‹ Histoire de Paris, composée sur un plan nouveau (volume 2)Chapitre 9 sur 74 · DE PAH · texte numérisé non relu

DE PAH

- Diffl&reAtdT mesures d'adminiairatioa imétisÈÊfë' sont" adoptées , dans l'espace de temps t)ons|ma^ eMte le traité de Campo-Formio et la gMrria mairitime qu'on médite : une loi du ^H ^àé^ «rembre^ ^797 fonde un nouveau grand-^livre* àe la dette puUique^ où les parties liquidée» de eptte dette figureront pour le tiers de leur montaiH ^ constitué en rentes au denier vingt. Un empnili^< de quatre-vingts millions est ouvert, par la loi du 5 janvier 1798^ pour subvenir aux frais df la guerre contre l'Angleterre. Le a3 du même moîa^^^ Mulhausen^ ville libre confédérée de la Suisse^ est réunie à la France; tandis que JlIeU'étie elle-; même sitbit le joug pesant de sa grande voisine, la, république française. Genève est à ^QU tour réimi an sol français , le 26 avril suivant. Alors le direor taire a fait adopter déjà son gouvernement mo*' <}èle aux Suisses , aux Batavcs , aux Ligurien^ , mx% Romains, et à toutes ces petites républiques fllilettes , que la république esturgeon doit avaler un jour.

j Cependant, tandis que le gouvernement fran-' çaÎ5 prépare une expédition maritime , le cabi*^ net de Saint- James répond h ces préparatifs hostiles, en faisant proclamer, par son amirauté, les côtes au nord de la Seine en état de blocus. Le directoire , qui ne veut point demeurer en reifte awc son ennemi , ordonne une nouvelle et sévère prohibition de toutes les marchandises anglaisesv

Telle CSC !a loarche des affaires intérieures et esMéntnres. lorsque Bonaparte, qui Tient de keerr dans un congrès réuni i Rastadt , après le traité de Campo-Formio, y fait reconnattre la riie gauche du Bhin pour limite de la repu-* Uique française , et quitte cette assemblée pour prendre enfin le commandement de l'armée d'Angleterre , confié par intérim au généra] Desaix.

Il arrive , et l'armée connaît sa véritable destination : ce n'est point vers les côtes de la Grande-Bretagne que les flottes françaises vont cih^let^ c'est vers l'Orient, vers ce vieux monde, si fier jadis de ses fastes , de ses héros ; si déchu , si ctmrbé maintenant sous le joug des sultans. Arrivé à Toulon , Bonaparte fait entendre cette allocution aux braves d'Italie , embarqués sur l'escadre. «wSoldats, vous avez fait la guerre des montagnes, des plaines et des sièges : il vous roMe à faire la guerre maritime; les légions .X romaines, que vous avez imitées quelquefois , « mais pas encore égalées , combattaient Car- .% thage tour à tour sur cette môme mer et aux A plaines de Zama. La victoire ne les abandonna «\ jamais, parce que , constamment , elles furent »x braves, patientes à supporter les fatigues^ disw l>lieinées et unies entre elles. Le génie de la «V liberté , qui a rendu , dès sa naissance , la ré- «HwMîquc arbitre de l'Europe , veut qu'elle le

DE PARIS. >Ql

ce jM>it. aussi des mers et des natîcHis les pluflikHor^ tailles. » Un ordre du jour^ qui suit cette proda^ i^tîou , apprend h l'armëe que TEgypte est'lr but de rèxpédition.

«L'idée- première de fonder une colonie QUM bfwdb du Nil n'appartenait point à cette dpo<f«e«r leiicalnnet de Versailles s'en était occupé plù-^ sieurs années avant la révolution. 11 paraisiaît^ ëTÎdent, en effet, que si l'on pouvait parvenir, par la Mer-Rouge , à la presqu'île du Gange »,eA porter des secours à Tipoo-Saëb, qui luttait héroïquement contre les Anglais dans cette partie du monde, la domination de ces insulaires poit-. vait y être abattue ; notre. influence était natuiel^ lement substituée à celle de la Grande-Brcragne^. et noios privions cette puissance de la plus féconde source de ses richesses. Depuis long-rtemps déjà Boijiaparte méditait , dfins sa. pensée ardente , la réalisa^on de ce projet , gigantesque comme ses vuQS, comme son ambition : il avait dit l'année précédente aux marins de Brueys , dont l'escadre bcffdait alora les côtes de l'Adriatique :*« Cama- «rades, dès que nous aurons pacifié le contir « nent, npii9 nous réunirons à vous pour con-<^^ « ^^rir la liberté des mers. Sans vous , nous n$ <^ pfniypiis porter la gloire du nom français que ce dans .un petit coin du continent ; avec yous^i « nou!^ .traverserons les m|srs ^ et la g^oirp ilf^^fb ce nale verra les régions les plus éloignées.» Les mâmës pensées se retrouvent dans une procl

!i6t HISTOIRE

tiôit de ce j^oé^al à son année, en date du 17 nràtd 1797. « Les coaleors frtinç»sei> dkx^tt, tr flettem pour la première fois s«r fan bords^.^ « TAdriatiipie , en face et à yingt-quatre htmres fK de Vancienne Macédoine , d'o& Alexan^e ^ ofé- « lança sur TOrient... Une grande destiniée t^pous «'est encoVe réservée... Vous n'atez paa tout

un ne sanrait' donc douter «pie Bonaparte tirait, le premier, reproduit 4e projet ensevelî dansf les cofrton» de Versailles ; ({u'il no Fait même dé^ Vtloppé au directoire. On lit dans un ntémoivcde Merlin (de Doudi) que ce général avait minuté tons les ordres , tous les arrêtés , lOutes les kistmctions ayant rapport à Tétpédition d'Egypte. U est Avéré, toutefois, qu'il Téhida quelque temf s, à une époque o& il reconnut que le cabinet du Luxembourg n'avait en vue , dans cette entreprise , que Téloignement d'un homme qu'il redoutait ; peut*-étre allait-il refuser lorsqu'un message du directoire lui déclara « qu'il était libre '«c de donner sa démission , de reprendre la toge <i et de rentrer dans la foule. » Il partit.

Nous ne retracerons point les détails d'une gUerte entièrement étrangère à notre sujet; «lais nous devons consigner ici les noms des personnages principaux qui devaient y prendre part : Pescadre portait les généraux Berthier, Rléber, Desaix, Meneu, Reynier, Dammartin, Cafîai^tlli- Bufalga, LanneB, Mwat, Davoust; les colcmels

Dfi PARIS. ^

JuAOi, Marmoni; TordonDalaiu^ Daure; les më- •d^cii^ft «n diof Des^cttettes et Larfey» A bord.de la flotue «e trouvait atissi une commission de sa- Taû5 y qui forma plus tard Tinstitut d'Egypte y et ^i se rendit recainmandalile par des travaux importans : elle se composait de MIVL Thouin , €feolTroy , et Delille , naturalistes ; Gontë , Bçrtholetet Ghampy, phjsiciems ; Monge , Fouirriter, Gostas et Girard, mathématiciens; Para^val- Qrahdmaison, Redouté, Denon, Lapeyre^ UtjLéfa* teuf sou artistes. L'escadre emmenait environ vU^toîaq mille hommes de débarquement ^ ampjpjrés compris y avec une artillerie sufBa^ateu CettQ/divisîon se composait de treize vaisseau ,^bu»i.|r4gâtes , deux bricks «t cent quarante bâtimegM^ transport. Di'autres forces devaient se joindra à la flotte principale^ avant qu^elle abordât la plage égyptienne ; peu s*y réunirent..

• Ainsi le directoire parvient à éloigner Thomme •dont il redoute / avec raison , la renommée populaire et la prodigieuse activité. Voyons comment la cour du Luxembourg usera du pouvoir qu'elle est si j^ouse de conserver. D'abord rien n*est plus impolitique , plus maladroit que d'expatrier le premier capitaine de l'époque , l'élite des généraux et de l'armée , lorsque la France -vient de révolutionner l'Italie , d'imposer un gouvernement nouveau à l^^^isse . et de l'occuper militairement ; loi?sque la Hollande a dû . suhi!t notre république modèle ; surtout lorsque

^ HUîTOiRfi

rAuti^khe^ •deaMÂNe d'une partie de se^ pif<$rogatâves itnpérialeay- a supporté plm^t qu'accepté le traite de Gampo-Formio et les conditipnS: eonseatiea au congrès de Rasladi. L'irritât JQ^ dôf puissancet^ comprimée par les victoires dç nos armes, . ferm^ite sourdement ; son explo-»' sioo seïpa . d^àutant plus prochaine^ qu'on se,$éra prifrédes seioyens les plus efficaces de la prévenir. A poneles Toisseauz de Brueys ont peirdu de ,yue Im { cteea if^ la belle Provence , et déjà l'hori^pn sWbscftnnt ai|.aiord : d'immenses, préparatifs faits «^jjàH«magne »aniiaiH3cnt uo^, seconde coalition «ÉitiiHniiaÎMllyfOetie fois la Eussie joindra ues

'A >silita des .puissance^. germamques. D'un -eôté, les difficultés s'accMmuleut qiu cffa^ ^pdèsadeAastadl : les^ formes, des plépippienti aires allemands y deviennent après et brusques : pn dirait qu'ils s'appliquent à déterminer une rupture violente. Pour comble de malheur , le congés des Etats-Unis d^Amérique^ qui pouvait ;, par ses forces maritimes^ opérer une diversion favorable * h la France y interrompt ses relations avec elle^ outjré des fréquentes injustices que l'inhabile directoire commet chaque jour envers cet alliée 49^^ la politique extérieure garantissait la fidélité., C^st une faible ressource contre tant de daAgers imminens , que l'alliance entre la république, française et la république helvétique , conclue à Paris le 19 août 1798; on ne doit pas attcndcenon plus une puissante diversion de là descente

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en Irlrtiiîé, opërde le 2:2 du mâme mois pav'lc géViëral Humbeft , avec onze cent cinquante, hômnîcs. Remarquons cependant que ce brav«r ottcïernicndra seize jours contre des forces anv glaises imposantes; il faudra vingt*cinq m'iHë homines et cent pièces d'artillerie pour le so«h mettre. Enfin le courage patriotique des citoyen*^ ne ise rëobaufFera point à Tairniversaire du i8'fi*tioti tîiàor, c<51ébrë au Champ-de-Mars par des 'goût vèrfiàns^ aux allures de mélodrame^, qui fcmt ja*t rer haine et guerre ëternelle au despotisme , snurles sceptres et les alti'ibuts brisés de lasouvepaiae puissance , figurt^s en earton enluminé , ainsi que lés rayons de la foudre t|ui vient de les broyer* *Mais la république trouvera de puissantes refr* sources dans une institution dont Jourdan est le fondateur : la conscriptibn militaire , créée lo»5 septembre 1798. Elle comprend tous]es Français cle vingt h vingt-cinq ans, divisés en cinq clas«ii^ et conlrainls au service personnel. En cela, du inôms, ressort avec éclat cette égalité politique qui n'est si souvent qu'un vain mot. Des lois particulières doivent fixer le nombre des conscrits à méiire en activité chaque année; de là , non-seu^ lemént la durée arbitraire du service des citoyens reunis sous les drapeaux , mais encore Fabus q\x6 le pouvoir peut faire des forces nationales, he mode d'exéi'ution de cetle loi fondamentale» fort sage dans son principe, n'eut point admis ecs^dispositions irréfléchies; mais les conseils, soumis

HurroiRE

MrrîléitteiKt oa direciûîre, ont yfOîé, dana son eaiemble, le rèi^ienieiii de la comcriptioa^ dont dbafse aitide eàt estgé un eiLamen aitenâîf* Im9 ▼•st* déploiement de forces que permet uart- MuMnent autni inqposant y 8tt££ra-t-U pour mpfeinsser l'Europe entière/ liguée contre la répit- Uicpie ; car la Porte , jusqu'alors neutre dana les éâiati polidqiBea qui ae ttjHt agités sur le conti- Btnt , 'déclare -brasquemesit la guerre au directoire je m' aeptcmbre ». et eoncliit immédiate* wmt «Éia alliasice amc. TAnjgleterre. C'est eoccMre lia effet 4e iFîmpéritie des .paohes du Luxembourg: Bonaparte» «¥ant son dépâr ty avait r^cpoimandé aux dîrecteurs>d*eiitter en conférence avec le iliTon » aur rexpéditioo d*£gypte , et de lui tn expliquer les mot^ sous des coûleuns lavorables, afin de prévenir toute idée de conquête en Oriçnt» Il était convenu que le citoyen Talleyrand serait chaîné de cette noôssion délicate , dont le suotès pouvait prévenir une rupture. Mais on a négligé cette formalité : la cour de Constantinople » aipsi laissée dans Tignorance des véritables projeui de Bonaparte, les interprète à sa guise, et, se metUMit en hostilité ouverte contre la république , menace l'armée française en Afrique , en Asie , et peiit joindre des forces h celles liguées contre nous en Europe. A la fin de l'année 1 799 » la Fr^ce u plus d'ennemis sur les bras qu'elle n'en a ja* maie eu; comment soutiendra-t-elle un tel choc? Avec des chances variées d'abord » puis avec dé-

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sftvantftge , maigre la valeur constante dea tiiMp€t et 4'halnleté de quelques généraux. Le directoire * entretient sept armées : en Italie , à Naples « cm Piémont, en Hollande, en observation sur les eètes, sur le Danube et en Helvétie; leur ^fectif total ne dépasse guère deux cent mille

Les conférences d^^astadt sont rompues brusquement ! les piiissances germaniques seront A^ tries dans l'histoire du soupçon d'avoir fait assassiner les plénipotentiaires français Bonnwr, Jean de Bry et Roberjot , qui venaient de quitter ee congrès : la reine Caroline , de Naples , fille. de Marie- Thérèse , sera signalée à la pc^térité comme ^instigatrice decetattentat. La guerre s'allume avec fureur au-delà des Alpes et en Allemagne. Tandis que 'Bonaparte subjugue une partie de l'Afrique « de TAsie , avec une poignée de braves , Schérer, flétrit , par sa déplorable incapacité , les lauriers 4ê Tarmée d'Italie > qui le repousse enfin , chargé de ses malédictions et de son mépris. Le Tartare SnWàrow^ fier de quelques succès, obtenus contre des armées turques sans discipline et sans tactique, se flatte de vaincre, enfumant sa pip^, tout ce que la France a de généraux illustres ; ii tegrette seulement que Bonaparte soit trop loin pour être atteint de sa botte , qui lui suffira, dit-il , pour triompher de ces petits philistins de gutrroyeurs fran^çais. Cette jactance se justifiera ^ndi^e temps par des succès, parce que Jw-

iBI^,, .. . Hli»TaiBPE ^ > ' -v

kért ierft taé ^ et que Moremi' , investi d'ùii ctÀnntandement provisoire , aura perdu la confi&hbè' déTarmëe. ^

'Tandis que n w conquêtes nous échappent , qùé ' nos guerriers sediScouvagent^ quela guerre de roué^i' recommence/ la mësinlellîgence éclate entré !é^ gouyernement et le corps législatif. Au i8 frucW tidor, le directoire a mutil^|pon sans motifs IcgilSmea^ les conseils; le 5o prairial /ces deux assemblées ëlnniuent à leur tour trœs directeurs: Tneîlbatâ / Làroveilldrè^Lépâuic et Merlin (de Donai), quittent le sophagouvel'natit duLuxemliourg. Rewbel en est sorti précédemment ; aiiïA du- comité qui frxtctidoi'isa ^n 1797^ il ne resté Cft 1799 V^^ Barras, rendu tnamoTible par là* puissance de l'intrigue et des corruptions. Or, lé dernier directoire , celui qu'on verra bientôt toiiiber anéanti par un pouvoir nouveau^ se compose de Barras , de Gohier, qui flétrira lui-même , un jour^ dans ses mémoires, le conseil dont il aurA fait partie ; de Sieyès , qui ne tardera guère ft Tendre , à livrer ses collègues; de Roger-Ducos / remarquable par sa profonde nullité; et de Moulins, général sans victoires, qu'on vit, en 1790, prendre au littéral le titre de sans^culolte, à défaut du vêtement indispensable, lorsque, tambour, dans les légions civiques , il portait des bil'^ lets de garde à domicile. Dans le ministère né de cette nouvelle combinaison gouvernementale ', deux grandes capacités, sont appelées à la direc-

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tion des affaires : Canibâc?érds saisit le porte- feuille de 1^^ justice i Bernadotte devient ministre dehl guerre > et parvient^ par de sages ^ de promptes dispositions, à suspendre les progrès effrayans de l'ennemi. Néanmoins ^ les opérations du champ de bataille ayant des chances qu'a» ministre ne peut maîtriser du fond de son cabinet , Tarmée française éprouve de grandes, pertes en Italie , du 1 7 . au 20 juin 1 799. M acdonald , après avoir évacué Naples, doit rejoindreMoreau , avec environ 56 mille hommes. Emporté par un courage héroïque , mais inopportun, ce général franchit la Trehîa^ dont Suwarow lui dispute le passage , laissé douze mille hommes sur la rive qu'il ne peut conquérir^ et i^epoussé 'sur la plage opposée ^ M' vqH forcé de battre en retraite , devant un ennemi dont les forces dépassent les siennes de quinze mille hommes. Ce désastre augmente le découra-' gcment des troupes républicaines... Pendant que cette catastrophe a lieu en Italie y un nouveau club des jacobihs^ dont on peut suspecter le patrio^ tisme, s'établit dans l'ancienne salle du Manàge; puis, chassé de ce local par le conseil des anciens^ dans l'église des ex-religieui jacobins dû faubourg iSaint-Germain. Cette société , présidée' par Drouet, jadis maître de posté, ensuite con* • venlionnel , s'élève avec chaleur c6n*/e les con^ cus^ionnaires et les exacteurs. Elle nomme , par*mi iea plus audacieux , Rewbel, Trouvé, Pay-* poult, ex-commissaires français en pays conquis;

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et Murumt Rapinat , canmissura en HelvétMni. contre lequel une vindicte joyeuie fera ce qtUMtrain: v * ;

La pav^e Suisse ,* qu'on ruine ,

Vouidbnut pourtant c[u*on décidât y ' ' ' '

Si Rapînat yient dèlrapiae y

Ou rapiie de Rapinat. *

Foacbë (de Nantes) , pouaaë au ministère de la police par Jes vainqueurs^ 5o prairial , f^it fermer le nouveau club qui ona proférer des maximea ^ de probité : dans tous les gouvernemena corrom-p pus/ce sont des cris. séditieux. • . ,;

En ce moment : éclatent sur divers pojnts des tfoobkt;! «des rebellions; excités par les agena de Tëiranger et des Bourbons ^ qui roalhcureuM^ moit peuvent appujer leurs insinuations de rap*-. ports exacts sur les malversations et Tincapacilé du gouvernement directorial. La gueiTe civile de l'ouest se ranime avec fureur; les chouans font des progrès rapides; la France est inondée d'émigrés remrés qui , de toutes parts ^ attisent les feux de la sédition* Une loi menaçante, oeUe des otages y rendue le in juillet 1799» prescrit des mesures d^me excessive rigueur contre les parens des émigrés et les nobles» Les administrations départementales sont autorisées à se saisir d'eux , au

* La république arait alors pour commissaires aux artaéet FoarAiT, GEUGBON et lAPiKAT. Il faut conrenir que les noHH étaient peu rassurans.

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momctre mouTemcAt dans le pavs qu'ils oconieiii. pulâ' à séqaestrer leurs biens. Cette diapoÂtsmi » faite par un gouvernement dëjà honni , achève d'exaspérer contre lui. On doit ajouter cependant que Garât a dit avec raison : uPar la combinaison ce des articles de cette loi y la p^ine n'atteint pera sonne ; elle menace beaucoup* Le glaive est a suspendu ^ mais il ne tombe pas. » U est de notoriété que la loi des otages , qu'un pouvoir ao«-« veau rapportera avec ut) grand appareil pour at populariser^ n'aura pas fait tomber une seule tète.^ Il n'en est pas ainsi y k cette môme époque > dans le royaume de Naples : la reine Marie Caroline^ en invoquant des principes opposés à ceux des jacobins de gS , s'efforce de les surpasser en cruauté^ et parvient à se procurer cet horrible avantage... Les historiens ser viles tairont ces assassinats légitimistes, comme ils tairont les veit-* geances sanglantes exercées , quinze ans plus tard, par4kouis XVIII : pour ces misérables écrivains, c'eat^de la boue que le sang des citoyens versé par les rois... Vingt mille personnes périront dans l'état sicilien , sacrifiées par la réactjou royale , jusqu'au moment où l'irascible Caroline , redeve^ nue humble et suppliante^ baisera, avec toute l'hypocrisie italienne, la nouvelle pourpre consulaire du vainqueur do Marengo.

Le 5o juillet une notiv-elle formule de serment, que peuvent bien inspirer, les massacres souverains de Naples, est présentée au conseil par le

t7i HISTOIRE

général Jourdan ; elle est ainsi conçue : « Je jure « de m'opposcr de tout mou pouvoir au rétablis- <c sèment de la royauté en France , et à celui de « toute espèce de tyrannie. » Pendant ces vaines protestations, l'armée française ^ sans laisser à Suwarow d'autre avantage immédiat que la stérile conquête d'un champ de bataille , perd à Novi près dé vingt mille hommes , avec le général en chef Joubert. Cette journée , qui ne coûte pas moins au général russe , éclaire le dernier succès de ses armes; depuis son arrivée en Italie , il a vaincu sans beaucoup de gloire ; encore quelques semaines, et nous le verrons succomber avec honte»

C'est au 22 août qu'il faut faire rapporter le commencement de cette entreprise audacieuse, imitée de Cromwcl, qui changera bientôt/ la face politique de la France, qui fera périr la révolution elle-même dans le naufrage d'un gouvernement corrompu. Dès le mois de novembre 1^98, Roberjot, frère ou parent du plénipotentiah'e massacré à Rastadt, guidé, selon quelques mémoires , par des vues pures et bienveillantes, obtient d^un homme en place des notions exactes sur la situation actuelle de l'état , et reconnaît que la France est perdue, si une main secourable et puissante ne la relient au bord de l'abîme. L'honnête citoyen soxige alors à Bonaparte : il pense que ce général , dont la renommée est encoi*e grandie en orient ^ peut seul sauver la république d'une ruine im-

mînenie , en saisissant les rcnes du gouvernement; Roberjot, après avoir ajouté quelques noies au mémoire qu'on lui a remis, l'envoie à Bonaparte, par l'entremise de Syeyès, qui , pour le faire parvenir , emploie à son tour celle du ministre français h Berlin, qui s'engage h le faire remettre au chargé d'afTaires prussien à Constantinople ; bref, le message arrive au général eÈ chef 4À l'armée d'Orient , vers la fin de mars 1 799. Déslors il ajuprend qu'une nouvelle coalition se forme contre la ï'rance , et prévoit les désastres qui menacent notre malheureuse patrie. Mais , retenu devant Sàint-Jean-d' Acre , il ne songe point h s'éloigner de son armée , dans un moment où sa présence comprimerait le découragement que l'ijisucccs de l'expédition de Syrie pent-produire dans rte cœur du soldat. 11 revient en Egypte avec ses^ troupes, dont il partage lessouflrancesetlesdan- • gcrs en ti^versant le désert; et ce n'est qu'après le triomphe d'Aboukir qu'il se dispose à quitter l'Afrique.... 11 laisse des palmes aux maiuA de ses guerriers. Ce serait donc avec une profonde injustice que l'on qualifierait de fuite l'embarquement subit de Bonaparte et son rclour précipité à Paris, quand même la restauration de notre gloire nationale n'en eût pas justifié, sinon le motif secret, du moins le but ostensible. On nous trouvera sévère pour ce grand homme , dans les cirèonstances où sa conduite méritera le blâ||^e; mais nous n'imiterons point ceux qui se sont faits ses

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détracteurs, i lort ou à raison , parce qu'il n*avatt pas reçu ce baptême de légitimité , qui , selon les biographes collaborateurs des frères Michatêd y ' innocente tous les vices, tous les crimes des dèscendans de nos vieilles dynasties. Bonaparte sauva la patrie au 1 8 brumaire : c'est une vérité désormais incontestée.Quant à l'atteinte portée àla consjtfKtution &k Tan III et à la liberté^ nous laissons aux nommes sages le soin de juger ce qu'elles étaient devenues sous le régime inhabile ^ iiiunoral , spoliateur du directoire ; ce qu'il en serait resté , quelques mois plus tard , lorsque les chouans de l'ouest auraient donné la main aux étrangers du nord et aux révoltés du midi ; tandis que ceux-ci e^pfient formé une chaîne ennemie avec les étrangers qui nousfmenaçaient du haut des Alpes.... Il 'y a plus de pouvoir respectable là où la sûreté* générale est compromise par les fautes de ce même pouvoir : le salut public est la suprême loi , et la nation ressaisit alors légalement le droit qu'elle a concédé.... Car lorsque l'état politique est détruit , c^est de la nation seule que peut émaner tout nouveau principe de légalité. Or Bonaparte a donc répondu au vœu de la France , puisque^ loin de le désavouer, elle a accueilli par des applaudisscmens la révolution de brumaire.

Avant d'aborder les détails de cette révolution, aussi rapide que complète , nous devons mentionner encore certaines circonstances de la gestion du directoire : il va tomber vite , et dans quelques

jo^P^ nous ne -leirouverions plus, pour esquisser les traits qui nous sont échappés, ce gouverneoient sans force , sans popularité , sans droiture , mais auquel la France dut pourtant un petit nom*brc d'institutions utiles. Nous les allons signaler. Userait peut-être juste de dire, avant tout, qu avec plus de franchise, moins d'amour du faste ^ et le sentiment de sa dignité, qui lui manquait, le directoire aurait encore gouverné avec une estréme diflicullé; occupé qu'il était sans cesse à réprimer les trahisoiy , à lutter contre la myriade d'agens d'un pouvoir occulte , organisé dans toute YétiÊù,due de la république. Tantôt il avait à déjouer une conspiration ténébreuse sur un point ; tantôt il devait combattre ailleurs un parti qui l'attaquait à force ouverte... Les quatre années de régime directorial furent un long orage : cette période pouvait être stérile ; elle ne le fut point. L'eaj}Osition publique des produits de l'industrie française prit naissance sous Tadministration du directoire : elle s'ouvrit au Champ-de-Mars le i«r vendémiaire an YUI , jour anniversaire de la fon« dation de la république, et dura jusqu'au 10 du ^méme mois. Après les longues calamités auxquelles la France était livrée depuis neuf ans, on espérait peu que l'intelligence industrielle eût prospéré dans son sein. On remarqua toutefois à cette exposition que les sciences physiques et les arts du dessin , dont les progrès récens ne pouvaient être contestés, avaient communiqué %ix

produits l'empreinte de leurs conquêtes. Du 9kie l'examen public et la comparaison des articles exposes eurent un résultat moral fort remar<|uable : ils excitèrent l'émulation des producteurs; et lorsqu'au mois d'avril 1801 , le ministre Chaptal fit un sedond appel à l'industrie pour une exposition qui , cettie fois , eut lieu dans le Louvre , on reconnut que les divers genres de fabrication s'étaient sensiblement améliorés^ dans le court espace de deux ans et demi.

Les hôpitaux de Paris avaient per(|p une forte p#lie de leur revenu, par la vente des biens déclarés nationaux compris dans leurs domaines : malades et pauvres souffraient, h une époque critique où la guerre absorbait toiues les ressources de Fétat; il paraissait donc assez naturel que les habitans de Paris vinssent au secours de leurs compatriotes souffrans , dont ils pouvaient grossir le nombre. L' octroi ^de bienfaisance , fondé par le directoire, fut une sage institution^ puisqu'une partie de son produit servit à l'entretien des établisscmens hospitaliers. Le surplus de cette contribution indirecte servit à acquitter les dépenses dites communales : les fonds consacrés à cet emploi ne reçurent pas toujours une destination bien légale ; mais les abus ne détruisent pas le mérite des institutions.

Ce ne fut pas une tâche facile pour le directoire que de faire disparaître de la circulation cette m^se énorme de papier-monnaie , qui l'encom-

brait de ses valeurs dérisoires; et ce reirait se fit sans secousse : le numéraire niétalUquc reparut progressivement. Sous ce gouvernement , les administrations départementales et municipales re* curent une organisation régulière : le conflit de diverses autorités cessa. Enfin la politique, généralement malheureuse du Luxembourg, obtint, au moins , un résultat digne de remarque : on vit , 'pour la première fois , en l'an Y , un anibassadeur de la Porte résidant auprès du gouverncmeni fran<^.<iis. {Voy. pour les fondations monumentales, le tableau placé à la fin de ce volume.)

Nous devons dire quelques mots de ce culte , dont Laréveillèrc - Lépaux fut le prophète, et qu'accueillit le ridicule, parce qu'il sortit d'une combinaison gouvernementale peu estimée. Sa morale était pure , tolérante , amie de rbumar nité; mais il n'eut ni miracles, ni martyr^; on le traita de niaiserie , comme si les croyanctfs religieékes ^ devaient , de toute nécessité , se recoiHr mander par le charlatanisme, et cimenler leurs temples avec du sang. Dans les réunions publiques des théophilantropes , on inspirait aux hommes l'amour de leurs semblables : oa préchait les devoirs réciproques des citoyens, ceux des enfaiis envers leurs pères , de ceux-ci envers leurs enfans , des époux entre eux. Les hommages rendus à l'Eternel exprimaient la reconnaissance des sectaires envers VEtre des Etres; ils ne le priaient point : les prières, leur eussent semblé

une injure faite h son éternelle justice; ils le remerciaient , non à l'exemple des chrétiens , en se servant de la langue d'un peuple païen, disparu de{>uis seize siècles; mais dans l'idiome de leur pays et de leur temps* Leurs hymnes français ne contenaient que des maximes d'une saine morale , des préceptes propres à inspirer la vertu. Si les livres et les chants du catholicisme romain eussent été tels , la Sorhonne ne se serait pas rendue digne des cabanons de Bicétre, en déclarant heWtiques les traductions françaises des écrits proclamés saints, en langue latine. Les théophilantrùpes se réunirent, pour la première fois, le 26 nivôse au V (i5 janvier 1797), dans une maison située au coin de la rue Saint-Denis et de celle des Lombards; plus tard , le prosélytisnobe ayant été grande ces nouveaux religionnaires s'établirent successivement à Saint-Jacques-du-Haul-Pas , à Saint-Sulpice , à Saint-Thomas d'Aquin, à Saint- Etienne-du-Mont , à Saint-Médard , à Saint-Rermain-l'Auxcrrois et à Saint-Eustache. Les temples théophilantropiques n'offraient point d'mnemens , point d'images ; seulement quelques maximes , quelques sentences étaient inscrites sur les murailles. Au milieu du temple s'élevait un autel simple, sur lequel on voyait une corbeille de fleurs et de fruits : symbole touchant de la création et du développement des êtres créés. Le culte des tliéophilantropes s'étendit peu dans les départeuiens , moins encore h l'étraîi^^or; sa uuréo

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fut cpbénièrc. Nous le répëtons , exempt de peç^ sécutions , dépourvu de pompe , de mystères ^ de fanatisme , 11 ne pouvait s^accréditer : nous le verrons s^évanouir obscurément sous le consulat. Revenons à la fondation de ce régime , c*est-à-dire à K révolution du 1 8 brumaire. I||

Bonaparte , laissant le commandement de l'armée d'Egypte au vaillant Kléber, s'embarque à Damiette, le 23 juillet 1799. Quatre b^iiiz^^^^» commandés par le contre-amiral Gantheaume^ reçoivent Napoléon et sa suite : elle se compose des généraux Berthier, Lannes , Murât , Marmont , Andréossy, Bessières ; des sa vans Monge , BertboUet^ Denon, Parceval-Grandmaison. Le général ramène aussi M. de La Valette > qui^ dans^ quinze ans , échappera au martyre de la Jfidélité^ par l'héroïque dévoûmeut de sa femme. Enfin le grand capitaine est accompagné de ce Bouricnne qui, de la vie privée d'un ancien maître, dénaturée et flétrie , fera l'objet d'une spéculation doublement mensongère ; car elle blessera la vérité, et, favorisée par une jactance industrielle audacieuse , elle promettra au public un intérêt dont le volumineux libelle de Bourienne sera dépourvu. La Méditerranée, qui porte, pour la seconde fois , un autre César et sa fortune , est calme durant to^^ sa traversée. Les Anglais paraissent, on les évite; et, le 28 septembre , au point du jour, la ilotille mouille dans la rade de ITejiis.

ftfc HISTOIRE

Lorsque Bonaparte arrive à Paris , on y cé^ lébre la victoire éclatante que Massena a remportée à Zurich sur les Russes , commandes psr Korsakow : cette victoire a été décisive , libérai trice de l'Italie, de là Suisse et des frontières d<. lan^rance. Le scyihe Suwarow a vu briser le talisman de sa fortune sauvage ; battu lai-méme y après ce triomphe , par de faibles détachcmens, il fuit en vomissant le blasphème contre les vainqueurs ; bientôt il mourra inconsolable d'une défaite qui, après tout, devait élre le lot d'uA gé-*néral dont le talent repondait mal à sa forfan*. tericw

Que les czars l'appi-ennent une bonne fois , il n'est pas venu » il ne viendra pas dû longtemps le jour où la science militaire de leurs ]généraux et le courage raisonné de leurs troupes ^ soutiendra le parallèle avec les venus guerrières des enfans de la France. L'opinion , en rendant d'ailleurs hommage à la bravoure de l'armée russe, a fait exigu le lot de gloire acquis par ses chefs dans la guerre de 1 81 2 : chacun sait que le plus grand capitaine du nord, durant cette campagne, fut comme l'a dit ingénieusement un historien , le Jeld maréchal hii^r... Les hostilités en 1814 n^ démontrèrent pas plus éloquemmcnt la supériorité des armes hyperborénnes ; et l^^olonais de 1 8S0, en soutenant une année eniîîre tous les efforts d*un prétendu colosse militaire , ont prouvé que c'est à la tirempc des âmes d'une nation , non

D£ PàRIS. ckdt

imx pi'iifiortÎDiifli l^aatesquea de sa stature physique, ([u*î}>4kift Vflfjurer la grandeur et la puis-> saqpe dont oUe'est pourvuo#Peut-étre le ^abiiief. de Pétersbourg eâi*il dii s'inspirer de cette réflexion lorsque, récemment , il faisait noiificr h la France \ des docunicns diplomatiques fort durs , dont il ne pourrait soutenir Timpolilesse qu'avec des coalitions européennes. La profession de foi que nous faisons ici , est , sans aucun doute i partagée par tout citoyen dans la poitrine de qui^ bat un cœur vraiment français : il faut plaindre le gcuvernemcnt s'il n'y aacède pas.- • Après une suite d'opérations dan^ lesquelles û «'est placé au premier rang des généraux an* ciens et modernes , Massena fait parvenir au directoire un rapport que l'on doit citer condhe un modèle de modestie : a Une bataille de quinze <( jours , sur une li^i^ne de plus de soixante lieues ce de développement , contre trois armées xombi-^ u nées, conduites par des généraux expérimentca , <c la plupart environnés de grandes réputations, « occupant des positions réputées inexpugnables : « telles ont été nos opérations. Trois armées batu tues et dispersées , *lringt mille prisonniers; plus « de dix mille morts ou blessés , cent pièces de a canon ^ quinze drapeaux, tous les bagages des. <c ennemis , nmf de leurs généraux tués ou pris ; « l'Italie et le Bas-Rbin dégcigés , l'Helvétie libre , ce le prestige de l'invincibilitc des Russes dissipé : ce tel a él^ le résultat de ces combats.»

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