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des souifraDces physiques^ dont les accusés devaient ^ tout prix abréger les tourmens. Pierre de Boulogne y procureur-général de Tordre , adi*essa au roi plusieurs requêtes pleines de sagesse. Il représentait avec chaleur qu'il, n'était pas même vraisend>lable que des hommes , sans aucun motif d'intérêt^ sans la moindre apparence de nécessité, renonçassent à la religion où ils étaient nés y à celle qu ils avaient défendue en Palestine^ et pour laquelle ils versaient tous les jours leur sang. Que Tadoration d'une idole^ vaguement désignée par les accusateurs , ne présentait pas plus de vraisemblance et ne se «motivait pas davantage. Qu'enfin il paraîtrait inoui que nul des néophytes reçus dans le cours de deux siècles , et qui auraient été assujétis aux hideuses éprei^ves mentionnées dans les procédures, n'eut reculé devant ces infamies, et ne les eût révélées. Ces observations sans réplique ne ralentirent point les iniquités de la cour. Le roi, par des lettres closes, promettait la vie et des pensions aux Templiers qui se reconnaîtraient volontairement coupables; et l'on continuait de livrer aux x^lus affreuses tortures ceux qu'on ne pouvait corrompre par des séductions ,
auU'oS; quVD5iiitc plusieurs dénions s*étaient montres sous des formes de femmes , et que chacun avait eu sa chacune. — Les membres de ce chapitre contrevenaient donc aux statuts de Tordie , qui défendaient tout commerce avec les femmes . à moins que les diablesses ne fussent privilégiées. La calomnie nVst pas toujoius habile dans ses imputatiorat.
ou effrayer par des menaces* Dans toutes les villes de France^ les prisons étaient remplies de ces chevaliers; condamnés avant d'être jugés , ils y subissaient les plus rudes traitcmens; un grand nombre succombaient ^ et tous en mourant^ protestaient, avec les marques d'un repentir sincère, contrôles fausses dépositions que la douleur pliysiqiic leur avait arrachées.
On remarquait généralement que , dans les procès intentés aux Templiers, il n'y avait point de cotifrontationdes témoins aux accusés.Mais ce qui prouvait bien mieux que leur perte était résolue en France , et qu'on la préparait par tous les moyens que peut employer la séduction,c'est que dans les autres Etats de la chrétienté, où les membres de cette congrégation étaient arrêtés par ordre du pape , aucun d'eux n'avait déposé des abominations semblables h celles qu'on leur imputait chez nous.
Cependant un concile réuni à Paris, en i5io, mit en jugement soixante Templiers que Philippele-Del avait fait amener dans les prisons de cette ville: cinquante-quatre furent condamnés au feu, et brûlés derrière l'abbaye de Saint-Antoine. Du milieu des flammes qui les dévoraient, s'élevèrent leurs protestations d'innocence; ils ne cessèrent de protester jusqu'au dernier soupir. La dernière de ces exécutions, qui s'étaient prolongées sept années, eut lieu le 1 1 mars i5i4« Depuis long-temps on détenait u Potiers , Jacques de Molai^ grand-mattre de l'ordre; Guy, commandeur d'Aquitaine; ïlii.-
gués de Péraltle, grand visiteur de France, ei le grand prieur d'Auvergne , qui avait été directeur des finances du royaume. Ces quatre seigneurs étaient les principaux officiers de Tordre; Philippele-Bel les fit conduire dans la capitale , par une inspiration do cette politique subtile qui le caractérisait. Ce prince n'ignorait pas qu'on disait hautement que les grandes richesses des Templiers étaient la véritable cause des persécutions qu'ils éprouvaient , et qu'une confiscation générale en était le but. Il espérait donc, par une cérémonie grave, pardesavœux publics, on imposer au peu-pie, et calmer TeiTroi que lui causaient tant d'assassinats juridiques. A Tarrivéedes quatre grands dignitaires Templiers, on les fit monter sur un écliafaud dressé devant l'église de Notre-Dame; on lut la sentence qui commuait la peine de mort porlée contre eux en une prison perpétuelle , eu égard aux dépositions qu'ils avaient failcs; puis , ilanf un long discours, le légat du pape s'étendit avec complaisance sur les abominations et in)pietés, dont les Templiers étaient convaincus, disait-il, et qu'ils avaient eux-mêmes avoués. Ensuite ce prclre inicrpella Jacques de Molai , qui , debout sur l'cchafatid et enveloppé de sa longue robe blanche, ressemblait a une grande ombre évoquée d'entre les morts, tant il était maigre, décharné et chargé d'années. « Parlez, coniiiiua a le légat > et renouveliez ptibliquenient la coiiîc icssion que vous avez faite à Poiliers. — Oui jv
</ vais parler , répondit l'infortuné yieillard en « agitant ses chaînes; et s'avançant sur le bord de « Técliafaud ; il prononça d'une voix forte : Je n'ai « que trop long-temps trahi la vérité ; daigne « m'écouter , daigne recevoir, 'ô mon Dieu! le « serment que je fais ; et puîsse-t-il me servir « quand je paraîtrai devant ton tribunal. Je jure « que tout ce qu'on vient de dire des Templiers « est faux ; que ce fut toujours un ordre zélé pour « la foi, charitable, juste, orthodoxe; que si j'ai* (c eu la faiblesse de parler différemment , à la sol- « licitation du pape et du roi , et pour suspendre « les horribles tourmens qu'on me faisait souffrir, « je m'en repens... Je vois que j'irrite mes bour- « reaux, et que le bûcher va s'allumer; je me « soumets à tous les tourmens qu'on m'apprête et « reconnais ô mou Dieu ! qu'il n'en est point qui '< puisse expier l'offense que j'ai faite à mes frères « et à la vraie religion. »
Le légat était loin de s'attendre à ce retour sqr la déposition de Poitiers. Il fit reconduire le grandmaître en prison, avec Guy d'Aquitaine, qui s'était aussi rétracté.
Le soir même , ils furent brûlés vifs , dans une île de la Seine . au lieu même où s'élève aujourd'hui la statue de Henri IV. C'était un spectacle déchirant que cette exécution. On entendait les deux chevaliers invoquer Jcsufir-Christ d*une voix grave , et le prier de soutenir leur courage. Cette prière fut exaucée : la fermeté de ces
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illustres patiens ne se démentit pas. Au uiomeiitou ' les flammes s'élevaient déjà du bûcher, et imprimaient leurs reflets tremblans sur la face du vieux palais de la Cité ^ le grand-maître "^ , d'un accent d'inspiré, dit Mézeray , ajourna le pape à comparaître devant le tribunal de Dieu dans quarante jours , et le roi dans un an... Si le fait est constant, ce fut une prophétie : les deux souverains moururent aux époques fixées par Jacques de Molai. Ce valeureux combattant de Mons , ce parrain d'un des enfans du roi, et son digne confrère, Guy le commandeur , expirèrent en chantant des cantiqaes.«Quand un silence de mort remplaça ces chants héroïquement pieux, le peuple consterné, fondant en larmes, se jeta sur les cendres des deux martyrs, les emporta comme de précieuses reliques, et l'histoire grava, avec un burin sanglant, la date du 1 1 mars i3i4 dans la vie de Philippe-le- Bel.
Quant aux deux commandeurs qui n'avaient
* Jacques de Molai , ainsi ([u une grande partie de la noblesse du teinps , ne savait ni lire , ni /écrire : lorsqu'on lui lut à Paris la déposition qu'il avait faite dans la tortiu-e à Poitiers , il parut très surpris, lit deux fois le signe de la croix, et dit : « Si ces trois commissaires étaient d'une autre qualité , je sais « ce que je leiu* proposerais. » On lui répondit que des cardinaux ne relevaient pas le gage des batailles, (c EIi bien î repritw il , je prie donc Dieu qu'on leur ftnde le ventre comme le « fendaient le^ Tartaros -et les Sarrasins aux menteurs ri aux t< faussaires, n
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pas eu la force de se retracter, ils fureiii traités avec douceur. Les deux scélérats dont la délation avait amené tant de catastrophes , tombèrent sous le bras d un Dieu vengeur : le prieur de Montfaucon périt dans une mauvaise affaire ; Noffrodci fut pendu pour de nouveaux crimes.
Lorsque Jacques de Molai et son compagnon expiraient dans une île de la Seine, l'ordre des Templiers n'existait déjà plus: il avait été aboli par un concile tenu à Vienne en Daupliiné dans le cours de l'année 1 5 1 2 '^. Il ne j^uvait subsister : son abolition 'importait trop au pTpe et h Philippele-Bel; car tant qu'il eut existé , ses richesses n'auraient pu être entièrement acquises à la cupidité des^deux cours. Le concile de Vienne, composé de trois cents archevêques, évoques et docteurs d'Allemagne , d'Italie , d'Angleterre , d'Espagne et de France, avait une double mission: il devait condamner ou absoudre la mémoire du pape Boniface VIII , et prononcer sur la suppression des chevaliers du Temple. Or Clément V^ malgré les promesses qu'il avait faites à Philippe-le-Bcl , quant au premier objet, se hâta de déclarer, avant son arrivée, que, iselon l'inspiration que Dieu lui envoyait , Benoît Cajetan devait être regardé comme légitime pasteur de l'église ; qu'il était mort catholique; que jamais l'hérésie n'a va it souillé sa pensée; qu'enfin les preuves alléguées contre lui , pour flétrir sa mémoire , ne pouvaient parai-
* Il avait été fondé en 1 1 18.
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trc suffisantes. Le roî, qui arriva dans l'assemblée nu moment où Ton délibérait d'après ces conclusions , eut la douleur de voir adopter Tavis du souverain pontife par les trois cents pères siégeant an concile , sauf un prélat Italien et les archevêques de Sens, de Reims et de Rouen. A l'instant où l'absolution de Boniface allait être prononcée , trois chevaliers Catalans parurent dans la salle pour soutenir, par le combat, la décision favorable nu pape défunt. Ils défièrent, en présence du roi et de tousses seigneurs , quiconque serait assez hardi poinRittaquer cette décision. A ces mois, leur gantelet, gage de bataille, résonna sur le carreau ; personne ne le ramassa. Le criminel lk>nifiice fut déclaré orthodoxe, bon catholique, iniUHXMit.
1 iH même unanimité ne se retrouva point quand ou aj;iia la question relative à l'extinction de l'ordre du Temple : cette corporation illustre , composée de la principale noblesse des Etats chrétiens, et qui avait versé tant de sang dans les guerres saintes de l'Orient, trouva^de nombreux défenseurs parmi les prélats. Bon nombre d'entre eux relevèrent, avec peu de ménagemens, la passion , quelques-uns dirent la cupidité , qui avait présidé au jugement de ces chevaliers; ils flétrirent d'un blAme chaleureux les prétendues révélations arrarliées par la torture , et presque toutes rétractées ensuite. Enfin ces orateurs demandèrent qu'une «liTaire d'un si puissant intérêt -fût mûrement exa-
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minée , et qu on remit la décision à un autre concile.
Cette prudente information ne satisfaisait ni Philîppe-le-Bel , ni/[]lément V : ce dernier , moins adroit que le premier^ ne put dissimuler le mouve^ ment de colère qu'il éprouva; il s'écria d'un accent animé : « Si ^ par défaut de quelques formalités ^ on « ne peut prononcer juridiquement contre les « Templiers \ eh bien ! la plénitude de ma puisce sance pontificale suppléera à tout ; et je condam- « nerai Tordre par voie d'expédient , plutôt que « de fâcher mon cher fils , le roi de France. » Il est probable qu'une déclaration aussi crue , aussi délatrice des secrètes vues de Philippe-le-Bel , fut loin de satisfaire ce souverain. Quoi qu'il en soit , l'ordre du Temple ne fut point supprimé dans cette session. Mais environ deux mois après ^ dans un consistoire de cardinaux et d'cvéques , que la complaisance avait ralliés à l'opinion de Clément V , une sentence cassa et annulla cet ordre : Tactc offrait cette formule remarquable: « N'ayant pu a juger les Templiers selon les formes du droit, « nous les condamnons d'autorité apostolique et « par provision. »
Ainsi finit cette congrégation de moines-soldats qui n'avait en général que des vices , les vices de son siècle , à se reprocher. On ne peut disconvenir que^ devenus inactifs depuis que l'on ne combattait plus en Orient, les Templiers s'étaient livrés au faste; au luxe, aune vie molle ctvolup-
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tueuse ; que leur orgueil , soutenu par d'immenses revenus , une valeur éclatante , une haute nais* sance, de grands services rendus à la religion et même à l'État , avait souvent 4^énérë en indépendance presque provocatrice. Mais où résidaient^ en tout cela f les crimes abominables qu'on leur avait imputés; en quoi surtout avaient-ils surpassé la dépravation des seigneurs et des ecclésiastiques, dépravation que rien ne pouvait même égaler.... Cet ordre fut sacrifié parce qu'il était riche : son opulence était son principal crime. Le président Hénault , historien grave et consciencieux , semble pénétré de cette vérité lorsqu'il dit: « On voudrait « que des imputations^ absurdes au premier coup* « d'œil, fussent constatées par des témoignages u évidens; qu'on en eut trouvé la preuve dans les a statuts de l'ordre; que Ton put apprécier les « dépositions sans nombre dont il ne reste plus de « vestiges; et que la constance d'une multitude de « Templiers , au milieu des flammes , fut moins « capable d'affaiblir l'impression des premiers « avœux. »
On peut ajouter à ces réflexions pleines de sagesse, qu'il faudrait, pour approuver la condamnation des chevaliers et la suppression de Tordre, trouver plus d'équité dans leur juge suprême. Clément V; plus de régularité dans la forme de ses arrêts. (Certes! la moralité de ce pape était loin de se prouver par ses actions. Nous le voyons, pendant toute la durée de son pontificat, faire un
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honteux trafic des choses sacrées; à sa cour on vend publiquement les bénéfices; en allant de Lryon à Bordeaux , il pille sur la route tous les monastères, toutes les églises; enfin il ne transfère le saint siège h Avignon que pour ne pas se séparer de la comtesse de Périgord , dont il est éperdument amoureux.
Après la suppression de l'ordre du Temple, le concile de Vienne disposa de ses biens fonds en faveur des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean-de- Jérusalem, Mais , avant de s'en dessaisir, Philippele-Bcl exigea deux cent mille livres (somme énorme alors) , pour acquitter les frais de la procédure. On convint ensuite que le roi aurait les deux tiers de l'argent des Templiers , les meubles de leurs maisons, les ornemens de leurs églises, enfin tous les fruits et revenus de leurs terres, depuis le i5 octobre i3o7Jusqu'«\ Tannée i5izj*.
* Voici quelle fut la destinée des Templiers dans plusieui*« autres Etats de F Europe : ils furent condamnés à Londres par un sjTiode , parce que Edouard V^ voulait aussi s'emparer de leurs biens ; mais leur sang ne fut point versé. On se contenta de les disperser dans divers monastères pour y faire pénitence. Plusieurs seigneurs anglais reprirent les terres que leurs familles avaient données aux Templiers, prétendant que les donateurs n'avaient pas eu l'intention d'en gratifier les liospitaliers. Le roi de Castille unit ces possessions h son domaine ; le roi de Portugal les donna a \ ordre du C/iriH , qu'il institua; le roi d*Arragou s'appropria dix-sept forteresses , que ces chevaliers possédaient dans le royaume de Yalcncc. Le {)apo , quoiqu*en dise l'abbd Velly, eut une large pail de$ richesses II. 20
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Nous avons parcouru les fastes historiques du règne de Philippe-le-Bel , sans avoir pu y découvrir la gloire de son règne; cherchons-la maintenant dans les fondations nombreuses qui appartiennent à ce règne , en mentionnant d'abord les institutions religieuses.
Le couvent des Cordeliers du faubourg Saint- Marcel^ prit quelque accroissement pendant cette période ; il devait sans doute les aumônes qu'il recevait à la présence du manteau de saint Louis ^ que Marguerite , veuve de ce prince , avait donné aux religieuses cordelières, en 1 284* Cette relique
de Tordre y surtout dans les Etats de Naples et de Sicile. — Voyez sur le procès et la condamnation des Templiers ^ le con^ tinuateur de Nangis ; — l'Histoire Ecclésiastique de Fleury ; — Processus contra Templarios , par Dupuy ; — Hùttoire de France j par Mézeray; — Histoire générale du Languedoc , année 1 807 ; — Robert Gaguin , liv, VIT-^ — ex secunda vitn Clcmenti V ; — Chronique de Montfort ^ Duchesnc ^ tome J' ; — via Justiciœ ; — Guttkicri, historia Templariorum ; — Rapin de Toiras ; — Histoire de V Eglise , par Dupin , quatorzième siècle; — Villani; — Choisy^ Histoire Ecclésiastique.
Voyez surtout , pour suivre avec clarté l'histoire du procès des Templiers , l'ouvrage intitulé : Monumens historiques relatifs h la condamnation des chevaliers du Temple , par M. Raynouai'd , membre de l'Acadéuiie française. On doit aassi à cet éciivain la tragédie des Templiers , qui a remporté Tun des prix décennaux que Tempereiu- IVapoléon avait institués pour récompenser dignement le mérite. Cette composition est jugée par le seul fait d'une telle distinction : malgré les déclamations de quelques jeunes écrivains contre la littérature de l'empire , qu'ils appellent la littérature du sabre ,
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fat long-temps en grande vénération parmi les Parisiens; mais les célébrités s'usent, et, comme dans les temps modernes ce vêtement avait perdu beaucoup de son crédit , les nonnes le taillèrent en devant d'autel. Sic transit glana mundi.
Le juif Jonathas, comme tous ses confrères, prêtait sur gage et à usure; une femme de Paris avait déposé chez lui , pour Nantissement d'un prêt de trente sous, quelques habits h son usage. La veille de Pâques , 1 290, elle vient chez l'Israélite et le prie de lui donner un de ses vêtemens, pour célébrer la fête du jour suivant , lui promettant de le remettre fidèlement en ses mains le lendemain de cette solennité annuelle. « Faites mieux, lui dit Jonathas, apportez-moi riiostie que le prêtre vous aura présentée à la communion, et je vous rends
on 11c voit pas qu aucuu des tra<;ëdions de la plume forte se soit encore élevé au niveau des Templiers. Déprimer ses devanciers est une tache aisée j il est moins facile de les égaler. Pour nous égayer avec nos jeunes contemporains siu* la ////rraturc du sabre , nous attendons qu'au jugement des hommes impartiaux , ils aient fait mieux , dans la poésie légère , que la Guerre des Dieux ; au théâtre lyrique , mieux que la Vestale , Joconde , Jeannot et Colin ; dans la comédie , mieux qvCJndrieux , Alexandre Duval , Pieard ; dans la peinture des mœurs mieux, que VHermite de la Chaussée iVAntin; dans la chanson , mieux que Désaugiers et Béranger, Sans doute , l'époque peut se prévaloir de MM. Yictor Hugo , Lamartine , Casimir Delavigne , et de quelques romanciei's de talent ; mais tout cela ne constitue pas une école assez foile poiu* lapider c elle qui l'a devancée.
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tous vos etîels, sans exiger de vous aucune reslilution d'argent. » La Parisienne consent au marché. Après la communion pascale , elle court , munie de l'hostie , que sans doute elle avait escamotée , chez son prêteur accommodant, et lui remet ce pain consacré. Soudain le sacrilège se prend à le percer à coups de canif... ô prodige ! le sang coule à flots de la saintékffigic... Il veut la jeter au feu; elle voltige au-dessus de la flamme; il la plonge dans l'eau houillanie ; elle la rougit du sang qui coule encore de ses plaies; mais nulle autre altération ne se fait remarquer en elle. Dénoncé par l'innocente indiscrétion de son fils , qui dit à une voisine : mon père a tué votre Dieu, Jonathas est arrêté par ordre de Févêque de Paris ; il avoue sou crime , comme les Templiers avouaient en ce moment les leurs , sous l'influence des tenailles , des chevalets , et des lames ardentes.... On brûle vif ce juif, certainement coupable! d'avoir une grande forluiie *, Cependant riiostie , recueillie dans la robe d'une voisine de Jonathas, entrée chez lui pendant lo sacrilège, fut ensuite placée religieusement dans un vase, et portée au curé de Saint- Jean en Grève, qui sut, comme on le pense bien , en tirer bon parti. Deux ans plus tard, un particulier nommé Ranier Flamming, fit bâtir une chapelle sur l'emplacement de la demeure du juif: on appela d'abord cette chapelle maison des Miracles. Vers 1295, Guy de Joinville joignit à celle fondation
* Xova Bihliothcca Lahbci ^ tome 7, />. i663.
un couvent d'hommes , qu'on nomma hospitaliers de la charité de Notre-Dame. En 1 299 , Philippele-Bel agrandit ce monastère , en y réunissant toute la propriété de Jonathas j dont, les bâtimens n'occupaient encore qu'une partie. Dans le premier temps y les moines de la maison des Miracles n'appartenaient à aucun ordre connu; vers le milieu du quatorzième siècle , le pape rangea ces religieux partisans sous la bannière de saint Augustin. Mais on n'a pas su pourquoi ils avaient reçu le nom de Carmes BiUettes; nom qui par suite a été celui delà rue. Nous reparlerons de ce couvent.
En l'année 1295 , les frères Sachets cédèrent le couvent qu'ils occupaient sur le territoire de Laas aux Grands-^ugiistiiis , qui se trouvaient logés trop étroitement dans le clos du Chardonnet."Ces derniers moines étaient pauvres encore ; ils se contentèrent des bâtimens que les mendians au sac leur cédaient. Devenus riches sous le règne de Charles V, ils rebAtirent magnifiquement leur maisoii^
Il existait , dès le règne de Clovis , un uiouasière de vierges au lieu où fut depuis Saint- Jeanen-Grève. Sainte Geneviève s'y était retirée ; elle y mourut , et Ton y conservait religieusement son lit *. Il est probable que ce fut auprès de ce monastère, que le nommé Etienne,* Haudri , panetier de Philippe-le-Bel ^ lit construire une cha-
* Voyez tome J de cette histoire , la note des pages i3Ô, 13; et i38.
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pelle vers l'an i3oG; car une charte de la même année accorde à cet officier la permission « de « bâtir une chapelle sur la place qu'il a. nouvel- « lenient acquise à la Grève , tenant d^un long « îk rhôpital des Pauvres , qu'il a fonde. » Il faut donc conclure aussi de cet acte que, dans l'ancien couvent où sainte Geneviève était morte , Etienne Haudri venait d'instituer un hôpital. On y reçut spécialement de pauvres femmes veuves, qu'on iippelsi bonnes Jhinmes de la chapelle d' Etienne Haudri. Plus tard, elles prirent le litre defemmes hospitalières ^ et enfin celui XHaudriettes , du nom de leur fondateur. Insensiblement, les dames commises à l'administration de Thôpital adoptèrent une sorte de règle monastique; les biens des pauvres, leurs çliens, devinrent le patrimoine d'un monastère, d'où les pauvres veuves furent exclues. En i()23, les Ilaudriettes, auxquelles nous ne reviendrons phis , furent transférées au couvent de l'Assomption. Tant qu'elles restèrent près de Saint-Jean-en-Grève , elles montrèrent aux personnes pieuses , *un peu crédules , et surtout cliarilables , le lit où mourut sainte Geneviève: cefui au-dessus duquel les eaux débordées de la Seine formèrent une voûte, qui ne mouilla nullement la chaste fille, endormie paisiblement sousces arceaux miraculeux.
On voit que, sous le règne de Philippe-le-Bel , le nombre des fondations purement religieuses ne fut pas grand : il est vrai que saint Louis s'était
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montré si généreux, si prodigue en ce genre, que ses successeurs pouvaient se dispenser long-temps d'ajouter h ce qu'il avait fait. Son petit-fils s'occupa d'institutions pltis vastes, et , disons-le , plus utiles. Le Temple , ou le monastère que les Templiers habitaient h Paris, existait long-temps avant la période h laquelle nous' sommes parvenus; il avait été construit, dès l'institution de l'ordre, une maison sur cet emplacement, pour loger le grandprieur de l'ordre. En ii3a, tous les chevaliers résidant à Paris vinrent habiter cette maison , sans doute agrandie. Au commencement du treizième siècle, l'enclos du Temple, devenu vaste par la jonction de plusieurs terrains achetés à diverses époques, renfermait des bâtimcns magnifiques pour le temps : c'était une sorte de cité , enlourée d'une forte muraille , et qu'on nommait^ alors Ville-Neiiife'du'Temple. En 121 2, la tour devenue tristement fameuse dans les annales du ' dix-huitième siècle , fut bâtie par le frère Hubert, trésorier des Templiers. Nous en offrons le dessin à nos lecteurs. Long-temps les rois de France renfermèrent letirs trésors dans cette tour , qui sans doute paraissait l'édifice le plus sûr de Paris. Les chevaliers du Temple y déposaient aussi leurs archives , dans une des totirelles placées aux quatre angles de la construction : cette tourelle était, dit-on , revêtue intérieurement d'une lame de fer , et personne ne pénétrait dans ce sanctuaire lies secrets de l'ordre.
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Eli I 2^4 ' lJt^*i>'i III } l'oi d'Angleterre , venu à Paris pour conférer avec saint Louis , préféra le séjour du Temple au nouveau palais du Louvre , que le roi de France avait mis à sa disposition. Peut-être se mêla-t-il quelque défiance à cette préférence : Fenclosdu Temple était favorisé d'une indépendance complète, que les chevaliers eussent soutenue contre le souverain lui-même. Le grandprieur jouissait d'une juridiction que rien ne pou- . vait influencer; et cette enceinte offrait un port de salut h tous ceux qui s'y réfugiaient. Elle conserva cette prérogative jusqu'à la révolution; les duellistes meurtriers, les- négocians en banqueroute , les débiteurs poursuivis par corps , trouvaient dans l'enclos du Temple un asile inviolable : c'était un lieu d'exception , un centre d'abus.
Nous avons dit que ^ duraiil quelques troubles civils qui éclatèrent dans la capitale à cause de l'altération des nioannics , Philippe -le-Bel biinicme se réfugia chez les Templiers; nous avon.s fait apercevoir aussi que la froideur de leur accueil pût cire l'origine de la haine qu'il leur voua , et qui causa la perte de ces religieux paladins. Après la destruclioii de Tordre, le Temple fut donné aux Hospitaliers de Saint- Jean-de- Jérusalem : ils s'y établirent en 1 5 1 5. Uepuislors , cet édifice servit toujours de demeure au grand-prieur de France, qui continua d'y résid(»r jusqu'au moment oii l'ordre de Malle, dont les principales caravanes se rédui-
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saienl à peu près àdesgalaniorîcs, fui englouti par la tempôle révolutionnaire.
Philippe-le-Bel s'occupa , autant qu'il le put , de l'amélioration du système judiciaire; il sentait que là se trouvait le frein qu'il pouvait imposer h la puissance féodale , et l'institution du parlement stable était un effet de cette inspiration politique. Il n'appartenait ni au temps , ni au caractère de ce prince de calculer, même de prévoir ce qu'un tel corps pouvait attirer à lui de pouvoir et d'influence. sur le peuple. Le parlement tenait ses séances dans le palais de la Cité, devenu fort, vaste par des accroissemens successifs, continués sous chaque règne , depuis le roi Robert. Saint Louis avait fait construire plusieurs salles basses dans cet édifice : l'une d'elles , qui existe encore , est appelée cuisine de saint Louis. Il paraîtrait que ce monarque contribua aussi à la construction de l'étage supérieur , car la grand'chambre où siège la cour de Cassation a long-temps porté le nom de chambre de saint Louis.
Vers la fin du treizième siècle , Philippe-Ie- Del fit commencer , dans l'intérieur du Palais, des travaux qui ne cessèrent qu'en 1 5 1 5. Dans une période de vingt ans , il fut fait d'importantes réparations h ce monument, que le roi n'habita point pendant leur durée. Il vs'était retiré au château duLouvre.On doit pcnsur que renccinle duPalais fut agrandie à cette époque , puisqu'une chapelle , appelée Saint -Michel -de -la- Place , et située
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hors de cet enclos , se trouvait comprise dans sa clôture sous le règne suivant*. On y construisit aussi quelques boutiques ^ première origine de Tespèce de foire perpétuelle établie par la: suite dans l'intérieur du monument.
Après les travaux mentionnés , on voyait^ dans cette résidence royale, une salle immense où se tenaient les cours plénières , les séances de foi et hommage , les réceptions d'ambassadeurs.. Lh y le monarque mangeait, la couronne en tète, lors^es grandes solennités, comme le baptême , le mariage de ses enfans, ou les grands festins offerts à la noblesse. Cette salle, fort simple ainsi que tous les appartemens du moyen âge, n'était guère ornée que par les figures en pied des rois de France , depuis le commencement de la monarchie jusqu'au souverain régnant. Sur le socle de chacune de ces statues, on lisait la date de l'avènement an trône du prince représenté , et celle de sa mort. Peut-être doit-on faire remonter jusqu'au temps de Philippe-le-Bel , l'existence, dans la grande salle du Palais , d'une immense table de marbre , qui servait aux banquets royaux : les seules têtes couronnées pouvaient y prendre place; les seigneurs et même les princes du sang mangeaient sur des tables particulières , dressées autour de celle dont il s'aoit. Nous reviendrons sur les distributions intérieures du Palais.
* Cette chapelle ;i donné sou nom au pont construit depuis , prescpic \is-a>-\is.
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Sous le règne même , le Grand-Ghâtelet^ situé à lextrémité du Grand-Pont ^ dont il avait protégé long -temps la tête septentrionale^ reçut d'im^ portantes additions. Cette construction ^ qui certainement n'étais plus en bois ,. devenait superflue pour la défense de la ville ^ depuis que l'enceinte de Philippe- Auguste en marquait y beaucoup plus loin^ les limites. La vieille muraille de la Cité n'existait plus ; on avait démoli^ sous le règne de saint Louis ^ cette noire enveloppe crénelée,. qui n'eût servi désormais qu'à attrister le centre de la capitale. Le Grand-Châtelet fut abandonné par > Philippe IV aux juridictions de la prévôté et vicomte de Paris; elles y tenaient déjà leurs séances, lorsque, vers l'année i3o2, ce prince rendit une ordonnance réglementaire concernant les magistrats de ce ressort , qui , dès-lors , avaient pris , du lieu de leurs réunions, le nom îïojficiers du Cltdlclet. Caiie ordonnance portait , entre autres dispositions , la création ou peut-être seulement la régularisation des juges auditeurs y qui , après avoir entendu les affaires, prononçaient en première instance. Le même acte établissait quatrevingts sergens à cheval , et quatre-vingts à pied , pour donner main-forte « aux gens du rôi , sié- « géant en son châtelet. » Cet édifice fut reconstruit presque entièrement , ainsi que le Petit-Châtelet , sous le règne de Charles V. Dans cette dernière construction , on pouvait avoir conservé quelques failites parties de l'ancienne ; et t'est pour cela
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sans doute que bon nombre d'écrivains y enivrés d'une brillante chimâre y ont fait les honneurs de ce monument à Jules-Cesar ^ ^ qui parut quelques instans à Paris. Au surplus c'était ^ dans les vieux temps y une coutume assez générale , quic d'attribuer aux Romains les monumens dont ou ignorait l'origine; à moins pourtant qu'on fie préférât les faire tomber tout bâtis de la baguette d'une {ee, ou sortir de terre h. la voix du seigneur Satçnas.... Tétre le plus actif et le plus puissant tout à la fois dans les croyances superstitieuses du moyen âge.
Le règne de Philippe-le-Bel vit éclore des insti-
* M. DuJaurc, dont nous aimons ù cit«r les observations remplies de sagacité, raisonne avec sa supériorité ordinaire sur la prétendue origine du Griuid-Châtelct : nous résumerons en peu de mots ce qu'il a dit. Corrozet , le plas ancien descripteur de l^aris, paraît être le pcrc de la fable poétique répétée par les auteui^s. Quelques personnes qui vivaient de son temps ont assmé, dit -il, avoir vu sur la porte du Châtelet une inscription portant ces mots franco : Ici se payait le tribut de César. De là sans doute le nom do chambre de César donné à l'une des salles de Tédilicc. Or, cette inscription franc^aise , selon M. Dulam'e , aurait paru peu probante djune origine romaine aux Pl^. Lobineau et Felibien , auteurs d*mie autie Histoire de Paris ; et , pour rendre ce témoignage plits vraisemblable , ils se seraient permis de le traduire en latin. De cette intid«^lilé, amaient découlé ensuilo toutes les ass(!rtions rêveuses débitées sm- le Clialt'let , rloiit , en définitive , la construction n'était pas antérieure «\ Loui^ le-Gros , qui même ne la vit pas finir. ,
tulions siiigiditTes^ dont nous (levons entretenir nos lecteurs, et que formèrent les clercs de la cour des Comptes, du Parlement et du Châtelct. La première en date , suivant toutes les probabilités , fat le fiaiit et souverain empire de Galilée y communauté, qui sous ce titre ëclatani, se composait des écrivains attachés aux gens des comptes du ix)i , et reconnaissait pour chef un clerc décoré du titre diempenur. Un tribunal, élu par le choix des membres de l'association, connaissait de tous les crimes ou délits qu'elle pouvait commettre; il jugeait en dernier ressort. On a peine h, concevoir aujourd'hui que des souverains, si impérieux d'ailleurs, aient pu laisser tomber la main de justice au pouvoir d'une confrérie d'enfans, qui le plus souvent s'en faisaient un jeu. L'empereur galiléen , dont la dénomination pompeuse est elle-même une facétie , trônait dans une rue étroite et fangeuse , située près du palais , et qui sans doute avait reçu le nom de Galilée , donné ensuite a l'empire, parce qu'elle était habitée par des juifs *. L'empereur de Galilée , nonobstant ce titre magnifique, n'était pas tellement puissant à Paris qu'il put se passer de protections auprès du prévôt : le doyen maître des comptes et le procureur-général de la chambre , prêtaient un utile appui à ce
* Il y avait dans cette même partie de la Cite; les rues de Nazareth , €le Jérusalem et de Galilée. Près de là étïdt VÛe aux Juifs ; d'où Ton peut concluiie que ce quartier arait été a^ signé à CCS religion na ires.
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appelée Montre. Tous les membres de Tassocialion s'y trouvaient, revêtus de leurs plus beaux habits ; ou bien armés de toutes pièces , comme des chevaliers ; quelquefois sous des d^guisemens bizarres. Mais quelle qu'elle fût la tenue devait être uniforme , et tous les basochiens montes. Une année il plut au roi de voir ses sujets à la Montre , habillés en demoiselles : ils formèrent alors une cavalcade d'environ huit cents femmes , ce qui dut produire un coup-d'œil fort pittoresque.
Les privilèges de la basoche ne se bornaient pas à ses attributions judiciaires : elle faisait battre monnaie au coin de son roi , et portait des armoiries. Sa noblesse était revêtue de titres imposans; enfin les basochiens( formaient véritablement un Etat dans l'Ëtat.
Lorsque , sous ce règne, les drames appelés mystères commencèrent à devenir de mode, les basochiens se prirent h donner d'autres représentations théâtrales dans l'intérieur du palais , et sur cette table de marbre dont nous avons parlé : ces représentations étaient nommées /arce^ , soties ^ inoraîitcs y et les clercs s'y érigeaient sans façon en censeurs , non-seulement des mœurs , mais du roi lui-même et de son gouvernement. Chaque année, pendant le carnaval , les farceurs , descendus de la table de marbre , jouaient dans leur tribunal une farce appelée la cause gîtasse , dont le sujet, ordinairement scandaleux ou ordiirier, amusait beaucoup les confrères; l'obscénité
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n'y était pas toutefois portée aussi loin que dans la fête des fous , célébrée à Notre-Dame par le clergé,
La basoche du parlement , ayant inspiré une vire émulation aux clercs du Ghâtelet , ils voulurent avoir aussi la leur. Elle fut donc instituée à une époque qui n'est pas bien fixée; mais très prCH bablement sous le règne de Philippe-le-Bel. La basoche du Chdtelet se forma de tous les clercs travaillant chez les notaires, les procureurs , les commissaires et les greffiers. Tout arrivant dans l'étude de ces différens officiers civils , devenait de droit basochien; mais assujéti à une sorte de noviciat , il était nommé Béjaune y par allusion au hec jaune des petits oiseaux qui viennent de naître. Les lettres expédiées aux béj aunes étaient payées , entre les mains du trésorier basochien , la somme de six sous parisis; il y avait une amende de deux sous pour les retardataires ou les récalcitrans. Si le nouvel élu n'acquittait pas et la subvention et l'amende^ la basoche se réservait le droit de saisir^ de vendre son manteau et son chaperon jusqu'à due concurrence. On ne voit pas que l'orgueil du chef basochien se soit élevé jusqu'à la royauté : on le nommait modestement -prévôt , et ses officiers y au nombre de quatre , avaient le titre de trésoriers. Les attributions judiciaires des basochiens du Châtelet y étaient moins étendues que celles des basochiens parlementaires; on pouvait appeler de leurs jugemens à un conseil formé de