagn* au XV* siielo, déjà cit.
7 8 Mis foire de N.-D. de Boulogne. •
l'église de Noslrc-Dame de Boulogne». » Ceci se passait en 1390.
Les anciens inventaires du Trésor de Notre-Dame mentionnent une offrande spéciale du maréchal Boucicaut: c'était « un fermait d'or , en forme de » sautoir au milieu duquel estoit un éléphant >v portant un chastcau, le tout enrichi de perles et » do pierreries 2 . » Un autre « fermait d'or en façon » d'épine» tout parsemé de perles, au milieu » duquel paroissoit un oiseau deproye, tenant dans » ses serres un gros rubis, » était , comme nous l'apprend Antoine Le Roy,« un présent d'un seigneur de Sempy, » peut-être le compagnon de Boucicaut dans ses exploits de Saint- Ingle ver t \
i5p,2. — Walleran do Luxembourg, comte de Saint - Pol, dont nous avons déjà parlé, fonda, le i5 avril 4592 , une chapelle daus l'église de Notre- Dame de Boulogne, « voulant que l'on y offrist des » Sacrifices à perpétuité, tant pour luy que pour » Mahault sa première femme , et en passa les » lettres la veille de Pasques i3 Avril i3g2 *. Et » il est à croire , que ce fut luy encore qui donna
» les dix livres parisis de rente, mentionnées dans
( 1 ) Juvënal des TJrsins , cité dans les observ. sur tes Mèm. de Boucicaut !-, au T. VI de la Collect. univ* des mcm. partie* relatifs à l*Hisl. de Fr. publiée en 4785, p. 429.
Sur le Tournois de Saint-Inglevcrt, es. Le Livre des faits de Jean Boucicaut , cb. XVI, au T. III de Frotssart, (éd. Buclion), et au X. VI, de la coll. sup. cit. pp. 62; les chroniques de l ; roiss.irt, Liv. IV. ch. 12; celles de St-Denys, Liv. XI. ch. IVj Ant. Le Roy, Ilist. cit. pp. 63, 64.
(2) Ant. Le Roy, Hist» cit. p. 63.
( 3 ) Le Roy l'attribue, avec hésitation, à « Jean de Seinpy chevalier Bauucrct, qui fut pourvu du Gouvernement de Boulogne, api-Os la mort de Colard d'Isque, le 27 février 1396 ; » éd. cit. p. 80.
(4) Du Chefiie , pr. du eh. II. de THist. de Bar. — Nous uVivous pu consulter cet ouvrage.
Ckap. VIII.— Inventaires du Trésor. 79
^ quelques registres du Temporel de l'Abbaye , y> pour l'entretien d'un cierge , ardaat devant » 1 Image; parce que cette rente est assignée sur » la Terre de Tingry , qui appartenoit, ainsi que » celle de Fiennes \ à ce seigneur , à cause de » Jeanne de Fiennes» son ayeule. L'inventaire des » reliques , fait en 1527 parle d 7 un fer m ail d'or » enrichi de perles , de saphirs, de rubis et de » diamans , avec un -cerf volant au milieu, qui » estait un présent d'une comtesse de Saint-Paul , » mais le nom n'en est pas exprimé 2. »
L'historien Le Roy nous signale encore d'autres offrandes qui paraissent avoir été faites ver» la fin du XIV 6 siècle, sans qu'on puisse autrement en préciser la date , c'étaient :
« L'effigie d'un comte d'Auvergne, sur un cheval bardé, portant les armos de la maison d'Auvergne, le tout en argent ;
» Un tableau d'or, enrichy de plusieurs reliques, donné par un seigneur du Plessis ;
» Une image de Nostre-Damc , faite d'argent, «ur un pied-d'esial de mesme, avec un écusson d'argent à la fasce de gueule», qui sont les armes de la Maison de Béthune ;
» Un vase d'or, bordé de pierreries, renfermant des cheveux de la Sainte Vierge, offert par Jean, seigneur de Nesle ;
» Un calice d'or, du poids de quatre marcs, qui fut un présent de Henry de Dampierre, à charge d'une messe par chacun an , que Ton nomma, pour cela , la messe du calice d'or * ;
(t) Louis de Luxembourg éveque de Thérouenne son neveu «al en partage celte terre de Tinjçrjr et Hucqutliers, avec leurs Chastelenies et dépendances, en 4430» Fignicr c. 47, n. 442.— N. de Le Boy.
(2) Ant. LeRoy,i/ûr. cit. p. 90
(3) Ibid. p. 62.
80 Histoire de N.-D. de Boulbgne.
» Une image de la Sainte Vierge, tenant en sa main un petit reliquaire, et ayant devant elle un homme à genoux sur un pied-d'e*ta! , le lout en argent, avec celle inscription en émail, Guy de la
Trimouille, chevalier, a donné cette image, pesante dix-sept marcs six onces et demie «. »
a Plusieurs personnes considérables de Flandres cl d'Artois ont, à l'exemple de leurs princes et
Princesses , honoré de leurs présens l'Image et autel de Nostre-Damc de Boulogne* » Le seigneur d'Anthoing, [près de Tournai,] V a donné une représentation, en argent, d'un homme a genoux, avec sa cotte d'armes ;
» Le fils du seigneur de Rœux » [près de Rions] en Ilainault, (depuis érigé en comté), de l'illustre maison de Croy, y a fait présent d'un cœur d'or, émaillé, avec une image de saint Jean-Baptiste ;
» Le prévost de l'église cathédrale de Cambray y a fait offrande d'un autre cœur d'or, aussi émaillé.
» De Rome , l'on a envoyé à la thrésorerie de Boulogne une Ceinture, où esloient enfermées des parcelles de la ceinture et des autres vestemens de la Sainte-Vierge ;
» D'Espagne , un chasuble de toille d'or, avec les armes de ce royaume ;
» De Chypre, de la part du roy de celte Isle a , un morceau de la vraie Croix, enchâssé par Wallerand le Mire , abbé de Nostre-Danie.
» Sigismond , duc d'Autriche 3 , y a envoyé
(4) Ibîd. p. 63.
(2) Ce roy pourroit bien estre Pierre de I.usignan. lequel passa a Boulogne, venant d'Àngleteri e, Tan 4364, selon Froissait vol. I.-Note de Le Boy.
(3) Est-ce rcmpeieur Sigismond, si tristement vaincu à N.conolis, en 4396, ou plutôt Sigismond, d'Autriche, dit le Simple, cqintc de Tyrol, 4427 4496 ?
Hôpitaux fondes pour les pèlerins. &l
aussi une imago do la. Sainte-Vierge, arec trois onfans, portans doux écussons derrière eux, le tout fait d'argent ;
» Un fils du duc de Savoyo , un calice d'or et un navire d'argent, avec tout son équipage ;
» Un duc de Lorraine et de Bar y fit offrir son effigie d'argent, posée sur un pied-d'cstal de roesme, et représentant un homme à cheval avec un oiseau sur son poing.
» Tous ces vœux si considérables et tous ces présents si riches , de tant de princes étrangers, dont la pluspartn'estoientpas fort dans les iulérests de la France, montrent évidemment que le doigt de Dieu se faisoit respecter dans l'église de Nostre- Darae de Boulogne, et que la vertu céleste, qui s'y manifestoit, estoit la seule cause de ce concours si merveilleux de tant de personnes de toute sorte d'États et de païs ». »