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leur donne , qu'elles se Tantaient avec aiSsclation de l'amour qu'elles inspiraient ; qu'on pourait , sans provoquer leur colère ^ les baiser sur la bouche; que la forme de leur habit était telle qu'il laissait à découvert le sein , la jambe , et même le côté: mode bizarrement indécente qui trahissait sans exception tous leurs dbarmes. Le même écrivain laisse présumer que le sexe était enclin à recevoir des cadeaux , particulièrement en bijoux ; coutume qui , comme il le fait remarquer , pouvait engager avec tm grand danger la reconnaissance des dames. Plus loin , ce critique s'élève contre la propension que les belles Parisiennes montraient pour les bons vins et les fines liqueurs : il s*écrie dans son indignation :
Fi de la dame qui s'eny vre , £Ic n'est pas digne de vivre ^ Cil vilains vices est trop grans A Dieu et au siècle puans.
Le Juvénal du quatorzième siècle ^ toujours sous la forme d'une admonition , nous apprend ensuite que les beautés qu'il réprimande se conduisaient h l'église peu congrûment : il les peint regardant de coté et d'autre avec distraction , riant et parlant avec éclat , faisant le signe de la croix avec plus de grâce que de ferveur; allant à l'offrande d'un air délibéré et presque plaisant.
Le poète , après avoir adressé aux dames force recommandations tendant à tempérer un laisser aller extrême , leur donne y par une brusque transi-
tion , des. conseils entièrement au profit de la coquetterie qu'il vient de blâmer en elles. Par exemple il leur recompoiande de se couper souvent les ongles : soin qu'elles négligeaient apparemment , et qui , selon- d'autres rapports , n'était pas le seul acte de propreté dont elles s'abstinssent. M^is ce qui surtout donne une singulière idée des récréa* lions de la plus belle moitié du genre humain , au temps de la noble chevalerie ^ c'est l'injonction que lui fait l'auteur contemporain , de renoncer aux luttes facétieuses avec les hommes ; et si les dames tiennent absolument à ce genre de gymnastique , d'éviter qu'on ne les embrasse pendant ces jeux , attendu qu'elles ont l'haleine échauffée par un exercice violent.
La cour , alors comme toujours , donnait l'exemple des mauvaises mœurs , dont les sources naturelles sont l'oisiveté , l'opulence et l'impunité qu'assure le rang. Les princesses Marguerite , Blanche et Jeanne de Bourgogne , avaient contribué beaucoup à corrompre les dames de l'époque. L'adultère de ces trois Messalines , ou du moins de deux d'entre elles , fut pris sur le fait à l'abbaye de Maubuisson ^ où elles s'étaient retirées^ disaientelles , afin de faire pénitence. Le roi , d'accord avec ses trois fils pour réprimer enfin un libertinage qui couvrait d'opprobre le premier degré du trône,' fit observer le couvent où les trois Bourguignones s'étaient renfermées. Une nuit on en escalada les murailles; on pénétra chez les princesses; Margue-