CHAPITRE 1er
VAR18 PHT8IQUB, LE THEATRE, LES GOSTmiES DE- PUIS HENRI ÏÏV , LOCIS XVI , ETATS-GENERAUX , ASSEMBLÉE NATIONALE , CONSTITUTION , ÉVENE- IRBNS, CATASTROPHE.
Pour imprimer une marche rapide à Thisioire, il est nécessaire de dégager la narration des faits principaux d'une foule de détails secondaires , qui la ralentiraient et l'ai tiédir aient. Ce^ite nécessité se fait surtout sentir lorsme cette distraction porte sur des descriptions sans conncxité immédiate avec les évèncmens. Tel est le motif qui nous fait retrancher du texte de nos deux derniers volumes une foule de fondations^ que nous offrons avec plus d'avantagé dans des tahleaux spécialement destinés à les mentionner. D'autres détails acquièrent plus d'intérêt lorsqu'ils se lient dans un ordre progressif, qui permet de suivre et d'apprécier. leur
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caracièrc : de ce nombre soni les élérncus liislov-^ qùes que nous reprenons ici. Trois choses font reconnaître^ au premier coup'd'œil, Tesprii d'une nation : la physionomie de ses villes , son théâtre et son costume. Ce fut toujours le triple cachet des mœurs parisiennes; il nous aidera à juger des progrès de la civilisation dans notre capitale , durant 1 époque précédente. Sous Henri IV , Paris est encore une forteresse : des murs armés de couleuvrines, des tours formidables, des fossés profonds entourent la ville ; sur de nombreuses portes^ qui sont autant de forts , s'abaissent des poats- ^vis; la herse pesante ferme, chaque soir, le porche TOÛté ; le soudard veille sur le créneau ou derrière la meurtrière . Dans l'enceinte, le grand et le petit Châtelets , le Palais , le Temple, la Bastille , le Louvre , avec ses nombreuses tours, offrent un aspect menaçant et féodal : Paris montre toujours une place de guerre. Les rues, particulièrement celles delà Cité, n'ont pas cessé d'être sales, tortueuses, étroites; ime voiture ne {tfut pénétrer que dans un petit nomlu^ , et leurs maisons sont, pout la plupart , de hideuses constructions , en pan^ de bois. Il n'existe encore que des quais imparfaitement construits et destines seulement à soutenir les eaux de la Seine , sans pouvoir favoriser la circulation. En un mot, la physionomie ucînérale de In villo c.si aust('*r(^ , disuracicuse n la
VUO.
Dans ^n memr i"njj)s, Ir v-osMiuk' forme un cou-
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aste frappant avce cet aspect iMsto et presque misérable. Ijes grands seigneurs et courtisans portent unnianteau de velours, un pourpoint de satin, tAM raide par mxï corps de baleine ^ garni de crevés en soie de couleur tranchante. Cet b^bit admet les chausses eu tricot, surmontées de trousses bou Hantes , le tout en soie. E<a cbaussufe se compose do l>ottine^lanches évasées du haut, et plus ordinairement de souliers h^uiFettes quand on se rciu) au liOuvre. Le chapeau est de feutre noir , relevé sur le devant, ^t garni de piuuies blanches. Pi)ur compléter i:e cpstume , il faut uno coleretic à gros plis fortement amidonnée. Tous les hommes portent une longue barbe : on lui imprime avec de la cire une direction convena^. Les femmes , sous leurs longues et amples lobes d'étoifes épaisses , brochées d'or pour les dames de la cour, portent, comme les boni mcy|, des corps de baleine <[ul l(»ur serrent et leur amngent la taille. Ces robes ont des inanches êiroiles v\ plissee.s en travers. Les parisiennes forment, avec leurs fJieveu.x , une coiffure élevée , «ur laquelle quel ques-unes metleni de \a pouilre. l/nsage des mas i|ues de velours csl général pour le sex(?. Hommes cl femmes se couvrent de bijoux.
Le costume dn rcgnc de lleni^i IV sigualc Ta inourdu Iuxiî , cl l'on valoir i|u'ii mî goùî. lit.s tueux se nicl<' ( ;i uénéral jtu ilo gravité. Uni iroupn de cimu'diens i<|qielés If.s vu fans saii^ souci, joue au ihéalre de riiôlcl de lîoui i^oguc .
yo HlSrOlKE • •
SOUS la direction d'un gentilhomme^ qxii prend N^ titre burlesque de prince des sots. t%t spectatle est mêlé de sujets sacrés, comme le Parg^s j le PurgatoUfR; de tragédies informes/ temi que V Œdipe et. r//crcw7ff de Turne; enfin Ae farces joyeuses , dans lesquelles on voit figurer des procurSirs, des sergens, et autres gens de justice que , pour plaire à la multitude , ^e diable Tient toujours emporter. jDans ces critiques , le roi luimême est quelquefois traduit aii tribunal du prince de la- sottismç Henri IV se divertit beaucoup des lazzi mordans dont il est l'objet. Si le théâtre de ITiôtel de Boulogne , le premier spectacle national , ne représente que des farces , le tWdire Forain , établi ^ sous ce règne , à la foire Saint-Germain , et le théâtre Italien , maintenu par la volonté expresse du roi, ne s'élèvent pas , ^nime on le pense bien , h un genre plus noble. Leurs représentations triviales , souvent ordurières, amusent singulièrement la cour, dames comprises. L'art théâtral est donc encore plongé dans là barbarie sbus le règne de Henri IV; déplus il plaît ainsi aux plus hautes' classes de spectateurs : il donc en conclure que la société contemporaine, contente d'un plaisir grossier, repousserait do^joitissances plus délicates.
Dès le commencement du règne de Louis XIIJ, Paris perd un peu de sa physionomie guerrière : l'enccinlc de cotlo ville s'agrandit ronsidérablcmcnf, surtout dans sa partie septentrionale: le
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siur#nouYcau c^ construit plus légèrement;^» fossés sont comblés ^ur divers points ; de nou- ▼elles portas ofiî*ent moins de solidité ([ue d'clégance. Des rues^ assez larges, sont ouvertes dans le quartier appelé Marais ; la Place-Royale est achevée. Les maisons qu'on bâtit ne sont plus « flanquées de tourelles : Tarckitecture y développe ses ornemens gracieux y de bblles colonnes grecques ornent Tentrce des hôtels. Si la vue de Paris est encore altristéc par des abbayes aux noires murailles, le Luxembourg y les Tuileries , la longue galerie du Loutre , le Palais cardinal y la Sorbonuc , et beaucoup d'autres édifices pompeux , blanchissent et décorent cette ville. Les deux Prés aux Clercs se couvrent de couvens et d'habitations Lâtisavec régularité, de jardins symétriquement dessinés ; tout cela contraste bien encore avec de pauvres baraques; l'opulence a partout la misère pour Voisine; mais on voit que le goût commence à dominer la barbarie. A hi scène, on en trouve la preuve dans une amélioration sensible de l'art dramatique. Au grand théâtre (J^i Palais Cardinal , on fie joue que des tragédies ou des comédies héroïques, composées par Pierre Corneille , Rotrou , Bois Robert , de l'Esioile , Collelet et Desmarest; Ricliclicu fait représenter un •jour Jl/iVamc, jumu insulter Anne d'Autriche des cciisurns d'uii amour méprisé et jaloux. Le bas comique est cncoo: en vogue à rhotcl de Boiu* gogne; cependant les obscénités en sont iciran-
HibTUihE .
ch^s , et l*aftichc annonce desjqfix honnétms' tfi f^écréatijs. Un distingue, parmi les comédiens « Turlupin ( llenri-Legrand), comique, scusé , vif et spirituel; Gautier Gai'guilley acteur habile dans l'art qu'on appelle de nos jours prendre *un masqiie , c'est-à-dire contrefaire tel ou tel personne ;enûu Gros Guillmume (Robert Guérin), comédien très remarquable par son naturel , sa tondeur et les heureuses naïvetés de son bas comique. Le tMdtre Italien , nommé j^lus ordinairement du Matnis , s'épure aussi ; la comédie d'iniri<;uc ct^mincinjc à poindre êur cette scène , sous lu diicclioH d'un nommé Moudori. Les personna<;cs principaux sont toujours Arlequin, Pantalon, Tivclin , Isabelle ^ Colombine, Scaramouche , le D<jcleur; mais la critique des mœurs contemporaines be j^lisse dans le langage de cespersonnaj^es imaginaires, et tel spectateur rit de luimême eut croyant lire d'Arlequin. <]ependant, la farce, <*t même la fui ce ordurièro , se maintient bxxY un petit théiitre ioiidé par Jac%'[Ui;s Avenet, rue Micliel-le-(Jomte... bon nombre de cavaliers» djslin;^ués afflueiil encore à ré spectacle , car les bal)itans de la rue se piaigucMit qu'elle, est obstruée de carrosses. Quant au spectai le rfp; Tabariu^ établi sur h; Pnnl-Neul, il se réduit à des parades de tréteaux, dans h'S(piclles toulefois ce Tabarinf* acteur de IhuLcl de Linur«jo«ruf; , tlébite uiu? multitude de quoUbois , souvent iii^i-nituix , poiu* auui- >er les baduuds et faire vendre les drogues d'un cbariatan nomme Montdor.
DE FARIS. -3
No|5 avons décrit le costume du règne do Louis XI il 9 en parcourant cette période : la rc-chef chc extrême , réléf^ance, obtenue à tout prix, et la profusion d'enjolivures sont poussées jus- ^'au délire : ce luxe, cet amour ardent de la parure prouvent Télan d'une galanterie ambitieuse de la part des femmes; dun besAn orgueilleux de faste de la part des hommes. La sociéié, en cessant d'être barbare', compense en vanité ce qu'elle perd de rudesse.
Sous le règne de Louis XIV, Paris achève de perdre son aspcci niaftial. En l'année 1646, on commence h abattre Je nuu* d'enccinic , les tours, les vieilles portes ; lel'ossé est comblé sur plusieurs points. Ce travail est suspendu pendant les irout:)Ics de la fronde; mais on le reprend ensuite. Ver» 1(359, '^* fortifications ont à peu près disparu sur la rive gauche; le roi vend les terres vagues qui en résultent. En iG?^ , on commence à planter le boulevard Saint-Antoine; ce boulevard , d'abord nonuné le Cours, est continué cetic année jusqu'à l'a porte Saint-Martin. En itJyi, celte promenade extéi'ieure, ([ui doit s'embellir de l'arc-detriompbe, appelé porte Saint-Denis , se prolonge jusqu'à la porte Saint-llonoré; mais elle n'est entièrement plantée d'arbres ([u'en 1 70 \, Dans le même temps, on conimenco les lK)ulevards du midi , c'est-à dire ceux <(ui longent les faubourgs wSaiui-Germain , Saint Jacques et Saint- Marceau : ils sont terminés en \^Gi, Durant le
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• • • règne de Louis XIV, plusieurs belles rue* sont
percées ; les placer Vendôme et des Victoires sont ouvertes : la voie publique ^'élargit partout t Faris est entièrement pavé. Les éminences, appelées buttes, disparaissent. Les quais de Conti, des O^fei>res , de T Horloge , des Quaire-Nationsy ne sont farts qu^éAôjo ; on termine en 167 5 le quni LepcUetier ; en 1 704 on commence celui cF Orsay. Dès-lors, Paris est une des grandes capitales de TEuropc. La magistrature souveraine, Tunivcrsité , les académies y les bibliotbèqucs publiques, divers cabinets curieux, la* présence d'une foule de savans et d'hommes illustres h divers titres , surtout les jeux, les spectacles , les réjouissances, les voluptés faciles , attirent dans cette ville une affluciice ooi^idérable des provinces et de l'étranger ; les arts, l'industrie , le commerce y fructilîenl, et s'enrichissent d'une émulation permanente d'élégance , de luxe, de magnificence. L'ère de Paris-la-Grande a commencé | la richesse de ses habiians résulte bientôt d'une immense consommation de tout ce qui alimente les besoins ou les plaisirs... Aussi, malgré des défenses réitérées , la capitale reculc-t-clle chaque jour ses limites.
Alofs, le théâtre, quellotrou. Corneille et Molière ont tiré de sa barbarie et purp;é des farce.s ignobles, puise des sujets (ians une littérature noble et brillante, ou dans cette société, toujours croissante , qui se régénère. La comédie dé-
cbirc scslanges^ saisit ù toute main le» vices^ les tra- ▼ers^ct promet de corriger, avec les stigmates du ridicule^ une population que l'instruction commence h polir. £n même temps quelds farces comiques ou sérieuses dumojjpn âge^ disparaissent les droits des confrères de la Passion , encore- maintenus sous Ixmis XIII. Des comédiens français jouent à l'hôtel de Bourgogne , et le théâtre du Marais est dénmli. En iGSo, Molière et sa troupe ètablisseift leur spectacle rue de Bussy , faubourg Saint- Germain^ et prennent le litre prétentieux de théâtre illustre. Ils jouent en ce lieu environ trois .ans. Après avoir parcouru durant plusieurs années la province, le Térence français revient à Paris en i658 , avec ses comédiens , et débute au théâtre du Petit Bourbon , sur lequel Louis XIV a dansé publiquement : là sont représentés Nicomède , les Docteurs amoureux , lEtoui^i et le Dépit ylmoureux. En iGGo, l'hôlel de Bourbon devant être démoli, Molière est installé dans la grande salle du Palais-Royal ; ses pensionnaires reçoivent le titre de troupe royale y et se partagent une pension de six mille livres que le -grand comique a refusée. Au théâtre du Palais-Royal sont représentés les choft-d œuvre de (Corneille , de Macine , de Molière : Montfleuri , la Torillère , la Tuillerie, Baron, etc. deviennent Icsprincipaux interprèteide ces beaux génies. Après la mort de l'auteur de Tartufe ,rO/^^r«s'étal)li^ au Palais-Royal, et la troupe de feli Molière est transférée rue
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(Juénégaud, lOii les comédiens français de riioiel de Bourgogne se réunissent à elle. Le local étant »lors devenu trop, petit , ces comédiens associés vont occuper le jeb de paume de FÉtoile, rue des Fossés-Saint-Germain-des-I|||§s; ils y restent jusqu'en 1770. Mentionnons , sans nous y arrêter^ les comédiens de la foire, ceux de mademoiselle de Montpensier , établis rue des Quatre-Vents , '♦i le théâtre des Machines aux .Tuileries*- ces divers spectacles paraissent avoir ^été sans inlluence sur les mœurs. 11 Viiiii est pas ainsi de V Opéra, établi déiinitivement à Paris vers l'année 1 67 k Ce spectacle , dans lequel tous les arts se donnent Jla main^ s'ouvre d*alK)rd rue G uénégaud^ dans la salle occupée depuis par la troupe royale : le premier opéva joué à Paris, et composé par TabbéPerrin, est intitulé Pomone ,• le famcuic Lully^ déjà surintendant de lamusiquc du roi,afait celle de ce poème. L'année suivante , Tartistc Florentin obtient le privilège de l'Opéra , qui prend le litre iVu^cadémie royale fie Musique, )^\\ 1673, l'Opéra est mis en possession de la salle du Palais-Royak Cx spectacle exerce sur les mœurs une influence opposée à celle du Théâtre-Français : les tragédies de Corneille^ de Bacine , deCIrébillon, sont l'école où les rois et les grands peuvent apprendre à coml|attre leurs passions ; avec Molière, Regnard ♦ Desiouches , Dancoij^t , lasoi lélé lout cnticri: apprend \\ lumnaître, à eomhaitre ou du moin5 l\ racliof ses travers; tondis
DE PARIS. n-
que rOpcra , pat ses poinpos , ses prosijges , si s séduclioiis , «on abaiidon , semble provoquer les' voluptés; il ouvre d'ailleurs un asile aux faiblesses du sexe"^, et un bazar pour laveniedescs charmes... On peut dire bardiment que TAcadémie royale de Musique comptera pour moitié dans les causes de corruption dos dix-sept et dix-lmiliéme siècles.
Sous la minorité de Louis XIV, le costume conserve encore les formes du dernier règne : les hommes portent de longs cheveux ,. tombant sui les épaules et qu'on s'applique à rendre bouffans. Les chapeaux sont à larges bords, à forme basse et arrondie , de couleur grise ou noire; une longue plum.c se joue dessus et donne quelque grâce à ce genre de coilFure. La veste ou juste-aucorps ne descend qu'à la ceinture, le haut-dechausses s'y attache avec des rubans. Cette dernière partie du vêtement est bouffante , et s'arrcte à mi-cuisses pour être prolongée p^ des chausses étroites; ou descend juscju'au-dcssous des genoux , où elle reste ouverte. On continue de porter ,des boites évasées du haut et armées de formidables éperons. Un large et raide baudrier su])porte une longue et forte épée , qui touche à terre. La colerette du régne de Henri IV est remplacée par un col rabattu; il esf ordinairement fait d'une den-
* Une jeune tille ravie a ses parons par un séducteur, et engagée dans la troupe de l'Opéra , ne pouvait plus être réciamée par sa famille. Elle nppnricnait au roi... et an virr
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telle à jour. Le manteau de velours ^ de satin ou de beau drap, appelé balandran^ ne dépasse pas le jarret; il couvre une partie du juste*^u-corps. Les femmes ont les cheveux tressés et relevés derrière la tcte; deux longues mèches tombent sur les tempes , et descendent jusqu'au bas du visage. Quelquefois les dames portent sur la tête une espèce de fichu , dont les pointes s'attachent sous le menton ou restent flottantes sur les épaules. Les robes sont toujours d'étoffes épaisses et riches; elles se relèvent des cotés, de manière à ne pas passer le ^enou, pour découvrir une jupe ornée de broderie ; les manches en sont longues et larges. Vers le milieu du règne de Louis XIV, toutes ces modes disparaissent : il s'opère une révolution dans le costume , qui éloigne toute grâce , toute «'dégance de rhabillcmcnt des hommes. De volumineuses perruques font de la tète un véritable buisson ; barbe et moustaches sont rasées. On quitte Topulent manteau, le gentil pourpoint, les chausses amies des belles formes, les bottines qui rappelaient encore l'ancienne chevalerie. Alors comiAencele vêtement disgracieux et mesquin que nous portons encore : c'est un long et large habit à longues basques, à manches terminées par de vastes paremens , des boutonnières , dans toute la longueur , correspondant à de gros boulons. Dess(tus^ une veste prestjue aussi longue que Thablt, ei battant les genoux , recouvre une seconde veste beaucoup moins longue. Une mousseline pliée serre lecou,etsesdcuxextré-
I tombent carrément sur la poitrine, La léte tveric d'un petit chapeau plat, à*troia-coriboi'dc d'un galon d'or ; l'énorme perruque iborde. ci se répand en longues boucles sur les ^ptulps... Une toute petitoépce se montre à peine sous les basques de l'habit , qu'elle soulève df ns sa direction transversale.; Les femmes , plus heu- \ rcuscs que les hommes, gagnenti larcvolution du costume. Leurs manches courtes, termin(!cs par de belles manchellcs de dentelle , font valoir fin brds potelé et blanc; la robe, ouverte entièrement par devant, se rattache sur les côtés par des nœuds de ruban , et se prolonge en une vaste queue , qrii balaie noblement les appartcmcns ou les promenades... Les dames de la cour se découvrent presque entièrement le sein, ce qui provoque un sermon du curé de Saint-Éticnnc-du-Mont«, s" l'abus des nudités de gorge. Leur chcvelura est frisée en tire-bouchon tout autour de la tétc.
Paris , sous le règne de Louis XV, prend un accroissement plus rapide que ^ans la période précédente: un assez grand nombre de quartiers , jusqu'alors considérés comme bourgs, font corps avec la ville , et celle-ci achève de prendre un physionomie toute moderne , par la démolition des vieille^ purtcs-fortcrcsses et des anciennes cn- Aintcs d'abbayes. En. ivao s'élève le quartier Gaillon, nommé. (>jpuis Chaussée d'Antin , se joignant au quartier dcsi Porchcrons, situé au lieu où s'élevait jadis le chdicau de <;e nom , et k
vSo HISTOIRE
remplacenicnt de la Grange Batelière , qui-'ae couvre de maisons. En 17:? a , le bourg ^ Roule devient faubourg sous la même dénotniné^ tion ; il se joinl au quartier bfiti sur le te^>^ rain de la Ville-riivéqpie, qui conserve ce nom. Bientôt le faubour^r du Roule s'embellira de Të* glîse Saint- Philippe. D'abord , on ne remarque , dans ces quartiers neufs , quo des maisons éloignées les imes des autres, et séparées par des jardins ou des marais. lia rue Cbantereine s'ouvre eu 1754; celle de Provence en 1770; celle d^s Mathurinseu 1778; celle rfe^* Capucins y quand on commence ce couvent, en i7<''0. Toutes ne sont régulièrement bâties (pie vers le milieu du règne de Louis XVI. Nous ne donnerons pas la liste des nombreuses rues qui sont percées successivement : cette nomenclature n'est point dans l'esprit de cet ouvrage. Les Chawps-Elysves , cr^mmencés en 1 725 par le duc d'Antin , sont replantés en 1 7';'o, par les soins du marquis de Marigny: on y travaillera cependant encore sous Louis XVL Ce règne voit commencer les deux batinuMis qui ferment la place Louis XV , à sa partie septcMitrionale ; la Halle aux lïles , dont la m.'igiiiliqu(» coupole est derarchitectc I/C Camus, la fontaine de» (Jrenelle, l'hôtel dcvs Postes, le palais de Bour bon et plusieurs autres édifîrrs.
\t{\ théâtre, dans le cours dudix-huitiiMuesiorlo. perd , par malheur . l'hahitiule île peindre aver iiproié l?*s travers: i' k*s imitoau contrnirr. (»f la
DE. TARIS» Bt
aine coJDlicfue , en se faisant habituée de oour , perd sa noble prérogative. Le vice ne nous apparaît plus à la scène que comme une école de galante-^ rie exquise et de belles manières; Voltaire luimâme empreint de musc sa vervie satirique ; tandis que Marivaux inonde le théâtre de manière et d*afféterie. Le sentiment se réfugie alors dans le drame, qui, moins terrible que la tragédie, et plus grave que la comédie, intéresse vivement lésâmes sensibles , et n'a pas du moins le désavantagé de faire aimer les travers. Durant ce règne , la tragédie nationale prend faveur sous la plumé de Dubelloi : le Siège de Calais excite un patriotisme dont les philosophes ont fait naître l'étincelle. Le théâtre Forain, long-temps entravé par' laComédie^Française et le théâtre Italien, se réunit Ace dernier c de cette fusionnait F O^Ei^ra comique. Nous reparlerons de ce genre. L'un des acteurs delà comédie dite italienne , le sieur ^udinot , établit, en 1769, un petit théâtre sur le boulevard du Temple; les acteurs sont d'abord des enfans ; plus tard , une troupe régulière succède aux jeunes artistes : une pièce intitulée le Triomphe de T-^mouret de l'y^mitiéy fait la fortune de ce théâtre. Le sieur Nicolet , dont la troupe joue depuis longtemps à la foire» sous le titre de grands danseurs du roi, vient aussi s'établir sur le boulevard du Temple, et balance le succès dcson voisin. Ces petits spectacles , à la portée du peuple, contribuent aie policer; mais en même temps ils contribuent à V. (i
et
Iciir B*cst pas lotadre de iras fomam^ Si Pon jont à oda use figpue couverte dTaiBe ligne de loage et odhetée de ^nifloe ji ▼iac^ ■wrhrt , <m m'aura plus besoû ipiede se iipiMialf ■ aaejiiye à iagnelle d'atomes paniers doneat naecirooafércace d'enTiron qoîiiae pieds , poor avoir Fidée de râlante béante du régpe de Lonis XV«^ Les hooDunes portent anm des paniers an cominencement de cette période, c'est-à-dire ipie les basques de leur habit sont asaintenoes dans leur plus grande largeur par des baleines : ce qui prête k ces 4Ai§auu la forme d'on ëvemail ; tandis que leurs femmes affectent celle d*uoe grasse tcmne ,
UË PARtS. m
s\Mï laquelle on aurait pkK^ en biùlië de dkt peim à la gouache*. Soù!^hr^f^ei^ë ; les liottâh^è cousenrent encore les perr uque» in-fotiô tht t^gM de Louis XIV | ils les quittent plus tard : la r6bé et le barreau seuls y sont fidèles. Les churti^alM , après aTOÎr ëbranché leur fausse ehevelurê ê^ cotés, la divisent'ipar derrière, pour former dèui queues , cfntourëes ehacuiid d'uti ruban hoir, et qtU descendent jusqu'aux bontonsde lataille. La tëte'éit alors poudrée tm gipre. Les inilitaires adoptéhc ta perru<{aè à'fo htigadièté frisée dru sur les'téin^èi'; et retroussée par derrière* Forcés enfin plir^'lâ critique du théâti^ à qtkttter leui;^ immenses bùis^ sons dé chèteu^c, les magistrati^ du palais éilés gens de barreau prennent successiTemciat les jiMr^ niques eniT^ei, kla SartineSy à trois mtiffeâuié ; les uoiédeeins adoptent ces dernières. '• ^* •
Enfin, vers rannée 1770, époque à la^uetie- ià cour M renouvelle par le mariage dé Louis XYI et lapparition 4'une douphine , jolies galafttdv attiie^dtos plai^rs , le oostume est rectifié ! il i^de^ vient gracieux > élégant , magnifique; nouS ilécri^ rons ailleurs ee changement. 1: •>
Le taUeàu que nous terminons ici était indis^ pensable pour achever de peindre le mottVeméM de la civilisation ; durant la période que ferme le règne de Lonis X VL Tout , dans le cours des trois r^nes précédens, contribua à grossir le nuage orageux que nous allons voir éclater : dette publrque énorme^ constructions fastiieuiscs et ittttlîlèsV
H HIST<HRE
empièlcmens . du pouvoir sacerdotal , guerres faîtes Mlis raison , parsc^éoueliios sans gloire, trésor dilapide en profusions aux grands et auxconenbiiies. Mais l'exil et- le ressentiment des parlanens -étaient surtout, en 1774 > les élémcns uumultueux qui fermentaient sous le trône de LouisXYI, excités par la philosophie^ par la critique du théâtre , par les^sarcasmes répandus dans dm nuées de brochures ; peut-être par les loges ' de/rancs-fnaçons , étaUies en France durant le dernier règne. Et tous ces principes de trcMible d^r Vf ien^ èlre étoufiEés sous la main 4'un monarque d^ v^gt. ans. Ce prince arriva au^ tfôue aveu de bqpnes intentions: c'est une vérité qui ne pour* rait^éu^ contestée que par la mauvaise fqi. Mais élevé loin des.afiFaires , dont Louis XYj son aïeul, lui interdisait avec soin la connaissance, iiliejKHivait en avoir aucune notion, et l'expéiçi^ee, qui peut élre la premiàve qualité des rois, lui manquait absolument. Par malheur, lea capacités de Louis XVI étaient bornées ,. q^oiqae son jugement fût sain et droit : il aimait le bien , savait où le trouver ; mais la route à suivre pour y parvenir lui était inconnue. Son premier soin iut d'appeler à lui le comte de Maurepas, qui, édus les deux règnes précédens , avait pris part auxaBbires* Ce seigneur expiait dans la disgrâce, depuis Tannée 1 749* une conspiration en quatre vers de I|uit syllabes , dirigée contre madame de Pompadour.. Il reparut au upis de Versailles,
affaibli par Fâge.^ toujours léger^^comme il 4'avaît elé jadis^mais fortau moins de ce qui manquait à son maître : Texpérience. Par les conseils de Maurepas^ la cour est {Surgée des con cubines du dernier règne, des courtisans avides ei de tous lés complaisant parasites qui dévorent la substance du peuple. Le roi donne les sceaux à M. de Mérômenily dont le principal talent est de jouer la comédie au goût du vieux favori ; mais gentil-^ homme intégre, il remplace avec avantage lin Maupeou. Avec celui'^ci disparaît la magistrature bâtarde qui^ depuis 1761 , usurpe le siège; les parlemens sont rappelés. Turgot, < spéculateur profondément versé dans l'économie politique^ est chargé du contrôle général. Tout aussitôt, un édit rétablit le libre commerce des grains /dont Louis XV avait* fait indignement le monopole/ pour se procurer un lucre personnel. L'agricul* ture> protégée par cet affranchissement , fructifie et pnispère. La perception de Timpôt , dans les commîmes rurales ; admettait une mesure inique autant que cruelle: si quelque pauvre habitant ne pouvait acquitter sa taille , ou si un individu de mauvaise foi savait se soustraire ^u paiement, toute la paroisse était solidairement contrainte. Une déclaration du roi supprime cette coutiune odieuse.
Cependant, la suppression du monopole des grains a soulevé , contre Turgot , des ressentimens intéressés : beaucoup de gens immoraux ont con-
^fryé dv çvédiL'k U fKmr ^ dans les prQvmce$ r ^Pl^ dûi^He fi^QMœ /Se déqlw^^ W milieu 4e Vaboad^^çe f 4c3 sf^ÛPl^ é<4iiteati Poi^ipii^^ à Poî^y» à 3aif|t-^Geiriniûn4 à Yer^ilies in^m^.,. P^ris est àsop,
V»^ 1^ tMê>^e de Ç)Ç# désordres : des troupes coosi-» 4ér Ablf^d'hompies lûdeu^^^rjopiésdl^bâuilis^eatrei^t» dft]^ Pai?4s par diy/erse^ portf^,4 U fpi«j pUleut» Iq9 Jbipfuljgtpgeri^ -, puin rewonrtenl et s'^eçagent l^ ffrmes , Jfi^ pipi^in^ , les iiAAga#^s 4e hléfk,.. Cf^U0> 4meutQ 4ft(fii;i*impe^r lesu^iice de de«]Kiigitaieur4
Pw4ma «a {AfLQQ d« Q^èye, ^m^v(m été wuv^^
çii9 de |i|irticip^tio« à le réviûll^é iie rqi SkS^ fM
c^^^çe 1^(4 .s^çr^rTnrgot pjcopo^a d^ «upprimi^
celUe p^ff^nuçûçie iuutilex qui» dans rëfa^.d4pl(^ i^ftm ou Ji.e§ , #iiaiice4 «e . M^ WWW t Y* (f^^e^^, sjipi^^ ^u^ dépense ruineuse ; lu. majorité dM'<eOl|r^ seil^ii^m^M^cée par l^ jeune reine f repQus|Qla.pi:opositif)^ du contrôleur^géoéral. Le yoy^ge de iUcin^s^ £|iV^ grands frais, et, duraut k^# ip^émor^ ^ies dUiSaçre^ Marîe-^i^toinette i^qntre iu»e lé;^ gè^et^ qui^ dès ce moçient^ r^od ^yidonies k^ intrîgfe^ gals^n^es de pette princesse autrjiehieQW» alors éprise du j eune comie de L w^um
Au. jçqtpv^ d\\ sacre, Turgot parvient, A Caire adipe^jL^çau çonaeiji Lemoigupade MnJei^erhea, s^Yffif, philpçQphe, homme de feiei^ digue de#. temps héroïques. Ce vertueux magistrat consent à çempiUçer lipimoral La V^iUière , mai* sur la promeaie qu^ les lejttres de cachet $»erpnt abolies. Dans ce méi^p ti^mps^ le contr61eui**gënéral pro-
UE VARIS 87
■ pose au roi un plan de réforme poui' sa maison,
? où tcdésordrc est porté aux dcruiers excès. Lareine
I jette l'or à pleines mains îi une foule de courii-
lans des deux se&es , ministres de ses plaisirS].
I Chatjue soir on perd, au cercle de cette princesse ,
Iles coatribuiions de plusieurs provinces. Tai*goc
o'a pu encore obtenir Ju faible monarque qu'il
l'autorisât à refuser les bons de Marie- Antoinette^
des princes, qui puisent à leur gré dans lé
Ksor royal pour satisfaire leurs fantaisies. Si ie
[) de réforme passe , c'en est fait des prodtgi^
Bs dont les intr îgans s'euricbissent. . On s'ameute^
e ligue contre les deux réformateurlj onob*
Lt le renvoi de Tiirgoi, au moment OÙ cemi^
Jte vient de faire décider l'abolition de la coc^
vestige inique des institutions féodales.
In renvoyant Turgoi, Louis XVI se peaà quand
lllait assurer son salut, celui du royaumtr, et
Ijurer à jamais celle rcivolution qui .déja;est
Jis tous les esprits. Les deux bomiftea verr
Kax qui influencent si heureusement leconseuL,
Vontobleuir la suppression des jurandes, et nil^r
iriser la participattou de la noblesse et du clergÊ
' ù l'impôt I la liberté de conscience des proiestam,
l'indépendance des écrivains, l'abolition de Ift aoU'
urne, des garanties pour la liberté individuelle =
tous les germes de l'insurrection seront d4truitB ;
tous les droits civiques demeureront consacréK
Mais l'infortuné souverain est entraîné par .la
fylsj}i\ê'f'û se défait de Xurgot ; Malcsherlws sexe-
tire de lai w't ea iliwiil : « Sire, êams les cour*. m Û€U ÎBpoMiUe fie &îre le liiai. ■
Wecàer prrit xacoatMe-çéuéni ; il crée quel- ^pMS reHOnrce*: dies anvent i aoatoiîr lei Ainàicn^ qoiseMMitd^dwéscaairerAiigklerTe, lenr ■i^aiopcrie, qo^ naparte i U France d'aAiUir. Le f Jwiifl de VmmilW ffimit da Knmlioiu aux îasorgés , protège leor répabliqoe oaissaute .. et irur envoie même des ofKàers, parmi lesquels OD compte le jcaoe L.a Fayette La
Farette , qui aéra deux fois le parraio de Ia Hbertû frauçauc i La Faje^ie qui fera deux innrau de deux rois coiutitutiouiiels, qu'il aura rouhi serrir. Eo 1 7"8, un traité d'amilié avec l'Amérique iodépendante , attire la guerre k Louis XVI : LI la fait avec bonbeur. Une marine formidable balance les forces de l'Angleterre ; d'Orvilliers , d*E$taing,dc Grasse, de Vaudreuil , de Gmcbe, Lamotte- Piquet et Suffren battent les flottes britanniques, netioient la Manche, s'emparent des Antilles; tandis que Wasbington et La Fayette défont et premicnt lord Gonnralis... Le cabinet de Saîntlamea recomuiH avec rage nudépendanoe américaine et signe la paix avec Louis XTI, en médilant des projeU de veageance.
La poHbqne da roi a âé noble et glorieuse ; tn^iit d\e a creusé l'abtme financier delà France: durant qnatre années de guerre , la dette publique s'est accrue de quatre cent soixante millions , doot toutefois les hostilités ont à peine consommé^
le tiers.» Les prodigalités de la cour , les caprices mobiles de Motie-ÂntoiDettè et du comte d'Arir^s ( depuis Oiarle» X }, ont englonti le reste. Neeker, trop loyal pour se prélev- h cos dilapidations, est tombddu pouvoir en (781.
Enfin , en 1 784 > le trop fameux Calonne , intrigaat subtil et audacieux , se charge de ce contrôle-général , qui devient un fardeau de plus en plus accablant ; il soutient encore deux ans à But le vaisseau de l'État , par le prestige dés empi'iinis. Lui-même s'étourdit sur l'avenir; il se jette dans le tourLillon de délices du petit Triaoon, épanche les coffres de l'Etat Vers ce gouffre où la fortune publique s'engloutit. Marie- Antoinette lui sourit, d'Artois le nomme mon c/ier Calonne ; il paie h bureau ouvert des bons bcbdomadaires ili- cent mille francs, pour nettoyer quelques dettes criardes de la reine; et parvient, en moins de deux ans, Jt cmnpléter un déficit financier do neuf cent trente-huit milliiMs... En 1786, iT n'est plus possible de marcber : tont crédit est anëanii... Calonne ne sait plus où donner de la tète ; U propose d'assemblei- les notables^ méditant l'abolition des privilèges du clergé, et se proposant de combler , avec les richesses de cet ordre, l'abîme où va s'engloutir la monareliie.
Les notables se réunissent le safévrier ■787.'La dernière assemblée de cette nature avait en lien en 1636 : Richeliea s'en était aisément rendu mai-
go HISTOIHE
ire. (4KDeoie de Brienne^ archevÂqKe de Tonlouse » protégé de la mœ, dtmt il promet de favoriser les d^riglcmens, espère aam domioer le* notables do 1787. n rëussit «a moiiw i faire repooster la réforme proposée jiar Calou)^ei lui-même est i-en- T^sé, et le prélat devient chef du conseil des fipance£. Le nouveau ministre promet de remédier à tout sans secousse , sans violence , et dé- }>ute par faire rendie tteus édîts bursaux ruînem : Vwi établissant uu droit sur le liaibre, l'autre convertissant les viuglièmes en une subvcuiion terri- Wiule. Le parlement refuse d'enregistrer des lois de cette importance sans l'assentiment de la aali<in : cette cour suprême demande la réunion des çtatii-généi-aux , déjà sollicitée parles notables, qui ont sondé l'cUi-ajanle profondeur de l'abîme où la monarcbie est enuatnéc. Dans oq concile na- UoQal, La Fayette, malt;rc les virulentes imerruutioos du comte d'Artois, a proposé, comme mesures géoéralei , la supprcssioa des lettres de cachet et des prisons d'état, la réhabilitation dci protestais diins leurs droits civils , et la rémùoii des députés de la nation. L'imposant appareil d'im lit de justice M fait point changer les déterminations de la magistrature; elle reste inébranlable. L'imp6t du timbre et la snbveniion territoriale sont du nouveau repoussés; mais le roi fait enregistrer d'au-torité un édit portant création d'emprunts gra- ^AtiB , jusqu'à concurrenee de quatre cent vingt niiUions, Dans cette icaBce royale le duc d'Or-
léans s'élève aviec chaleur contre l'acte, despotique du roi, son purent ; les conseillers Fréteau et Sa* batier le soutiennentXe parlement^ apr^sle départ au souverain, proteste contre un enregistrement forcé ; les trois orateurs sont envoyés en exiU Jusqu à ç^s mesures tyranniqpes Louis XVI, malgré la mauvaise administra^^Qn des ministres du choix de sa femme et des princes dilapidateurs, malgré le renvoi de Ti^rgot et Necker , qui jouissaient d'une immense popularité, lypuis XVJ, disonsnous^ a conservé l'amour du peuple.... Les brutale^ rigueur3.qu^l exerce copirç son cousin et contre deux magistrats lui enlévient soudain l'affection d^ ses sujets. Ce i^'est plus aux yeux de la nation un prince bienveillant mais fafiAe ; c'est un monarque entêté qui , par amour du pouvoir» persiisie à faife le mal.. . J£n 1 783, l'effervescence est extr^Q^e dans plusieurs provinces : la révolte éclate en Bret^nq^ en Dfiupliiné;d^ députés de cette dernière cpntrée sont amprisonnés. A Paris u)^mc les cspriti& s'échauffent.... XfOs conseillers J^pnsabert et Dqspirelaienil, qui ont dénoncé £^u parlement de nouveaux abus commis par le ministère^ sont arrêtés et çof>duits danç des châteaux fortSM**
Alors toutes les cou^'s spuveraÎMPs du royaume forment une association pour résister h la tyrannie^ Briennc veut opposer k cette réunion une prétendue coar^/'/^mére, formée c|e 1^ hau^^ noblesse. C'est mal çhpisir son temps : 1^ cardinal ffiiuistrc esi renversé, Necker rappelé , les uojtablcs rcunis^
gi HISTOI Ri-
de nouveau, les e'tau-gêQffrauE convoqués pour le S mai 1769..., Ils ne l'ont pas été depuis 1614. „ et dans cet espace de 1 75 ans , quelle énorme agglomération d'abus, que de ressentimens aigris , que d'éléméns' combustibles amassés au pied de l'édifice inflammable de la monarijiic !... Les dépmés étant arrivés à Versailles, le tiers état propose de délibérer en commun avec la noblesse et le clergé: ces deux ordres s'y refusent. Le 1 7 juin, les députés du peuple, formant lamajorilé delà représentation, se constituent assembh'e nationale. Le 30 du même mois, les rcpréscnlansdu tiers, ayant .trouvé la salle fermée et cernée par les gardes françaises, se réfugie dans utiycurfe Paume, sous la présidence de Bailly, et juue de ne se séparer qu'après avoir donné une constitution i leur patrie. Ce serment retentit dans toute la France... la révolution est commencée.
Ici s'évanouit la cour de France avec ses allures despotiques, ses déréglemens impunis, se^torts plus révoltans,légitimés,que1s qu'ils fussent, par le pouvoir absolu. Une autre ère commence; jetons un dernier coup-d'œîl sur la partie morale de celle qui finit : nous y trouverons plus d'un corollaire aux grands principes de l'insurrection qui, lorsque l'oppression est intolérable, devient non-seulement le droit, mais le devoir des nations. .
Les malheurs de Louis XVI et de sa famille , la catastrophe sanglante qui les a terminés ont trop expié leurs fautes, toutes graves qu'elles
DE FAPilS. 93
aient été... Par respect pour la mémoire de cesillustrès infortunes^ nous ne soulèverons pas entièrement le voile que l'histoire a jetë sur les mystérieuses turpitudes de leur cour, peu différente de celle du règne précédent. Mais si l'écrivain circonspect doit affaiblir les traits d'une vérité offensive, il ne lui est pas perinis d'innocenter entièrement les coupables : dans cette circonstance particulièrement; il y aurait violation. Nous dirons donc avec modération ^ mais nous dirons les méfaits de ceux qui ne furent pas , comme l'esprit de parti servile s'est plu à le dire, de candides victimes, des martyrs blancs d'innocence.
Louis XYI, en arrivant au pouvoir, trouva l'horizon politique chargé des nuages qu'y avaient amoncelés les dissensions religieuses et les intrigues du règne dernier, les profusions immenses de Louis XIY^ les désordi'es scandaleux de Louis XV. Sans moyens de remédier aux désastres de l'Etat , qui dataient d'un siècle, le jeune souverain, doué d'un jugement sain, exempt de passions violentes, voulut au moins arrêter les progrès du mal qu'il ne pouvait déraciner. Il prit des mesures sévères pour comprimer le torrent des dilapidations de la cour , dans lesquelles Marie Antoinette, son beaufrère, d'Artois, et la jeune noblesse continuaient tout naturellement l'immoralité de Louis XV et de ses entours. Mais la digue trop faible que le roi opposa à ces vices ne fut pas respectée un seul instant : Trianon continua d'offrir des parties se-
crêtes où les Lauzuu , lès Ferseii , les Bouille , le» Vaudreuil devintent , àii-oh, d'kéureus nidHelS. H faut àdtuéilli^ avéd pIu de circonspection des tàp^ ports ^ur une certaine intimité ul tra- fraternelle, qui jetterait un gra^ troùblè daiis nos idées totidhftnt la descendante directe des hëritiérs de la àén-^' ronne^ et par suite sur une union que la politique là plus iihpérièuse ti*aut^it pu légitimer. Nous irè^ poussons àbsoluMeiit dés détails nieiitionnés^ pit les mëmoir'es secrets, sui^ une cônlëdié tnystëriéttM jottëe à TriaiiOn , et doàt le dénOtietnent au^tât etcëdé toutes 1^ hardiesses drain àtiques. Nodé i^ fusons aussi de croire à d'àutreS rapports qui /dénaturant l'amitië que la reine vouait à itiàdame de Polignac , àa favorite, firent de ce sentiment un monstre cynique et bisàarre. Disons Seùleâtéilt qùè cette princesse ne prenait poiht asses de ëiAn dé tia: gloire en couraht la nuit avec le comté A'Âttois; en se fiiisant refuser , dans cette compagttite équivoque, rentrée du ch&teau à deux ou trois heures dti matin, en rec^hérchant quelquefois la ^cîëté d'une demoiselle Montansier , en appelant à Versailles la danseuse Guimard comme conseillère de toilette, enfin en provoquant, au bal masque de rOpëra , les lazti plus que grivois de l'actenr Dugazon; qui porta Taudace d'aubaine jusqu'à ef^ fleurci' dé sa bouche la gorge h demi-nue dé sa souvearaîuè.
ta la cour avec la même impudeur, ûérie ^ùe dans un tripot ordinaire,-
DE PARIS. g5
les jeux de Versailles , de Marly et de l'rianon afaîent d'ailleurs la même organîsatioii : deux banquiers^ les sieurs de Ghalabre et Poilicdt^ les dirigeaient. Il arriva plus d'une (oh que d(^s joueursl nobles substituèrent des rouleaux de fkul louis h de For yéritable. Les filouteries fiuir^ntpar deyénir ^ si fréquentes , on tricha si souvent dans ceè parties illustres, que l'une des tuantes du roi né put s*em«pécher de dire un jour à M« de Ghalabre : On voû^ friponne bien, Messieurs. Cette observation était dune telle exactitude , que lés banquiers se déciderait à tendre sur le tapis un ruban ^ et déclarèrent qu'on ne regarderait comme engagé que l'argent mis sur les cartes au-delà de ce ruban. Sur quoi y nous le demandons , se fondait donc la supériorité sociale de gens contre lesquels on était obligé de prendre une précaution pareille ?
Le jeu ne profiuit pas à tout le monde: si quelques seigneurs, en corrigeant lafortune, s'enrichirent au tripot royal , beaucoup d'autres s'y ruinèrent. Par les pertes qu'il y fit « par ses paris fous avec des Anglais et par les profusions de son mO'^ bile libertinage , le duc d'Orléans, père du roi Louis-Philippe 9 aujourd'hui régnant, trouva le moyen d'être pauvre avec trente millions de rente. Le prince de Guémené , grand chambellan de France , fit une banqueroute d e trente-trois millions. Le cardinal de Rohan , frère de l'illustre banqueroutier , et qui n'était pas plus rangé que lui, s'écria en apprenant celte nouvelle: « Mor-
« bleu ! il n*y a qu'uo roi ou un Roban qui puisse « faire une pareille banqueroute.... C'est un acte tt souverain. » Cette morale aisée se révéla bien . mieux dans la trop fameuse affaire du collier ^ dont, nous ne reproduirons point ici les détails rebattus.... jQ paraît {évident que la reine avait désiré ce bijou , et qu'elle l'avait accepté du cardinal. Nonobstant ce qu'on a dit de la baine de cette princesse pour ce prélat , des rapports de Vienne démentirent cette prétendue aversion; des yeux de Versailles confirmèrent ce démenti. Quant an collier lui-même , on ne saurait douter que Marie Antoinette , se voyant compromise, n'ait ordonné qu'il fût rendu au joaillier. Mais ni la restitution ni le paiement n'eurent lieu ; et le joyau fut volé
p^r des escrocs subalternes Louis XVI ^n ne
payant jamais le collier , respecta-t-il la réputatiim de sa femme et l'honneur de sa couronne ?... Nous ne le pensons pas.
n faut le dire , déjà ce prince , désespéré des désordres qu'il ne pouvait arrêter , cherchait à s'étourdir sur les chagrins qu'ils lui causaient : il oubliait y et les malheurs de son règne , et les soins de l'empire dans de# longues chasses, dans les travaux manuels du serrurier..é.. et, selon des rapports trop nombreux pour être infidèles, danS cet(e vie factice , et presque toujours consolante , qui résulte d'un usage immodéré des présens de la vigne,
Eorsque le vice et la folie régnent dans un |>ays^
le clfarlatuiiMne s'y produit aiaément ,. et profite dei traveri qu'il exploite. Un Diédccin allemand , ■ BOmm^ Mesmer , parut k Parisdans le courant de r»mée. 1.780, et prétendit avoir ^taLli l'existence du magnétisme animal , c'est-^-dire la préwncc d'un aimant fluide , communicatif , et propre à élalilir la sympathie des êtres entre eux. L'empiri- (jue étranger ouvrit un éiablissemcnt , nommé Harmonie, dans lequel afïluèrcnt une multitude «nihousiaslc. A l'aide de cette innovation , le liteitin.ige fit des victimes, et Mesmer dc's dupes. Lorsque le charlatan allemand fut descendu de ses triviaux , en Iiaiien s'en empara : cY-lait Joseph Balsamo , devenu fameux sous le nom de Caglios/ro. Cet intrigant était le disciple, on du moins rimitalciir du comte de Saînt-Germain, qui , vers l'année 1757, avait surpris Louis XV et toute sa cour par ses richesses mystérieuses , ses actions ' élrangep, et la manie qu'il avait de parler des évènemens passés depuis deux mille ans en. le'moin ocnlajre. Cagliostro n'eut pas à : Pa- Tis . une exiaieuce moins singulière : on ne lui connaissait aucun revenu , il ne recevait aucun présent et vivait noblement... On a parlé hcauroup de soci^és secrètes qui se réunissaient dans sonItôtel,derapparition d'une foule de personnages , moru d'inanition à des mystères charmai» ; mystères fort recherchés des dames -, qui, après mainle» faiblesses, ne pouvaient plus, grace^à l'art du serviable magicien , être reconnues dans ■ ♦■■ 7
^ msToiiiE
le muiule par leurs vaiiKftiours. Tout cela ii'a jaiimift clé bÎPii crmslal^; non plus que le rajeunissciiu-iii du moral ei du physifjue des vieillards : merveille promise par Cagiiostroà ceux qui voulaient s'assujélir à certaines épreuves, h certaines foiniules. Ce qu'il y a d'authentique , c'est que le subtil Italien , compromis dans l'afFaire du collier, fut mis à la Bastille , puis se retira à Londres , et enfin à Rome, où il mouriil , emprisonné au rbàtcau de Saiot-Ange. Il est avéré que cet illuminé avait dît en quliianl Paris : La Bastille sera détruite et dedendra un lieu de promenade ; mais en 1 7S6 , on pouvait (aire cette prophétie sans^tre sorcier. Parlons des modes
En 1778, les coiffui-es des femmes étaient devenues si exorbitantes , que le directeur de l'Opéra dut en limiter les proportions pour occuper certaines places dans son théâtre. Mais tout à coup ces superbes édifices de cheveux s'abaissèrent comme la mousse d'une soupe au lait : la reine, ayaniperdusa chevelure en i7t^o,3prèssescouches, adopta une coiffwe basse, dite à l'enfant ;' et , comme on le pense bien , toutes les dames de la cour l'imitèient. Es 1734. ces dames portè-
it des chapeaux à la caisse d'escompte -. cet
■sèment tombait alors en discrédit , et les
™eaus étaient sans Jonds comme lui. Vers la
époque, les paniers, quoique diminues de
subsistaient encore ; mais on les rem-
ilôl par des coussins de crin , nommés
DE PARkB. ^
pothes , et qui ne grœsissaient que les haMJbês. Plu^tardi d'autres etluss^n^y appliqués au bas de la taille , reçurent dans figure le nom de ûuïs , H gonflaient tellement la partie à laquelle on les adaptait , qu'une femme , ainsi affublée , ressemblait à une Hottentote. Ou vit , en tjSo, beaucoup de léi^iteÈ dans les promenades : c'étaient deé espèces de redingotes qui laissaient voir le devant dé la jupe , et dont la taille .« garnie de baleÎAOB, était fort cambrée. Il y avait endore pour lé sexe deii amafones j habits de chasse , giirnis d'uA aombre ^irodigieux de boutons. Ce costume admettait ttn chapeau d'homme à l'anglaise ^ et les dankes liaient leiïrs cheveux en queue comme un grenadier pliissien.
Les faomînes^ les courtisans surtout, pOi*tajîent un frac dit à la française, sans re vers, d'une forme graciease ,; galonné où richement brodé en soie de oouleùr, en or y en argent. Les basques d'un habit de cour ressemblaient à un parterre au printemps^ ou bien à un devant d'antel )e jour do PâquesM.. Lés élégans fastueux endossaient des habits semés de paillettes ^ indépendamment d'une large broderie qui les surchargeait. La culotte cOone était ordinairement semblable h l'habit^ velDitrs, satin y taffetas ou drap; la jarreti^rç seule ^ offirait une broderie légère. Avec cette parure, on chaussait le bas de soie blanc et l'escarpin à ta-r Ions rouges y orné d'une large boucle d'argent ou (l'or^ Sur les cuisses battaient deux chaînes de
too HISTOtRB
montre , garnies d'une infinité de breloques. La coiffure se composait de deux ou trois boucles sur cbat£ue tempe , superposées avec symétrie et poudrées il blanc. Quelquefois la lêie était couverte de petits crocbcis, également poudrés, ce qui produisait un effet af^réable. Vers la nuque , les cheveux étaient contenus dans un vaste sac de taffetas noir, appelé bourse, sur lequel s'épanouissait une large rosette. l<e chapeau «levait toujours être porté sous le bras gauche , même par un temps de pluie ; tout au plus , en cas d'averse intempestive , pouvait-on tenir au-dessus de sa tête ce chapeau , appelé claque , ei qui était aplati au point de ne pouvoir couvrir autrement le chef. Tout homme ainsi habillé ne devait jamais paraître sans épée à fourreau dechagrinblanCj avec
poi
«née d'acier.
Sans parler des fondations monumentales (nous les indiquerons dans un tableau spécial joint ,î ce volume) , nous dertHis mentiouner d'autres institutions appartenant à la même époque , ainsi que qiielqties me&ures législatives d'un puissant intérêt. En 1777, paraît \eJoumaîde Paris; publication quotidienne , utile et alors fort honorable. Durant la même année, est fondé le Mont~ ée-Piété : dans les premiers temps de son existence , il offre de faciles secours \ la classe malaxée ; l'intérêt de ses prêts est modéré , sa gestion fidèle et lucide. Plus tard , ce sera une banque ordinaire, prêtant à dix pour cent , et substituant
DE PARIS. lot
une spëcutation presque usuraire-à sa missioa de bienfaisance. En 1780^ Louis XVI > suivant l'im^ pulsion de son caractère natureliemeat bon, quoique brusque, supprime la torture^ moyen atroce, assassinat juridique , qui faisait souvent un coupable de l'innocent qui n'avait pas assez de constance pour supporter le martyre^ Dans la même année et après cet élan généreux , le roi , obéissant aux suggestions de son orgueilleuse noblesse , déclare inhabile au grade de capitaine tout officier qui n'est pas noble de quatre géaé^ rations, et interdit les autres grades à tout mi-' litaire roturier qui n'est pas fils d'un chevalier de saint Louis.... Cette disposition fait faire un pas immense à ^ révolution. Sous ce règne, Franklin, ambam^eur des Etats - Unis d'Amérique ; fait adopter en France le paratonnerre , dont il est l'inventeur : cette invention si salutaire trouve partout de l'opposition dans le fanatisme et l'ignorance *• .1
En 1785 , M. Montgotfier, en voyant la fumée de son foyer enlever un papier assez pesant , est conduit à la découverte des ballons aérostaii— (fues. Les sieurs Charles et Robert perfection-
* Le sieur Boisvalë ayant fait poser un paratonnerre sur sa maison à Saint-Omer , les échevins de la ville le condamnent à l'enleTcr. Le conseil supérieur de 1* Artois, sur le plaidoyer savant et rempli d*ëloquence d'un jeune avocat d'Arra8> infirme le jugement des échevins, et le paratonnerre est rétabli... Le jeune avocat, c'est Maximiiien Robespierre^
neiu cietif^ iavemio^, La premier h^iUpa , eale^é à Fiurif poyr )eur$ 5oin4, pari du Cïliiin>p-de*Mai^ , le37 aoûl 1785, et ti^mb^ àGo«e«fie, au grand çifir^^en htJiwiaiMi., MontgQlfier «afle 90a app»T r^ av^ d<^ la iiw4e 4^ paUIe^ Cb^rks ei Boberi 90 s^rvcMii du gas hydrogène..*. De là deux écoles a^ripi$uiiiqu^« L^ ai novembre » Pilotre ^« ilo^ ^iim a'âèye le preinîer 4au^ les ^rs^ 9m moyen 4'une lilontgalfière. T^ul Parî& s'oQQupe alwa des baltolis : c'est mae fureur ,. e*e$t un délire ; les. chansons ^. les vaudevilles j^ W journaux nes'oercùj^ni. que de cela ^ et celte vogue: d»re.^. cemme tcKilauii:e... cptelques mois; Mais ce pirocédé reaie eomw^ solutiion d'un point ^ physique iwporunt.
liai fin durëgiine absolu ei|^ mamuéepar deux fondaUon^ ntil^ : k port de Chmmwg , commencé en 1 786, et le porU dei la place XéOmi Xf^j à J^4im* Une ordonnance de la même âinnée supprip^e les cimetières dans ^intérieur de la es^ pitale : mesure sanitaire trop long-temps n^ligée, et qui diminuera çcirtainement la mortalité.
Ce régne avait hérité d'une foule d'illuslraûons dçM»s les sciences, les lettres;^ les aits, surtout dans* la philosophie ; il çn vit d*autres se former et grandir; Là nopienclature en est longue et dépas-^ serait tes limites crue nous avons dû nous prescrire. Jamais pcut-âtre il n'y eutplusrde savoir, plus d'éloquence, plus de raison, plus d'élémcns de sociabilité honorables et brUlans parmi les Français ; mais tout cela n'était pas en émiission. Une cour
DE PARtô. lo3
légère ; superficielle , débauchée , tepoussait les œuvres graves qui ne s'h^armoniaient pas avec son humeur volage et pliosphortsëentê. La jeune ttar* quise, le chevalier papillonùant , Tabbé fatallier de rCEil-dc^Beuf 1 couraient au théâtre voir le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro ; dans les soupers de petite maison» on chaulait lesrefrasm eVotiqoes de BouffierSf lematin> sousledama&d'ùa baldaquin empanaché , les dames nobles se tùt* maient le cœur avec Fùuhlas , les Liaisons Dangereuses, et les poésies du teâdre Pamy. Au cercle du soir , les caIemboui*gs du marquis de Bièmm étaient la providence de Tesprit. Les écrivaifié profonds et sensés travaillaient pour un autre temps. En pouvait-il être autrement ii nue épc^ que où mesdames Gmmard, DiUhé, Contât te* naient le dé du beau monde, et donnaient le ton aux dames de la cour; tandis que les aimables de ce paya venaient s'inspirer, au théâtre , des itt«i^ nièresde Mole, AeFleurjr , de Michu.Ei, dans tout cela , Paris imitait Versailles... Mais le modèle allait être brisé ; la bourgeoisie , le commerce , le peuple touchaient au moment dépenser et d'agir d'après leurs propres inspirations. Les évcnemena de 1 789 avaient d^a posé les bornes de T^ifcien régime; une ère nouvelle commençait, : lesmceurs tombaient; ainsi que les institutions ^ au ci-euset de la révolution. Reprenons le récit des faits.
Louis XVI y malgré les malheurs de son règne . pouvait se montrer avec avuntagc devant l'assem-
io4 HISTOlKt
blée nationale : ces malheurs teiiaicnt moins aux fautes (le son adminisiration qu'à la dette accablante que lui léguèrent ses deux prédécesseurs. Assurément, il fil plus pour la véritable gloire du royaume que Louis XIV , dont la grandeur se borna, le plus souvent, à assisler aux merveilles de son siècle. L'alliance avec les républicains d'Amérique était une concepiion éminemment politique ; elle eut pour nous tout le succès qu'elle pouvait avoir ; on lui dut une marine qui servit bien et ne futpasdélruite; plusieurs porls magnifiques furent ouverts Ji cette occasion; le traité de 1783 brisa le joug humiliant que nous imposait l'Angleterre en conservant Dunkerque; enfin, les États-Unis promettaient un appui à nos colonies. Il est vrai que le traité de commerce conclu plus tard avec l'Angleterre affaiblit ces avantages; mais it ne les anéantit pas entièrement , et l'effet moral d'une rivalité heureuse avec la marine anglaise resta , comme un véhicule puissant , dans le ccenr de nos marins. Ces titres de Louis XVI étaient beaux à produire: ils eussent <!mu une assemblée réunie pour détruire des abus , non pour usurper le pouvoir. Mais ce prince, en qui des conseillers stupides avaient réveillé le despotisme qu'on excite ai facilement dans les rois, parut devant les représenlans de la France , cuirassé de toutes les prérogatives de la couronne , et leur parla, le 35 juin 1789, sur le ton que Louis XIV prenait avec les parlemens, au milieu du dix-sep-
DE PARIS. io5
tième siècle. La formule fe roi veut, le roi entend se mêla souvent aux discours ^es ministres chargés d'exposer les' yues de Sa Majesté ; eirun mOt^ Tabsolutisme souverain se montra clairement da&s cette séance. Les temps étaient trop changés poor ^'lin tel moyeii réussit } Louis XYI , dans une seule démarche imprudente^ perdit le reste de sa popularité'» qoL^ïl pouvait reconquérîr en entier a'il se fut uni avec franchisé aux mandataires de son peuple; puis il excita au plus haut point leur ressentiment par la brusque intimation de se séparer.
Cependant le roî^ qui croit pouvoir soutenir son trdne chancelant avec Tappui d'une haute noblesse méprisée^ peut-être avec celui des parlemens^ débordés par l'assemblée nationale et jaloux de son pouvoir imposant ; le roi, disons-nous, persiste à chasser les députés du tiei;^ de la salle où ils délibèrent encore Le marquis de Brezé, maître des cérémonies , vient» au nom du souverain , ordonner aux délibérans de sortir , et reçoit cette foudroyante réponse de Mirabeau : « Allez « dire k votre mattre que nous sommes ici par la « puissance du peuple , et qu'on ne nous en arra- <( chera que par la force des baïonnettes. » Jusqu'à ce moment^ l'assemblée nationale offre encore la division des trois ordres; ils se fondent dans les journées des 24» ^5» 26 et 2j juin. Le 2S, lareprésentation nationale est constituée.
La révolution va marcher avec rapidité; il
]o6 HkilOiKK
nous est iiiitfdii de la âoivre pas a pas , et noni nous bornerons \ sigoaler les fastes qu*^le sèmera sur sa rMitcf. L'asseaibMo nationale foriàe maintriant un çorps: immogène ; les opinions de ie% miembres ^ quoique différentes de nuances, se rénnîascnt Cependant en un point :1a marjcirité de oe vasie concile convient (|ue le système gonterne*mental est à refondre^ et (pi'une régénération cnh tière peut seule détruire les ^ices et les abiiscxis* tans. Les liunières les plus éclatantes de Fassem- Uée sont Mirabeau , Gazalès , l'abbé Maury ; le comte de Clermont-Toanerre , Tavocat Barnabe, Mounier, Malouet, Lally-^ToUcncUil , Fabbé de Montesquieu» Tronchet, Target, Chapelier, Robespictrre > Fabbé Sieyés^ Tallerand^Périgord , chèque d'Autan , Grégoire , curé , le duc de Leradiefoucauld-Liancoun , Boissy -d' Anglas ^ Lan* juiitais^ Voiney, Bailly, Pétion , Chabot et La Fayette , compagnon de Wadbington. Tandis que ces puissances de la pensée et de Fopinion as^ surent avec leurq collèges les bases d'une constitution , la cour se prépare à conspirer : elle songe à diviser de nouveau l'assemblée, espérant capter les suffrages du clergé et de la noâesse , en faisant influencer ces deux ordres par ses cvéa-^ tures. Des troupes , pour la plupart étrangères , s'avancent vers Paris et Versailles , afin de soutenir le coup-d'état médité ; le maréchal de Broglie prend le commandement de celte force prétolionne; le château royal devient une place de
DEFARiS. 107
guerre: les die vaux des aides de oiiiip^ des ordonnances, des courriers^ piaffent dans (a ooor de ]U[arbre;des soldats campent dans les i^t^pane*^ ntens; rassemblée, que l'on menace » dëlUiére.an milieu d'une enceinte de baïonnettes. Dans Tiniérieur dea princes , le roi , entêté mais faiUe , hasarde avec crainte. La reine, outrée contre les ré^ formateurs qui oseJit attenter à ses plaisirs et fermer le temple charmant de Trianon , la réinrç poussç son époux h résister aux exigences nationales; elle fait diverger les séductions de ses femmes parmi les hrillans officiers , parmi les gardes du corps 9 pleins d^j actance » qui se constituent les défenseurs de la cour. Monsieur (depuis Louis XVilI) garde la neu,t|ralité ; il avoue que le peuple a 8(^ di*oiis, et Uânuî ^opposition violente que son frère médite. Lc^ comte d'Artois ( Charles X), avec ses maniècei emportées , ses habitudes de tripot ^ ses juremens de mauvais lieu, pousse au contraire aux moyqna extrêmes, et veut quon chasse, avec le fouet réservé aux lévriers indociles, ces prétendus députés^ qui viennent épm*er Teau trouble dans la<pxelle il lui était si doux de pécher. Le ministre Breteuil est un des plus violens instigateurs delà contre-révolution : il y pousse son maître de toutcj^ ses forces. « Au surplus, dit-il hautement , « s'il fautbrÂlcr Pai*is ^ ou le brûlera et Ycm déci- (c mera ses habitajxs : aux grands maux les grands (( remèdes. »
Mais la nation veille sur ses rcprésentans ; tous
io8 HunroiRE
le^ projets du château sofil conans : Patis, ses environs, Yei^sailles même se tiennent prêts à se lever ponr sauver Fassemblée. L'appni des masses populaire né sera peut-être pas inutile à la i-eprésentation ilaiiohale; car les absolus du consieil , La Vaugnyon , Breteuil , Broglie , Foulon , LapCMrle, après avoir fait renvoyer et ^exiler Necker , marquent comme victimes préalables dun coup d^ëtat, d'Orlëans, La Fayette, Mirabeau, Syeyès, Barnave, Qiapelier, Lally-Tollendal, Mounier et quél<{ues autres : si leurs collègues sHnsurgent contre cette proscription, une compagnie de canônniers^ placée aux écuries , mitraillera l'assemblée. Mais tout cet échafaudage de prétention^
despoti^es va crouler Déjà la voix tonnante
du peuple gronde à Paris. Les Parisiens ont su , le 1 1 juillet j que Necker ^ Fidole de la multitude, est exilé. Dès le soir de cette journée, des groupes délibérans se sont formés sur divers points , particulièrement au Palais - Royal , demeure d'un prince qui , depuis plusieurs années , travaille à se faire un renom populaire, dont nous apprécierons la sincérité. Le i a, les rassemblemens grossissent ; des menace» contre la cour s'en élèvent ; plusieurs tribuns improvisés , qui , d'une chaise se sont fait une tribune , pérorent
avec chaleur au Palais -Royal Une députa-
tion de cet immense parlement fait fermer les spectacles ; une autre promène par la ville les bustes de Necker et du duc d'Orléans : bientôt ce
cortège devient une foule innombrable A la
place Vendôme /elle nencontrè lea satellites armes du trône : une lutte' s'engage ; des bommes tombent |laiis les niasses populaires ; dés soldats mordent la poussière dans les rangs de la troupe. On se bât aussi sur la plaîDe Louis XV et aux Tuileries : le prince de Lambesc , à la tête d'un corps suisse et du régiment de Royal - Allemand , veut faire évacuer ce^ promenades ; lui-même charge, avec ses cavaliers / des promeneurs désarmés
et inoifensifs Le sang d'un vieillard coule.
Alors , l'indignation prête des arnies aux Pari* siens ; .tout , sous leur bras irrité , devient projectile : cbaises, vases , statues , parcelles de murailles volent à la tète des suppôts du pouvoir.*.. Lambesc, à une attaque infâme , fait succéder une retraite honteuse; et le soir, les gardes-françaises, qui se sont déclarées pour le peuple, achèvent de diiasser ses ennemis par un feu bien nourri <{n'elles font du boulevard...,. A minuit , Paris n'appartient plus qu'à ses babitans.
Mais la première irruption du peuple est toujours marquée par de grands excès : dans la soirée du 12 juillet , les barrières de Paris ont été. incendiées ; une populace hideuse , dont les intentions peuvent excéder les limites d'une utile insurrection , parcourt la ville. Le désordre , le pillage peut-être sont imminens. La bourgeoisie s assemble dans les divers quartiers; le tocsin sonne , les amis de l'ordre s'arment à la hâte , des
uo HBTOIRft
patrouilles voloiiuiircs circulent. Les électeurs des députés courent à rHôiel-de-Villc, et sf, réunissent au corps municipal. On ciée h l'instant les cadres d'une milice parisienne ■ au point du.jour, 48 mille citoyens se seront inscrits pour en faire partie. Un comité de sûreté permanent est établi. Le j ^ «u matin , un arrêté de ce comité paraît sur les murailles : il porte que la milice parisienne est fixée à 4i^ mille hommes, qu'elle formera seize légions, dont les officiers seront nommés par la commission permaneiile. Les couleurs de la ville sont adopîées pour la cocarde : elle sera bleue et rouge. Tel est le premier acte de la puissance populaire.
Cependant le mouvement insurrectionnel continue le i3 : le peuple, qui durant la nuit s'est pourvu de tout ce qui lui a paru propre à l'attaque ou à la défense, montre, au lever <lo soleil, une multitude bizanemeni armée ; les déienus de la Force etduCbfttelet, libérés, s'y mêlent et Bngmen ternies inquiétudes des bourgeois. Genx-ci font de rains efforts pour conlenir cette multitude e0rénée.Presque simaltanément lecouventde Saint-Laxarre, qui, dit-on , recèle Ae» grains, est mis au pillage; trente mille fasils et vingt pièces de canons sont etilerés aux iuvalides, eu dépit des rcpréwntalioiu du gouTcrueur Souibreuil; le garde meublé est forcé et l'on s'empare , sans antres désordres, des armes de tontes les formes , de tous les siècles que ce musée renferme. L'épée de Charleniagne
U£ PAKlft. iil
est p^Bablement italiiëep»r un jeuitle pcfrHqoMr; la lance <fe Jeanne d'Arc repote aux maiHd à*m^e fille deâ halles ; * im porte «>faix brandit Tëpée de François I«*^ ; cellode Dugoesdin brille aux maiiÉs d'om charbonnier; nné poissarde s'est affublée de ramrare de Bayard; tandis que sur la tête d^un pâtissier, 1-bumble boimet de coton liait place au eas^e de Henri lY,.... Nous u*afOns point otitré e^te mascarade : «'est un tableau des jours gras en}mllet.Pendam ces diverses expëdictons^ le tocsin laisse tomber ses sons lugubres de tous les c^diera ; daaa plusieisirs églises on nraule àes balles , oa {ait des icar touches y on emmanche des piques: cinquante malle de ces derfiières armes auront été fabriquées en quarante-huit heures.
PeadaM que des préparatifs hostiles se font à Paris , la cour , dont l'ardeur martiale semble s'être apaisée , jette un coup-d'oeil trànqu^tlé sur ces mouràmens : elle les considère comme^ une simple émeate, dulnombre de celles qu'on a juscpi'alors arofetées en faisant donner le guet... Les nmnstres dormeiit sur un volcan ; ils n'ont pas même eiiToyé au marquis de Launay , gouTcrnenr de la Bastille^ les secours d'hommes, de vivres^ et de tmioittons qu'ils lui ont promis. Cette forteresse/tiui jusqu'alors s'est approvisionnée, au jour le jour, à la halle , n'a pas pour vingt -quatre heures de subsistances. La garnison se comprise de ireme^Kois Suisses et quatre-vingt-trcns invalides; il y a sur les tours quinze pièces de canon, et
us MStOUœ
douze fusils de rempart du calibre d'une livre et demie de balles ; le château reoferme «juatre cents biscaiicDs, quatorze coffrets de boulets sabotés, quiDze mille cartouches et ceni vingt barils de poudre. Pour le cas d'insuffîsaiice des projeciiles ordinaires, on a dépose suf la plate-forme plusieurs charretées de pierres, de vieux ferremeiis, de bouteilles cassées.-.. L'imprévoyance <lu gouverneur ne s'est pas même munie d'un drapeau blBOC : pliisicurs mouchoirs de poche cousus ensemble y suppléent. Telle est la situation de celte prison d'Éial, lors«jue le peuple, informé qu'il existe des armes dans ses murs, s'y porte le 14 jniilet au matin, à la suite d'un détachement de quarante hommes qui , muni d'une Ictire du prévôt des marchands Flessellcs, va réclamer ces miaules armes.
Le peuple s'arrête d'abord à une certaine distance Je la Bastille; bientôt il entend une fusillade dans la cour , où l'on vrent d'introduire le dëucbement, et les PamiçDS croient leurs concitoyens massacrés... « On ^rgé nos parlemcn- N taireft,'s'écnentdesmilliersdevoix,& la trahison! <! au meurtre!.., à l'sttaffue ! » En effet, tandis que l'on commence oae vive mousqueterîe du càtë du boulevard, une partiedcsasaiéijeansseportesurles denières du fort, et incendie, h l'aide de plusieurs charijatées de paiUe, l'habitation du gouverneur.les cuisines et un corps-de^arde avance. Sur ce point, arrivent trois conïpagnies de gardes françaises ,
I pénétreni dans l'avânt-cour avec deux monjers , V âeux pièces de quatre et un canon d'argent, cnlevô
I gai-de-meub]e... Un feu assez Tif sVlaLIll; la I gwnîMD riposte avec vigueur; souvent avec avan- I tBge... EnBn , après quatre heures de combat , utt I papier, sortant d'une meurtrière , tranche sur la couleur grisâtre des tours; un citoyen franchit le fbss^ , sur une plaoche , pour s'en saisir. C'est une I ttptluUtiofi. M Nous l'acceptons, foi d'ofScier, I n s'écrie un bourgeois nomm^ Élie; baisses vos I K ponts.» Od les baisse ; le peuple se précipite en I ibul« dans les cours.... I.e brave Élie a la douleur I (le voir la foi promise méprisée; le marquis de I Latinay et son major Losme-Solbraj, emmenés à FHôtel-de- Ville , périssent sous les coups d'une I populace féroce , qui les a enlevés à la garde l JïOurgeoise... Les têtes de ces infortunés, élevées des piques.... sont portées dans les rues. Le I toir, Fl€ssclles , soupçonné d'intelligence avec la I eour , tombe frappé d'un coup de pistolet , eu sor- Itant du consed de la commune... Telles furent les Ipremières victimes de la révolution. Elatent-e)lc« llùen choisies? On peut en douter. Indépendam- BBlont de ces trois hommes, sacriilés par une colère
rcugle , deux officiers et trois invalides ont péri
Modant le siège; la conquête JslaBasiUlcacoâtt-
■l^tu cher aux citoyens : cent hommes environ ont
é tués sous ses murs. ^
Tandis qu'on délivre les prisonniers d'état , dont kre est do sept seulement, des ou v riers coni>
ii4 HISTOIRE
mencent le soir du triomphe populaire , à déîno-' ]ir le golhique édifice^ qui pèse sur le faubourg Saint-Aoioine^ image du despotisme dont il est . Temblème ; et » pendant que ces ëvèncnieBS s'accomplissaient y qui le croira ^Fon danse à Versailles. La cour qui , dans la nuit du i4 au ï5,yeai agir contre l'assemblée nationale , enivre de faveurs et de séductions les troupes engagées par serment à la servir... Les jeunes officiers nobles aoat cwessés dans les appartemens, quelques-uns dians des lieux plus secrets,, par les dames dont la marquise de Polignac est la corypliée. Mesdames de France , la comtesse d'Artois>i la comtesse de Provence, descendent sur la terrasse de l'Orangerie , font jouer les musiques deRoyal-All^nand et de Royal-Étranger , [assistent aux danses des soldats, et ont soin de les faire entretenir de vins généreux... Au même instant, un bal s'ouvre dans la galericy pour les officiers^ auxquels se mêlent, dans une toilette agaçante , tout ce que la cour offre de
beautés faciles
L'assemblée nationale , en permanence dans le lieu de ses séances , y demeure calme et stoïque > quoiqu'elle connaisse bien les projets delà cour... Il est vrai qu'elle ne sera pas ^sans défenseurs : un peuple nombreux p aux regards sombres , au ^lence menaçant, entoure la salle où ses représentant délibèrent: au moindre danger, il leur formera un rempirt de corps rapprocbés > de dévouemenj, héroïques. Cet acte de courage ne sera pas nécessaire.
Quoique la route de Paris à Versailles soit înlercepi^e par des postes destinds ^i arrêter les nasses populaires, qui pourraient se porter an secours de rassemblée, ou sait confusémeoL h la 4ioar ce qui se passe à Paris j mais on Va laissé ^norer à Louis XVI. Lai-ochefoucauld-Liaucotirt prend sur lui de l'en informer, 11 entre, à onxc heures du soir, dans sa chambre à coucher, lui apprend que la Bastille est prise, et que le peuple irrité a déjà fait des victimes, — «Que « diies-vous , monsieur le duc , s'écfie Louis XVI, tt eo se mCLlarit avec prccîpitatiou sur son séant ; « mais c'est donc une révolte. — Sire, répond « le gentilhomme avec solennité , c'est une révo- « lution. » La demande peint bien l'incapacité morale du premier ; ta réponse atteste éloqueaimentla profonde expérience du second.
Le ieademain, Louis XVI , suivant les conseils de l'homme de bien qui vient de lui montrer ie précipice ouvert sous ses pas, se rend dans le sein deras-semblée . dépose , en quelque sorte , le pon- ■ïoir exécutif sur ie bureau de son président , annonce, qu'il rappelle Neckcr, et déclare qu'il Ta éloigner les troupes de Paris el de Versailles. Le roi ajoute : « Je vous autorise et vous invite, s Messieurs, h faire connaître mes dispositions à « la capitale. » L'assemblée députe quaire-vtngls de ses membres à Paris, pour reporter aui bahtlam de cette ville les promesses du souverain : •^e* y etcitent un élan d'enthousiasme et de pa-
MfS HisrvoiRE
trjptifms in^xprknaUe. Cependant radmmistf:apQO|*i|^UIii<^pâlfi 01 la< fbrcp cîio]pmne s^orgâlû^iji^ ï^j^iUgr MÊ nommé inaire et préside le coi^ît4. QQMfl^L» ^auquel tovl> le pouvoir àbontit. Là F^l^^ltf t^t inv^iliidu ooÉàmandao^ent de la gat^ apj^)éfi iHUionidài le ticomlè de Noailies rcçefit \f^ q/^^té de tnia)W -rgénéraL... Trot» députée ûù pfiTMi ikOpulaîreTCuent ainsi t^irce raiuloHlé ' t^ poser fions jeurfnain. Lai roi doit^enirà Flàrisle 1 7 ; Necker «e hite d'y rentrer le 1 6..« ' Son fétjOiir eqt 4Uie yiéritable ovation , qa^tl semUe avoir arr «ll^r^Q luirmânae aveq conapiaisaDGe* Ce ministre tarf|v^M3 ^ ville daas une voitwre très ouverte ^ ay^iil à Aes c6ié$ sa femme et madame de Staël , s^ ifiU^^ ^tti formtot avçc luâua.gn>iqpie patAiÀiipie e^ il^moyaAt» Quelquefois , aux acdumatioÉ» dé la foule , j^t à travers les hupiges derasef efiltoil- 14?s qui tombent dans la voiture, cas dames se pro^ierueoit aux pieds de Tidole populaire^ baisent 9^ g^ppivj; , ma mains , ses vétemens ; tandia que Ie43^^n4 vois , ivre de vanâlë , saiue le peuple, étend vers lui une main protectrice , et crie : ^tpé la t^HtioH ! ,•••» Ce triomphe d'opéra comique s'ins^ orira^ans les^ fastes du ridicule.... La vertu cesse d'èd*^ vertu et devient sottise, dès qu'elle obât à Forgueil.
\à Uuideqiain, Louis XVI , après une longue et ni^Ua hésitation , après des disposîticms presque testamentaires, se rend à Paris, k travers une foule innombrable. La Fayette , à la tête delà
F'garde nationale , le icçoil à la barrière ; Baïlly le 1 harangue sur le perron de rHôtcl-de-Ville. En ceniomeni.. M, de Laily-ToUendal , emporta pai- 1 sa faconde oratoire, s'e'crie en s' adressant au peuple : « Eh bien ! citoyens , éles-vous contcns ? le « voilà ce roi que vos camrs appelaient! le voilJ « celui (jui Yous a rendu vos assemblées nattO-
(I nalcs ! .,., le voilà ce roi citoyen ! > Phrase
tedondante se terminant, par deux mois quijn- [rem en ce moment, qui jureront lOujour? dans leur accouplement. Louis XVI vienl d'accepter la révolution : monarque aux impression sAigitiïcs, il en paraît saiistait , assure, le lendemain, i rarclievcque de Boi'deaux, qu'il n'a jamais passé une meilleure nuit , el le jour môme il défend aux personnes de son service de porter l'babit de la garde nationale.
Le an , la place publique est encore ensanglantée par le supplice de Foulon , controlcurgéucral d'un insLani, et de Derihier de Sauvigny, scm gendre, imcndaut de Paris. Ces deux hommes sont signalés commecoupii blés de nombreuses malirersaiions : la populace les accuse particulièrement d'avoir accaparé les grains. Le premier est conduit à hi commune . d'où la multitude furieuse l'arrache bieniiii et le pend à la corde d'un réverbère, vis-à-vis l'IIôlel-de-Ville, De Ik vient l'expression qui bienrôt retentira dans les refrains populaires : mettre les aristocrates à la lanterne. Berlhier , amené devant le corps municipal, voit
lif eq l^frew }a< tâle dé ion beau-pére / prôrtienée f fl^ 111^^ {Mquie ,\ et isyàiil la borahe Téiâf>li6 de fbi^, pfi^ j fq^i f;Oi|kin* «t dit xjj^lfénàt mùnge^ thi fyjà^ çf^ai JP^riâkhê^^. OnrpréseiitQf Mtte tèté'skàglaote à r^x-î||tQadanl , 'et bîemôt^^^^^^ sienne déjipj^p w i^iiiiffeaîU: . trcijdiëe ^ pour le eoitège f a- 4f^ .!..^ SIfitliçar k qui provoque la veiigeanèe du pçupf^ ; presqi^e. tott}oiira juste danà ses 'mdtîfe , elj^e ^ft a(r<M)Q dans son exécution...; lûd^tid^^ms^% 4^ -, leurs; forfait» personnels, cettx qui r<^i^qif«Qt sont donc^ncère responsaUes des ett^ q|l? la, mulûtju^e comniet pour les piiéi^... Mais / aiif.,|8ei^ d^; CCS terribles actes de la Némésis P9pij;lairç, le^boiandtes gens> gémissentl.; Qife pen- S|Ç|^ . donc d'une comtesse de: Genlis > qui danse èl £ai^t danser les £ls du duc d'Orléans^ dans lecîrque du Palais-Royal , avec les hommes teints Siu sang de Foulon et de Berrhier?
Cependant l'efiFroi de la cour a succède aux tentatives de contre-révolution qu'elle méditait naguère. Le comte d* Artois a donné Texemple de Të-
* Le soir, cinq à six hommes, au regard farouche , entrent au café de Foi (Palais-Royal) , prennent place à une table , et demandent du café. La liqueur ëtant servie , Tun des nquveàux venus tire le cœur de Berthier de dessous son habit , le presse fortement entre ses mains , en exprime quelques gouttes de sanfl^ qu'il répand dans les tasses. Les convives cannibales avalcntcet horrible breuvage en chantant :
Non , il n'est pas de fête Quand le cœur n'co-cbt pas.
Sigra^ôn , le 1 6 j uillct ; une foule de aei;^ncurs le
oit àl'éiraiiger. Le 26, La Fayette réunissant la
»ulcur des lis aux cuuteurs bleue et rOuge choi-
rsies par la ville, fait adopter la cocacLtc f nco/ore à
I ' l'iiMejnblee des électeurs , et déclare que cette heureuse trinitc fera le tour du monde... La prophétie,
^<pie le grand citoyen a déjà vue réaliser dans une ■artie de l'Europe, finira par s'accomplir universeU
■lement... Mais les résistances de la tyrannie seront Rlongties ; car la tyrannie paie ses partisans avec pTor des peuples, et la corruption ne lui manque • jamais. Suivons le mouvement rapide d'une régé-
II nération sociale , il laquelle travaille activement l'assemblée nationale , qui ne participe point aux
ntcès de la place publique, et travaille à les arrêter
l'«n faisant cesser leurs causes. Le 4 août, ce grand
vCorps abolit les titres de noblesse; le 8, sont
inéanties les justices seigneuriales; le 11 dispa-
^raissent les droits féodeaux; le i5, l'assemblée
mipprime les dîmes ; le 20, sont décrétés les droits
W'ée l'homme et du citoyen ; le 25 , l'indépendance
l'aies opinions religieuses est proclamée; le 24, les
mtraves de la presse sont rompues. Ainsi vingt
Nours de représentation nationnle ont assis les
Ii4>ascs des libertés publiques , et rendu la dignité à
1 nation, en menant au néant des distinctions,
Utes de l'orgueil des grands et de la crédulité du
ieu|tlc. '
Le 29 septembre , rassemblée porte un coup
Itei'rihle à l'arbitraire de la cour, en décrétant
4f f;eftpaii^satyUii)i^ des pûoutrcft. Dà^lorâ iie cp^ mîMi d^ TiTi^W ypi v dea^iéclier bi ^ooro^ .4e$ jQ^^ia^e» ioikpwref ^ ^ji^ 4^iqp^Mom , H .source 4eft
l^yd^4(w^p«A>w^ pe^Mwe
]|§ flubiiiQt 4^ yi€»Qe. MwÀMoiloiiiHie et A^
ylè^Wf BUL ^i>(faBAie « et i? !d^laNI:^e^> 4^ opu^^w 4m voie# 4^ 1a iri^¥aIiàiÂm » qi» «eulea p^uvem le
«Cpii^iûl^e m^ Balui. l# npblesse ?t le çieT^/i, pri* ?;4^4p le^irs 4>(OiU^ \&^ p^Umei^j qui «eatcol iqh0|>{)^r Jbik le«irf j «e rémpsaepit m^ f^tieui: de Yi^fWflfS* Us sQjÈ^exu h profiter, du pri;x ékvé des i;ri|iiis ppui' «ç^cii^ le peuple, et Oae fois les masses j^é^ohéçs, H sera iÇaçîle de leur Saire eo^eudre qaç i'ausemJblée est l'unique cause de la d^seuç. La Fiayette, fpii aperçoit daas le I^as peuple des symptpmes de trouble^ en a ver Ut le couseil du roi. h^ uiîais^res font demander , par la municipalité 4^ Yef^mi^lf^^ 9 i'augmentaiipn de la garnison. Le régiment dç Flandres est appeli^ il fraternise avec la garde nationale. U se trouve déjà à. Versailles des dragons , des chasseurs , des gardes suisses • les çeiAirS^isses et les gardes du corps.
La cpua: cp^çoit 1 espoir de s'attacher cette force ^vmée ioEiposante^ et d^ recommec^^er^ avec son assistance , <:çtte conjuration avortée le 1 5 juillet. En conséquence , tous les officiers de la garnison spm invités à un haiu}u^t y dans la grande salle de spectacle du château. La table est splendtde-
DjE PARIS. lai
ment servie ;;de$ dames çhariaiintet^ {Nress^ps dans lesloge^^ conronnent les €Oavi?os d'ui^ 4ou))le gnîrlandie de hoantés qui^ par une négligence étu-* diée, laissent tomber sur la table des lys et des bouffettes de ruban blanc. Lorsque les fumées du yin commencent à échaulTer les dîneurs i le roi, en babît de oour, la raine, portant le danpbin dans ses bras , et tous les piînces et princesses pa-* raissent dans la salle, et , prodigues de sourires, circulent autour do la table , en encourageant les officiers à bien s'amuser... Alors les transports de l'assemblée deviennent un délire : on crie vive le roi, vive la reine; on prodigue les santés royales, et les sarcasmes contre rassemblée... Des otficiers insultent la cocarde aux trois couleurs , la remplacent par les rubans blancs tombés des loges , plusieurs la foulent aux pieds,.. Le roi et la reine ne cessent pas de sourircLe lendemain, l'or-^ gie ccmtreHrévolutiounaire continue îk Thôtel des gardes du corps; le soir , dans la galerie , les dames de la reine et des princesses distribuent des cocardes blanches, des bouquets, des sourires; plusieurs de ces sirènes donnent davantage aux militaires qu'elles sont chargées de séduire.
Ces fêtes scandaleuses, qui ont lieu les i et 2 octobre, sont connues à Paris le 5 : une gai lé si dépla* cée , en de telles circonstances, porte au plusjiaut point Texaltation populaire, encore excitée par des orateurs des rues , par des démagogues ^ carre^ four , que personne ne semble avoir accrédités^
i!ii BISTOIRE
et npi le sont pourtant... Le doc dPOrléans a-t4I , eneffH, an parti ânx Tues royalistes , dans lesein même de la réTcrfntion? Sail-â àéjk , le doc d^Orlëans, qnNme Kentenanee' générale da rojamne , appftt sédoctenr des prineea de son nom , peut condaîre au trône par tme route populaire^ dont en' efface ensuite ▼k>lemment les traces? On /plus mystérieux dans ses projets ambitieux , le comte dé Provence songe-t4l à pousser doucemeitt hors éci trône ^ un frère qu'il croit pouvoir remplacer avec avantage?
Quoi qu'il en soit ^ et par quelque moteur que le peuple soit poussé, il fait irruption à Versailles, dans la journée du 5 octobre. Louis XVI , eifrayé, accepte; le soir mîéme , les dix-neuf articles de la constitution décrétés avec les droits derhcMnme. Mais cette adhésion n'arrête point le mouvement tumultueux dune populace de quatre-vingt mille âmes, sortie, en grande par? ie , des faubourgs Saint- Antoine et Saint-Marceau. Furieuse , elle ne médite rien moins, dit-on, que Fassassinat du roi , de la reine, du dauphin.,, et de Monsieur; peut-être doutera*t-on bientôt des projets sinistres de la multitude contre le dernier de ces princes. La Fayette , avec la garde nationale parisienne , marche rapidement sur les traces des masses mutinée^: RLarrive à Versailles h. dix heures du soir.
Après les^orgies des i et 5, la garnison de VersaiH'*» -^^té éloignée sur la demande de Tassem-
le, qui n'a point ignoré les menaces
proférées contre elle , et à peu près encouragée^s par là coût. JLôùis XVI ne (Conserve au château qiî'tine partie des gardes du corps; et h la vue de l'immense cohue qui noircit Ta venue de Paris , ce prince ordonne aux gardes écossais , qui occupent les postes, d'éviter tout engagement avec les Parisiens. Méprisant cette défense , le duc de Guiché fait charger à coups de sabre un groupe de femmes; tandis que le garde Savonnière blesse un garde national , qui lui tend une cocarde tricolore.... Un coup de fusil part alors de la 'foule et casse l'épaule du sieur Savonnière... . Il parait prouvé que ce premier choc n'alla pas plus loin , et que les dix h douze gardes du corps massacrés en ce moment ne Tont été que dans des récits mensongers.
On n'^a point oublié que La Fayette a prévenu le conseil des premiers signes du mouvement qui s'accomplit; arrivé à Versailles, il se dispose à empêcher une catastrophe terrible qu'il prévoit. Après avoir fait occuper les postes extérieurs du château , il propose à M. de Guiche de faire occuper ceux de l'intérieur, en partage avec les gardes du corps, évidemment trop faibles pour résister à l'attentat prévue... Le général de la garde nationale est refusé avec hauteur par le courtisan ; il insiste auprès du roi et de la reine en leur avouant qu'il ne les croit pas en sûreté. Le couple royal, dominé par une injuste défiance , répond froidement au député populaire qu'il ne court aucun danger , et ne répond que par un sourire amer aux cha-
leureuses ci sincères assutaoces de dévouaient que La Fayelle lui donne... Celui-ci se çotiie k regi'el ' avec laconûrmuiion d'un refus... Voilà l'exposé véridique , inconie&lable des faits ; toute accusation portée contre La Fayeltc.pOursaconduite dans la nuitdu 5 octobre, est donc une insigne calomnit*... Calomnie d'autant plus infâme encore que , dans celte nuit même, c'est. ce digne citoyen qui sauve la cour.
La populace, sem-s autres hostilités que celles mentionnées ci-dessus ^ aUu9M= des feux daus le» avenues, soupe, s'enivre, se livre ù de hideuses débauches, et s'endort pêle-mêle, étendue sur la terre.,.. Mais tout le moude ne somuiellle pas dans cette foule. Avant le jour, une troupe de brigands, conduite par des guides travestis, et qui connaissent les secrètes entrées, s'introduit dans le château,.. Ces bandits se rendent d'alwrd, h bas bruit, à l'appartement de la reine, tuent les gardes du corps Varicouri ei DcshutLes, qui en gardent la porte, et parviennent au lit de la souveraine... Elle vient de fuir, à demi- vêtue et pieds nus, par une porto de dé(;agement,.,. Furieux , les assassins crîr blent de coups de poignards la couche encore brûlante de Marie Antoinette. Ces égorgeurs vont courir à l'appartement du roi , lorsque la garde nationale , qui a forcé la consigne des gardes du corps, accourt et sauve la famille royale, en repoussant les émissaires d'un crime dont on ne connaît pas bien les instigateurs.
DE PARIS. Ïi5
Plusieurs historiens ont trop affirmativement déclaré qnc le duc d'Orléans et Mirabeau avaient^ été l'ame de cet atteiitat mystérieux: sansHotite le premier aspirait k la souter aine puissance; sàtis doute le dernier , <]ont il ne faut admirer qttc le beau talent , était aussi impur dans ses principes' politiques que dans ses inœtirs / et les feuilletonistes de notre époque n'ont écrit sur les Vertus dvîqucs^ de ce g;rand orateur que de brillantes folies... Mais que ces faux patriotes aient dirigé le crime nocturne du 6 octobre, rien n'est moins prou'ré
Voici d'ailleurs un fait authentique, q\ii mérite^ d'être commenté. « Tandis que des brigands boule- (c versaient le château, dit Montgaillard^ Mon- « sieur (Louis X VITI) , dès huit heures du matin y (c avait achevé sa toilette; it était coiffé, poudré, a habillé avec sa recherche ordinaire , et revêtu tt de ses cnrdres. La plus grande tranquillité *pa- « raissait régner sur sa physionomie; il sortit de n son fil^partement sans que les brigands qui a avaient dévasté le château, eussent troublé son « sommeil , et se fussent même informés de sa « personne.... » Singulière sécurité de la part du comte de Provence.... Etrange oubli de la part du doc d'Orléans, s'il conspirait contre la branche régnante , que de laisser aussi tranquille un prince qui régnait naturellement après la mort du roi et du dauphin^.
* €e AiHpUn était ccfni né en 1 780 , et mort dans la prison du Temple; le fils aînë de Louis XVI avait succombe à une
ii6 HISTOIRE
Le G octobre au smr, Louis XVI était éubli ù Paris aux Toileries ; ie chAteau de Versailles n'<^&aït plus qa'nne vaste solitude, sombre, silencieuse, presque déaerve^^ La cour du grand Louis XIV venait de s'éteindre.... Daas peu d'années , les marteaux de l'armurier devaient retentir dans le palais fastueux où douze cent millions s'étaient engloutis.
L'assemblée naticnalc , qui ne peut délibérer loin du pouvoir exécutif, vient s'installer à Paris presque aussitôt que Louis XVI , et tient sa première srance à l'Archevêché. C'est là qu'elle décrite , le 3 novembre , sur une motion de l'évèquc Tallcyrand-Périgord, que les biens du clergé sont mis ù la disposition de la nation. Peu de jours après, elle s'établit dans un local appelé le Manège , et coniigu au jardin des Tuileries , vers la terrasse dite des Feuillans. Dans le moi» d'octobre, a été fondée la société dite des j4mis de la constitution , qui prendra plus tard le litre de cluh des Jacobins , parce qu'elle se réunit rue Saint - Honoré , dans le couvent de ces moines mendians. Passant sur les intrigues d'une monarchie déconsidérée qui ne conserve plus que l'ombre du pouvoir, signalojis rapidement, les travaux de cette. j^usMOte .représentation nationale, iqui maintenant si^^;P,9rBii les Parisiens, L'année i^Sq se ferme par la cvéiûtm des assignats , décrétée maladie de lanceur, an château de Mendpn, pendant cette mêmeannëe tjflg.
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le 19 décembre : ce papier- monnaie, hypothéq[ué sur les biens que la nation i^ient d'acquérir en s'emparant des possessions du clergé^ peut rendre de grands services à l'Etat , si l'émission n'excède pas en valeur la garantie sur laquelle son crédit repose ; et , dans l'état actuel des finances , il est à craindre qu'on ne se livre à cet abus.
Le 5 janvier 1790, la France est divisée en départemens» districts et cantons ; des corps constitués administrent ces divisions territoriales. Le 24 février y sont abolies toute distinction^ toute supériorité honorifique , résultant du régime féodal. Le ^5 , disparaît l'inique droit d'aînesse ; le partage égal des biens est établi. L'institution du jury y en matière criminelle, est consacrée par décret du 3o avril ; les 3^4 ^^ ^ ^^^^ ' l'élection des juges d'appel, en matière civile, est décernée au peuple. Le 24 du même mois , le tribunal de Cassation est institué : disposition qui achèvera de mettre Tautorité parlementaire au néant. Une juridiction consulaire ^ créée par décret du 27 ^ sous le nom de tribunaux de Co mmerce , complète l'ordre judiciaire. La municipalitéde Paris est définitivement fixée le 6 du même mois : elle se divise en quarante - huit sections. Deux jours plus tard , l'assemblée décrète un système uniforme des poids et mesures pour toute la France : il est assis sur le calcul décimal y iraaginé par Bezout. Le corps législatif ressaisit^ à
fi8 MiSTOiRfe
cette époque , une des prérogatives les pltis pté^ éieudes de la nation, en s'attrilmant le droit de faire la guerre el la paix. Un décret an 2!i mai statue sur cette grande <[ueétion , et décide me lé roi ne éonsertera que la sanction d^ déda'^ dations de guerre et des traités de paix. Après de longs débats , la reptésentatfon nationale décrète , le 31 juin, Tabolition de la noblesse : les qualifications de ducs, comtes, Ticomtes, marquis, barons et chevaliers, sont interdites. Le t ^ juillet, pariât la femeuse constitution du cîergé y qcn paralyse en France Tautoritë papale, soumet par serment le clei^é & l'autorité séculière , et fart rentrer dans le sein de la nation , un corps trop long-teinps isolé d'elle , et qui composait sa pros^ pérîté des débris delà sienne. Déjà , par décrets àtn 7 et 1 6 juin , le nombre des évéchés àété fité, ainsi que le traitement des ministres du culte , lequel doit être acquitté par les caisses del^tat.
Le i4 juillet, on voit à Paris un Champ de Mai populaire , où toutes les conditions viennent se ranger sous le niveau de l'égalité , et fraterniser ensemble. Cette fête nationale, appelée Fédé^ ration , a lieu dans le Champ de-Mars , que des terrassemens considérables ont rendu propre à cette destination. Depuis trois semaines , une activité prodigieuse règne sur ce point : une population immense, émaîlle des couleurs varie^^sde son costume, le vasle espace compris entre la Seine et l*École-Militaîrc. Tout le monde travaille ,
DE PARIS. ng
tout le monde prend part à la formation de ce Fqimm nouveau , où le peuple doit célébrer sa régénération. «Là, dit Momgaillard^ on voit a la femme délicate ^ remplissant une brouette, <€ que va pousser la robuste karengère; la cour- « tisane effrontée ^ bécbant près de la jeune de- « moiselle ; le vénérable chevalier de saint Louis , « assisté du petit écolier; le garçon de boutique <r joint au magistrat; un comédien s'attelant^vec « im abbé. Là , sont accourus de l'aube au crête puscule du soir ^ des troupes de cordonniers , de <c tailleurs y d'artisans , de marchands . de bour* « geois y de clercs ; des processions de moines bi-
« garrés, bénédictins^ capucins^ chartreux
« Tous ouvriers du hasard avec pioches ^ pelles et « tout ce qui peut servir à remuer^ à transporter « la^tenre.... Cent orchestres animent la scène , ce égaient 4e travail.... Ge sont lès saturnales de « la liberté , mais, sans désordres ^ sans querelles , a sans tumulte ^ que les cris de joie ^ les invicc tiitions ou les remerdniens d'unç bienveillance
« KuitueUe Jamais sans doute et dans au-
ce çua autre pays, on ne vit un semblable tact , bleatî. »
Le i4 juillet y anniversaire du jour où la Bastille fat prise l'année précédente y un beau soleil éclaire une population de trois eent mille âmes, conroonaailes tertres qui environnent le Chamrp-de- Marsr Devant l'Êcole-Militaire règne une haute galerie, au centre de laquelle s'élève un pavillon
i3o HISTOIRE
éUgiml. Soxis cet édifice léger, sont placés, 1 la mÊme luuteuv . le trône du roi et le fauteuil du président de l'auemblée nationale. La reine « le dauphin , les princesses , occupent une tribune construite au-dessus du trône. En avant de la g^ene, lesrepréseniansdu peuple et les corps conatituéa sont rangés circulaîreracnt sur un vaste amphithéâtre. L'armée de terre et de mer est représentée, àla fédération, par douze mille députéa;Ies ^rdes nationales du royaume , par dix-huit mille : ces trente mille hommes armés occupent le milieu du Champ-de-Mars , oii flottent lem-s nonilbreax drapeaux «uz couleurs nationales..». Au milieu dccette immense, place, l'autel de la patrie forme le, sommet d'uneémiuence élevée, dont les croupes sont taillées en degrés. Deux cents patres , rJOuverts de blanches aubes et ceints de larges peintures tricolores,, couvrent les marches de l'autel; aux quatre coins l'encens fume dans des casstdettes de forme antique.... L'ofQciant , c'est l'évèque patriote d'Auttin, c'est Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord , que nous verrons servir, avec une égale conviction de loyauté, le directoire , le cnsulat qui renversera le directoire , l'empire qui renversera le consulat , la restauration qui renversera l'empire , et la révolution de juillet qui renversera la restauration... Il y a. de belles immunités de morale pour, les convictions d'état. Après la messe, les députés et les fédérés, venus au pied de l'autel de la patrie , vers lequel
DE PARIS. i3i
ils étendent la main, préteat un serment solennel de fidélité k la nation , à ses lois , à «on roi. Le monarque , sans quitter sa place , prononce , k son tour , la formule suivante : « Moi , rcù des Fran- « çais.je jure à la nation d'employer tout lepou- «( voir qui m'est délégué par la loi constituticm- « netle de l'EtEit, à maintenir la constiimion, et H h faire exécuter'les lois.... » Au m^nic instant, le serment civique retentit d'un bout h t'nutre de la France... Aurore brillante de la liberté ! sou éclat , .«a pureté seront de courte durée !
Après la fédération, les grands travaux do la représentation nationale se poursuivent avec activîré.Leay août, le mariage e.îi déclaré un acte purcmentcivd. LeG septembre, l'assemblée prononce l'abolition des parlemens et anciennes cours de justice ; les juges de paix , magistrats patriarches, ont été institués le 1 3 août précédent. A la fin de cette année, le pape Pie VI déclare scbismatiques Ions ceut qui accéjentaux décrets de l'assemblée constituante; celle-ci répond à cette bulle du pontife en faisant occuper Avignon. Pendant que ces actes législatifs ont été discutés et rendus, l'émigration de la noblesse a continué. Le rendez-vous ^néral des déserteurs du sol de la patrie est Coblentz ; leur projet , une invasion armée en France, avec le secours des étrangers, qu'ils espèrent décider à déclarer la guerre au peuple fiançais, qualifié par eux de révoltés. Mais tous les ennemis de notre révolution ne sont pas hors de
iS% JllâT01R£
FrajQce. Deux partis s'agitent d'un bout k Tauire du royaume ^ scms les noms ^igùificatifs , ^orléanistes et A^aristocrates.. i Chacun a ses chefs ,
ses alliés, ses échos h, Tétranger ou dans le sein même de la représentation nationale. Le roi , dominé par seâ préférences aristocratiques et les vues envenimées de la reine , flatte secrètement les partisans du régime tombé; tandis ^u'çn apparence, il semble seconder les travaux de l'assemblée , et se vouer à la cause patriotique.
L*année 1791 s'ouvre par un décret qui achève dCélôigner les ecclésiastiques des voles constitutionnelles : déjà le serment civique qui leur est prescrit en a jeté un grand nombre dans l'émigration, tandis que d'autres conspirent dans Tintérieur et cherchent h intéresser la multitude fanatisée aux prétendues persécutions exercées contre eux ; persécutions qui se réduisent toutefois à robligatiôn d'être fidèles à une révolution qu'ils veulent trahir. Le 16 février, un décret régénérateur de l'industrie et qui rend aux citoyens l'exercice d'un droit qu'on n'eût jamais dû leur enlever, supprime les mattrises et jurandes, et porte que tout citoyen demeure libre d'exercer telle profession qui lui conviendra , en se pourvoyant d'une patente, dont le prix annuel sera déterminé par la loi.
Cependant des signes de conspiration se manifestent dans la famille royale : la hauteur dédaigneuse dont Marie- Antoinette accabla long- temps kb Français, s'est changée en hainn, depuis qu'une
DEPARIA i3ï
révoluiion a mis un t^rmc aux dclices, tropché«» rement payées ^ que se procurait celle superbe' souveraine, et au fastueux entretien de ses favo-' ris...». Ses sourdes menées àTétrauger, lés sollicita twns de guerre qu'elle adresse à sou frère , là correspondance active qu'elle entretient avec d'Ar^ lois pour hâter les hostilités de l'Âulriche , toutesses intrigues contre^revolutioilDaireSy eAfîo); qu'dle croit si bien cachées , sont connues d'un grand nombre de patriotes. Déjà l'on pénètre les.mystârea^ de VarmtUre dé fer , qui recèle les preuves de la secrète inimitié que Louis XVI voue à la causer qu'il a juré de servir. Le 22 février y une foule eonsidéraUe se porte au palais du Luxembourg, habité pax^ Monsieur (Louis XVIIi ), qu'on soupçonne parti pour Coblentz , ou dur moins préic à partir. A ht nouvelle de l'irruption populaire » ce lurincc^. peu enclin à, braver le danger y se réfugie aiL fond d'une cave. Un ofGcier nuuiidpal ^ nommé Lablée> joint l'Altesse Royale dan& ce re-: fnge souterrain, et la détermine à se montrer au peuple. Leirère du roi proteste de son entier et inviolable dévouement à la constitution; jure qu'il ne se séparera jamais du souverain , et que, dans aucune circonstance, il ne quittera le royaume... Avant le ternie d'une année , Monsieur s'éloignera clandestinement de Paris , avec M. d'Avarai , son favori , et ira se joindre aux ennemis 4^ clarés de la patrie. A son retour en France , Louis XVIII publiera une relation de cette fugue,.
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qui donnera un dëiàenli fomel à la rëputaiioia lit- ^aire que, sur l'autorité de deux ou trois madrigaux,on s'est plu à faire au frère putnédeLouisXVI. Feu de jours aprèsi l'ërénement du Luxembourg, on découvre et l'on expulse du châie^ des Tuileries, une troupe contre-r^Tokitionaaire cpii se glorifie du titre'de c/êetHtliers du poignanL Gçs i]idividus:> au nombre de trois cents et dirigés paii le duc de Yillecpiiar , se sont introduits dans les^ appartemens : ils portent un babit notr, leurs cbçveux sont roulés^ afin de ne se pas défriser duraBiuD ^mbat , et ces conjurés d*antidbaa^re cadbtnt sous leur reste des pbtolets et des poignards» <€;!Sire, disent-ils au monarque, c'est TOtre fidèle note blesse (trois c^its personnes) qui acoourt. auprès a de votre personne sacrée pour la défendrcii» Ufaut dire que ce jour même le faubourg Saint- Antoine mutiné se porte vers le ^onjon de Vincennes., pour le démolir , parce qu'on a fait entendre k la populace que cette forteresse recèle des armes; qu'un souterrain direct existe des Tuiletnes à ce même fort ( un souterrain long de d^x lieues ) y. et mae le i^ et sa famille doivent s'évader par cette issue mystérieuse. Or , les chevaliers du poignard croient le souverain menacé , et se rendent auprès de lui pour lui prêter l'appui de leur bras. Mais La Fayette a dissipé les mutins du faubourg Saint-Antoine^ qu'avait ameutés le brasseur Santerre, et le soir il purge le rhilteau des. prétendus défeuseurs de l«oui.s XYI.
))E PARIS it^i
Le !«' avril , Mitabeau , dont la sauté est d^u*aite par tous les excès /arrive au bord de 'sa tombe, h Tâge de quarante-deux aàs; le a, il etpire.dans les bras de M. Cabanis ^ son médecin et son ami. Esquissons le portrait politique de c^t homme dont Timmoràlité ne fut pas moins grande <{u^rle génie y de -cet autre Glodius , d^rteur cfe la caste patricienne , qui l'humilia , et soutien afqparent des classes populaires^ qu'il trahit; Dès sq^ adolescence> - Mirabeau ^ aigri par le déspô» tisme paternel y se i*évohe contre Fauteur de'sèï ; plustard^ quelques écrits audacieux rayant emprisonner^ il devient, du fond même d^ sa prison , Toracle du tiers-état, le levier puissant del Opinions démocratiques. Ge zélateur fervent dn^patriotisme , cet enuemi acharné dupouvoir excessif de la couronne , vend néanmoins , en 1776 y au gouvernement^ le manuscrit de son ouvrage sur les lettres de cachet, et ne Teupub^ pasmoins CTSuite , puisqu'en 1789 six mille exemplaires de ce Uvrc, saisis par la police, sont trouvés à la Bastille. Au début de l'assemblée nationale, Mirabeau inonde Fautorité arbitraire du torrent de son éloquence tribunitienne , où bouillonnent la pensée puissante , l'amer sarcasme , la^ piquante ironie , la poignante hyperbole , l'ingénieuse apostrophe : son discours populaire tonné comme la tempête, ou dévore comme l'incendie , ou perfore %omme le dardf et taudis que, par cette mobilité oratoire , il triomphe sans peiné
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d^ champions de TabaokitisRie , ce grand ora* tçùr traUe secrètement 'avec Famlntion de Phi- Jtppfe d'<kléa(És , ambition tyrannique , masquée de poimlarité« Il n'abandMine ce despote candi«dat que lopsqt/il le reoonbail mcapable de fixer «m parti ^ et qu'il nëhjugebon^ifU'^à i^re prince^.. Apostat de la f aetioit 0r}éattÎ9te , Mirabeau • ae vend à la cour dès If année lyS^iieiiçre rûHiège * ( page !i& ) porte qu'en cette anuéc^ilv^oît eent quatre-^ingt-^qninse. wîUe litres , sw^ $à purék ^honneist Refaire affoftsr^ks projéiJi^de fé^jiém- Uée- nationale. En 1790 ^ MirabéMf i 'si» coûfel^-;. ttantau nonTean ti«iité qn*il vient de" eénclnre avec la coût , emi^oie son inAuem^ci è coiKeniir la faction naissante d^ jacobins; il «libelle' h ^ rendre médiateur entre les pr^ug^ iuftèxibles du parti aristocratique^ et les passions dëmagogi'-
* L*espacc nons manque pour rapporter les corieàses îas-^ cnpUom de ce fameux Wvre rouge dont on a tant parié : liouis XVI profon4ément p^nétcé.de rimiporaiil^d^ dé-penses faites soos le règne de Louis XV, scella ^ par une tnmde de papier^ tes feuillets se rapportant à ce règne : rassemblée nationale respecta ce scellé. Deux inscriptions nous ont frappés sur ce registre renommé du scandale et de la corruption: on lit au feuillet S3> douxe cem miiie itères à M. le 'duc de Polignacy en récompense de ses services ; . . > et immédiatement au-dessous, quarante-quatre livres quatre sous à Jean-Uené Huméle , sergent au régiment de Flandres, pom* avoir, par sa valeur, contribué à la prise de Duderstadt. On peut juger, diaprés ce rapprochement, de la jnstice distributive qui présidait aux dons.
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quei( qui grondent à latrîbuaeet da&ft«Ia placepa* hli<{ue.Maislafliioclération C!<^ faccice dans le caractère d'un homme aussi violent que Riquetti ; et les principes modérés énervent son éloquence. Il était foudroyant quand il attaquait le despotisme f sa parole traîne et languit, sa période devient obs* euroiorsqu'en 179^1, il se fait le défenseur de Té* migration. L'admiration maintient oe grand ora^ UNir au Paniliéon; mais loptoion politique , qodle qu'elle soit , le voue au gémonies.
Le aS avril 1 791 > le roi ordonne à ses ambas* sadeurSy anprés des diverses puissances, de leur notifier /e serment irré^oeahle quHlfait de maintenir Ut constitution. Dans le même temps, ses Gorrespoiidances secrètes avec Vienne , Berlin , IMbdrid et Coblentz , détruisent l'effet des notes officielles ; et le traité de Piavie \ déterminant une première coalition contre la France, reçoit la sanction du cabinet des Tuileries. Le ai juin, la fuite du roi et de sa famille vers la frontière du nord y rend authentique l'adhésion de Louis XYI aux projets de l'étranger. Par un sentiment de bienveillance qu'on ne pourrait qu'approuver, 's'il ne paraissait pas trop affranchi de sages considérations sur l'avenir du pays , La Fayette semble favoriser le projet d'évasion du roi. Ce prince et sii iVmille , ordinairement surveillés avec attention , sortent sans obstacles des Tuileries, dans la nuit du 20 au ai juin; les illustres personpages n'qnt pas même éloigne ces futilités d'étiquette, qui
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peu vent le& trahir. Le monacpie porte ses plaqoes^ ses dëcKiratioos ; >unesatie nombreuse accompagne les fugitifs, qui d^abord s'orientent si mal que , dans plttsîeors aUëes et venues sur le Carrousd ^ la. reine est oondojr^ pw le génial La Fayette. Un garde du oorfs, qui :donne le bras à <îette princesse^ la conduit au eommencement de la rue du. Bac, et ron^est obligé de revenir au coin de ta riieSaint-Nicaîae, oàsiationneiecarrbsseâeTemîse destine h conduire laiainiUero^fale'aRi lien od^rwtm^à aa berltneide voyagei Oèttevoitàre est wueàée par^ le eomte deFersen^, dëgoâsë en eçdier;^ oesei^ faneur, connatMant ausnpeu hiedpttalequele garde du corps conducteur de Mârie-A ntoinette, ae dirige versJaruedeClièhypour arriver à la barrièreSaint- Martin. L'équipage du monarque fugitif se com- ])Ose d'oncénorme et pesante dormeuse, «dPune sc^ conde voiture et de huit à dix personnes à cheval : appareil fort remarquable qui frappe les^ moins <:iairvoyaDS ; tandis que Louis XVI se montre à la'pOrïière, et ne pJEiraît nullement empressé de çonserirer V incognito. <^i Aussi est*il facilepient reconnu; on l'arrête à Yarennes; il se proclame
* Ce comte de Ferspi , quelques années avant la révoiation, avait passé presque généralement pour lamant de la reine. Au livre rouge ^ ce gentilhomme était porté, sm* la liste des pensions secrètes, poui* la somme de i5o,ooo livres^ 1*^- 100,000 Hv. à la recommandation de la reine ) 2** 5o,ooo liv. en considération de la distinction de ses services. {Li%rG longe , jMigc 18.)
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lui-mémc prisonnier , et , le coude appuyé sur une table , il dit : « Pourvu encore qu*on me reçoive a bien àParis et à l'assemblée nationale!»
Ce corpdl représentatif a vu froidement l'éva* sion duToi : il prend avec cahne les mesuves 4{ue les circonstances nécessitent : c'est-à-dire qu'il s'empare ,. . sans trouble , sans la moindrd secousse, de tous les poui^oirs qu'il parugeaît avec une mpnarcfaie^ qui résigne elle-même son auto^ rite par li^: fuite* Dans Paris , riefk n'annonte les évènem^as extraordinaires qi^ s'accomplissent : les BUgasins s'ouvrent à l'heure ordinaire ; l'eat' plojéue aerjsndpas moins lentement que de coutume à, son bureau ; les affaires s'expédient sans mélange .d'inquiétude ; on chante au Pont-Meuf , on se prOQiène au Palais-Royal, on afflue au spectacle : rien , ea, un mot , n'est dérangé dans les habitudes des Parisiens. Une indifférence distraite, insoucieuse, règAe parmi la population : à peine s'infom^e-t-KHi de ce que le roi est devenu. Dans la matinée du âS^ on entend dire au facétieux ouvrier : fc Nous aFons passé la nuit sans roi ^ et «pourtant upus avons bien dormi. » Mot ter-^ rible, car il prouve quelc peuple réduit à sa juste valeur l'influence personnelle d'une tête couronnée sur la prospérité d'un pays.
. Sur la route que Louis XVI parcourt pour revenir à Paris , même indifférence , même sccu^ rite : personne ne parait craindre d'être blessé par lés débris du trône qui s'ccioule; personne
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oc témoigue ni colère ,m cbagrin. Louis n'essuie aMCuae insulte , n'entend aucun cri menaçant; mais nulle expression de respect , nul témoignage de pitié ne raccueilient sur son passage ; un profond silencCy une absence complète d*émotioa nppavent à ce prince la désaffectâou du peuple^» Qm reste couvert devant lui. La psoebunatioii que le roi #a laissée à son départ de Plvis contribue surtout à le. déconsidérer : elle ne contient que des l^aintes sans dignité , sur les mauvais traitemens qu'on liû a fait éprouver aux TnîLertes^ sur la dégradation progressive de rauiorîié souveraine, sur . ce que Sa Majesté nomme la violation des propriétés et de la sûreté des personnes. Cet écrit sd. termine par ces banales protesuttions de GOur^ où les souvciiûns croient donner de^suffisantes garanties aux nations en parlant <ie Zenrr <:hers sugûts y de leur bonne ville , de leur cœur et de la sainte religion... Mais la raison publique , émancipée par les temps, ne se contente plus de phrases redondantes. On sait que si Louis ^Vl s'est vu environné d une surveillance active , gênante peut -être , c'est quW ne Ta pas trouvé un seul instant dans les voies de la révolution ; on sait que si le pouvoir de la couronne a été paralysé entre les mains de Louis , c'est qu'il en usait dans l'intérêt de la contre-révolution, objet constant , sinon de ses vœux , du moins des influences qui le dominaient; on sait que la prétendue violalion des propriétés se réduit au séquestre des
DE PARIS. Mt
Inens appartenant aux ëmigrës, biens itoni ils commençaient à i^aliser la valetir pour export eicVénormes capitaux/dcstinés à alimenter la guerre contt*6 leur patrie; on sait enfin que cet attentat à la sAreté , dont se plaint Lduis XVI , n'est qu'une légitime surveillance exercée envers les nobles en correspondance suivie avec Coblentz; envers les prêtres insermentés, conspirateurs plus actifs encore, qui, dès ce moment, s'efforcicnt de fanatiser et d'armer les départcmenà deTouest contre lé gouvernement constitutionnel. Sans doute la révolution française a dëja perdu de sa pureté : V^ritde parti y mélè ses fureurs; l'ambitioû^et la cupidité songent à l'exploiter; des brigandê /soudoyés par des chefs mal cachés , incendient les ch&teaux , n'épargnent pas le chaume , vocifèrent dans nos villes, et profèrent à chaque insuim la menace du pillage. Mais à qui ferat-on cMire que ces excès émanent*des principes jurés à la fédération? Non, ces principes sont toujours purs ; les hommes seuls ont oublié leurs sermens , et les déceptions delà couronne ont encouragé celles des factieux.
L'assemblée nationale a envoyé trois *de ses membres au-devant de la famille royale : Bar-<nave , Latour-Maubourg et Pélhioti. Durant le voyage, le roi et la reine paraissent s'attacher à capter la bienveillance du premier de ces députée, dont ils connaissent l'influence dansFassemblée : le jeune représentant , qui a pris place dans
i4« HISTOIRE
la voiture de Leurs Majestés^ reçoit respectueusement les avances du couple royal*; il parle à la reine avec douceur ^ presque avec galanterie; il tient le dauphin sur ses genoux : Barnave semble être en famille auprès des illustres voyageurs. Pé* thion^ moins affectueux^ oublie souvent les égards dus au rang suprême , et même les lois de la simple politesse. Placé au fond du carrosse, il parle au roi avec brusquerïe , lui reproche son manque dé sincérité y l'oubli de ses sermens, et va jusqu'à l'accuser de perfidie. « Vous méditiez la trahison , c( luidit*il^ quand vous faisiez placer une pierre ce de la Bastille sur le tapis de totre conseil ; la « reine aussi songeait à trahir ^ lorsque y récemcr ment, elle envoyait un attelage de dievaux (( blancs pour traîner le'char triom|ihal de Voice taire, en assurant qu'elle était charmée de con- « tribuer à l'apothéose de cet homme illustre. » Laioor-Maubourg , pladé dans la voiture des fenmies de chambre, s'occupe peu des augustes prisonniers^ et s'éloigne quelque peu de la gravité représentative.
Lorsqu'il rentre \ Paris , Louis XVI montre une sorte d'effroi en voyant ' que , sur diverses enseignes d'établissemens publics, on efface le mot royal pour y susbtituer celui de nationah Après avoir traversé la capitale , au milieu d'une foule innombrable, qui ne laisse apercevoir que de la curiosité , le cortège arrive aux Tuileries : une dé^utation de l'assemblée reçoit le monarque
à la ilcsccntc de sa voiture; au bord de la terrasse du château. U prend le bras des députés Augier de Lasaussaye et Galbaud , et leuir répète à dÎTerscs reprises : « J'allais à Montmédy ; je ne 4c voulais pas sortir du royaume^ je vous Tassure» N Messieurs^ et vous pouvez m'en croire... i»> Triste subterfuge d'un esprit faible , qui cherebc à voiler une action réprchensible par un mensonge maladroit... La reine, aussi oublieuse de sa dignité que le roi , son mari , montre au général Menou, qui la conduit^ ses souliers percés pen- 4antle voyage, et prescrit hautement à l'une de ses femmes de lui faire préparer un bain... Voilà donc 1^ grandeur souveraine , vue hors du prisme des cours; voilà ce que la ppurpre cache de faiblesse et de misères humaines !
Monsieur s'évada aussi du Luiceo||>ourg, durant la nuit du 21 juin, environ une heure après le départ de son frère; il suivit la route de Flandres sans aucune précaution , et peut-être fut-ce à cette sécurité que ce prince dut le succsès de son projet. Les intentions politiques de Monsieur et la conduite qu'il tint jusqu'à son départ pour l'émigration, donnèrent lieu à des soupçons de trahison, accrédités par le procès ténébreux du marquis de Favras, sacrifié en 1790. Nous disons sacrifié , car la magistrature elle-même prit soin de prouver qu'elle voyait une victime danscçtinfortuné^^Yotre-mort, monsieur, est nécessaire à la tran- « quillité publique^ lui dit le rapporteur Quatre-
i44 HISTOIRE
« Mère de Rossy...» Ainsi, ce n'était point la couscience j mais une nécessité politiqae qui condamaait cet accusé. Puisque nous jetons un coup-d'oeîl rétrograde sur cette affaire^ essayons d'assortir quelques probabilités^ qui, par la suite ^ pourront bien prendre le caractère de preuves, eu se joignant à certains traits de la vie du comte de Provence.
On lit , dans un mémoire de Favras : « Une « main invisible se joint à mes accusateurs pour (c me poursuivre ; mais qu'importe ? Celui qu'on « m'a nommé, mon œil le suit partout ; il est mon <( accusateur, et je n'attends pas un remords de sa « ]part. Un Dieu vengeur prendra ma défense ; je n Fespère, au moins; cai* jamais, non jamais ce des crimes comme les siens ne sont resta impact uis... » FavAs , dans son testament , parle d*un grand personnage sur le nom duquel on lui fait garder le plus profond silence. Enfin, une lettre de Monsieur au marquis de Favras, en date du i«' novembre Î789 *..., contient ce passage assez clair : (c Une fojs à Metz ou à Péronne , il faudra u bien qu'il (Louis XVI) se résigne. Tout ce qu^on « veut est pour son bien ; puisqu'il aime la na- « tion , il sera enchanté de la voir bien gommer-
* CeUe lettre est rappoitëe dans Fouvrage intitulé les Prisonniers du Temple j par M. Regnaut-Warin. On a répandu des doutes sur son authenticité; i! est possible que ces doutes soient fendÀ; miais cet écrit n*ep est pas moins d'accord avec les denii-révélations de Favras.
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il pmiif'itir^fl filrft y c|st inrmDé ^ iflliitalAtdiÉii^
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i46 Hurroiu
ragMÎvet du uène... Les jacobiai , àtmmoê poi»* àÊÊÊê^me Teoleat Madfo aoeimMMjm diadème fldiri» Ls monarcbie ii*Ml ph»i]tt'Qike<mihre9 dont U'I^gèMtë fraaçaise te joue. Louis XVI refoit ^ dantle people> le nom de M. Capei\ la reiaia^asi ptaisammint waxwiommée madame yeio; par al^ JhuioB-à son âoîgnement pour toutes lei loîs^ooiii-' tifaiiiomidlesX^aaiidle ridicole frappeles hommes, toat ratdar à la digniflé leur deTient impos;iMe.
La république est déj a daniii les institntiofts ; mais un simulacre de royauté subsiste quelques mois encore dans les formules. L'assemblée- nationale soumet donc , le tS septembre, au roi laoonstiturtion qui vient d'être acberëe ; il raocepte snr4e^ cbàmp, motive même longuemait sonaêceptatîon, et le i4> ce prince jure, au sein db la reprtfsentatigii nationale ^ le maintien de cette loi de l'État... Et, dans le courant de décembre, Louis mande au roi de Prusse qu*il compte sur un congrès des principales puissances de l'Europe , appuyé d'une force suffisante, pour rétablir Toitfre en France... Cest ainsi qu'un roi français donne , à ceux qui doivent prendre plus tard le titre d'il/liée , la première idée d une armée d'occupation , destinée à violenter la politique intérieure d'une nation. Satisfaisant au vœu de Louis XYI , l'empereur d'Allemagne et le roi de Prusse concluent un traité offensif pour le rétaUissemeni de la manoi^/rie française* Les émigrés se jettent dans ks rangs ennemis , sous les ordres du prince de Con-
WfAlUS. 147
dé..... La représeiitstion nationale, devenue tutemhJée législative , le i« octobre 1791 , répond k cet acte d'hostilité par le déci'ei du 9 février, qui appose un séquestre définitif sur les biens de l'éttigration, déjà mis sous la main du gouTernemem, et chargés d'une triple contribution. Le 14 du même mois, ces biens sont aflectés aux besoins de I*Etat. Le 20 avril, l'assemblée législative déclare la guerre au rot de Bohême et de Hongrie , ainsi qu'à ses allies.
Éàirtnw ifllè%«BtbHÉne wnnrili. eepeddast^'B pMMiitROcrniqae n^ pas HdU-poimiwfrdiM* rhliâfaaui'deVèiiteapftn» il etàigée» tnouMai^ paifaiiWjMttent danalw protmcesig^ridiwrfiét. Tfmt làxÊàxàAt d* prêtres insermentés , uptè» àito4f Aé'iÎMamit» à la déptfttation par ém>9mùll^ ^lai*? ■êJ'ftm iibtigbt«iii«' de gaeire cftFU»^ .tt reenn«Érfet4«: bandes zé^tAtiieé. De taiiiea jmib» oic^dft«COt ^ lis corrt^tionï ]ette9dbBgit«rlt TiiitoaiAr, iAvdAconndtfrer rasaornbl^ l^ishAk; et'^fÉeuindiMr Ifi imoyens qu^vb corpa^fli* béil«àkrM«t bpfMMer Jt fînTuira HitrHiEgdre.^Jk A^* TenM>^R^ri«et, la eapitale cm l« ibéàneclàk )m^' mMIW^IiBW- facriop, ^ut-étr« d«phMknrt'ftiB> ticMVwiiieitilH de Vtaàte de cfaeMi éuiili.lito't4 ev'tS'^iDÉvtoT , dw assastîDa'aaivMit «Nri|dlip la» trAvM^ d» l^aH»kU^/ et ecod^iar te MWMar- ' da fiM'éerséÉncas. Ila^ «mnmeiMMwmtptf hurti' t«HMMèpti«Ai. «t lé» pétillai d«i«in déranlI'HlilM^
i4B HISTOIRE
caliOB. Tons le$ rcpréflentans palriotcs sont voua 4«i.fer de$ ëgorgeorf. Le cdnuté do «arTeUlaskoc découTre et fait éctoèer cet àttenlat. Oiangeam alors da plan , et vàidànt à tout prix exciter k d^iQrdm, dont les fiaoticox savent toujours profi«leTi les agiutevrs mettent le feu aux prisons delà Fofce , dans la omt du 30 au 3 1 jauvier ; riaeendil) est arrêté* Puis, on s'efforce d'ameuter la pOpu** lace : des groupes nusnaçans paraissent le 33 au faubourg Saint-Marcel; le àS, des attrdupe*jnfM plus eonsidérablès se forment sur divers poiqiib Ces séditieux donnent à leur révolte un sin^lier. prétexte : ils prét««ndent qu'on leur Ihrre W|were.à vingt-deux sous la livre, et certes ! les oniie dousiémes de cette populace n'ont jamais consommé dé ce produit c<rfoniat. La repolie su^ crée , eomme on l'appelle alors , se renouvelle le i4 fétrier : cette fois ce sont des femmes, dignes agens d'une telle sédition» qui parcourent les rues, et résistent assez Jong-temps à des chaînes de cav^erie» Tout , dans ce temps d'efFôrvéscence, de* vient, sous la main des malveillans, sujet de laepllici et de désordre. Un vaudeville intitulé : V^iuttur^un Moment, contenant dés sarcasmes conire le théâtre de Cbenîer ^ ensanglante le quartier du Pifloîs-Royal. Le patriotisme de la garde oetiotiale triomphe de ces mouvemens sans consistanee, auxquels la presque totalité des citoyens deiiMwre éi;raDgére« Tandis que ces troubles se disiîpétil à Fhris, on découvre, danï les souter-
DE l'ARlS. ,49
rams (io cliàleau lie Yerseillcs , une fabrique de cenouclies (résaciive. Enrïn, vnyaniquecesdivAr* Ks tontaliv-es coiitie-révolinionnaires ne peuTcni déterminer one comniotiou, le parii de ta cour cenlre Haris les voies lI;në^^cuses qui , depuis trois ans , lui sont familières. Des furi'ts baltilcs sont répandus partout : ils tentent de cuiTOnipre les journalistes patriotes, clieicheni k sé.inivo les membres influens de la sociélé des jacobins, osetH même circonvenir crnx de rassemblée li^gislaitTC. Dans le même tupps , des l<^gions d'applaudisscurs, des lOusseurs , des moucheurs s'introduisent daus Ici tribunes de Tnsscmbli^o el iroubleni les scauces ; tandis que d'auires divisions du n)éme cor5>8 foni , dans les rues, une gueire »io couplets, de lazzi coutre-révolutionnailcs, et distribuent h la foule , au risque d'une bnsionnftde qui leur advient souvent , les pamphlets , les proclamations et les menaces du [Wirii. Tous ces ageua sont payes sur la li^Le civile : un ^ciivaiu loyaliste, dont le témoignage ne saurait être suspect, Bertrand de jVInlIeville . prend soin de l'afiirmer dans son Histoire de la Revoîiition *. el rend irrécusable l'accession de la cour à ces sourde» conspirations. Le nombre des partisans actifs di^ l'émigration et de l'aristocratie s'élève , à Paris seulement, à vingt-cinq mille; tous gens lar^s,
* Tome yJI t c/iifi. Xlt', pign lao <» siirmaiei i tome FUI, page' ^6,311, Sî/Ji en-, r^pi-,- ■
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Frauce. Les ordres monastiques om disparu , 1«* couTCDs sont ouvei'l), l'habit religieux est interdit. L'ennemi est h. nos froiitières; mais le patriotisme, exalté par le danger de ta patrie , saura défendre avec ardeur sa lerre sacrée. Les anciens ofûciei'a français sont en grande partie réunis sous les drapeaux de l'étranger; maïs celle classe de chefs, qu'on a nommée indécemment bas-officiers, remplacera avec avantage les militaires de cour,<jui naguère arrivaient dans les régimcns recrues-lieutenans , capitaines, voire colonels, et dcvai^iL nfpiMHiihfa» tde ceAiDémei iws-«£Qaiei«, iMrmaditiMMUn» etie aervice qu'iU allûen* oommnBdoK' Ogtet jdbltMUe ^ue;iao^te iftCi sortiront hvm^ tâfef)M.j|!wfwix doftt 1b Iwavoure et Iw takatt •er«nt iwipmniiés-ua jour, et qui FCtrMi^MoaK %&* ajfciwtf 4je« jQurcaa, li^yiâwt i ^ààémmmmvM, l'hrfitnwnn in le^énierLAfiioaM oirAiMnoba foMi mnnhar daiiK cent .jaille ,ioldata Maine- bom^ nÛiloÙL d'àtre. pùmidët< pec eette, &wmMlalib» iwé»»..h>, patriote», conrenti anafronii^ii— leai chHyAPt; l'emJbMN^uaie Ta vtéet. (ImJI>Abq»-M<
■.tAAinùli«u de «e». eircQDsumeea- ^atarîmacH.
reclion du ao juin : la cour, sans cesse en contradiction avec ses promesses, avec ses sermens , excite mi vif méconientement; mais le ressenliment du peuple n'est pas l'unique ferment dea troubles de ce jour , dont les causes ne seront, jamais clairement expliquées. Cependant les gi-
^vcSHttHwR ' ilffr^ flHMBH^^HHHBKvCWCS
uàim em.dÈÊjnÉûM cm irÊ^ <xMMit ^^^
VmmiaÊm Jégbii^rive e( « kbA #tt dÉÉ^taiH ' fie»
débâche; les coors, les eSêMiewmy »ie^ mppàm iaMM\ «Mt^n^wi «ttunieardiâsiià^ irin^ «ittlc ré^téi aM< vîMge lllnrotfidie > > afttx iiitèmiciHs* ^t^ jûfitw /cfui kitiiidissém des pife^^ des tmiiidiite, deNUMfieiiHs de^èdi^ittrie > des Bkûx , des UMctrfj^ pléniiNéiiw. Un ^-eanoii, miCMHé à forae dé htâ»^
les pkiiichoiiiifvifvl -si^ekttrige. Ou 'imefiace de héih
t a ^imîiÀm a 1 tii^fci jn> itfc infca lÉ ^^îft il IfiMiÉlt^-i ■ tif É t Éi iiii T h^^M'ii'aÉai'lÉl JÊSlÊÊÊIÊÊÊ^ '
hÊtéÊari itoAMas.^ Le r^i^ $Mé %^ ira«iMtei^V l^fé ^pfifeiK se'deMMiilKi poim «Ntëdi^i^ <|tiiek(*dé»iijte lil éÊékméàonv > Oà< conirrr^ im^ t^r #ei ' «HMii^-
chaise ;* et. tniiaift^è pfi>u vev ^e des efrté ilG^i^iA#j-
imi^ WEfutfééài Iw )>fil|>iutrèii(ibe> ibUt ^«iÉe'MicétéréBi'iMif réft^menee> du dttngei^i IVfÊiài cMttiMerîtoi^eètiioblé tëoMignagii» éueM#iige/dMlÉ gHiidwii ^d'tmVf^ënHéraiiis «digheeii' ee^miMt^M^o s6tt##ol4^letiirli^ii:Potirqu»^Êful41 qfmde*e0f»ii^ aoiipmnS^ nivule^li^la gloire dé celui^^i en «^è^ dMié .'imilrle.à 1» natîoiii dbM ilifira#râ^ i^ifti^ pepieB alatweseï âssumr la prospépil^i? iiCHiisX'^, abéiié par un Jpcmg dmmciFBj'héif^ i^»m^l«']^(K mîèi« ;4sÉiJHeillè cpi^W hit ptiéKiftate , 3e^>éaiire^*4iti hMÊÊét ronge tVin samnailMie,^ pat«Nml ,^^^ JCMte^menrmté et do té^tmùùmr^h 'Oiihwtttf lé Ibhle dooDCifuc awiciiâtèaa^}* ai;»lN^ leê* bifritm^'le»
l^ HISTOIRE
plus fonestes.,. Cependant , cette tourbe mutinée ne »e retire pas encore; calmée par la sérénité du monarque, par la fnmîliarité de ses manièrei, elle ne songe point à quitter les Tuileries , et Sanlerre, le terrible Santerre, semble méditer de nouveaux attentais , lorsque vingt-quatre membres de l'assemblée arrivent au château. Vergnaud et Isnard , qui font partie de cette députation, essaient en vain de liaraoï;uer les insurgés; Péthion seul , Péihion , l'iiloïc du jour , peut se faire entendre. On lui obéit, on se retire ; le calme
se rétablit aux Tuileries Maïs il y reste les
traces de tous les genres de violation. Ainsi linit la journée du 20 juin : sans doute les moteurs secrets de ce mouvement n'ont voulu qu'avilir la royauté, afin de l'anéantir ensuite plus aisément.
lic aSjuin , La Fayette , ennemi de tout moyen illégal, La Fayette, alors défenseur de la monarchie constitutionnelle, accourt des frontières à l'assemblée demander la punition de l'attentat du 20 juin : l'immense majorité de la représentation approuve sa proposition et l'appuie. Si Louis XVI sait profiter de cet incident favorable , une partie du lustre delà couronne peut reparaître... Mais l'irascible Marie-Antoinette, qui ne conçoit la grandeur du trône qu'avec l'absolutisme , avec les profusions de cour illimitées, avec les galanteries, les tripots, les prodigalités sans frein, Marie- AïOoinMte pani^te 1«6 boanes impirations da MHlTeraiB , qui , <»tnme des loenrs praraptemcnt
étouffées , brillent par intervalles, dans le caractère irrésolu et trop facile h séduire de ce malbeureux prince. La noble démarche de La Fayette n'est pas appréciée : une cour ingrate sourit à l'aspect des flammes où ce général est bràlé en effigie. Encore une secousse et la monarchie va crouler.
Tant de troubles intérieurs , tant de machinations dressées par les divers partis , ne refroidissent point le patriotisme des bons citoyens. La patrie est déclarée en danger le 1 1 j uillet , et , dans un seul jour , quinze mille volontaires s'enrôlent à Paris, aux acccns de l'hymne des Marseillais. Les méridionaux qui donnent leur nom à cette belle composition, ne méritent pas un tel honneur : le bataillon de Marseille amalgame tumultueux dont les iotemious paraissent viser au désordre et à l'anarchie, révolte les bons citoyens. Son arrivée à Paris est marquée par des excès que la population pourrait aisément arrêter ; mais il existe alors une telle confusion de partis dans la capî-
ir^^EiA*, V 3(^oùt,Féthioii, org^ue^ girondim.
MW.pQ9«9Û:, po>^ sur le {s9f^i,^à^-^àfi^^QfT UfKMff P^tlwon denunde Ja déchéance de I^oi^UX.YJ et Jok , cQA^TPÇ3lÙ>nj d'una convention y^tfon^ , pom.,iKatMfr, aH^vom du p^pp^e couy^jùn, rar
teiBt pai qn'il .seconde u9 autre partie, le4 conbr
I* HisTome
Utrs, dont le fougueux Duoiou est le cLef, cil» rrfpuMique le l)iil... IjOs sections do Paris sou licDJient presque lotuos de leur vœu la motiun CaiteparPéthion,., La villt; teteniit d'un cri prcs- (jne unanime : la fiéchéance de Louis XVljxik Un coniilé d'insurrecllon s'organise : Pélhion^ iiouiiTn^' innirc , connaJi ce coniilé; mais il en lais&c ignorer l'existence à la représeuiation nalitmalc. I.c r) aoiil il répond vaguemenl aux interpellations (|ue lui adresse l'assemlilt^e sur la tranquillité de ta capitale, et déclare n'avoir aamin aTià de l'anivcc d'un curps de fédérés, dont il est néanmoins bien infwmé .. Il esl doue évident (jni; ce iiiagislr<tl coii»iiire contre le trône. Mais , nous le répétons , ce n'est pas son parti qui pi-ofitor;t du complot qu'il trame; il ne foi-mera point, des débris de laponrprc tkLouisXVI, lin manteau pour la royauté d'un duc d'Orléans; relte jiouipre sera déchirée, dispersée en lambeaux par le parti républicain que Danton dirige. Ni Bobespicrrc, ni Miirat, autres républicains d'une nuance différente, ne partîcîperout à ceitf subversion. Danton, IcMirabeau dessans-cnloites , le Catitinaitc la populace, comme l'appelle 1 blJtorien Monigaillard , Danton a pour soutiens, pour séides, San terre , Legendre , Bourdon de l'Oise, Manuel, procureur de la commune, Chauniciie, oifiticr municipal, Tallien , Blllaud-Varcnnes , membres du conseil généial, et Fabre d'Églantine. poète comiqne. Dan» le sein de laesem-
•illc V »t «wif »** personne: «HfArWiÉ/lll
• * «m^j^dàidtfat , "liée f€MH» de^ in utM'^âr *^mw lêv lil<^^lelie»»rpreltanft le pft$ »ar lei gîrotfiMit tf^Mltlilitttti^*<^le»«e6iions : dooéitfwa p«ir|MUr illiliiiCf léi HélifeéraMons c{ui s'y tmgtt^nt ««ri- ;|g l4lb#i«iÉatot»P(»)etév ils décident l« «Uf peoaiâtt db tOlil'iii^ilItlratiM constitues, et «s prodaBuent^l^teitf« flètaéêitfwi. Lé tocsin, signai d'aVance «anHÉMii éélf'tllii^oBlOf tM , sonne dam tout Pfar^,Sitilti#M» «nBÉAÉi dcMscndent des faufaoàrgs avee' féCIr |Nf. iWaiifeifcyi^ariwrfOPx prend le odmnuiOdaBÉiit éài'MàAeiAiÀi^ ks fédérés courent awl «voies t fiÉtriûllAi'iâete grossit de mille Ta|;abolii^|teHéa "èiMiétim dans les gniognettes des bfltrîèreÉ^ 1^ (fA éàin sN»sit6t armés. Cent tjaawiJt-vm^CéUf^ HÊtêséi^L Bommésdans W assemlilées tm éiCÈuflD»^"d«'#' sections , se rendent à' "Vm^ s'fiforment'ait conseil gifti^fal, «wrli pré>l diMicfl^ Ihlgtttëin jiTaHibi i &om«te jtiéquMèr» !«Èr';'iàt8itta plôimeui Ge'èOk^ moaicipal hti^ Séf <>ftsse ^tî¥ ql^ eiiB««irF^!eti<^lili^
garder à me Fétbioo, maire , et Manuel , procarenr de la commuoe... Le parti girondin reconnaît alors qu'il est déborde.
Dans ces enircfaites, on apprend à la Ville ^e Mandai, commandant les postes nationaux de service aux Tuileries , fait des dispositions défensiTes;on l'appelle à la commune, comme pour lui donner de* ordres,,. D accourt , on le destitue, et il est égorge par le nommé Rossignol. La générale bat h ttois heures du matin: partout où des rassemblemens constitutionnels se forment, sons l'uniforme de la garde nationale, ils sont dispersés; les cordeliers s'emparenl des canons amenés au Carrousel sur l'ordre de Mandat. Les députés , éveillés par la générale, sont assemblés au manège: on délibère en tumulie, dans une enceinte à demiténébreuse.... Les girondins , qui reconnaissent la défaillance de leur parti , Teulent casser l'arrête de la Ville ; mais les masses armées s'avancent :1a terreur glace l'opposition girondine..,. L'ordre du jour de la veille continue. Le ministre de la juslice, Dejolv, dans les mains de cpii le portefeuille ne fera que passer, et qui rentrera humblement au barreau, Dejoly vient, au nom du' roi , annoncer que la capitale est eu pleine ru-^ nieur; que le trône paraît menacé. François dei Ncuchâleau répond froidement : m II n'y a aa- •< rune mesure à prendre ; il «xistc des lois, c'est " au pouvoir exécutif à les faire cséculer...» Lfe" parti girondin, toujours flatté de l'espoir de saisii*
DE PAUI». i59
1^ rèaes de TÉtat » arrachées des maioa du mu* Tjerûd jL réclame avec force Tordre du jour.; oq reprend d'insignifiantes discassions«
A huit heures du matin , une forte colonne de révoltés, composée en partie de Marseillais et de fédérés , débouche sur le Carrousel , et braque , contre le château , deux canons, enlevés durant la nuit à sa défense. Un poste de gendarmes à chevali stationné sur la place , se replie le long de rhôtel de I«ongueville. Dans le même instant, un bataillon du faubourg Saint -Marceau occupe le jardin des Tuileries, dont l'entrée est restée libre, malgré les ordres de la reine. Un autre bataillon prend position sur le Pont-Royal. La demeure du souverain est investicPlusieurs détachemens de la garde nationale, stationnés aux Champs-Éljr* séfs , dans le jardin des Tuileries, sur les quais , demeurent ioactifs témoins du mouvement ; ils n'ont point reçu d'ordres de leurs chefs , l'étatmigor de la garde nationale ayant été cassé dans
laniiit par le parti insurrectionnel D'ailleurs,
ces soldats-citoyens , ignorant ce qui doit se passer, songent à la conservation de leur propre foyer ; la plus grande partie se disperse, ou spontanément , ou repoussée par les factieux. Quelque grenadiers de la section des Filles-Saint- Thomas et de celle des Petits-Pères, restent seuls à ,leur poste; mais sans aucune connaissance de la direction qu'ils doivent prendre.
CoMe force natioxiale, réimie aux postes de ser-
i6o HISTXHRE
▼ice et it mille Suisses , forment environ trois mille- six cents oombatuos : c*est sur ce pçtil nombre d'hommes que repose le salut de la monarchie. Car à peine doit-on compter de cent à cent-vingt royalistes aux ailes de pigeon ^ eîi ha*^ bits de cour , et presque tous éclopés , que le vieux maréchal de Maillé présente fastueusement au Toi, comnae les dblonnes de la royauté ine^ nacée. Ce maréchal^ environné d'un état-major si imposant , reçoit le commandement du château. Il se met péniblement aux genoux du souverain , et y tirant sa petite épée. , il lui dit , en montrant Tescnuadc qui Tenvironne : k Sire^ voilà fc votre fidèle noblesse , accourue pour défendre « Votre Majesté ; scconderez-vous ses efforts. — ce Xd les seconderai ,> répond imprudemment « Ix>uis XVI.» Celte double indiscrétion, qui parvient bientôt à la connaissance des gardes nationales, les indispose et refroidit leur zèlc^ plus efficace que celui des invalides de l'Œil-de-Bœuf dont Maillé a proclamé le dévouement.
I/épisode de la présentation des vieux gentilshommes s*est passé dans la nuit ; h. cinq heures . Louis XVI , en apparence décidé à résister , passe la revue des postes... Le descendant de Henri IV se présente à ses défenseurs , le chapeau sous I9 bras'i l'épée dans le fourreau , vêtu d'un habit violet , en souliers h boucles. Le roi est pâle , défait , ses yeux &ont humides , sa démarche parait chancelante... Il ne dit pas un mot aux soldais
DE PARIS. i6i
Auxquels il $0 montre ; mais il ièye les yeim Mt, ciel, et ft'in^ro que la pitié^ I4 piti^ qui dëirenipfi le courage , qui éteint 1 héroïsme. L'hésitation àxi monarque «nlraiiiê eolle dés citoyen», que le dé* ¥Oîr plus que Taifoction rassembla au château : leurs rangs ; déjà bien éclaircis, si'éclairqîssenpt davantage... Le Louis XVl du oo juin , en unir foraie de garde national, à cberal, le fer an poing, attendant les Marseillais à la tète d'um^ saille partie de la popalation parisienne « eÀt sauvé le Irdnc de ses pères; le Louis XYIdu; 10 août, en epstufne de pe(it lever, eu roi de galerie, a<;hèv« de se perdre et perd la monarchie avec lui. A huit heures et demie, Rœderer parait dan$le Carrousel: ic Vous ne serez pas assaîUans, dit-^il, « aux gardes nationaux , à Dieu ne plafise ; vous M ne ser^x que sur la défensire. » L'bésitaiion dc-^ inent plus grande dans le cœur dL(^ soldats-citoyens. Heederer monte ensuite chez le roi; il invite ce prince et sa famille à se réfugier dans 1^ sein de la représentation nationale ; il intime 04 qudqmp sorte cette invitation. Alors ^ la velléité guerrière du monarque achève de s*évanouir : il d^it humblement à l'impérieux député. La fièrd Marie- Antoinette , rouge d'humiliiation , le sein oppressé et haletant , suit son faible époux ; la sceur de Louis et les deux enfans de France lèis ao« eompagnent... On traverse sans obstacle le jardin jusqu'à la terrasse des Feuillans , entre deux haies de Suisses et de grenadiers des sections. Mais^